Batman : Arkham Knight

Batman : Arkham Knight

Arkham Knight est le quatrième épisode de la série Batman : Arkham, même si Arkham Origins est un peu à part, puisque développé par un autre studio et est un préquel des trois autres. Il s’agit de l’épisode ultime clôturant une série particulièrement respectueuse de l’univers Batman, et très appréciée par les fans. Alors, oui, ce Batman est le dernier de la série, et vous voudrez forcément savoir pourquoi, pour cela il vous faudra finir le jeu à 100% (ce qui n’est pas une mince affaire). Cet ultime épisode fait-il honneur aux précédents épisodes de la série ? C’est ce que nous allons voir.

 

Replaçons un peu le contexte dans lequel Arkham Knight vous embarque : dans l’épisode précédent, Batman : Arkham City, le Joker est mort, mais il a réussi à transfuser un peu de son sang à Batman. Or, il s’avère que le Joker est atteint d’une maladie de type Creutzfeldt-Jakob (une sorte de maladie de la vache folle quoi…) qui explique sa folie. Batman est donc lui aussi contaminé, et il se retrouve lentement atteint par la folie du Joker.

Cette astuce narrative, fortement discutable scientifiquement (… comme l’ensemble des gadgets de Batman soit dit en passant), permet aux développeurs de nous faire voir le Joker absolument partout, commentant avec son humour déjanté et caustique chacun des événements du jeu et des actes de notre Bruce Wayne (oui, pour toi au fond qui aurait grandi dans une grotte : Batman est en réalité le fameux Playboy millionnaire Bruce Wayne).

Batman devient fou, mais bien évidemment tout cela a lieu au pire moment possible ; l’Épouvantail a menacé d’inonder les rues des trois principales iles de Gotham avec une des toxines de terreur dont il a le secret. La ville est donc évacuée par les civils, ne laissant dans les rues que la pègre de Gotham City (comme c’est pratique…). Pour l’occasion, l’Épouvantail s’est associé à un nouveau méchant : le Chevalier d’Arkham, qui en veut particulièrement à Batman pour une raison qu’il vous faudra découvrir.

Ce duo de choc fait office de grands méchants dans cet épisode, bien que le reste du casting de l’univers Batman ne soit pas en reste, car vous devrez affronter nombre de criminels bien connus, tel le Pingouin, Double-Face, Firefly, l’Homme Mystère… L’histoire est très bien racontée, vous emmène d’événements en événements sans vous laisser le temps de respirer, le tout accompagnée de cinématiques très réussies. Dans sa quête Batman sera aidé par tous les alliés qu’on lui connait : Catwoman, Robin, NightWing, Oracle, le commissaire Gordon, et bien sûr Alfred.

Les phases de gameplay restent toutefois classiques par rapport aux précédents épisodes :

  • Des combats de type parade / contre-attaque, dont la palette de coups est vraiment variée, avec en vrac : étourdissements, exécutions (assommantes seulement ; c’est Batman quand même !), désarmements, raclées… A cela se rajoutent tous les gadgets que vous récupérez au cours de l’aventure et qui ont leur utilités en combats : batrang, gel explosifs, charge électrique, grappin…
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    Les ennemis affrontés seront assez différents puisqu’ils pourront disposer d’armes à feu, matraques, boucliers, sabres, matraques électriques… Chacun de ces types d’adversaire devant être attaqué d’une façon différente afin de ne pas s’en manger plein les dents. A noter que lors de ces combats, le nombre d’ennemis a été revu à la hausse, sévèrement même, certains groupes d’ennemis pouvant atteindre la vingtaine, voire la trentaine.

  • Des phases de type prédateur, où Batman devra profiter de la furtivité et de tous ses gadgets pour éliminer ses ennemis un par un. Quel plaisir de sortir d’une grille au sol pour étrangler silencieusement un bandit. Quelle joie de tomber d’un promontoire afin d’attraper un truand et le pendre par les pieds. Quel bonheur d’attirer un malfrat dans un piège explosif en faisant du bruit avec un batrang. Quel régal d’attendre un gangster au coin d’un mur, et l’attirer d’un coup de bat-grappin pour l’assommer d’une mandale bien placée.
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    Pour ce qui est des gadgets, les aficionados de la série seront en terrain connu ; il y a peu de nouveaux gadgets et leur utilité respective reste assez instinctive. La principale amélioration de notre chevalier noir est l’apparition d’une nouvelle armure permettant des éliminations par intimidation, donnant ainsi la possibilité d’abattre jusqu’à cinq ennemis sans qu’ils ne puissent rien faire. Cette technique permet d’ouvrir de façon assez jouissive la plupart des combats.
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Recharger votre intimidation nécessite de réaliser une élimination discrète sur un ennemi. Cette mécanique rappelle grandement ce qui avait été mis en place sur les derniers Splinter Cell (exécutions au corps-à-corps qui permettaient une série d’exécutions à distance ; comme dirait Toupi, « l’industrie est encore en train de se sentir le cul » ). Durant ces phases, que ce soit en combat ou en prédateur, Batman est encore plus dynamique, violent, et efficace que dans les épisodes précédents.

On le sent à bout, et il le fait comprendre aux malfrats. Certes, il ne tue toujours pas, mais il en brise des os ! Ses punchlines lors des interrogatoires sont d’ailleurs parfois assez drôles : « je comptes jusqu’à 1, et après je m’énerve ! » , « parle, sinon je commence par les doigts ! » , etc… Et puis il y a cette scène où Batman interroge un truand en menaçant de lui écraser la tête avec une roue de la batmobile (bien évidement, cette scène est interactive, et c’est à vous d’accélérer pour terrifier le pauvre bougre !).

Tiens, parlons-en de la batmobile. C’est la grosse nouveauté de cet épisode. Il s’agit d’un véhicule particulièrement puissant, disposant de deux modes de conduite : un mode voiture à la fois maniable et rapide car disposant d’un turbo, et un mode tank qui rend le véhicule plus lent mais encore plus maniable tout en débloquant une série d’armes mortelles : canon, mitrailleuse, et un canon à balles en caoutchouc pour tirer sur les émeutiers dans les rues. Cette batmobile est très exploitée dans de nombreuses séquences. Beaucoup. Parfois même trop.

Vous allez affronter des tanks drone, des hélicoptères drone, des lances-missiles drone, poursuivre des voitures, des Humvee, des blindés, poursuivre des ennemis volants, résoudre des énigmes en utilisant un grappin électrique intégré, désamorcer des mines, affronter des boss (ouais, on affronte des boss en batmobile !). Chaque séquence de l’histoire principale, et une bonne moitié des quêtes annexes, vous demanderont d’utiliser la batmobile. En contrepartie, le jeu ne propose pas de vrais boss épique comme Killer Croc dans Arkham Asylum ou Mr Freeze dans Arkham City.

Même si la batmobile est très utile, on en vient quand même au bout d’un moment à préférer le grappin et le vol plané. Cette approche est parfois plus subtile contre les ennemis, et offre une hauteur de vue agréable, histoire de repérer les différentes missions que le jeu vous proposera. En ce qui concerne la durée de vie, comptez quinze à vingt heures en ligne droite, mais pour obtenir la vraie fin du jeu, il vous faudra le terminer à 100 %, ce qui peut être extrêmement long avec près de trois cent énigmes de l’Homme Mystère à résoudre, sans compter les missions annexes qui peuvent parfois être assez répétitives. En effet, vous allez en désamorcer des mines, détruire des tanks, libérer des avant-postes, nettoyer des buildings, abattre des drones…

Cela en sachant que, régulièrement, de nouvelles unités seront rajoutées histoire de repeupler tous ces territoires que vous avez libéré. Ceci est plutôt bien justifié par l’histoire, mais laisse quand même un arrière-goût d’allongement artificiel de la durée de vie. Les quêtes secondaires qui vous amènent à affronter les Némésis de Batman comme le Pingouin, Double-Face, Firefly, ou Man-Bat (ouais, Man-Bat l’homme chauve-souris ; y a un petit coté foutage de gueule sur celui-là) sont sympathiques, bien que là aussi on vous fera jouer plusieurs fois des séquences assez similaires de poursuites ou de nettoyages de bâtiments.

Techniquement, le jeu est superbe. Textures, animations, effets visuels ; tout est bien rendu. Malheureusement, le tout n’est pas très bien optimisé sur PC (rien d’étonnant vu la polémique à sa sortie ; le jeu était tellement mal adapté qu’il a été retiré de la vente quelques mois, ainsi que purement et simplement annulé dans ses versions Mac et Linux). Parmi les regrets, l’architecture de Gotham City est absolument atroce. On sent que les développeurs ont eu envie d’intégrer tout les éléments vus dans les comics, films, dessins animés.

Cela donne un patchwork de bâtiments sur les iles de Gotham proprement hideux et peu crédible. La ville contient d’ailleurs beaucoup de références cachées ici et là de l’univers DC Comics. On y retrouve par exemple des références à Lex Luthor, Queen industries (Arrow)… Pour la partie audio, le jeu est une tuerie. Les doublage français sont également formidables ; on y retrouve toutes les voix officielles, que ce soit le Joker, Batman, Alfred, le Pingouin… Tout sonne juste.

 

Le jeu n’est pas exempt de défauts : la ville de Gotham City est vraiment peu crédible, la batmobile est surexploitée tout au long du jeu, aucun vrai combat de boss épique n’est proposé, les missions annexes peuvent paraitre répétitives. En dehors de ces quelques défauts, l’épisode reste exemplaire sur tout le reste : la mise en scène est très réussie, l’histoire racontée vous happe du début à la fin, le gameplay est aux petits oignions, et les doublages sont parfaits. Batman Arkham Knight clôture à merveille la série, et devrait être fait par tout fan du plus Grand Détective du Monde.

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A propos de l'auteur : Gelukpa

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Modèle de vertu détraqué et testeur pour la loutre

11 Commentaires sur “Batman : Arkham Knight”

  1. Ca n’est pas le chef-d’oeuvre qu’est le 1er mais ça reste le second meilleur jeu de la franchise.
    Il mérite plus que le détour.

  2. Avatar cabfe dit :

    J’ai bien aimé.
    Après une pause entre les 3 premiers et Arkham Knight, j’ai vite repris mes marques. Je ne suis pas fan de comics mais l’univers de Batman est intéressant à suivre, même si on n’y connaît rien comme moi.
    Je confirme que la voiture, on en a un peu trop dans le jeu. C’est vite fatiguant.

    Et finir à 100%, même si c’est justifié scénaristiquement, c’est niet. J’ai lâché à 99%.
    Pas question de perdre mon temps avec plus de 240 énigmes à la noix, j’ai un backlog qui m’attend :eek:

  3. Avatar Gelukpa dit :

    Une chtite vidéo youtube pour voir la vrai fin me parait tout à fait raisonnable. :smile:

  4. Avatar AbounI dit :

    On se laisserait bien tenter plus tard quand on aura le temps pour cet épisode final. On avait bien aimé les 2 premiers.

  5. Avatar Qwarrock dit :

    Ca n’est pas le chef-d’oeuvre qu’est le 1er mais ça reste le second meilleur jeu de la franchise.
    Il mérite plus que le détour.

    Questions de goûts, mais si il est vrai que
    ‘ Asylum apportait de la nouveauté et était assez maîtrisé, le jeu était vraiment trop cloisonné, linéaire et avec un manque cruel de variété à mon goût.

    ‘ City alors là quel chef d’oeuvre à mes yeux, quel sentiment de liberté absolue, quelle variété ! Je l’ai finis à 100% sans même m’en rendre compte, au point que j’en voulais encore (dlc inclus bien sur), bourré d’easter egg de qualité, je n’ai pas d’autre mot qu’un chef d’oeuvre de Beat-em-All.

    ‘ Knight, niveau gameplay, c’est un peu la redite de City en « monsieur + » partout, sauf que c’est un peu déjà vu (à force) donc hop là que j’use et abuse de la seule grosse nouveauté, la voiture à toutes les sauces !
    Après moi j’aime bien les jeu de voitures, mais c’est vrai qu’ils n’ont pas … disons… trouvé le juste milieu dans ce domaine.

    Par contre niveau histoire et implication, j’étais scotché… J’ai vraiment adoré. Je précise que je n’ai peut être lu dans ma vie qu’un seul comics DC (contrairement à Marvel) et peut être 2 ou 3 dessin animé de Batman… Que je trouvais tout ce qui le concernait (tout comme Superman) ultra stéréotypé et gentillet…. Ici on a droit à quelque chose de vraiment mature et crédible ! Vraiment même aujourd’hui je m’en rappelle encore. (bien plus que les 2 autres)

    Je précise au cas où que j’ai finis l’aventure de tous les Batou à 100% enigma inclus (même ‘ Origins)

  6. Pff, « City » chef-d’oeuvre ? Ha !

  7. Avatar Qwarrock dit :

    Pff, « City » chef-d’oeuvre ? Ha !

    question de gouts, comme je l’indiquais…. Je pourrais te rétorquer « ‘Pff, « Asylum » chef-d’oeuvre ? Ha ! » mais quel serait l’intérêt ?
    Je respecte tes goûts, qui sont différents des miens… Et de ton côté ?

  8. Avatar Toupilitou dit :

    Faut pas prendre les choses trop à coeur par ici ; trop de premier degré peut être nocif pour la santé, surtout dans l’antre du 15ème degré :smile:

  9. Avatar Marcheur dit :

    Je rejoins Navarre, Asylum est un très bon jeu. Avec effectivement quelques idées de mises en scène / séquences de gameplay qui n’ont pas à rougir des meilleurs titres que j’ai pu faire.
    Et si il est effectivement cloisonné, il n’en reste pas moins un Métroïd-vania qui maîtrise ses codes et arrivent à se renouveler assez fréquemment grâce aux outils que l’on débloque au fur et à mesure d’une progression vraiment millimétrée. Pour l’instant je n’ai pas fini City, mais je lui préfère l’atmosphère d’Asylum, pour sûr, ainsi que sa construction.

  10. Faut se replacer dans le contexte de sa sortie : personne n’attendait ce jeu. Généralement, les jeux à licence sont mauvais et capitalisent sur une œuvre pour vendre. Or, Asylum a scotché tout le monde par ses graphismes, son intrigue et son gameplay léché.

    Du reste, je ne comprends pas en quoi le fait qu’il soit cloisonné puisse être, sinon négatif, au moins dommageable : les dév n’ont jamais eu à cœur de faire un monde ouvert et le principe même de monde ouvert n’est pas un gage de qualité en soi. On ne peut pas statuer à priori qu’un jeu est cool ou qualitatif parce qu’il est situé dans un monde ouvert. D’autant qu’en ce qui me concerne, je n’aime pas les mondes ouverts. A de très rares exceptions, j’aime le principe (GTA, Red Dead, Morrowind, WOW) mais généralement, je préfère le principe de « niveaux » car il permet de focaliser l’écriture, de diriger la narration et de réaliser des séquences plus ludiques.
    J’en viens même aujourd’hui à râler quand je vois les termes « monde ouvert ».

    Pour en revenir à Asylum, il a effectivement marqué son époque en prenant tout le monde à revers : narrativement, le jeu était dynamique, il enchainait parfaitement les séquences entre personnages mythiques et ne noyait pas le joueur sous des allers-retours incessants, ce qui représente pour moi le plus gros défaut des mondes ouverts (jouer 5 minutes mais passer 10 minutes à relier deux points, merci la simulation de randonnée).
    Et alors quand en plus d’un monde ouvert, on me dit que la carte sera la plus grande jamais conçue, j’imagine déjà le temps perdu en allers-retours. Oh putain…

  11. question de gouts, comme je l’indiquais…. Je pourrais te rétorquer « ‘Pff, « Asylum » chef-d’oeuvre ? Ha ! » mais quel serait l’intérêt ?
    Je respecte tes goûts, qui sont différents des miens… Et de ton côté ?

    Tu apprendras vite que mon autorité fait loi : quand tu crois avoir raison, c’est une illusion de la réalité, une déformation du prisme de ta conscience qui te laisse entendre ce que tu as besoin d’entendre. Cependant, rien n’est plus vrai que ceci : j’ai toujours raison.

    Et les double posts, c’est pour moi, c’est cadeau.


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