Star Wars : le Pouvoir de la Force 2

« Marcheur, fait une pause ! » s’écria la personne portant le pseudonyme… c’est à dire moi. Commencer un texte en brisant le quatrième mur est quelque chose que je n’ai jamais fait. Effectivement, pour tout vous dire, entre les partiels, la vie de famille et l’écriture d’articles, plus les jeux vidéo, j’en étais arrivé au point où la logique s’imposait : freiner le jeu, l’écriture, et mettre l’accent sur les études. Mais les vieux démons ont la peau dure ! Après visionnage du film Existenz qui m’a inspiré la première phrase de cette critique, je me suis dit qu’il était peut-être temps que j’écrive un article sur un titre que je n’aime pas. Oui, mon existence m’inspire des choses étranges parfois. Aujourd’hui, c’est Le Pouvoir De La Force 2, en rétrocompatibilité sur Xbox One. Et ouais, je ne suis pas content.

 

Qui a écrit le cahier des charges ?

Vous savez, le jeu vidéo est, à notre grand regret, devenu une industrie extrêmement lucrative (… on a fumé le cinéma en trente ans, chapeau les gars !) et comme on pouvait s’en douter – et le redouter – désormais, les blockbusters suivent un cahier des charges. Souvent, lorsqu’une formule fonctionne bien, on la garde et on l’améliore. Le Pouvoir De La Force premier du nom était un beat’em up très solide ; réalisation correcte, musiques réussies, jouabilité vraiment au poil, richesse du système de jeu, et une fin d’histoire qui valait son pesant de cacahuète. Au niveau des défauts, on pouvait peut-être regretter une durée de vie assez courte, quelques bugs, un level design pas folichon, et une technique oscillant du bon au mauvais.

Mais, en dehors de cela, le premier titre était fort sympathique et a convaincu là où les jeux à licence déçoivent souvent : la jouabilité était vraiment réussie. Donc, on résume : une base correcte et quelques imperfections pas si complexes à corriger. Globalement, on est dans une situation où Le Pouvoir De La Force 2 paraît être un pari facile à relever pour les développeurs. Il paraît aisé de faire un excellent jeu… Non ? Eh bien non, parce que parfois, le monde est similaire au cinéma français : capable du meilleur comme du pire… bon surtout du pire, il est vrai.

 

Une réalisation du côté clair

Semblable à la seule et unique « Objection votre honneur ! » de cette critique, avant que l’avocat de la défense ne soit ligoté dans un coin de la salle – à côté des avocats de Dragon Age : Inquisition et Life Is Strange, il faut rendre à Caesar ce qui lui appartient. Oui, Le Pouvoir De La Force 2 corrige les faiblesses techniques de son aîné et nous offre un moteur graphique aux effets aboutis, aux textures soignées, et aux modélisations très correctes pour l’époque.

Honorable une nouvelle fois, l’émulation du titre est pratiquement irréprochable, hormis un freeze rencontré au cours du jeu, et deux ou trois chutes de framerate lorsque de trop nombreux effets et ennemis étaient affichés à l’écran. La vérité est que Le Pouvoir De La Force 2 fait parti du haut du panier des jeux rétrocompatible sur Xbox One. Le haut du panier technique, qu’on s’entende.

On peut aussi dire que les environnements, si tant est qu’ils ne se répètent pas, s’avèrent assez réussis dans l’ensemble, même si l’on note une tendance à niveler par le bas, à partir du moment où nous aurons fini la seconde mission. Oui, la mise en scène – quand elle daigne sortir de sa zone de confort – offre des situations dantesques, rappelant non sans un certain panache un certain God Of War dont ce titre semble s’être largement inspiré.

Difficile aussi de ne pas souligner une mise en scène qui propose des plans d’une beauté saisissante, avant de les contraster avec de très longs couloirs vides et mornes, dans lesquels on se laissera aller au désespoir en se rappelant les erreurs de son aîné. Vous passerez effectivement environ cinquante pour cent de votre temps dans des corridors et arènes pas bien larges, à frapper des ennemis finement modélisés mais au nombre ahurissant de la douzaine, boss compris. Comprenez le malaise. Malaise qui n’a de cesse de virer à la gêne pure et simple, et la honte lorsqu’on se rend compte que ce que l’on pense être des concessions pour mieux installer une histoire solide, ne sont en fait que de la fainéantise. Là vient le drame.

 

Stupéfiant, et ce même pour un beat’em’up

Narration incompréhensible, personnages épais comme une feuille de PQ allégée, twists simplement inexistants, approfondissement des protagonistes survolé, propos prétexte… Pas grand chose à sauver du côté de l’écriture de l’ensemble, les dialogues étant bien souvent aussi expéditifs qu’inintéressants. On a du mal à croire que ce scénario ait été approuvé par qui que ce soit, ou même que quelqu’un y ait décemment passé plus d’une soirée dans sa conception.

Le plus effrayant étant le potentiel de ce scénario – bien réel – qui n’arrive même pas à esquisser un semblant d’intérêt dans l’imaginaire pourtant fertile des joueurs. Le tout n’apporte rien au Pouvoir De La Force premier du nom, et en vient même à minimiser la portée du héros du premier opus. Comment faire pire que cela ? Ne rien apporter, et même détruire l’intérêt de l’épopée du premier épisode ? On n’est même plus au niveau du DLC mal inspiré ; on est carrément à un stade où la suite n’a aucun sens, aussi bien narratif dans un premier temps, que – et c’est là la cerise sur le gâteau – la suite n’a même pas d’intérêt purement ludique. Le Pouvoir De La Force 2 ajoute à sa bêtise un manque de soin et de profondeur absolument effarant.

 

La suite 0.5, une régression pour 70 balles

Là où l’on voit déjà le bateau couler dans les profondeurs abyssales, voilà que nous constatons qu’un sous-marin nucléaire vient accélérer le processus de destruction. C’est bien simple : les combos riches du premier épisode passent à la trappe, et cèdent la place à une jouabilité d’une répétitivité rarement égalée. Pire encore : la caméra – toujours problématique dans les environnements clos qui composent la majeure partie de l’aventure – en profite pour empirer son cas en se collant littéralement à l’arrière de la tête du héros lorsqu’il vient à être acculé. Pour ne rien arranger, si un ennemi massif vous bloque dans un coin, n’essayez rien, et laissez vous mourir ; ni l’esquive, ni le saut, ni même l’attaque ne vous libéreront. Vous serez simplement piégé.

Vous aurez accès, quand vous pourrez combattre, à des sorts de répulsion, d’éclairs de force, de télékinésie, et de leurs variantes sous diverses postures. Vous pourrez évidemment manier vos double-sabres pour des combats un peu plus nerveux et percutants qu’avant (… le démembrement fait une arrivée bienvenue). La stratégie étant réellement absente lors des joutes, n’ayez crainte, rien de sorcier ne sera demandé aux joueurs, et ce surtout en mode normal. Par contre, les modes de difficulté supérieurs mettront en avant d’énormes pics de difficulté ahurissant, qui feront office de murs pour les joueurs qui n’exploiteront pas la stupidité de l’intelligence artificielle.

En dehors de ces affrontements pas très convaincants (… un comble pour un beat’em up !) vous aurez aussi de rares phases de plateforme, avec une caméra largement à la rue, où vous pourrez même rencontrer des QTE qui se répètent ad nauseam. Et cela, sans citer les séquences assez ennuyantes qui reviendront quatre fois dans le titre, les phases de chute-libres dans lesquelles la nervosité relative de l’ensemble cède la place à l’ennui… un peu comme ces séquences de mise en scène qui durent près d’une minute, où le plan ne change pas et où le joueur ne fait rien du tout.

Le vice est poussé tant et si loin que les bonus, souvent associés à un minimum de recherche de la part du joueur, se retrouvent à être mis bien en évidence au milieu d’un couloir. Maintenant que vous saisissez l’amateurisme et le manque évident de soin apporté à l’ensemble, laissez moi le plaisir de vous annoncer qu’il vous faudra trois à quatre heures pour boucler le jeu, et peut-être cinq dans les modes de difficulté supérieurs.. en sachant que  le jeu ne propose pas de multijoueur, ni de coop. Rien, sinon des défis laborieux et ennuyeux, ou quelques tenues différentes et des couleurs pour vos sabres. Ô joie.

Tant que nous y sommes, pour que le jeu dure si peu de temps, et qu’il soit répétitif et assez ennuyeux en plus de cela, il se permet l’un des pires level design du genre. La récupération de l’environnement du premier niveau dans le dernier, et un nombre assez ahurissant d’environnements s’élevant à… quatre, dont un que l’on traversera en deux minutes – pour les traînards.

 

DLC endor, payez un euro pour lire la suite de la critique

Non ? Ce n’est pas encore possible ? Bon bah OK. De nature plutôt curieuse, j’ai appris qu’un DLC de ce magnifique jeu décrit ci-dessus était sorti. Beaucoup le considèrent comme bon et relevant le niveau du jeu de base. Après avoir déboursé la modique somme de un euro, j’ai eu accès à ce niveau bonus qui permet de répondre à quelques fantasmes inavouables.

Ce niveau, particulièrement court (une demie-heure environ), nous fait explorer pendant un bref moment la planète d’Endor, et il permet de tuer une petite troupe de ces saloperies de peluches d’Ewoks. Rien que pour cela, j’ai trouvé ce contenu bien plus agréable que le jeu de base. S’ensuit le constat que le tout est visuellement très réussi, offre trois nouvelles tenues, un nouveau type d’ennemi, bien mieux rythmé… et propose une alternative à la trilogie originale bien plus intéressante que le jeu de base.

Contenu aussi agréable que frustrant, si le studio du jeu de base sait faire ce genre de contenu, pourquoi s’avère t-il incapable de faire un jeu plaisant, dense et rythmé comme le DLC peut l’être ? La question reste entière. Toujours est-il que si vous avez fait l’erreur d’acquérir le jeu de base, ne faites pas l’erreur de ne pas prendre son contenu additionnel qui, lui, vaut l’euro investi ; je me suis presque senti floué des cinq euros investi dans le jeu de base. Un comble.

 

Pas bien loin de la mention « Rien ne va« , Le Pouvoir De La Force 2 est une assez jolie perte de temps, dans laquelle ce jeu de courte durée nous démontre qu’on peut faire, court, chiant, et mal rythmé. Doté d’un scénario débordant de médiocrité, d’une jouabilité qui fait le liant entre mal-branlé et pauvre, ainsi qu’une réelle audace dans sa manière de ne rien proposer de neuf, le titre s’efforce de ne pas plaire, et ne peut pas avoir été décemment approuvé par des bêta-testeurs comme étant un produit vendable plein-pot. On pourra certes dire que c’est joli, mais on pourra aussi – et surtout – conseiller de le fuir comme la peste, et ce, même à très petit prix.

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A propos de l'auteur : Marcheur

Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

4 Commentaires sur “Star Wars : le Pouvoir de la Force 2”

  1. Ouega dit :

    Finalement, je trouve que la verve de notre Marcheur national sied à merveille à des jeux pourris ! A méditer ! Je me suis bien marré !

  2. Toupilitou dit :

    J’avoue ; une belle conclusion tout en retenue ^^

  3. Manitek dit :

    lol c’est sur que de passer de kotor 2 à ….ça!
    ça a du être violent pour marcheur ,)

  4. Marcheur dit :

    Merci pour le compliment mais j’espère ne pas trop souvent réitérer l’expérience que j’ai eu sur ce bien médiocre jeu ^^
    Mais promis, à la prochaine occasion je briserai une ou deux nuques pour la beauté du geste :p
    Manitek: Putain tu sais pas à quel point ça fait mal au cul de savoir que même cette merde c’est mieux vendu que Kotor 2, un truc à me faire bader sur la question pendant une heure !
    Et Toupi: l’ennui c’est que la conclusion est au mot près exactement ce que tu ressentirais face au jeu de base :p


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