Do Not Feed The Monkeys : Mon voyeurisme banal

Do Not Feed The Monkeys : Mon voyeurisme banal

Je pense que ce que vous aimez dans mes reviews, c’est que vous ne savez jamais comment je vais les aborder, comment je vais aborder le jeu qui se trouve à coté de ce texte, que vais-je mettre comme bêtise dans ce texte qui est écrit sans réflexions, à l’instinct parce que je me fiche de la forme.

 

Personnellement, j’aime bien les jeux surprenant, les jeux qui ont un propos, et qui ne reculent devant rien pour vous le montrer, quitte à choquer, à déranger. Quand on lit le titre  « Ne donnez pas à manger aux singes » , on se demande ce que c’est. Un jeu de gestion de laboratoire Sanofi ? La gestion du zoo privé d’un puissant émir ? Un jeu de type sims qui reprend ma propre vie ? Non, en fait, c’est un… jeu de voyeur… Oui…de pervers…Et le pire, c’est que j’ai bien aimé ce jeu… J’ai bien aimé regarder…

Vous êtes un protagoniste accueilli dans « le club » ; on ne sait pas trop ce que c’est, si ce n’est que c’est que dans ce club il a accès aux caméras de surveillances, de l’extérieur mais aussi de l’intérieur. Vous êtes nouveau, vous avez accès à quatre caméras (choisies dans un pool global d’une vingtaine de caméra), et vous voilà parti. Regardez les singes bouger, faire leur vie, s’immiscer dans leurs petits secrets honteux, leurs faiblesses, leurs folies. Parfois, le club vous demandera de donner des informations précises (où se situe telle « cage » ie « caméra », comment s’appelle telle entreprise dans laquelle se trouve la cage, ect…) en échange d’argent. Vous pouvez aussi prendre des emplois merdiques pour gagner quelques sous ; le gros du jeu consistant à regarder les écrans et à cliquer sur les mots mis en surbrillances pour que votre personnages face des liens.

Vous pouvez par exemple cliquer sur « toit » , « fenêtre » , « ski » , « cartons » , et votre personnage va entourer tous ces mots, en choisissant ce qui les relie : le lieu est probablement un grenier, et ainsi de suite. Vous finirez par faire des liens et comprendre ce qu’il se passe dans la « cage » . A quoi sert l’argent ? Payer son loyer (tous les deux jours), sa bouffe, et parfois, pour aider les singes. Afin d’éviter que le jeu ne devienne un vulgaire simulateur de visionnage de caméras (… ce qu’il est quand même), il faut faire attention à son niveau de faim, de sommeil, et à sa santé de manière générale. Le jeu vous force donc à quitter vos écrans pour prendre soin de vous, sinon, vous crevez.

Et si vous quittez votre écran, vous risquez de passer à coté de quelque chose d’important (… pourquoi tout est en désordre ici, alors que quand j’ai quitté, tout allait bien), et c’est cet aspect que le jeu parvient à rendre correctement : on en vient à s’en vouloir d’avoir quitté l’écran parce qu’on a pas vu le carnage. La gestion des besoins est aisée, on reçoit pas mal d’argent, et les barres de faim / sommeil ne baissent pas très vite. Cela peut mettre un peu la pression lorsqu’il se passe quelque chose sur une caméra et qu’on ne veut pas la quitter, mais globalement, aucun soucis d’argent ou de besoins après le premier essai sur le jeu.

Le titre propose plusieurs « routes » possibles sur certaines caméras, ce qui en fait un jeu fort rejouable. Même s’il n’est pas très long, en gérant bien, en deux heures, vous arrivez à la fin d’un run. Cependant, comme les caméras sont aléatoires, que certaines ont des embranchements, et que vos choix influencent la suite, vous pouvez facilement le recommencer quatre ou cinq fois, ce qui fait une huitaine d’heures, et plus encore si vous voulez les succès. Pour certains, ça peut être court, mais je suis satisfait de cette durée de vie ; pas trop long, pas trop court.

Si le jeu n’est pas violent dans sa démonstration graphique (quoique), il n’en reste pas moins qu’il est étrangement dérangeant. Certaines caméras mettent mal à l’aise, et encore plus lorsque vous faites un choix qui ne provoque pas le résultat attendu. Un jeu qui vous fera vous interroger sur notre côté voyeur, sur cette envie profonde qu’on a tous de savoir ce que font les autres dans leur intimité. Une intimité violée, non pas pour des impératifs sécuritaires (… ici, il n’est pas question de terrorisme ou d’activisme), mais juste pour votre plaisir malsain avec des gens qui n’ont rien de terroristes ou de gens violents.

Ce sont simplement des gens qui ont leur petites addictions, leurs petits mystères, leurs petits secrets. Et sur moi, ça a marché. J’ai regardé ces gens pendant des heures, j’attendais qu’ils me dévoilent leur petits secrets. Sur toutes les cages, quelques-unes n’ont aucun intérêt, et il ne s’y passe rien (je crois ?). En réalité, je me demande si ce n’est pas un piège des développeurs qui vous font croire que cette caméra n’apporte rien, alors qu’au fond, il y a peut-être quelque chose, mais il faut bien regarder. Peut-être est-ce un jeu à énigmes, où il y a plein de choses croustillantes à découvrir…

L’ambiance sonore est étrange dans ce jeu (un thème récurrent, donc) : les caméras ne retranscrivent aucun son. Tout ce que vous entendrez, c’est votre stylo en cliquant sur les mots, vos clics sur le frigo, le lit, la porte, etc…Mais aussi, le son viendra de votre immeuble à appartements, et je peux vous dire que les voisins sont des gens très étranges : hurlements, toux grasse et persistante, opéra, musique classique, bruits de travaux suspects à trois heures du matin. L’ambiance est suffisamment persistante pour vous accompagner dans votre voyeurisme, mais suffisamment discrète pour ne pas trop vous déranger dans votre activité préférée.

Pour utiliser un mot à la mode, l’ambiance est très malaisante (… hahaha, je l’ai placé !).

 

Un jeu à routine, qui vous demandera de cliquer sur des écrans ; ce n’est pas bien folichon comme gameplay, c’est pas bien long non plus, mais je me souviendrai longtemps de cette expérience. Et il est même tout à fait possible que je le relance pour voir d’autres scénarios alternatifs. Ha, et il est uniquement en anglais, ce qui peut être un gros défaut pour certains.

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A propos de l'auteur : Ziltoledodo

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Un piaf qui ouvre son bec sans style et avec humour (niveau CE1 maximum)

3 Commentaires sur “Do Not Feed The Monkeys : Mon voyeurisme banal”

  1. Avatar Toupilitou dit :

    C’était un des rares trucs qui m’amusaient sur Watch Dogs : le voyeurisme à travers les webcams piratées, si ce n’est qu’ici, il ne s’y passe pas toujours quelque chose de space.

    D’un côté tu m’as intrigué, de l’autre côté, je sais que je ne le lancerai jamais :smile:

  2. Avatar Ziltoledodo dit :

    Je me suis rendu compte qu’il manquait un S a Monkey

  3. Avatar Ziltoledodo dit :

    Extrait de l’article   Lire l’article complet Je pense que ce que vous aimez dans mes reviews, c’est que vous ne savez jamais comment je vais les aborder, comment je vais aborder le jeu qui se trouve à coté de ce texte, que vais-je mettre comme bêtise dans ce texte qui est écrit sans réflexions, à l’instinct parce que je me fiche de la forme.
     
    Personnellement, j’aime bien les jeux surprenant, les jeux qui ont un propos, et qui ne reculent devant rien pour vous le montrer, quitte à choquer, à déranger. Quand on lit le titre  « Ne donnez pas à manger aux singes » , on se demande …


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