Batman Arkham Asylum

Batman Arkham Asylum

Voilà. L’histoire m’a rattrapé. Fin 2012, à Noël pour être tout à fait exact, je reçois deux jeux : Risen 2 : Dark Waters, ainsi que Batman Arkham City. J’ai depuis bien évidemment fini le jeu de Piranha Bytes (trois fois) et ai appris à l’apprécier pour ce qu’il est, c’est à dire un jeu sympa mais probablement le moins bon titre de toute l’histoire du studio. Quant à Batman et moi, l’adhésion ne s’est pas faite parce qu’il ne me plaisait basiquement pas. Son système de combat qui me paraissait limité et son aspect Ubiworld qui me dégoûtait dès les prémices ont fini par m’écarter durablement du jeu de Rocksteady. L’histoire et l’âge avançant, ayant entretemps assoupli mon avis sur la question Assassin’s Creed, mais aussi sur le système de combat type freeflow de Batman Arkham repris par – notamment – L’ombre du Mordor (un titre que j’ai bien apprécié au passage), ma compatibilité avec les jeux de Rocksteady commençait à m’apparaître plus évidente. Force est de constater qu’après avoir acheté la collection Arkham, et avoir fait l’effort de m’immerger dans les systèmes de jeu de l’épisode Asylum, je suis plus que rentré dans la proposition, allant presque dire que j’ai pris un coup de frais assez important en cette année où j’étais plus que morose. Batou et moi avons donc des choses à dire.

 

Sans être un immense fan de l’univers de la Chauve Souris, je dois bien admettre que de Nolan à Burton, en passant par la vision brutale et sombre de Snyder, le héros de DC m’a toujours laissé une belle impression dans ses adaptations cinématographiques. Amateur du personnage sur grand-écran, cela n’était plus qu’une question de temps avant que je finisse par me laisser charmer par l’idée de le découvrir pad en main, il me fallait juste un peu plus de poils au menton et un peu plus d’ouverture d’esprit. Sachant qu’on est passé d’un gamin qui déclare « Call of Duty c’est de la merde, les jeux de bagnoles c’est pas pour moi, et le jeu vidéo Japonais c’est daubé du cul » à un gamin qui dit désormais « Call of Duty y en a des franchement cools, Forza Horizon c’est du caviar, et les meilleurs game designer sont probablement au Japon » , on peut en effet se dire que les choses ont évolué.

Le premier contact n’est pourtant pas franchement engageant pour moi. Après une brève cinématique, on retrouve Batou surveillant le transfert du Joker à l’asile d’Arkham, et dans une longue séquence semi-interactive d’exposition, on découvre le lieu, l’antagoniste et sa personnalité, ainsi que les autres occupants du lieu. Si les choses sont bien écrites et pas trop mal rythmées, on reste tout de même sur l’impression du « bordel, on joue quand ? » . Fort heureusement, tout part assez vite en couille pour notre ami en collants noirs, et on est introduit rapidement au système de combat, tout en souplesse et en patates de forain.

En effet, si le système de combat est fort automatisé à grand renfort de Batman qui rejoint directement son adversaire à la moindre pression de bouton, le tout profite d’un assez formidable travail sur l’impact des coups ressentis via les vibrations du pad, tremblements de l’écran, animations soignées des adversaires… Très rapidement, on comprend qu’on est en face d’un système de combat qui veut du percutant. Il y arrive, il faut le dire, très bien. Une touche de frappe, une de parade, une d’étourdissement, et une pour l’esquive ; on prend vite le coup, et le tout a une allure de jeu de rythme infernal dans lequel on doit gérer parfois plus de six adversaires qui attaquent en simultané. Oui, ici, on n’attend pas son tour, on vient aider son pote s’il est dans la merde, on réagit, et on va chopper une arme pour combattre. Bref, ici, les combattants sont des combattants, et pas des abrutis qui attendent les gnons.

Troquant donc la technicité de ses combats au profit d’un rythme rapide et d’ennemis retors et agissant intelligemment, on en vient bien vite à oublier la désagréable impression d’être sur un rail dès qu’une action a été entreprise, et on devient attentif aux signaux visuels à l’écran pour faire la meilleure danse possible. Car le tout est esthétisé à l’extrême, tandis que les chorégraphies sont juste scandaleusement jouissives à regarder. Pas étonnant que Batman VS Superman a emprunté ce visuel pour donner lieu à la séquence Fight Night tant ce style de combat colle au personnage : souple et puissant.

Conscient que tout cela est assez aisé à maîtriser, Rocksteady glisse assez de variations à base d’ennemis demandant à être contournés ou sonnés avant d’être attaquable, ainsi qu’une belle idée : au bout de moins d’une dizaine de frappe subies, même à haut niveau, Batou trépasse.  Alors, grâce à ces choix, la tension et l’attention (WOAW ; t’as vu cette multi-syllabique ?) ne baisse jamais, et on reste concentré sur une action survoltée qui défoule plus qu’on ne pourrait le penser, tout en gardant le cerveau allumé. Et croyez bien que garder mon cerveau allumé, c’est pas si simple.

En parlant de cerveau, parlons aussi de l’autre composante du jeu, en dehors de ses combats. Car si je laisse jusque-là penser que la castagne est la plus importante mamelle du titre, sachez que ce serait le réduire à peu de choses, vu que la plupart du temps on sera à explorer, mais aussi, à enquêter. Cette composante d’enquête est d’ailleurs assez importante, car elle est aussi bien exploitée dans la trame principale (assez courte d’ailleurs ; huit à dix heures de jeu) que dans les contenus plus secondaires.

L’aventure, dans ses grandes lignes, propose en effet d’exploiter sans abus la mécanique désormais célèbre de la « vision d’enquêteur » que The Witcher 3 reprendra à son compte sans aucune demi-mesure, proposant quelques phases d’enquêtes pas trop longues et pas trop nombreuses, donnant ainsi de la variété à l’action. C’est surtout dans les énigmes de l’Homme Mystère que l’on exploitera cette dernière, car ses énigmes sont essentiellement basées sur l’observation d’indices plus ou moins flous. Heureusement, le tout est secondaire, parce que très honnêtement, vous me connaissez : moi vois, moi tue, sauf si y’a moyen de faire un jet de dés pour savoir si je peux pas convaincre l’autre de me laisser passer sans combattre. Définissez moi comme un bourrin sociable.

Bien sûr pour l’exploration, on a le droit à tout un tas de gadgets, tel des bat-machins et autres bat-trucs… Basiquement, des gadgets qui permettent de parvenir à des lieux autrement inaccessibles, ce qui nous amène donc à identifier le genre du titre : un jeu d’action, teinté d’infiltration, avec des éléments de Métroïdvania. Ah, et il y a un arbre de compétences, donc c’est un RPG aussi… Bordel, j’ai eu peur, j’ai cru oublier un tag sur Steam. Parlons d’ailleurs du portage sur Steam qui apparemment n’est pas fort glorieux pour la collection Return to Arkham, ce qui me fait vous orienter naturellement vers les originaux qui, de toute façon, sont tout à fait regardables sans cette très dispensable remasterisation.

Un petit point technique peut-être ? j’ai joué à ce titre sur Xbox One X, dans sa version améliorée donc. Croyez bien qu’il n’y a pas grand chose de glorieux, entre le framerate bloqué à 45 fps (genre… pourquoi 45 ?), et sa résolution dynamique allant du 900P à 1080P (genre… on est sur Xbox One X les gars ?), on peut clairement dire que le studio chargé du portage (Virtuos) s’est un peu foutu du monde. Et c’est à peu de choses près le même délire sur PS4, PS4 Pro, et One basique ; le 45 fps en moins. Super. Voilà pour le point technique, ce qui n’enlève rien à l’esthétique globale, qui s’en tire à merveille en dépeignant l’univers noir de DC, d’autant qu’il est à noter que rendre un asile varié visuellement, c’est déjà un sacré challenge relevé haut la main.

Abordons maintenant un point qui m’a laissé un peu plus sur ma faim : le son. Si les bruitages ne manquent pas de percutant, on trouvera à redire sur des compositions un poil discrètes, malgré un thème principal tout à fait réussi (et non, ce n’est pas du Hans Zimmer éco +, un bon point), et des doublages qui sont assez solides malgré une synchronisation labiale un brin défaillante à l’occasion. J’aurais aimé un bilan impeccable là-dessus, parce que ça ne rend pas forcément honneur au dernier point, qui finit de faire passer le jeu du bon au très bon à mes yeux : le scénario et l’ambiance.

Oui, j’ai été surpris que le scénario soit plus lié au contexte qu’à une série de retournements de situations diverses et variées. Le Joker a simplement préparé son coup à l’avance, et l’asile d’Arkham est un piège qui se referme sur Batou. Et dans ce piège, il y a Harley Quinn, L’Homme Mystère, et d’autres super-vilains que je ne vous divûlgâcherais pas (ça, c’est pour notre public Québécois). On reste sur une idée simple : le Joker veut foutre la merde et met à profit chacun de ses « alliés » pour vous mettre à mal. S’ensuit donc une aventure pleine d’affrontements marquants (dont certaines séquences complètement dingues, qui inspireront notamment The Evil Within, et font directement référence à Metal Gear Solid 2), qui permettent au jeu de s’en tirer encore avec les honneurs en 2018, neuf ans après sa sortie.

Aussi, les combats de boss (excepté le dernier) sont tous mémorables et vraiment intéressants, mettant à profit les spécificités du système de jeu et les capacités de Batman. On pourra regretter que l’histoire se plie finalement assez vite, mais au moins, il n’y a vraiment pas de temps morts (même lorsque le jeu force à des allers-retours qui ne dérangent vraiment pas), et on finit l’aventure très satisfait. Un jeu qui fait incroyablement bien ce qu’on lui demande, et qui est une adaptation vidéoludique intéressante et pertinente de l’univers dont elle s’inspire. J’en redemande. Fort heureusement, j’ai deux jeux à faire derrière celui-là : Arkham City Gang et Arkham Knight, ainsi que l’ultime friandise Arkham Origins.

 

Marquant, intelligent, pas si simple, et profondément respectueux du joueur, Batman Arkham Asylum est une leçon de jeu bien fait. Jamais vraiment excellent dans un quelconque domaine, il arrive tout de même à être homogène dans ce qu’il propose, et condense dans une aventure courte et très satisfaisante pas mal de séquences vraiment marquantes. On pourra reprocher que le jeu n’arrive jamais vraiment à développer Bruce Wayne ni Batman et encore moins les antagonistes, mais il part du principe que le gros des personnages est assez bien connu pour développer une histoire simple mais efficace. Un beau moyen pour moi de reprendre sérieusement le jeu vidéo, et une nouvelle piste à explorer dans le jeu vidéo : faire tous les Batman Arkham, et vous en proposer des critiques… Quoique Gelukpa m’a déjà piqué celle d’Arkham Knight… SALAUD !

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

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