Ori and the Blind Forest

S’il ne m’a fallu qu’un seul jeu et une seule raison pour acquérir la PS3, avec le fabuleux Journey, il ne m’a fallu qu’un seul jeu pour passer enfin à la Xbox One. Si vous savez, la nouvelle console de Microsoft qui se traîne la pire réputation de l’univers, celle-là même qui n’a pas encore eu son titre culte. Bah tout ça, c’est des conneries. La console est bonne, voire très bonne, et elle a un jeu culte qu’elle partage avec Steam. C’est un jeu exclusif à Microsoft, et il s’agit de Ori And The Blind Forest. Il a beau avoir été conçu par quatre personnes, il a reçu le soutien financier d’un géant, et l’appui d’un compositeur de qualité avec Gareth Coker. Avec tout cela, il est légitime de se poser des questions sur la qualité finale de ce qui est, finalement, un jeu d’un petit studio supporté par un titan économique. Alors, Ori And The Blind Forest, qu’en est-il ? La réponse ? Un miracle dans un océan de médiocrité.

 

 

Une 2D tout à fait estomaquante, une bande son fabuleuse

Pour ceux qui ont eu le bonheur de mater un film du studio Ghibli (… si ce n’est pas déjà fait, faites le dans l’instant avec, au hasard, Le château ambulant), si je vous dis que visuellement le jeu est exactement de la même qualité, vous allez surement me rire au nez en déclarant que cela n’est juste pas possible. Hommes et femmes de peu de foi, je vous dis que c’est possible, mais qu’en plus, c’est fluide en toutes circonstances, et d’une variété artistique à en faire pâlir d’envie Nintendo. Le visuel d’Ori est l’œuvre de perfectionnistes dans l’âme ; les décors sont bourrés de détails, les animations superbement détaillées, les couleurs souvent vives et variées. Le visuel respire la vie, et le soin apporté à l’ensemble propulse Ori à un niveau que peu de titres peuvent se targuer d’atteindre. Il est d’ailleurs si riche esthétiquement qu’il en oublie de soigner sa visibilité dans les moments les plus dynamiques. Un défaut qui ne vient que de l’envie de bien faire, mais un défaut tout de même.

Pour la bande sonore, je vais d’abord m’arrêter sur les bruitages que je trouve vraiment exceptionnels. Le son, c’est très important dans un jeu, surtout un en 2D, où il participe à s’immerger dans un genre de jeu logiquement moins immersif qu’un jeu en 3D. Et avant de me faire tuer par une foule de fans des jeux en 2D, je m’explique. Pour moi, une immersion parfaite nécessite une caméra en vue subjective, si ce n’est pas le cas, ce sera toujours différent de ce que j’appelle une symbiose entre le joueur et le jeu. Mais le son et le soin apporté à l’univers peuvent jouer sur cette balance en cas d’absence de vue subjective. Et pour Ori, c’est parfaitement le cas. Je me suis senti comme chargé de la survie de cette petite boule de tendresse. Et les petits bruits que dégagent l’environnement, qui est pour le coup un personnage à part entière, les monstres, et Ori, font aussi leurs petits bruits distinctifs. Les bruitages donnent beaucoup d’identité à tout ce que l’on rencontre en cours de jeu, et c’est vraiment travaillé et plaisant.

La musique maintenant. Les compositions font preuve d’un soin remarquable, que l’on peut mettre en parallèle avec les films d’animations des studios Ghibli elles aussi. Elles soulignent parfaitement l’ambiance typée conte mélancolique du jeu. Il y a une parfaite compréhension de ce que raconte le jeu et de ce qu’il propose en matière de situations et d’environnements. Cette musique est du même acabit que la réalisation technique et artistique, et fait preuve d’un soin tout à fait exceptionnel. C’est tant mieux pour moi, car la musique, c’est mon dada quand j’écris. Sans musique, vous n’auriez jamais eu 6000 mots dédiés à Metal Gear Solid V… Oui, la musique force à en faire trop.

 

 

Un gameplay maîtrisé à la Nintendo

Ce n’est pas un hasard si je cite Nintendo, les influences d’Ori sont les suivantes : Metroid et encore Metroid avec ce qu’il faut de plateforme hardcore dedans. Car sous ses airs tout à fait adorables et mignons, Ori And The Blind Forest est surtout un jeu qui exige du joueur des compétences rarement demandées. Il vous faudra être précis, rapide mais aussi avoir une capacité à improviser, car vos adversaires seront mobiles et parfois nombreux. Au départ, le jeu n’offre que peu de possibilités aux joueurs, mais, petit à petit, Ori apprendra à montrer les crocs et à sortir les griffes. Les nouvelles options de jeu permettront de résoudre les situations de différentes manières, mais aussi et surtout, de découvrir de nouvelles sections dans cet open world juste assez grand pour que l’on s’y sente un minimum libre de nos mouvements.

Sans être très original ou même innovant, Ori And The Blind Forest propose des environnements travaillés, dans lesquels il y aura à chaque fois des petites nuances renouvelant la jouabilité déjà bien fournie du jeu. L’environnement vous proposera de découvrir des objets, permettant de découvrir des secrets améliorant les capacités et donc, logiquement, les possibilités de votre petit avatar. A tout ceci on ajoutera trois arbres de compétences que vous pourrez compléter afin d’améliorer votre petite boule blanche. N’oubliez pas que vous pouvez finir le jeu sans améliorer votre personnage, et ce en moins de trois heures. Vous pouvez tout aussi bien finir le titre en une grosse quinzaine d’heures, comme je l’ai moi-même fait.

Les différents puzzles et challenges, tels des courses contre-la-montre, ou même des boss, s’avèrent bien exécutés et varient une nouvelle fois le jeu, permettant de rythmer une aventure qui ne manque déjà pas de piquant. Avec toutes ces possibilités, on aurait sans doute pas craché sur quelques niveaux supplémentaires. A cela, nous pourrons nous rassurer car une édition définitive avec un DLC parviendra jusqu’à nous au printemps 2016. De quoi saliver d’avance, pour gratter encore un peu de temps sur un jeu exemplaire.

 

 

Une histoire simple et émouvante

L’histoire d’Ori And The Blind Forest est loin d’être la plus complexe qui soit, mais les éléments en place sont ceux que l’on retrouveraient dans un bon Disney comme on les aime. On s’attache facilement à une galerie de personnages peu nombreux, certes, mais tout à fait différents, tant visuellement que dans leur rôle par rapport au petit Ori. Les événements qui suivront le début du jeu transformeront à jamais l’habitat de notre jeune héros, ainsi que l’avenir comme il l’imaginait, installant une ambiance nostalgique et mélancolique dans laquelle le petit mais courageux Ori devra évoluer, afin de parvenir à sauver son monde. Et peut-être même découvrir des choses qu’un petit n’est pas censé comprendre sur la vie à son jeune âge, telle la volonté de vengeance, la séparation des siens, le rapport à l’étranger, et surtout la lutte pour la survie. Des thèmes intéressants traités sans un mot, si ce n’est ceux du narrateur qui situe l’action lorsque c’est nécessaire.

Cette histoire est narrée de belle manière. Le décor communique les informations nécessaires à votre avancement dans le jeu. On pourra aussi signaler une mise en scène soignée, qui a refusé de tomber dans la simplicité et ne propose que quelques cinématiques d’une qualité tout à fait remarquable. De la qualité d’un jeu triple A ! Et c’est cela qui est à retenir d’Ori, à un prix bas (20 euros), il propose bien plus que la majorité des titres qu’on nous vendrait sans scrupules à soixante-dix balles, et qu’on nous demanderaient d’acheter avec le sourire. Sauf que la différence entre Ori et la masse, c’est qu’il a des idées, du talent, et l’envie de proposer quelque chose de frais, tout en ne prenant pas le joueur pour un attardé incapable de surmonter quelques épreuves bien pensées. Avec son histoire touchante, sa réalisation irréprochable, sa jouabilité soignée, il n’y a aucune bonne raison de ne pas sauter le pas. T’entends ça Toupi ? Tu vas me faire ce jeu !

 

 

J’aime bien ce jeu. Je n’ai pas grand chose à en dire, parce qu’il fait simplement tout ce qu’on est en droit d’attendre d’un petit chef d’œuvre fait par des gens talentueux. Beau, assez long, musclé et réalisé avec beaucoup de passion et de soin, j’aimerais parler d’un Ori par an, juste un Ori, et c’est tout. Je pourrais même tolérer de critiquer un autre jeu dans la veine d’un Dragon Age : Inquisition, si cela me donne l’occasion de jouer à un titre de ce calibre. Si ça, ce n’est pas une preuve irréfutable qu’il faut acheter Ori, je veux bien rejouer à Sacred 3 !

 

Sachez en prime qu’en ce jour du 11 Mars 2016, la version définitive du titre est disponible, elle ajoute un nouvel environnement. Est-ce que cela veut dire que cette critique sera mise à jour ? Seul l’avenir le dira ! Et pour ce que ça vaut, Ori a un an, bon anniversaire petit chef d’œuvre !

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A propos de l'auteur : Marcheur

Rédacteur de Loutrage aimant le jeu vidéo dans tous ses pluriels et appréciant tout particulièrement réfléchir sur le média.

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