À la mod : Golden Souls

À la mod : Golden Souls

La meilleure partie de Mario, c’est quand il a un lance-roquettes et qu’il fraggue les Chevaliers de l’Enfer à bonnet de Père Noël qui lui balancent des marteaux à la gueule. Enfin, les moments où il met les boss minables à coups de railgun arc-en-ciel et de fusil d’assaut sont pas mal non plus, notez bien. Et non, je n’ai toujours pas touché au crack. Ni à Call of Duty, d’ailleurs ; mais lui je me suis quand même décidé à le wishlister ; je voudrais pas mourir bête. À vot’ bon cœur m’sieurs dames, en attendant par ici on fait le tour d’un mod.

 

Enfin, deux mods, parce que c’est comme les séries télévisées : tu balances deux épisodes comme un coup de sonnette et t’attends la cascade de salive des masses pavloviennes. Ou que Marcheur se déchaîne et sorte huit saisons d’un coup en trois semaines. Mais ne nous éparpillons pas. Le sujet du jour est Golden Souls, ainsi que Golden Souls 2, parce que quand y’en a plus y’en a encore. De quoi s’agit-il ? C’est simple.

Dans Golden Souls, mod pour DOOM ][, vous êtes probablement le cousin marine de l’UAC de Mario Mario, le Mario de tous les Mario (désolé pour les grincements de dents et le déclenchement de crise d’angoisse dû à votre PTSD, c’est pas moi c’est le film), et vous vivez dans cette espèce de dimension intermédiaire où vous vous trimbalez dans un hub dont la parenté avec Super Mario 64 n’est que tout à fait discutable. Non vraiment, vous entrez dans des tableaux comme dans absolument aucun jeu avant ça, vous parcourez des niveaux absolument pas dérivés des grands classiques comme Donkey Kong Country, Castlevania, Mario 64 ou Yoshi’s Island, en écoutant des musiques et effets sonores ne provenant absolument pas de la grande époque du Big N avant que le copyright leur monte à la tête, le tout en dézinguant des monstres qui proviennent de Doom ou Heretic, ou qui ne sont absolument pas dérivés de ceux de la firme japonaise la plus connue de l’univers du jeu vidéo. Non, j’ai dit du jeu vidéo. Voilà, celle à plus de quatre lettres. Non, pas Konami. Fuck Konami.

Dans Golden Souls 2, mod pour DOOM ][, vous êtes probablement le même marine qui prend son thé, puis qui part vivre de grandes aventures dans une espèce de dimension intermédiaire, où vous vous trimbalez sur une carte du monde qui n’a vraiment aucune ressemblance avec celle de Super Mario World (surtout que c’est en pseudo-3D puisque c’est du Doom, naméoh !), et pour le reste vous relisez le paragraphe au-dessus, juste en plus varié, avec encore plus de références aux jeux de la meilleure console ayant jamais existé. Non, pas la portable, l’autre.

Mais je vous rappelle quand même – juste au cas où – que non, tout ça n’a vraiment aucun rapport avec les jeux sus-cités, ni avec ceux que votre imagination et votre nostalgie débordantes vous imposent à juste titre. Non parce que quand même, ce serait con de se prendre un C&D dont certains imbéciles ont le secret juste parce que vous avez créé un truc qui s’avère être une énorme love letter à tout ça. Ici en général, ou après visionnage d’un quelconque trailer ou d’une vidéo de gameplay, deux possibilités : on ricane ou on est intrigué. J’ai ricané. Le mélange est tellement improbable, tellement absurde, tellement foireux par nature que ça ne PEUT PAS fonctionner, pas vrai ?

Quinze heures plus tard, j’en suis à la moitié de Golden Souls 2 et j’ai pas envie qu’il se termine, et je suis là à taper une bafouille pour l’antre des loutres. En fait si. Ça fonctionne même de la manière la plus absurdement jouissive qui soit, et ça se paie encore le luxe de le faire pour des raisons spécifiques à chaque mod. Voyez-vous, il y a une différence de taille entre les deux. Et je ne dis pas ça parce que le premier a une petite vingtaine de niveaux qui vous feront à la louche cinq heures et le second cinquante niveaux qui vous font quinze-vingt minutes pièce, non.

Tout simplement parce que l’évolution entre les deux permet de les apprécier de manière subtilement différente. Ainsi, Golden Souls joue pas mal sur les palette swaps. Vous allez bouffer du cacodemon à outrance, mais avec des attaques différentes, et donc des approches différentes ; la plupart des nouveaux ennemis sont… bah nouveaux, les niveaux se permettent des incursions dans le platforming dégueulasse qui ne sont pas sans rappeler la Star Road, vous y apprenez la manière de fonctionner de Batandy, le créateur des deux mods, et comment il planque ses secrets, comment il agence ses niveaux, son rythme et les morts cheap qu’il aime vous infliger de temps en temps (et même pas trop souvent, la chose n’est jamais frustrante).

Dans Golden Souls 2 par contre l’affaire est établie ; si quelques ennemis changent de peau, que certains disparaissent et que d’autres font leur entrée, le tout est plus entendu. On sait ce qu’est Golden Souls, on est là parce qu’on en veut plus et… oooooh bordel Batandy en donne plus. Tellement plus. Jusqu’à la nausée parfois ; mais le level design est plus mature, à défaut de garder son imprévisibilité. Les clins d’œil se font plus grands et plus nuancés, les ambiances sont plus travaillées, le rapport à la musique, au rythme et au visuel est moins lâche que pour la première itération. A fortiori quand on tombe sur ses musiques fétiches. Quelque part, ça pousse à lever le pied et à profiter pleinement du trip, moins bourre-dedans mais plus… j’hésite à dire estival ; du moins, dirai-je, léger.

Jouer à Golden Souls, c’est aller de bonne surprise en bonne surprise, de coup de vieux en coup de vieux, et se taper un sourire contagieux du début à la fin ; les mods respirent l’amour du 16-bit, de Doom, du travail bien fait et du fun. Ce n’est pas à dire que le tout est parfait, mais on s’en approche furieusement. Si certains niveaux sont atrocement plats ou carrés, la faute en partie aussi au support choisi, chacun est bien particulier ; un niveau qui vous fait penser à un temple de l’eau vous assurera le même « bordel, trop long, fait chier, puzzle de merde, d’où je viens déjà et c’est par où, ah putain » que n’importe quel temple de l’eau. N’EST-CE PAS, OCARINA OF TIME ? Un niveau axé « horreur » (entendons-nous bien, les deux types d’horreur dont on parle sont celle de Castlevania et celle des Ghost Houses de Mario) vous donneront exactement ce que vous en espérez. Oui, même les Boo. Enfin presque. Enfin complètement, mais pas tout à fait.

La mécanique du jeu – principale – reste le shoot. À vous les joies du pistolet, de la shotgun, du fusil d’assaut, du lance-notes, du tire-étoiles, du blaster façon Blake Stone, de… QUOI ? Bah oui, l’arsenal aussi c’est du grand n’importe quoi, vous vous attendiez à quoi exactement ? On est à mi-chemin entre Doom et Mario, merde ! Je dois dire d’ailleurs que, pour une fois, je me sers de toute la panoplie sans hésiter et selon mon envie d’en découdre ou d’en finir vite autant que suivant les risques environnementaux. Le lance-notes par exemple, un lance-roquettes en version plus fun, est fourbe dans ses trajectoires mais ô combien expéditif parfois.

Puis s’agissant d’un mod, le saut est permis. En fait, il est requis. Et qui dit saut dit rocket jump, et qui dit rocket jump dit, parfois, sequence breaking, et ça c’est juste bon. Même le platforming est aux petits oignons ; loin des ignobles maps « parkour » d’un Minecraft (salut à toi, sale casu venu ici parce que tu as fait cette recherche, merci de retourner t’enterrer dans la fange qui te sert de quotidien, ici on est entre gens de goût), on est ici dans le timing et la précision, pas dans l’abus de mécaniques. Pour avoir fait quelques expérimentations sur les maps, il est probablement possible de passer le tout en mode speedrun furieux, mais ça demande un doigté et une exactitude dans les pauses qui me dépassent.

On parle ici de saut en hauteur (la gravité est proche de celle d’un Mario, et cela est accentué encore dans Golden Souls 2 puisque le son est celui d’un plombier qui saute – classique mais toujours sans rapport avec quelque jeu 16-bit que ce soit PUISQU’ON VOUS LE DIT), en longueur, en précision, avec pièges au sol rétractables à cycles de quelques secondes, entre des bullet bills joyeusement remplacés par des roquettes parce que faut pas déconner quand même, sur des rebords exigus, entre des méduses évidemment assez électriques pour s’avérer mortelles, au milieu de traits de feu pas spécialement engageants. Bref : du classique, mais du classique qui fait du bien, d’autant qu’il est exécuté avec une finesse remarquable.

Les mods disposent aussi des classiques étoiles à choper en bout de course et autres. Ici, il s’agira d’âmes dorées (puisqu’on vous dit que c’est Doom, bon dieu !)  ; âmes que vous récupérerez en terminant le niveau ou en récupérant huit pièces rouges (et après chaque boss pour Golden Souls 2), par exemple. Je ne pense pas avoir déjà vu ça ailleurs, vraiment. Chaque niveau dispose aussi d’une ou plusieurs grosses pièces (trois par niveau dans Golden Souls 2), avec la tronche du Doom Guy dessus. Celles-ci vous permettront de débloquer des niveaux bonus (dans Golden Souls) ou des améliorations / skins pour vos armes (Golden Souls 2). S’ajoutent à cela des araignées d’or, davantage concentrées dans Golden Souls 2 mais que vous vous ferez probablement une joie de récupérer si vous vous lancez dans l’aventure.

Les pièces – parce que bien évidemment les niveaux sont truffés de pièces – vous serviront à acheter des objets (de soin) que vous pourrez utiliser en cas de coup dur dans un niveau, ainsi que des munitions, des soins immédiats et de l’armure. Sachez tout de même que vous ne pourrez transporter plus de 999 pièces (Golden Souls) ou 1999 pièces (Golden Souls 2) à la fois, et que les prix ne sont hélas pas affichés… mais heureusement faciles à retenir. Il est bon de noter, à ce propos, que vous nagerez bien plus vite dans le cash dans Golden Souls que dans Golden Souls 2. Certes, il vient toujours un moment où vous avez assez de pièces pour confortablement vous recharger à fond entre les niveaux, mais l’avancement plus lent dans Golden Souls 2 ajoute du padding – bienvenu, il faut le dire – à cette mécanique.

Vous pourrez aussi trouver des sorties secrètes menant à des niveaux cachés, des crânes de couleur ouvrant des portes dans tous les niveaux, à la façon des blocs de couleur d’un Super Mario World faisant apparaître de nouveaux chemins, mais en beaucoup plus direct. Trouver des bonus cachés qui vous feront marrer tellement ils sont OP et clichés (et surtout pas virils du tout). Croiser des PNJ (dont des vendeurs mais pas que) avec qui vous pourrez même taper (un peu de) causette dans Golden Souls 2. On ne s’en lasse pas, ou seulement à très forte dose, et c’est tant mieux.

Comment qu’on fait ?

  • D’abord il vous faut un DOOM ][, que vous pourrez trouver sur GOG ou sur Steam (ou même paraît-il dans d’autres jeux, mais là, démerdez-vous).
  • Ensuite, il vous faudra un GZDoom, la dernière version disponible sur leur site.
  • Vous dézippez GZDoom, vous placez le fichier DOOM2.WAD de Doom ][ dans le même répertoire.
  • Vous téléchargez Golden Souls et / ou Golden Souls 2, et vous placez les fichiers .pk3 dans le même répertoire toujours.
  • Enfin, pour lancer le mod, vous faites glisser l’un des .pk3 sur le fichier GZDoom.exe, ou vous créez un raccourci vers ce dernier, que vous modifiez pour ajouter le nom du .pk3 – par exemple : « D:\DOS\gzDoom\Golden Souls\gzdoom.exe » GoldenSouls_Full_1.4.pk3.
  • Dernière possibilité : vous créez un raccourci vers GZDoom dans Steam et vous ajoutez le nom du .pk3 dans les options de lancement, par exemple : GoldenSouls2_1.3.pk3. 

N’oubliez pas d’activer le saut dans les options et d’activer les touches relatives à l’inventaire. Ah, et appuyez sur F1 pour avoir l’aide, dans Golden Souls 2.

 

Après, si tout cela ne vous a pas convaincu, soit vous n’aimez pas Doom, soit vous n’aimez pas Mario. C’est votre droit, mais faites-vous tout petit, le monde entier vous hait, sachez-le. Jouez à Golden Souls. Mais pas avec les gosses. Ils ne le méritent pas. Et de toute manière ils ne sauraient pas apprécier ce coup de genou dans les testicouilles de la nostalgie qu’offrent les deux mods. Ou alors envoyez-les à travers tous les jeux référencés avant. Ça ne devrait pas leur prendre plus de cinq ou dix ans.

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A propos de l'auteur : Hyeron

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Pourrait retourner jouer à Call of Duty comme on le lui suggère, s'il avait seulement déjà approché cette franchise

5 Commentaires sur “À la mod : Golden Souls”

  1. Bordel, j’aime pas Doom et j’aime pas Mario.
    Bon bah hein.
    J’éteindrai en sortant.

  2. Avatar Toupilitou dit :

    Perso, ce qui m’épate, c’est que des mods voient le jour sur un jeu sorti il y a plus de 20 ans :smile:

  3. Avatar Marcheur dit :

    Bordel, j’aime pas Doom et j’aime pas Mario.
    Bon bah hein.
    J’éteindrai en sortant.

    Image

  4. Avatar Hyeron dit :

    Perso, ce qui m’épate, c’est que des mods voient le jour sur un jeu sorti il y a plus de 20 ans :smile:

    Quake n’est pas en reste non plus. Et si Doom est encore bien vivant (ainsi que ses congénères, même les plus malchanceux comme Blood – je veux dire, faut sauver le soldat Blood, ça fait des années que ça dure, et maintenant on a ENFIN deux ports pérennes), c’est pour trois raisons très simples.

    1. Half-Life a tué le FPS. Jusque là, l’histoire était un prétexte, le fun était dans les niveaux et le gameplay. Je ne dis pas que ce dernier est en reste dans les HL, mais il n’est pas l’attribut primaire du jeu. Tu veux fragguer en mode fou furieux, tu pars direct vers avant 1998. Après, c’est devenu lent et mou. Même Half-Life, en comparaison. Y’a que quelques survivants type Serious Sam qui sont sortis plus tard.
    2. Les moteurs sont simples et connus, archi-connus, hyper-connus, en dériver de nouvelles fonctionnalités est à la limite du jeu d’enfant, d’autant qu’on les maltraite depuis qu’on a les sources. Et donc…
    3. Les sources. On a les sources.

    Half-Life est mort depuis bien longtemps en comparaison de DN3D, Quake et Doom. Il y a un following, oui, mais il n’est pas du même acabit, de la même intensité ou du même genre que pour ceux-ci.

    Ce qui est VRAIMENT épatant… C’est que les autres soient morts. Alors que le FPS, en essence, c’est immortel.

  5. Marcheur
    Ouais Doom et Mario, y jouer, ça me fait le même effet que de voir qu’on continue de diffuser en prime le Corniaud ou les Bronzés. C’est juste… pffff… quoi.


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