Call Of Duty : Black Ops

Call Of Duty : Black Ops

Vous savez, nous sommes à une époque assez triste. Une époque où il est possible d’avoir trop de jeux et pas assez de temps pour jouer. Pire, une époque où l’on préfère craquer pour un titre alors qu’on a une vingtaine de jeux à faire. Mais, Marcheur, tel le héros de son époque, a décidé qu’il était temps de faire son travail et de recommencer à devenir un joueur éco-responsable. Il était temps pour lui de profiter de tous ces titres qui se sont historiquement entassés derrière lui, alors qu’il continuait de poursuivre sa route à la recherche d’un bon jeu cette année. Ah, il en a trouvé un, sorti très récemment, mais il en parlera quand il aura le temps, et pris le temps de l’apprécier comme à une époque plus agréable où Marcheur prenait le temps… Alors, il a décidé de s’attaquer à une série qu’il n’a touché que de manière très occasionnelle, et a fait une curieuse découverte : Black Ops, c’est bien.

 

Et ça partait mal ; fin de vacances, fin de régime, retrouvailles non-désirées avec les préoccupations fictives étudiantes featuring changement de cadre de vie. Tout semblait bon pour faire perdurer la morosité du brave chevalier rédacteur, Marcheur de son titre. Sauf qu’en réalité, confronté à une série qu’il avait appris par conditionnement opérant à haïr, le rédacteur s’est alors mis dans une position curieuse : ne rien attendre. Mais genre, rien du tout. Ne pas émettre de jugements sur la provenance, sur la nature, sur la chose en elle-même. Juste prendre les éléments comme ils viennent, et se laisser porter au maximum par la proposition du studio Treyarch et de l’éditeur Activision.

Marcheur connaît Treyarch. Il sait pertinemment que le studio a charbonné avant d’avoir le droit de faire un Call Of Duty réellement ambitieux, et non pas un épisode de remplissage entre deux Infinity Ward. Alors, Black Ops c’était le premier jeu du studio qui avait eu droit à un traitement royal. Et disons-le : ça se voit. Visuellement encore tout à fait convenable si l’on met de côté l’aspect flou des textures, le jeu de Treyarch tient encore la route en 2018, et offre une fluidité impériale sur la machine sur laquelle il a été expérimenté : la Xbox One X. Fort de sa belle émulation, le jeu profite vraiment du surplus de puissance pour ne jamais ne serait-ce que toussoter du framerate. Fort bien.

On partait déjà d’un bon pied lorsque Marcheur décidait d’oublier le scénario (et d’oublier la narration en troisième personne, parce que, sans déconner, c’est chiant), ou plutôt de prendre le récit pour ce qu’il est : Z. L’histoire à base de complot sur fond de guerre du Vietnam / Guerre Froide / délire psychologico-débile m’a bien fait marrer. Je dois même admettre m’être pris poliment au jeu durant les quelques phases qui profitaient d’une mise en scène étudiée, sauvant parfois une narration vraiment totalement à la rue.

Problème et pas des moindres : la synchronisation labiale d’un des personnages importants de l’histoire (genre avec des cinématiques qui font un gros plan sur son visage) est complètement à la ramasse. S’ensuit donc des moments de gêne assez récurrents, où l’on voit la bouche bouger et le son venir avant, ou après, au plaisir du comédien de doublage probablement dirigé par un sourd. Enfin bon, tout ceci est tout de même assez scandaleux lorsqu’on voit le budget que l’on peut investir dans un titre de ce calibre, mais aussi et surtout : la qualité globale de l’animation est tout de même remarquable, alors saloper le travail avec ce genre d’errements, c’est quand même du foutage de gueule intégral.

Enfin, réjouissons-nous en disant qu’au moins le jeu est d’une propreté technique rafraîchissante. Aussi, saluons l’effort sur le rythme de la campagne solo, soutenu, à défaut d’être très inventif ou renversant ; les scripts s’enchaînent avec les cinématiques et phases de shoot plus ou moins variés. Black Ops arrive en quatre heures très condensées à résumer ce qui s’est fait de mieux dans la saga, l’hypnose du mouvement constant, du boum-boum, et du shoot sans trop d’interruptions en font un divertissement assez efficace. Mieux : conscient du global manque de punch des flingues des jeux d’Infinity Ward, Treyarch a pris sur lui de rendre les pétoires plus récalcitrantes, plus caractérielles, et finalement plus sexy que je ne m’y attendais, avec du répondant côté son comme sensation avec notamment le démembrement intégré au moteur du jeu.

Des détails qui en fait porte le jeu du « convenable » au bon, en s’assurant enfin un vrai plaisir flingue en main. Le genre de plaisir qui me fait revenir sans déplaisir, alors que la formule : « couloir-script-arène-cinématique » répété ad nauseam a tendance à me gonfler plus vite qu’un dialogue dans un fast FPS. Sauf que les qualités intrinsèques aux jeux Treyarch rendent l’expérience plus solide que d’habitude, et on finit par se prendre aisément au jeu, voire à se surprendre de le finir en deux soirées. C’est certes mauvais signe pour sa durée de vie, il est vrai relativement faible, mais comme vous avez ou aurez le plaisir (ou déplaisir, c’est selon) de le lire : les jeux longs quand ils le sont pour délayer la sauce, ça me fait plus marrer. Et là, j’ai presque eu autant de plaisir que sur le solo de Titanfall 2, vous savez, ce FPS fait par des anciens d’Infinity Ward qui est en fait un Call Of Duty en plus mobile ou l’on peut contrôler un Titan de temps à autre ? Comme quoi, j’aimais déjà Call Of Duty avant de replonger dedans.

 

Court, intense, nanardesque au possible, et agréable à prendre en main, le premier épisode de la saga Black Ops s’est avéré être un vrai bon moment rapidement passé, mais qui m’a donné envie de m’essayer à la suite pour voir si, décidément, Treyarch n’avait pas juste eu un coup de bol. Petit teasing : oh que non.

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

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