Divinity II : The Dragon Knight Saga

Divinity II : The Dragon Knight Saga

Alors que l’univers entier de Steam se touche copieusement sur Divinity : Original Sin II, Larian Studio prend conscience que Divine Divinity, Beyond Divinity, et Divinity II Ego Draconis ont simplement été oubliés par le succès du premier Divinity : Original Sin. Dans cette drôle de situation, je suis en train de me refaire ou faire plein de jeux d’une époque révolue, sur des machines révolues, afin d’accompagner mes fréquentes sessions de jeux sur Sea Of Thieves. Et le titre qui est tombé en rétrocompatibilité dernièrement sur Xbox One est… Divinity II : The Dragon Knight Saga. De quoi me filer un lot de consolation, alors qu’Ashen a ENCORE été repoussé. Je ne me souvenais pas avec précision ce qui faisait que Divinity II : The Dragon Knight Saga était l’un de mes jeux préférés sur la septième génération de machine, puis je me suis souvenu après quelques heures qu’il s’agissait simplement d’un jeu terriblement attachant, et surtout : bien écrit.

 

Ce qu’il y a d’assez fascinant avec les jeux de la septième génération, c’est qu’ils ont particulièrement bien vieilli. les titres de la génération du HD Ready se montre en effet tout à fait capable d’être beau et fonctionnel sur la Xbox One ; si visuellement ça pique un peu, et que des jeux plus récents mettent bien en évidence leurs défauts techniques, on est loin, très loin d’être dérangé par le fait de jouer à ces derniers. Divinity II : The Dragon Knight Saga a d’autant mieux vieilli qu’il s’agissait déjà à l’époque d’un jeu unique, et encore aujourd’hui, il aligne des qualités qui lui sont propres. C’est d’ailleurs pour cela qu’il fait ici l’objet d’une critique, mais sachez que ce dernier ne s’applique qu’à la version The Dragon Knight Saga et toutes les éditions sorties après, car le jeu de base Ego Draconis ayant de grandes faiblesses.

Mais ne nous attardons pas sur le passé un peu tumultueux de ce titre, et intéressons-nous sur le pourquoi j’ai décidé de ressortir une critique rien que pour lui. En effet, j’ai récemment décidé de faire des critiques sur des jeux plus récents, parce que je me rendais moi même compte que, le temps et le recul aidant, des jeux que je considérais comme brillants commençaient à me déplaire sous de nombreux aspects. C’est le jeu de la critique ; on grandit avec ce qu’on a fait, et parfois, les choses ne sont plus en phase. C’est pourquoi j’ai décidé de prendre davantage de temps et de mesurer les choses pour dire du bien d’un titre de mon adolescence.

Huit ans après avoir conclu ma première partie de Divinity II, je dois bien admettre que mon retour dans le RPG très orienté donjons du studio belge Larian s’est fait avec un impressionnant plaisir. Je me souviens vraiment bien de Divinity II, si bien que je me suis surpris à exécuter la plupart des quêtes du titre mécaniquement une fois reçues ; une preuve que je connais bien les lieux. Et le plus curieux est que je n’ai fait le jeu que deux fois dans toute ma vie, ici étant la troisième fois.

C’est bête, mais le titre est simplement marquant. Marquant parce que ces dialogues, écrits et interprétés de manière théâtrale, donnent à chaque intervention une saveur unique. On est ici dans un jeu qui se prend au second degré, qui a globalement conscience que ce qu’il raconte est extrêmement classique et déjà-vu. Pourtant, la dose d’humour ne vient jamais, ô grand jamais, ternir la dramaturgie et la tragédie qui s’installe progressivement dans le monde de Rivellon.

Cette réussite majeure est à saluer, car le jeu ne joue jamais sur un seul plan lorsqu’il en vient à développer ses intrigues, et à la manière d’une bonne histoire équilibrée, il faut toujours un rire pour un pleur. La fin du jeu de base est d’une fantastique audace, et vient relancer habilement l’intrigue là où on la pensait finie, et permet donc d’intégrer tout naturellement l’arc Flames Of Vengeance, venant continuer l’aventure là où elle avait dû se terminer dans la frustration en 2009.

Divinity II est donc drôle, intelligent, malin, et captivant grâce à la plume du studio belge. Les blagues ne tombent jamais à plat et nourrissent un univers qui peut, par certains aspects, rappeler celui de Fable, même si l’univers de Divinity est beaucoup moins manichéen et moins potache. Maintenant que j’ai posé là ce qui fait le principal intérêt du titre, on peut aussi souligner la richesse du système de jeu et de combat. Très fortement orienté action, le jeu fait la part belle à des affrontements nombreux et dynamiques.

Le joueur aura le plaisir de piocher dans une myriade d’équipements et autres consommables pour venir à bout de ses adversaires. Le challenge est assez relevé et les donjons nombreux. Il faudra donc passer pas mal de temps à fouiller les environnements pour nettoyer le jeu de son contenu ; comptez environ quinze heures pour la ligne droite du contenu originel, plutôt trente pour le nettoyage complet, ce qui n’est pas forcément très long.

Mais comme l’add-on Flames Of Vengeance se glisse dans l’histoire principal, on peut tabler sur cinq petites heures de plus en ligne droite, et sans doute le triple pour conclure toutes les (brillantes) quêtes qui composent le seul lieu de cette extension : Aleroth. Si Dragon Age II tenait pour plus grande qualité son aventure citadine, l’add-on de Divinity II est simplement incroyable, tant il exploite son espace restreint pour proposer un contenu d’une densité rarement vue. Ce travail sur l’écriture et sur l’exploitation de mécaniques, telles la lecture d’esprit ou la vision spectrale, met en avant une réalité : Larian Studio est parmi les grands dès 2010, et n’a pas attendu Original Sin pour être le meilleur dans le domaine.

Le jeu a aussi visuellement extrêmement bien vieilli. C’est une 3D sans grosses ambitions, et ça lui permet de bien supporter le temps qui passe. Malheureusement, l’esthétique globale n’est pas forcément du meilleur goût, et seule la ville d’Aleroth ou certains intérieurs sont vraiment jolis. On sent que Larian Studios a voulu créer un monde immense sans en avoir vraiment les moyens, et lorsque vient l’add-on Flames Of Vengeance, qui est beaucoup plus humble dans ses intentions et notamment dans les lieux que vous explorerez, le titre arrive à s’en tirer avec une belle mention honorable grâce à son architecture baroque.

Désormais, si vous jouez sur PC, le jeu devrait tourner convenablement sur toutes les machines à peu près récentes. Sur Xbox One, la machine fait un bon travail pour stabiliser le framerate qui était quelque peu chancelant sur 360. Dommage que l’image soit assaillie d’aliasing ; on fait avec, mais quand on est habitué à une image propre, difficile de se refaire à la septième génération.

Maintenant, passons à ce qui fonctionne moyennement dans Divinity II : les combats. Si le système de jeu est très riche et donne envie de s’investir dans le développement de son personnage, il faut bien admettre que les combats sont assez chaotiques, du fait de collisions mal gérées et autres problèmes techniques qui font que, fréquemment, les combats finissent en foire à l’empoigne, sans une bonne visibilité sur l’action. C’est d’autant plus dommage que ces affrontements sont plutôt ardus et se révèlent intéressants lorsqu’ils sont bien préparés dans une bonne arène.

Les combats sous forme draconique, eux, s’apparentent à un shmup très limité au niveau des possibilités. Le challenge y est d’ailleurs extrêmement faible, et s’il est grisant de se transformer en dragon, les déplacements avec ce dernier sont limités par tout un tas de murs invisibles qui donnent à cette liberté un cadre un peu trop strict. Reste une belle idée qui fait son effet à chaque transformation, donnant une belle sensation de changement d’échelle. La meilleure partie du jeu reste surement ses multiples énigmes, phases de plateforme, et autres dialogues à choix multiples qui font de Divinity II un jeu varié, faute d’être richissime en termes de possibilités roleplay, ou de conséquences à nos choix.

The Dragon Knight Saga reste un jeu tout à fait exceptionnel, avec de grands moments d’écriture, de grands moments d’exploration, certains affrontements vraiment cools, des secrets à tire-larigot, des quêtes complexes, et beaucoup d’idées qui font qu’au global on est en face d’un jeu proposant beaucoup de choses que l’on ne verra nulle part ailleurs. Alors, certes, il faudra composer avec quelques grosses faiblesses techniques, des déplacements parfois problématiques dans les zones ouvertes qui composent la première grosse partie de l’aventure, mais ce que l’on trouve au bout du compte est remarquable. Peut-être même plus que ce que propose le premier Origin Sin, qui souffre lui d’un grave soucis de rythme m’ayant empêché de parvenir à sa conclusion.

 

Voilà, faites donc Divinity II : The Dragon Knight Saga, et découvrez l’avant Original Sin. Vous vous rendrez probablement compte que Larian Studio fait rarement la même chose, et que malgré la variété des jeux qu’ils développent, ils sont toujours extrêmement bons. Sur ce, il est temps que j’arrête de jouer à des vieilleries, même si je dois bien admettre qu’en ce moment, il n’y a qu’avec elles que je prends du plaisir. Gérontophilie, quand tu nous tiens…

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

6 Commentaires sur “Divinity II : The Dragon Knight Saga”

  1. Avatar Manitek dit :

    L’un des derniers jeu que j’ai acheté day one… Ego Draconis était sympa, mais j’ai jamais réussi à acheter le DLC seul. Je l’avais pris en matérialisé et j’espérais acheter le DLC à part… Mais ce ne fut jamais le cas.
    Pour en profiter, il fallait soit le prendre en dématérialisé, soit racheter égo draconis+l’extension… Aucune de ces solutions ne me convenait donc j’ai fais ( à regret) l’impasse dessus…

    Depuis j’ai pris l’édition « Divinity Anthology » regroupant tout les Divinity ainsi que quelques goodies et surtout un Artbook de toutes beauté ( https://jeux-video.fnac.com/a4119328/Divinity-Anthology-Jeu-PC ), malheureusement je ne l’ai jamais relancé. Mais comme tu le dit dans ton article, c’est un titre qui marque!

    Aujourd’hui , j’ai de temps en temps l’envie de me le réinstaller pour me refaire l’aventure car mise à part le dernier niveau en mode dragon, qui était plutôt relou ( mais facile!), le jeu était un vrai plaisir à parcourir….et de ce que j’ai compris, j’ai loupé le meilleur ( à savoir le DLC dans la ville).

    A défaut d’y rejouer, j’essaye de motiver certaines personnes à découvrir cette merveille, comme par exemple Toupilitou qui préfère passer du temps sur son simulateur de boys band japonais :P

  2. Avatar Ninheve dit :

    A défaut d’y rejouer, j’essaye de motiver certaines personnes à découvrir cette merveille, comme par exemple @Toupilitou qui préfère passer du temps sur son simulateur de boys band japonais :P

    hého! il faut d’abord que la loutre finisse cette simulation de boyz band! ne lui donne pas une excuse bidon pour y échapper! il a l ‘éducation de Pilou à finir, le monde à sauver et au moins 95 recettes de cuisine à faire découvrir à Ignis sans oublier le torse nu de gladio à révêler avec le DLC :mrgreen:

  3. Avatar Toupilitou dit :

    4 éphèbes, et pas une seule teub jusqu’à présent ; j’attends de voir, mais je commence à douter :mrgreen:

    Ouais sinon, vous êtes marrants, mais j’ai quand même une liste d’une page format A2 remplie de jeux à faire à cause de vous ; mon planning est blindé jusqu’en 2020, les enfants !

  4. Avatar Marcheur dit :

    « EURÊKA !
    – Quoi, tu as trouvé le reste du scénario ?
    – Non, j’ai trouvé une nouvelle recette ! »

    Mon expérience FF XV / 20 :lol:

  5. Avatar Ninheve dit :

    mais blagues à part…
    j’ai adoré Divinity 2 , je l’ai refait plusieurs fois, ça fait partie pour moi d’un excellent souvenir vidéoludique et la musique…waooooh
    et quelle claque à la fin (avant la suite <img class= » /> lorsqu’on fini le jeu de base on se dit! oh non ils n’ont pas osé? ben si et pan prend toi ça en pleine tronche
    bref chaque divinity remets les pendules à l’heure , ils changent le gameplay, le moteur le style tout mais c’est bien du Larian!
    ca me donne envie de le réinstaller.

    et puis….
    Voler sous forme de dragon dans les canyons en dézingant tous les gobelins au lance flamme, pfffff, JOUISSIF!

  6. Avatar Marcheur dit :

    Le dragon dans Divinity 2 c’est probablement la feature la plus bancale à laquelle j’ai eu droit dans un RPG…
    … paradoxalement effectivement l’une des plus jouissives :lol:


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