Forma.8

Forma.8

Il y a des jeux indépendants qui parfois nous redonnent le sourire, alors que pourtant nous ne pouvons les finir. C’est le cas du pauvre Forma.8 et son portage PS Vita, naviguant sans cesse entre le travail honnête et le malheureux sabotage d’une machine qui supporte mal le moteur Unity. Forma 8 est pourtant un très bon titre que je vais tenter de vous décrire, et surtout, de vous encourager à faire, bien que j’ai eu le malheur d’y jouer sur la mauvaise plateforme. Chronique d’une frustration.

 

Forma.8 est un metroidvania contemplatif et atmosphérique. Le cœur du jeu n’est pas vraiment dans ses combats (rapidement expédiés et aux contrôles volontairement complexes), mais davantage dans la découverte de son monde labyrinthique au level design complexe et aux variations intéressantes. Car, ne se reposant jamais sur des mécaniques de grinding, Forma.8 invite à farfouiller partout et à interagir avec les éléments qui composent son monde, afin de découvrir secrets et moyens de progresser.

Car, oui, s’il y a bien une chose que fait bien le titre, c’est proposer des puzzles environnementaux parfois franchement bien vus. Jouer avec la physique se fait aussi fréquemment dans ce titre. Malheureusement, le premier reproche que l’on peut faire est l’impact du moteur physique sur les performances de la PS Vita ; il suffit d’avoir trois ennemis à l’écran ainsi qu’un élément destructible à l’écran pour que la machine fasse un suicide en direct, nous offrant alors un véritable diaporama vidéoludique du plus mauvais goût.

Le jeu n’a pourtant que peu à afficher, bien que le peu qu’il affiche donne à la console portable de Sony de véritables sueurs froides. Hardware complexe et moteur capricieux en matière de physique ne font pas bon ménage. Si le problème était anecdotique sur Hue, sur Forma.8, il devient critique, surtout lors de séquences qui mettent en scène la physique pour mettre à mal un adversaire gigantesque. Ainsi, je me suis retrouvé à devoir relancer le titre quatre fois, et à recommencer autant de fois une séquence d’un quart d’heure pas des plus passionnantes.

Ce qui est dommage, car Forma.8 a de vrais bons moments de bravoure, comme cette course poursuite / boss fight rappelant la fuite de l’arbre Ginso dans Ori And The Blind Forest (… ceux qui l’ont expérimenté pleurent encore des larmes de sang). Il y a aussi tous ces moments où le level design est plus malin que le joueur, et le surprend en lui expliquant qu’une action a des conséquences sur une zone éloignée. Problème : le manque de clarté de l’action du joueur, ainsi que l’impact à distance de cette action, rend complexe la navigation et la progression dans le jeu. Si l’on apprécie ne pas être pris par la main, sans doute aurait-il mieux valu offrir un meilleur feedback aux joueurs.

Trêves de reproches. Passons aux réussites : Forma.8 est beau. Privilégiant une esthétique sobre et un visuel laissant place à du vide et des couleurs vives pour mieux faire ressortir le peu d’éléments présents, le titre arrive à dégager une atmosphère assez saisissante, tandis que l’écran de la Vita le retranscrit à merveille. Si l’on trouvera la plupart des zones « froides » du fait de leur petitesse et de l’aspect labyrinthique, les zones plus ouvertes, laissant deviner le monde sur lequel on agit, sont de véritables fenêtres ouvertes sur l’imaginaire. Un formidable moyen de rendre Forma.8 plus vaste qu’il ne l’est dans l’esprit du joueur.

Aussi, si l’on peut finir rapidement le jeu de MixedBag en ligne droite (mais il faut bien le connaître pour le terminer rapidement, vu la complexité de certaines énigmes) le 100 % pourra vous prendre six à huit heures. Une durée honnête dans la mesure où le jeu ne vous coûtera qu’une dizaine d’euros. Aussi, on louera la maniabilité, qui arrive à bien concilier le réalisme avec l’inertie du drone que l’on contrôle, mais une précision de contrôle suffisante pour rendre l’ensemble agréable à prendre en main. La simplicité du système de jeu et la clarté des mécaniques permettent également au jeu de se passer purement et simplement de menu. Les temps de chargement étant remarquablement courts, on jouera aisément à Forma.8 sans jamais décrocher de l’expérience (… sauf en cas de chutes de performance).

 

Inventif, varié, simple à prendre en main, et pourtant exigeant, les problèmes de Forma.8 viennent surtout du hardware sur lequel je l’ai expérimenté. Certes, il reste quelques menus défauts de conception et errements de game design, mais au global, Forma.8 est un metroidvania exigeant et réussi, qui remet au centre de l’expérience la particularité du genre : l’exploration. Si ce que j’en ai écrit vous intéresse, je vous conseille d’expérimenter le jeu sur toutes les plateformes sur lesquelles il est disponible (Wii U, Switch, PS4, Xbox One, PC), mais évitez la version Vita. Même si 90 % du temps le jeu tourne bien, les 10 % restants sont absolument meurtriers.

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

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