Les Intouchables : Torchlight

Les Intouchables : Torchlight

Mec, tu sais, ça devient grotesque ; ça fait le troisième intouchable là.
C’est pas de ma faute Toupi. J’ai snobé ces titres trop longtemps, et fallait bien qu’un jour j’admette mon amour le plus profond et sincère.
Ils commencent à se poser des questions dans la rédaction tu sais ; ils se demandent si tu n’es pas tombé amoureux, ou pire, si tu n’aurais pas décidé de devenir Youtuber pour recevoir plus de copies presses ou encore des chèques pour dire du bien de tout et n’importe quoi.
Ah mais merde… Je voulais juste parler de cette foule de jeux qui m’ont marqué et auxquels j’ai jamais consacré le temps qu’ils méritaient…
Attends attends… Y a d’autres intouchables après ton obsession sur les hack’n slash ?
Bah, y a Gothic 3…
C’est mort. C’est Loutrage ici. On brise des os, on fait une petite léchouille de temps en temps, mais là tu nous fais n’importe quoi : Gothic 3, Path Of Exile, Diablo III, Sacred 2, Torchlight en intouchables. Pourquoi tu nous fais ça, Marcheur, hein ?
OK j’ai pigé… Tu veux un error system pour compenser ? Je peux même t’en faire deux.
Là, tu m’intéresses. Sur quoi
?

Marcheur se détourna un instant de Toupilitou qui essayait de fumer une clope tout en mâchant un morceau de Ouiche Lorraine, non sans se planter et avaler du tabac et fumer des lardons lors de cette curieuse opération. Mais, le rédacteur était trop absorbé par le spectacle relaxant d’Andariel et Manitek s’acharnant sur le cadavre de Sonic, en lui faisant manger des exemplaires de Sonic The Hedgehog 4. La chose la plus cruelle qui pouvait être faite au hérisson bleu. Non, le plus relaxant, c’était de voir le reste de la piñata faites avec un lapin crétin qui tirait encore sa langue tuméfiée, transpercée d’échardes et aiguilles diverses. Derrière cette scène surréaliste, on pouvait apercevoir Hyeron, pelle à la main, surveillant les enfants s’amuser avec les cadavres, tandis qu’Etienne Navarre et Flofrost continuent leurs obscènes activités (… plus personne n’ose leur faire remarquer désormais, si ce n’est Toupilitou, évidemment).

Si j’ai bon souvenir… Personne n’a jamais évoqué le sujet Kinect ici, non ?

Toute la rédaction cessa brutalement ses activités, et d’un seul homme, se mirent à lâcher de petits rires sadiques, tandis que je commençais déjà à me frotter les mains à l’idée des horreurs que j’allais pouvoir écrire à ce propos.

 

Mais quel est le foutu rapport avec Torchlight ? Que dalle, absolument aucun. Cependant, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais cette série d’articles sur les hack’n slash est surtout l’occasion d’écrire des introductions longues et pas forcément pertinentes. En tout cas, il faut bien que l’on parle du sujet du jour : le jeu de Runic Games, d’anciens membres de Blizzard North, qui est une copie éhontée en cel shading de Diablo. Et vous savez quoi ? Bah les développeurs étaient dans leur droit ; ils ont créé le genre, alors ils ont bien le droit de créer une licence qui reprend tout ou presque de leur jeu d’origine histoire de se faire du blé, et surtout donner à manger aux fans de hack’n slash qui ont tendance à tout le temps crever la dalle… parce qu’ils n’ont jamais rien à bouffer. Logique donc.

Torchlight est un jeu relativement simpliste. Enfin, remarquez, c’est un hack’n slash, donc bon, ça va pas être un jeu fait pour les doctorants. Mais plus encore qu’un autre, Torchlight revient aux racines du genre et s’apparente à une pure relecture du premier Diablo avec les mécaniques du second, et quelques subtilités à côté. Ainsi, on trouve un seul et unique hub : Torchlight, et sept environnements de donjon, qui sont en réalité des environnements constituant des étages de donjons générés procéduralement, en sélectionnant des assets parmi un choix malheureusement assez restreint. Fort heureusement, Torchlight n’a pas non plus vocation à durer aussi longtemps qu’un Sacred 2 ou un Path Of Exile ; c’est un jeu aux parties relativement courtes.

Relativement, parce qu’on arrive au bout du « scénario » en environ cinq à six heures selon le rythme du joueur, et à un niveau proche de trente. Après, rien n’empêche de s’attaquer au donjon infini (littéralement) et aux « quêtes » qui y sont liées. Comprenez bien que tout ce qu’offre Torchlight en termes de narration est un prétexte à aller casser des gueules, récupérer des thunes et équipements, tout en montant des niveaux vitesse grand V. Tout cela donne au titre un rythme de folie ; on enchaîne les donjons (aux temps de chargement courts), les allers-retours en ville sont rapides, et on peut même demander à son familier d’aller vendre des objets en trop et de nous acheter des potions… Bref, on peut littéralement se cogner des donjons à la pelle.

C’est typiquement pour ça que je reviens tout le temps sur Torchlight, que ce soit sur PC ou sur Xbox One via sa version rétrocompatible (le jeu tourne du feu de dieu sur One X), c’est le hack’n slash le plus arcade que je connaisse. C’est simple, pas prise de tête pour un sou, suffisamment riche en contenu pour t’accrocher quinze / vingt heures sur une partie complète, et malgré ça, les builds sont assez nombreux et on peut donc finir par allègrement dépasser la centaine d’heures sur le titre… Ce qui est mon cas. Tout ça, avec en prime des combats bien bourrins et pêchus.

Malgré le peu de compétences actives, elles ont toutes une patate d’enfer ; les ennemis volent en éclat, ça bouge vite, ça bouge bien, les animations sont simples et rendent l’action lisible et réactive. Bref, ça claque bien manette ou clavier / souris en main (privilégiez la version PC cela dit, car les contrôles pour ramasser les objets sur console ne sont pas terribles du tout), et on revient prendre sa dose très fréquemment. C’est d’autant plus soutenu par des musiques scandaleusement jouissives du grand Matt Uelmen qui avait déjà œuvré sur Diablo. C’est bien simple, le thème de Torchlight, c’est Tristram en moins lugubre, et bon sang comme ça envoie du bois :

Matt Uelmen – Torchlight : Main Theme

Tout cela est en plus servi par un cel shading qui – s’il ne plaît pas à tout le monde – permet à Torchlight d’être encore très regardable malgré sa 3D tout à fait sommaire (déjà à l’époque). Je pense que c’est d’ailleurs là toute la force du titre. Réalisé en un temps record avec des moyens limités, tout est efficace, tout est fait pour fonctionner dans un seul sens, à savoir une expérience certes déséquilibrée, mais immédiate avec un contenu qui se renouvelle tout seul et n’a nul besoin de narration et autres artifices pour laisser s’exprimer le cœur du projet : le gameplay et un système de progression riche et addictif.

Qu’il y ait peu d’environnements différents ? On s’en fout, c’est procédural, et on va mettre des pièges et une grande variété de mobs, même si c’est designé en deux-deux, ça fera quand même le café. On a pas fait de quêtes travaillées pour donner envie aux joueurs de progresser ? On va juste faire des objectifs genre « va chopper ça à X étage, et je te file cette arme » . Tout est fait pour renouveler le contenu, pas forcément ce qu’on va y faire, mais bordel, c’est un hack’n slash ; on y joue pour buter des trucs de manière frénétique en optimisant son personnage dans les moments calmes.

C’est ça que j’aime avec Torchlight : il fait purement et simplement ce pour quoi son genre existe. Pas de blabla, pas de révolution, mais tout est pensé pour un objectif simple, qui est de faire un hack’n slash au plaisir instantané, qui n’oublie jamais d’être punchy, et surtout assez riche pour que l’on ait envie d’y retourner encore neuf ans plus tard. Ironie du sort, le jeu a été réalisé en neuf mois avec un budget serré : deal with it.

 

Ah bordel, que j’aimerais pouvoir toucher à un nouveau hack’n slash aussi immédiat et jouissif que Torchlight. Toujours est-il que, vu ses intentions, le titre n’a pas pris une ride, et si vous avez une 360, une One, ou juste un PC de quelque puissance que ce soit, Torchlight est une excellente pioche à pas cher. Il n’est finalement pas là pour boucher une dent creuse, mais pour vous sustenter durablement en attendant un avenir meilleur pour le genre. Encore un de mes jeux pantoufles avec Path Of Exile, Two Worlds II, Kotor II, et Gothic 3…

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

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