La chronique à Papy #9

La chronique à Papy #9 : Evoland 2

Toupilitou : Parfois, tout est question de timing, et à ce sujet, nous ne sommes particulièrement mauvais, à peu près au même niveau que Reality Pump. Ouais, pas moins. Nous avions passé de nombreux mois à faire semblant de choisir un jeu pour l’ami Picq, sans forcément trouver chaussure à son pied ; ben oui, ça doit tourner sur Mac, ne pas demander des réflexes surhumains, et être en français. Mettez ces filtres sur Steam, et vous verrez que la proposition est relativement maigre, sans même parler du seul intérêt. C’est donc papy qui a directement choisi son jeu pour cette fois-ci : Evoland 2, des bordelais de Shiro Games. Toutefois, le moment où il l’a récupéré correspondait plus ou moins à la période où il fallait qu’il s’occupe de son potager. Ainsi, voilà le retour de notre sexagénaire national sur ce jeu, cinq mois après l’avoir commencé. C’est parti papy !

 

Qui n’a jamais rêvé de faire un petit tour dans le passé ? Une petite cure de jouvence, un retour aux sources, revivre les meilleurs moments de votre jeunesse ludique, ou même découvrir tout ce que vous avez raté ? Evoland 2 va peut être vous en fournir l’occasion. Shiro Games nous offre en effet un RPG hybride où se mêle une « foultitude de genres » ! Des références vidéoludiques à la pelle : Zelda, Mario, Final Fantasy, Mega Man, Space Invader, etc… Dès le début de l’aventure vous allez effectuer une petite mise en jambe rapide à l’aide d’un petit tuto qui va rapidement vous apprendre à vous déplacer, et toutes ces choses bien utiles à votre progression. Mais, commençons par le commencement.

Pour résumer rapidement le scénario, la civilisation Magi a découvert de grands secrets, mais elle a fini par disparaître. En l’an 950, la guerre entre les humains et les démons fait rage. Les humains ressortent finalement victorieux de cet affrontement, pourtant dévastateur pour les deux camps. Génova, que je désignerai comme capitale des humains, s’apprête a célébrer le 50ème anniversaire de cette paix durement gagnée, mais cela va-t-il perdurer ? C’est ainsi que, fort de cette introduction, vous vous réveillez amnésique, et c’est parti pour l’aventure. Et quelle aventure : une vraie, riche, et longue ! Un jeu hors-norme, où vous êtes rapidement interpellé par l’humour ; ainsi, pour ne citer qu’un exemple qui me vient à l’esprit, vous rencontrerez une certaine Clara Loft, ce qui ne doit certainement rien vous dire du tout.

Votre avancée vous permet de gagner de l’expérience, et cette dernière est avant tout un acquis, alors si vous galérez pour certains niveaux, eh bien les développeurs vous ont laissé la possibilité de choisir de « farmer » pour revenir affronter les difficultés rencontrées plus tard. Cependant, contrairement à d’autres galères précitées dans mes précédentes chroniques, ce n’est pas un farming de malade. Ainsi, le lendemain, vous passerez tel passage périlleux ou tel boss qui vous donne du fil à retordre de manière plus aisée, si l’on peut dire… car un jeu de plateforme restera quand même un jeu de plateforme.

En effet, si vous avez la polio, un peu comme moi, ce qui pourra paraitre facile à certains s’avèrera une vraie galère pour d’autres ! L’expérience agissant avant tout sur votre force, votre vie, et votre défense, vous progresserez vaille que vaille. A chaque fois que vous mourrez, vous conserverez cette expérience. Mais, bien sûr, au moment de sauter, si vous tombez sur un pic de glace, ou dans une fontaine de lave, ou bien encore je ne sais quel piège, quelle que soit votre expérience, l’issue sera fatale. Il vous faudra alors recommencer au dernier point de contrôle (fort heureusement judicieusement placés tout au long de votre progression). C’est pour moi un point important, car s’il fallait tout recommencer, les zones périlleuses deviendraient très vite prises de tête !

Ce qui m’a fait vraiment plaisir dans Evoland 2, c’est que nous avons une vraie aventure ; on a toujours envie d’aller plus loin, et je n’ai pas lâché le morceau tellement cette histoire est attachante. On veut aller au bout ! La trame se déroule dans le présent, le passé, et le futur. Il va falloir jongler entre les époques et, chose aussi étonnante que déroutante (du moins au début), lorsque vous allez dans le passé, la résolution s’adapte à cette époque.

On se retrouve alors avec l’impression de jouer avec un vieil Amstrad ou une Super Nintendo, pour ensuite passer à la Playstation ou autre console ; des sauts perpétuels qui vous baladent dans du 8 bits vers le 16 ou 32 bits, voire plus. Les graphismes plus agréables des époques futures sont biens colorés, ce qui donne au jeu une superbe qui semble inattendue au regard des premiers tableaux, ces derniers m’ayant malgré tout fait un peu mal aux yeux sur le grand écran de mon Mac. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas décroché, et grand bien m’en a pris !

Bien sûr, vos actions dans une époque auront une interaction dans votre passé ou votre futur, et c’est toute l’originalité de ce RPG. Cette plongée dans l’univers des consoles d’antan vous ravira si vous êtes nostalgique ou fan de ces époques lointaines ; il y aura même du tactical RPG au tour par tour (clin d’œil appuyé à La Loutre). La carte n’est pas surdimensionnée, et on en a même d’ailleurs plutôt vite fait le tour. Cependant, elle se trouve forcément bien démultipliée par le nombre d’époques, et change bien sûr d’aspect à chaque saut dans le temps. Et la question qui vous brûle les lèvres : comment faire pour se déplacer dans le temps ? La clé se trouve dans les magilithes disséminés à quelques endroits précis, mais je vous laisse le découvrir.

Je conseille fortement un assouplissement des articulations pour passer certain tableaux ; les non-initiés à certains genres de jeux trouveront des passages rebutants, mais franchement, ça vaut le coup de s’accrocher. D’autres phases seront plus reposantes, comme les jeux de cartes. Eh oui ! Il y a même des jeux des cartes, où vous allez pouvoir provoquer les habitants rencontrés.

Bien sûr, cela ne serait pas complet si votre inventaire ne se remplissait pas de choses mystérieuses. Certains sont des trésors non-négligeables, puisqu’ils débloqueront un pouvoir supplémentaire bien utile, pour ne pas dire essentiel afin de passer certaines difficultés ! Et, bien évidemment, ces bonus ne se trouvent pas facilement. Il vous donc faudra revenir sur l’ouvrage si vous avez l’impression d’avoir raté quelque chose. Ah… quant aux passages secrets, gardez-vous bien de croire qu’ils sont faciles d’accès.

Cinq mois. Il m’aura fallu cinq mois au vieux décatis que je suis. Mais que voulez-vous ; je prends le temps de savourer les choses, et surtout, la retraite ne laisse que peu de temps aux loisirs… Ahem. Cependant, ramenons les choses à leur niveau : il vous faudra une quarantaine d’heure pour en venir à bout, ou peut-être le double. Tout dépend de votre passé ludique, tandis que le retour à certains jeux d’antan peu être légèrement désappointant. Quand je dis une quarantaine d’heure, ce sera peut être moins si vous le survolez.

En effet, nulle obligation de chercher tous les bonus (« étoiles de collection », mana, minerai, et autres artifices), même si certains comme le mana sont nécessaires pour améliorer les pouvoirs de vos héros, ou bien encore le minerai pour faire un tour chez le forgeron et ainsi vous doter de l’épée « de la mort qui tue ». Bien sûr, les plus perfectionnistes se feront un point d’honneur à réaliser tous les succès. Après tout, le charme de trouver tel ou tel passage secret reste entier, et cela fonctionne même avec un coffre renfermant le « truc qui sert a rien ».

Pour ma part, il m’en aura fallu une soixantaine d’heures, et je dois bien avouer que j’ai calé sur la phase ultime. Toutefois, si je ne veux pas rendre ma copie en décembre (… j’entends déjà ma loutre préférée trépigner),  il me faut conclure un jeu auquel je me suis attaché à aller jusqu’au bout tant il m’a plu. J’ai été absorbé par le scénario ; un grand merci à Shiro Games qui m’a emmené rêver dans ce monde imaginaire, et un grand bravo pour l’inventivité de ce scénario avec ce final si philosophique, que l’on pourrait résumer par cette simple phrase : la vie est un éternel recommencement.

Je salue l’humour, le choix des musiques, tous ces clins d’œil malicieux, et je regrette vraiment que vous n’ayez pas eu un budget plus conséquent pour rendre les scènes cinématiques à la hauteur de votre imagination. Des cinématiques à la Final Fantasy auraient été un régal pour étayer votre propos. Pour dire le vrai, vous êtes la meilleure expérience ludique que j’ai vécu depuis fort longtemps. Ce fut un bond très lointain dans mon passé de gamer, où j’ai ressassé les heures passées sur mes anciens ordinateurs de première génération. Tout est remonté, comme une bouffée d’oxygène, et je me sens, comment dire… rajeuni ! Ni plus, ni moins.

Évidemment, je ne suis pas un super gamer. Bien sûr, je n’ai pas terminé le dernier tableau. Mais j’y retournerai ! Il fallait bien un peu de difficulté accrue pour terminer cette épopée. Je dois dire que l’enchainement au final de trois phases de boss avec un retour au début lorsqu’on trépasse m’a frustré, bien que ce soit uniquement dû à mes réflexes qui s’émoussent, mon arthrose, ou tout simplement mes neurones insuffisants pour réagir a ce déchainement de feu et de flammes contre mon humble personne !

 

Dans mes vœux de la nouvelle année sur Loutrage, j’avais demandé du rêve et de l’originalité. Eh bien voilà, c’est exaucé ! J’ai été enchanté par Evoland 2. Le premier volet n’était pas au top d’après les échos que j’en ai eu, mais l’équipe indépendante bordelaise a bien fait de récidiver, et d’améliorer son projet, tandis que je serais bien tenté de dire : à quand le troisième volet ? L’univers ludique est tellement vaste que je suis certain qu’il laisse une place pour d’autres vagabondages, pourvu qu’ils soient traités de la même manière que celui que vous avez réalisé avec ce deuxième opus !

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7 Commentaires sur “La chronique à Papy #9”

  1. Avatar Ninheve dit :

    oh! moi qui cherchait un jeu différent je crois que evoland 2 pourrait bien etre la solution. la nouvelle mouture de no man sky ne m’ayant pas convaincue de rester dessus (purée les mecs! les contrôles!!!! bon sang!)
    bref evoland 2..si il y a une bonne histoire serait plus le type de jeu que j’aimerai. je suis en manque grave d’histoire..et j’ai promis à la loutre que je ne retournerai pas sur Gégé III avant plusieurs mois , donc evoland 2 me tente beaucoup.
    Merci pour ta critique !

  2. Avatar Ninheve dit :

    Ca y est j’ai fait le premier pas…pour l’instant j’apprécie l’univers , assez sympa.
    Par contre j’ai vraiment du mal avec les combats au clavier mais bon on verra sur le long terme. Le premier boss…pfff….
    je suis revenue dans le passé (8 bits?) et je me demande si je ne vais pas finir avec du 4 bits :p

    même la musique s’adapte à l’époque.
    Les personnages sont tout mimi en tous les cas.

    bref je découvre.

  3. Avatar Toupilitou dit :

    Ca y est j’ai fait le premier pas…pour l’instant j’apprécie l’univers , assez sympa.
    Par contre j’ai vraiment du mal avec les combats au clavier mais bon on verra sur le long terme. Le premier boss…pfff….
    je suis revenue dans le passé (8 bits?) et je me demande si je ne vais pas finir avec du 4 bits :p

    même la musique s’adapte à l’époque.
    Les personnages sont tout mimi en tous les cas.

    bref je découvre.

    Ils auraient dû faire un passage en code ASCII :lol:

  4. Avatar Ninheve dit :

    J’ai réglé mon petit soucis avec les combats….
    Ben disons que j’avais oublié que l’on pouvait jouer avec les deux mains sur un clavier.
    J’ai tellement l’habitude du combo clavier (main gauche) et souris (main droite) qu’en reconfigurant les touches du jeu , j’avais tout mis pour la main gauche, déplacements et attaques…et ma main droite restait passivement sur…la souris. qui ne sert à rien
    Donc depuis que j’ai mis une config de touche pour le combat à main droite et de déplacements à la main gauche, ben je ne meurs plus bêtement! CQFD…
    bon les références à différents jeux sont toute mimi (j’ai même croisé une référence à MGS)
    pour l’instant je kiffe^^
    on verra sur la longueur

    ascii …je te laisse le plaisir de le coder la loutre!
    non mais!on n’est pas dans Dwarves fortress!

  5. Avatar Picq dit :

    plus on avance plus on kiff , on se demande quelle va être la prochaine référence , quel univers on va découvrir et quel boss on va affronter , et quelles crampes on va chopper main gauche ou main droite ! <img class= » /> bon courage et content que ma critique ai fait un adepte … à voir si tu tiendras jusqu’au bout <img class= » /> !

  6. Avatar Ninheve dit :

    ben là je viens de comprendre ton commentaire …je suis en pleine phase de beat them up contre le spirates…j’en ai mal aux mains… sincèrement je la déteste.
    le reste est bien passé, même la phase de jeu de type megaman. La phase street fighter aussi mais le stupid beat them up au clavier…je n’aime pas du tout!
    en dehors de ca ce jeu est surprenant car il a réussi à utiliser en un seul jeu des tonnes de gameplay classiques. il est indéfinissable.

  7. Avatar Picq dit :

    Alors ca avance <img class= » /> ?


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