Error System : State Of Decay 2

Les jeux Microsoft se suivent et ne se ressemblent pas ; au moins pouvons nous dire cela des derniers jeux sortis par Microsoft Games Studios. Après Halo Wars 2 et la stratégie en février 2017, Forza Motorsport et la course en octobre 2017, Super Lucky’s Tale et le platformer 3D en novembre 2017, Sea Of Thieves et l’aventure connectée en mars 2018, il fallait bien un moment retrouver notre survival / Gestion / action en mai 2018. Suite directe du premier State Of Decay sorti en avril 2013, ce second opus se présente comme un ambassadeur venant soutenir l’initiative du Xbox Game Pass et occuper l’espace médiatique jusqu’au prochain E3. Si j’attendais beaucoup de ce nouvel opus, la révélation qu’il serait à petit prix et les diverses présentations du jeu m’ont rendu moins enthousiaste au fur et à mesure que je me rendais compte qu’il ne serait pas le AAA que j’imaginais. Est-ce pour autant un drame qui empêche Undead Labs d’avoir transformé l’essai ? Difficile à dire, et ce pour plusieurs raisons.

 

Il est des moments difficiles dans la vie de chaque constructeur. Si Sony a connu la souffrance pendant une grosse partie de la vie de la PS3 et de la PS Vita, Nintendo a connu cette même souffrance sur la huitième génération de console avec sa maudite Wii U, et Microsoft la connaît avec l’hétérogène Xbox One qui, après avoir connu une présentation catastrophique, a réussi à tenir en respect la PS4 jusqu’en 2016. L’âge sombre démarre probablement en 2017, avec une année noire comme rarement un constructeur en a connu, rappelant quelque part l’année 2016 de Nintendo, sorte de chant du cygne abominable de la Wii U, sauf que c’est une année de transition pour la One avant de repartir du bon pied. Du moins était-ce ce que nous étions en droit de penser.

La sortie de Sea Of Thieves – très bon jeu au demeurant, et la constatation de son manque de contenu, donne l’idée d’un jeu sorti là pour temporiser et exploiter au mieux l’engouement autour de la One X. Si Rare tente de rassurer en signalant que du contenu arrivera régulièrement, on n’en reste pas moins déçu de voir un titre paraissant vide de substance s’offrir comme grosse exclusivité du début d’année, alors que la concurrence s’en donne à cœur joie. La sortie de Sea Of Thieves a signé le départ du cycle State Of Decay 2, ou le paradoxe du AA qui devient malgré lui un étendard brandi comme s’il avait les épaules d’un Quantum Break, par exemple.

Évidemment, lorsque le jeu final sort et que l’on a la possibilité de le gratter à 17 euros pour l’édition standard, des sourcils se soulèvent. Microsoft a cédé aux sirènes de Sony, qui enchaîne depuis le début d’année avec trois jeux surprenamment convaincants : Shadow Of The Colossus remake, God Of War, et Detroit Become Human. Pour répondre à cette concurrence à l’offre alléchante, il faut faire croire que State Of Decay 2 est de taille, mais les masques sont vite tombés sur un constat évident, et qui n’a rien de honteux : le jeu d’Undead Labs n’est pas un mastodonte. Eh quoi ? Où est le soucis ?!

L’arrivée de State Of Decay 2 est donc assez tiède, parfois glaciale, parfois beaucoup plus chaleureuse ; il faut dire que ce qui plombe le jeu, c’est surtout sa finition. Je ne vais pas faire preuve de sympathie envers un jeu que j’apprécie, donc je vais le dire cash : en l’état, le titre est honteux. Voilà, les choses sont posées, et on va pouvoir développer le pourquoi du comment.

Crash sans raison apparente lorsque l’on roule en voiture, problèmes de collision avec les voitures très fréquents paralysant le véhicule, zombies qui tombent du ciel, réactions incohérentes des PNJ, problèmes de scripts, empêchement de finir le jeu à cause d’anticipation d’actions à faire dans la quête principale, contenu du coffre des véhicules qui disparaît, lieu impossible à revendiquer alors que toutes les conditions sont remplies, personnages qui courent comme des dératés sans raison dans la base, zombies qui restent incrustés dans votre capot lorsque vous les écrasez, problèmes de clipping qui font que vous percutez des rochers invisibles lorsque vous roulez dans la cambrousse… Je peux continuer longtemps, mais je n’ai pas envie parce que, vous comme moi, on a compris ce que le pavé ci dessus veut dire : EARLY ACCESS.

Putain, Microsoft : vous ouvrez une section « Game Preview  » pour permettre l’arrivée de jeux en accès anticipés sur votre machine, c’est une possibilité intéressante, mais quand vous sortez un jeu que vous savez mal fini, SORTEZ-LE DESSUS ! C’est quoi ce délire, sérieusement ? Vous ouvrez une fonctionnalité que vous n’exploitez pas, alors que vous sortez un jeu systémique de survie qui se prête à ce genre de modèle économique ? « Ah mais non, c’est pas vendeur de sortir un jeu de constructeur en accès anticipé  » . Alors pourquoi vous éditez et distribuez PUBG sur Xbox One ?

State Of Decay 2 est dans un état actuellement lamentable. Et c’est le bon mot. Pas la peine de chercher à défendre l’indéfendable ; le jeu est fini à la pisse, et c’est un fait, et ce n’est pas la première fois. C’était la même chose avec le premier opus, qui a d’ailleurs eu une version remasterisée (donc corrigée) qui supprime la plupart des bugs… et en ajoute quelques-uns. On en est là, et les mecs se gargarisent d’être des vétérans de l’industrie ayant notamment œuvré sur World Of Warcraft. Bah les vétérans, ils devraient prendre des cours chez Playful Games, les mecs qui ont sortis Super Lucky’s Tale en un temps record avec un effectif moins important, moins de moyens, et qui ont rendu une copie quasi-parfaite. L’exemple est pas choisi au hasard, puisque Playful ont beau avoir fait un jeu générique, il fonctionne, lui, au moins.

Car oui, je l’écris et je signe : State Of Decay 2 est un jeu qui dysfonctionne presque aussi souvent qu’il fonctionne, et c’est purement lamentable. Lamentable parce que des gens ont payés une version « ultimate  » à cinquante balles avec les futures extensions comprises, ainsi qu’un accès anticipé de cinq jours, et quand on permet aux joueurs d’avoir un accès anticipé à un jeu « fini  » , c’est pas pour servir de foutu bêta-testeur. C’est dégueulasse. Il y a plein de mots pour dire à quel point Undead Labs et Microsoft ont merdé (il est où votre foutu service qualité les gars ; vous vous rendez compte de la régression depuis la Xbox 360 là ?).

Tout cela donne l’impression d’un jeu qu’il fallait dropper avant l’E3 pour que Microsoft ait le champ libre afin de montrer de nouvelles choses. Un sort qui a probablement poussé Sea Of Thieves à sortir en mars avec un clair et net signe de rush final. Une situation qu’aurait aussi pu vivre l’arlésienne Crackdown 3 qui n’est d’ailleurs toujours pas sorti. Maintenant, State Of Decay 2 est sorti, et probablement qu’avec la politique du jeu-service de Microsoft, dans trois mois on me dira que toute la première partie de cette critique est obsolète, sauf qu’il faut toujours se souvenir dans l’état qu’un jeu est sorti avant de parler de l’état dans lequel il est dans le présent.

BIEN ! Cela étant dit, revenons à une phrase que j’ai glissé au début : « Je ne vais pas faire preuve de sympathie envers un jeu que j’apprécie énormément  » . j’aime State Of Decay 2 et ça n’a rien de contradictoire avec ce qui vient d’être écrit. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce second opus est le premier, en soustrayant la narration scriptée superflue, et en se concentrant sur l’enrichissement de l’expérience survie / gestion, tout en proposant un contenu plus procédural aux joueurs. Cette formule, reprise et enrichie, fait des merveilles lorsqu’elle daigne fonctionner convenablement, et donne bien lieu à des moments absolument captivants et mémorables.

Les débuts seront pourtant poussifs et hostiles à l’action du joueur, qui apprendra à la dure ce que c’est que d’avoir le malheur de respirer encore après une apocalypse zombie. Avec un didacticiel expéditif qui vous donnera les bases de la survie et vous laissera apprendre toutes les subtilités via l’expérience, State Of Decay 2 fait état d’un vrai effort sur une interface largement remaniée, et bien plus agréable à pratiquer que le premier opus.

D’ailleurs, au global, la maniabilité du personnage connaît quelques progrès qui permettent une navigation plus fluide, moins contraignante. Cette amélioration est cela dit regrettablement tiédie par la conduite des véhicules, qui tout en étant aussi ratée que dans le précédent épisode, et qui se couple avec des soucis de collision, condamnant très souvent votre voiture. Pire, la physique totalement foirée du jeu peut parfois non pas vous faire dévier de la route, mais vous faire bondir au ciel lors d’un impact trop violent. On en est là.

Le système de combat ne fait pas forcément peau neuve, mais cette fois, les contrôles sont beaucoup plus efficaces, permettant une exécution globale plus agréable, qui est là encore contrebalancé par des soucis de collision vraiment agaçants. Dès que vous ajoutez un allié à une mêlée, vos mouvements deviennent imprécis, et on frappera plus dans le vide que sur les zombies. Le système de visée aux armes à feu est toujours assez chaotique lui aussi, ce qui finira par vous faire soupirer bruyamment, car ça + ça + ça, sans que le jeu n’arrive jamais à briller vraiment dans un secteur, fini par nous faire dire que mécaniquement parlant, State Of Decay 2 fait de grands pas en avant côté interface, mais ne sait pas avancer sur l’exécution globale de son gameplay. Frustration.

D’autant que les armes se détériorent assez vite en combat, et on doit souvent chercher de nouveaux équipements pour survivre. Néanmoins, c’est là que vient probablement la partie la plus réussie du jeu. En effet, State Of Decay 2 n’est pas un jeu léger en matière de survie et de gestion ; s’établir quelque part, c’est penser à long terme. En somme, voir ce qui nous est accessible à proximité, voir ce dont la communauté à besoin pour prospérer, etc… Si au début les ressources sont disponibles à proximité et à profusion autour de votre nouvelle base, bien vite, ce ne sera plus le cas.

Alors, oui, cela sous entend de nombreux allers et retours pour trouver des consommables, équipements, et fournitures nécessaires au développement de votre base. L’ensemble peut sembler rébarbatif, mais en réalité, lorsque le jeu ne fonctionne pas, ça ne l’est pas vraiment. C’est par contre quand vous perdrez les ressources soigneusement stockées dans votre voiture à cause d’un bug que vous allez criser, ce qu’une accumulation de petits défauts de game design (les zombies peuvent spawn à dix mètres de vous, rendant la planification parfois vraiment impossible) finisse par rendre la chose agaçante, soulignant alors la répétitivité des actions.

Enfin, si les interactions entre les personnages sont au départ rafraîchissantes et surprenantes, vite, très vite, une certaine routine s’installe. Ce qui surprenait dans un premier temps devient une simple mécanique. La gestion de la psychologie de votre entourage devient bien vite beaucoup trop conditionné aux seuls besoins de ressources qu’ils consomment. C’est peut-être trop demander, mais ce ne serait pas bien aussi de faire une gestion des besoins affectifs ? Car pour le coup, ayant perdu la petite amie de mon héros principal (même si ce n’est finalement que deux personnages d’une communauté qui s’élargi) le malus d’humeur est temporaire, genre quarante minutes. Toutefois, à long terme, une perte n’a pas fondamentalement d’impact.

Ce détachement peut probablement se justifier dans la mesure où l’on est dans un monde où l’humanité est probablement déjà morte, mais j’ai du mal à croire à cela. D’autant que cette dimension aurait pu donner plus d’épaisseur à des personnages qui ont des débuts d’histoires et de personnalités, mais qui ne vont jamais dans le développement d’eux-même, à part quelques références qu’ils vous sortiront lorsque vous serez en extérieur. Néanmoins, là aussi, vu la gestion procédurale de ces derniers, on a parfois des assez honteux copier-coller d’anecdotes.

Pourtant, State Of Decay 2 arrive parfois à mettre en scène de vrais moments d’humanité, où l’on se sent exister dans la communauté. Par exemple, lorsqu’un personnage déprime parce qu’il se sent inutile, et en vient à foutre la merde pour se faire remarquer, ou quand un autre menace de partir. Tout ça, c’est intéressant et présent, mais c’est conditionné à une communauté qui s’en sort mal. Mais ai-je besoin de rappeler que la dépression, ça touche beaucoup plus les pays riches que les pays pauvres ? Ne peut-on pas avoir un personnage qui se sent mal, même quand tout semble « aller bien  » ?

En réalité, je ne me plaindrais pas de ces manques, si State Of Decay 2 mettait en scène des événements scénarisés intéressants, mais malheureusement, là encore, le peu de viande qu’il y avait autour de l’os narratif du premier State Of Decay est ici complètement jeté aux oubliettes, se concentrant alors sur le procédural pour constituer des « moments  » , des « événements  » . Lorsque la communauté va mal, il peut en effet se passer des choses, mais quand elle va bien, c’est tout de suite beaucoup plus monotone et agaçant.

Monotone, c’est l’impression qui prédomine lorsqu’on en vient à avoir une communauté à l’humeur optimiste. Cette monotonie rend les activités récurrentes moins palpitantes, tandis qu’on se rend vite compte que les activités et quêtes possibles sont peu nombreuses. Par ailleurs, les éléments qui faisaient le charme de la survie (la gestion de l’essence des voitures ainsi que de leur état, la fatigue et les blessures qui influent sur l’endurance) deviennent des éléments qu’on néglige petit-à-petit, se laissant mourir parce qu’il n’y a plus de sel à cette expérience.

Le gameplay de State Of Decay est pourtant loin d’être pauvre. La gestion de la base est même plutôt complète ; on passe pas mal de temps à réfléchir à nos constructions futures, mais rien y fait, la répétition des mêmes tâches sans enjeux plus poussés que juste s’établir dans une base plus grande, avec plus de gens à l’intérieur, histoire de sécuriser de plus en plus la région. Cela ne vend du rêve à personne. Au départ, les longues nuits du jeu font peur, parce qu’on n’y voit pratiquement rien, mais peu de temps après, elles ne font que nous emmerder, et nous emmerder grave d’ailleurs.

Le choix d’avoir limité l’expérience State Of Decay 2 aux événements procéduralement gérés fini par anéantir à terme le plaisir intense ressenti en début de partie. Pourtant, tous les éléments en place devraient fournir quelque chose qui se renouvelle aisément. Toutefois, les développeurs n’ont pas su insuffler un second souffle assez puissant, et cela s’explique aussi par quelque chose d’encore plus rageant.

La carte est inintéressante à explorer. Du moins, les trois cartes, où les lieux sont dupliqués entre elles. Il n’y a pas vraiment de grandes différences thématiques d’une carte à l’autre, le level design est toujours aussi contraignant et mal foutu, et visuellement il faut le dire… c’est laid. Pour de l’Unreal Engine 4, c’est même impressionnant de laideur. C’est terne, pas inspiré un instant, sans effets graphiques réussis autre que le sang qui gicle des zombies (c’est très drôle de leur rouler dessus d’ailleurs). Le pire reste encore les modélisations de personnages qui sont scandaleusement datées ; il faut le voir pour le croire. A ça s’ajoute des animations faciales inexistantes, compensées cela dit par un efficace travail sur les animations générales. Enfin un point correct. Et pour contrebalancer ce point correct : le framerate fait le yoyo sur Xbox One X, alors que le jeu est moche. Un comble.

Puis, les cartes sont tout simplement trop grandes. La gestion de l’essence à long terme alourdit l’expérience de jeu, le danger qui pouvait être fortement présent au départ s’amoindrit rapidement, ou est artificiellement relevé par une multiplication des zombies « spéciaux  » . Enfin, qu’on s’entende : mis à part l’un d’entre eux, ce sont les mêmes que dans un Left For Dead. Le problème de State Of Decay 2, c’est que même en se basant sur un cœur de jeu tout à fait différenciant du reste de la proposition concurrente, il n’arrive pas à cacher à quel point ce qu’on y fait est générique.

Vient le moment où l’on essaye le mode multijoueur avec Flofrost. Déjà, se connecter est un enfer. On arrive dans la partie, la lumière de la lampe-torche de mon personnage laisse apparaître des ombres mobiles alors qu’il n’y a rien autour de moi. Freezes multiples, loot réservés en fonction des joueurs, des rapports issus de ma partie personnelle qui continuent d’apparaître sur la partie de Flofrost, choix de game design hasardeux (on ne peut pas explorer librement la carte ; on est contraint de rester aux alentours de l’hôte), pas de hausse de la difficulté… Bref, le mode mulitjoueur est là parce qu’il a été demandé, pas parce qu’il a été réfléchi pour s’intégrer au jeu.

Après cette critique assassine, vous pourriez vous dire que State Of Decay 2 est juste un échec après le prometteur premier opus. En réalité, State Of Decay 2 est l’un des jeux les plus contrastés auquel j’ai joué. Pour chaque chose qu’il fait bien (gestion, ambiance, survie bien rendue, de belles idées ici et là, un contenu assez massif, et l’interface plutôt bonne), il fait de graves erreurs (ne pas avoir assez fait évoluer le gameplay global, cartes laides et génériques, mal optimisé, pas de contenu narratif, événements procéduraux répétitifs), et sort surtout avec une finition digne des pires, comparable sans doute à Gothic 3, alors que ce dernier était sur PC Vous voyez jusqu’où Undead Labs se sont plantés ?

D’ailleurs, c’est sans doute le verdict que l’on retiendra le mieux de ce State Of Decay 2 : tout en incarnant exactement ce qu’on peut demander à une suite, afin qu’elle libère le potentiel du premier opus, il arrive à se planter sur tant et tant de points finalement vitaux pour son appréciation globale, que l’on ressort du jeu avec une frustration telle qu’on a plus envie de le relancer, alors qu’il peut se montrer aussi addictif. Il était sensé être le jeu le plus attendu de Microsoft en cette première moitié d’année 2018, et l’un des premiers jeux signés par Phil Spencer. On se rend désormais compte qu’entre Sea Of Thieves, Crackdown 3, et State Of Decay 2, le plus décevant sera probablement ce dernier, et c’est désormais Crackdown 3, cette farce repoussée de longue date, qui risque d’être la bonne surprise.

« Que dire si ce n’est que Microsoft n’est vraiment pas aidé par ses studios  » , a dit très justement Flofrost. Alors que l’année 2017 du désert est passé, et que l’on attendait avec impatience l’année 2018 pour voir Microsoft sortir des jeux, il semble que le constructeur soit fermement décidé à décevoir à chaque sortie pour des raisons imprévisibles. Ce n’est pas le temps qui a manqué à State Of Decay 2, c’est la motivation du studio derrière, et l’absence de service qualité de Microsoft pour garantir une sortie pas forcément propre, mais au moins jouable pour son titre.

 

Quelle déception ! Quelle tristesse que de voir State Of Decay 2 être exactement ce qu’on attendait de lui, tout en se plantant finalement sur tout ce qu’on aurait dû lui demander. Jamais expérience de jeu ne m’aura paru aussi déséquilibrée. Sans doute les mises à jour à venir aideront ce naufrage à se redresser, car l’époque le permet, mais State Of Decay 2 à d’ores et déjà à supporter l’image d’un jeu sorti complètement cassé, et trop maladroit pour profiter de l’aura de sympathie puissant qui protégeait le premier opus de critiques trop virulentes. Microsoft tenait à faire plaisir aux fans de Xbox en sortant un petit jeu solide pour temporiser en attendant les gros, le cadeau nous arrive empoisonné. D’autant plus inacceptable qu’il sait se montrer savoureux, mais à force de se saborder, il finit par couler. On se dit alors que l’année de transition 2017 n’est pas finie, et que Microsoft fait de cette première moitié d’année le cimetière des projets mal finis / bancals, tout en repoussant Crackdown 3 qui aurait déjà dû nous parvenir. C’est désormais sur lui que repose une belle surprise, car Sea Of Thieves – si son squelette est enivrant et nous fait rêver au meilleur – reste un jeu qui manque pour l’instant de contenu pour être durable. State Of Decay 2 est un jeu trop branlant et mal fini pour satisfaire même les plus mordus du premier. On en viendrait presque à penser qu’Halo Wars 2 comme seul jeu pour sept mois était un meilleur deal. Pitié, Ori And The Will Of The Wisps et Ashen, venez vite !

 

PS : J’ai pu joué au jeu sur Windaube Store pendant que la version Xbox One était une catastrophe technique. Le jeu a beaucoup moins de bugs sur cette plateforme (un comble bordel !) et s’est même avéré assez bien optimisé. C’est donc la plateforme à conseiller, même si un gros patch est arrivé sur Xbox One dernièrement, ce patch a d’ailleurs corrigé les plus gros problèmes du jeu, mais vu l’expérience que j’en ai eu, je laisse la critique comme elle est actuellement, parce qu’elle reflète ce que j’ai expérimenté. Ce qui veut dire qu’un jour peut-être, j’écrirai une critique du jeu tel qu’il est, surement à l’occasion d’une extension ou autre. Mais voilà, j’en ai tellement pris plein la gueule que je me refuse à revoir ce que j’ai écrit précédemment. Prenez ça comme un brutal coup de gueule / ras le bol, de m’être infligé State Of Decay 2 ET Agony dans la foulée ; les deux se prennent une mandale, bien méritée.

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

Un commentaire sur “Error System : State Of Decay 2”

  1. Avatar Shizam dit :

    Il y a au moins trois raisons qui m’ont empêchées de craquer pour SoD2.
    -Les Zombies…bof quoi…
    -Windows Store
    -Jeu en « Alpha »

    Et pourtant , j’ai bien failli !
    J’ai été voir nombre de streameurs le mois de sortie du jeu, et c’est vrai qu’il y a un truc dans cette licence qui fait que…
    Un p’tit coté punchy , un p’tit coté bac à sable ( mouvant ), un p’tit coté je veux pas perdre mes compagnons , qui fonctionne assez bien.

    Une forme de « This War of Mine » quelques part, aux entournures.
    Les streameurs ont fait vendre bcp de clefs <img class= » />, mais reste à voir combien de temps les viewvers y ont joué.

    Il y aurait facilement plein de petites idées à ajouter à SoD2, pour le rendre encore plus sympa.
    Car le jeu est sympa, correctement dosé, et on a envie de sauter dans le groupe et prendre un pied de biche pour aller tenter sa chance.

    Mais bon voilà, le jeu est cassé, et ça saute aux yeux.


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