Life Is Strange : Before The Storm & The Awesome Adventures Of Captain Spirit

Life Is Strange Before The Storm + The Awesome Adventures Of Captain Spirit

Avant propos : Ceci n’est pas un premier avril. Ceci n’est pas non plus un rattrapage du premier avril que l’on a loupé en 2018 ; je ne suis pas taré au point de rattraper ce genre de choses. Tout ce qui suit est sincère et vient du cœur de Marcheur, qui est bien la MÊME personne que celle qui écrit sur Loutrage depuis octobre 2015. Bonne lecture.

Dontnod VS Marcheur, acte II, après seulement trois ans de pause ? Hmmm… même pas. Déjà l’acte II, c’était Vampyr, et c’était clairement pas la même histoire de mauvaise foi  mésentente entre le studio et moi, vu que j’ai admis avoir pris un minimum de plaisir sur le titre. Non, cette fois, ce round est plutôt entre la continuation de l’œuvre du studio exécuté par Deck Nine et moi-même, tout en me permettant une petite digression sur le mini jeu Captain Spirit, cette fois fait par Dontnod. Si vous vous attendiez à ce que je reverse un peu d’acide sur les plaies, il n’est clairement pas improbable que vous soyez déçu, car je pense que les choses ont changé dans le bon sens depuis 2015. Chez moi comme chez eux d’ailleurs, hein ; faudrait quand même pas en venir à dire que c’était moi qui avait un problème avec Life Is Strange, et que le « jeu » était innocent. Houlà non.

 

Tout va bien. Je ne suis pas malade. Tout va très bien. J’ai donc joué à Life is Strange : Before The Storm ainsi qu’à Captain Spirit, et je viens juste vous faire un compte-rendu subjectif sur mon expérience avec ces deux titres qui sont, je le rappelle, des jeux d’une envergure bien moindre que Life Is Strange original. Before The Storm c’est trois épisodes, quatre si vous prenez la version Deluxe (l’épisode bonus se situe juste avant le départ de Maxine d’Arcadia Bay quand elle et Chloé étaient gosses), tandis que Captain Spirit est un standalone d’un épisode, gratuit qui plus est.

Commençons donc par le plus gros morceau. Développé sous Unity par Deck Nine pour le compte de Square Enix, Before The Storm est un préquel et a tous les éléments dans ses mimines pour être un projet des plus « osef » . Découvrir le ténébreux passé de Chloé et sa relation avec Rachel ? Joie. Toujours est-il que, vu au prix où je l’ai gratté, je me suis dit qu’il était peut-être temps pour moi de nourrir l’ogre Loutrage avec une critique tout en subtilité et coups bas. Malheureusement, les choses ne se sont pas bien passées : j’ai plutôt aimé Before The Storm.

Là, vous devriez mettre « pause » dans votre lecture, écrire Life Is Strange dans le moteur de recherche du site, et voir la foultitude de références que j’y ai fait. Je crois qu’à ce niveau, c’est du plus pur harcèlement, et je remercie Toupilitou de me l’avoir signalé ; voir que j’avais même réussi à caser Life Is Strange dans des articles comme Error System : Kinect, Journalisme, Game Camp France, ou encore dans le CQFD de Mars 2018 où je me foutais ouvertement de la gueule du jeu. J’ai même écrit : « Personne pour me l’offrir ? Vous ne me détestez m’appréciez pas assez pour m’offrir ce chef d’œuvre ? Bon bah je m’en passerai » , sauf que, plot twist : trois euros !

Donc voilà, je suis très fier de mon acharnement sur Life Is Strange ; je pense lui avoir tout fait bouffer ce qu’il fallait pour être complètement dissous de l’intérieur comme de l’extérieur. J’ai probablement encore de nombreuses choses à faire subir à ce qui est ma Némésis. Sauf que, comme je ne suis pas qu’un immonde connard, j’ai apprécié Before The Storm, et je crois que ça vaut le coup pour moi de vous expliquer pourquoi ici ça marche (t’emballe pas, hein ; c’est pas l’amour fou, loin de là), alors qu’avant, eh bien, beaucoup moins.

Déjà, ce n’est pas le même studio, et pas la même plume. On retrouve les lourdeurs de Life Is Strange (quelques références malheureuses, mais tout de même largement moins envahissantes ; pas de placement de produit pour Square Enix notamment), et des scènes assez absurdes avec leurs doses de dialogues où votre cerveau se retrouvera assommé pendant un instant… mais, globalement, ça roule. Je veux dire, ça passe quoi, c’est plutôt cohérent, parfois assez crédible. C’est même assez souvent juste pour que l’on puisse voir où veulent en venir les développeurs, voire – et ça me fait drôle de l’écrire – ressentir l’émotion qu’ils voulaient induire dans la scène se déroulant devant nos yeux. C’est t’y pas merveilleux ? Un jeu narratif où l’écriture n’est pas complètement catastrophique ?

Voilà voilà. C’est donc assez stupéfait que j’ai passé le premier épisode sans trop soupirer de désespoir, voire trouver la scène finale plutôt réussir avec des belles idées de mises en scène qui approfondissent le personnage de Chloé, en nous montrant CONCRÈTEMENT pourquoi cette conne en était une dans Life Is Strange. On se prend un peu d’empathie pour le personnage et on se dit que, peut-être, oui, peut-être, cette foutue caricature d’ado rebelle a des raisons d’être ce qu’elle est et de parfois clairement craquer. Aussi, elle est en quasi-constante interaction avec Rachel, sa « si chère amie » que l’on nous décrivait dans l’original. Ici, on peut la découvrir et voir qu’en effet il y avait un lien entre les deux, sous-entendu dans le jeu de base certes, mais c’est développé et plutôt bien mis en scène ici malgré quelques étourderies.

La différence, c’est qu’ici les étourderies on les pardonne mieux, parce que le sujet est beaucoup plus concentré sur les humains en face de nous et leurs affects (qui ont donc des raisons d’être, woaw !) que sur… Oh, je sais pas moi, du SURNATUREL QUI N’AVAIT RIEN A FOUTRE DANS LE JEU ORIGINAL ? Pardon. Pardon ; c’était une rechute…

… On reprend.

Comme je disais donc : une écriture plus juste, plus fine, plus subtile, avec même parfois de vrais moments de « Il se passe quelque chose de fort : là ici » avec notamment tout le thème du théâtre, des masques, des faux-semblants, des mensonges, du quatrième mur que l’on bâtit dans nos vies pour ne parfois pas voir ce qui se cache derrière les artifices. Tout cela est assez bien mené et assez bien construit pour se dire qu’il y a quelqu’un d’intelligent qui tient la plume, et ce quelqu’un a envie que le préquel de Life Is Strange ait quelque chose à dire sur le passage à l’âge adulte, sur la découverte de ce que ça peut vouloir dire « aimer quelqu’un » . Des petites choses bêtes qui envoient des messages sains aux protagonistes, et par extension au joueur parce que cette fois : on a envie qu’il n’arrive pas trop de merdes à notre héroïne principale. Bon, insérez une insulte puis « Maxine » , et ça fera l’affaire, j’ai pas envie de m’étendre sur à quel point j’avais envie qu’il lui arrive des choses atroces.

Donc, je récapitule : on ressent de l’empathie pour l’héroïne principale et son amie. On a le droit à des thématiques assez bien traitées. On a le droit à des explications bien amenées et développées sur ce qu’on savait déjà du jeu de base, mais elles étaient vraiment nécessaires. On a aussi finalement droit à quelques messages bien sentis dans le final de la mini-saison. Verdict ? Tout ce qui ne fonctionnait pas assez bien dans Life Is Strange tient ici la route. Ça ne fait pas de Before The Storm une formidable réussite, mais c’est un BON moment que j’ai passé…

… mais ça, c’est que le début. Parce que si je parle ici de Before The Storm ; je voulais surtout parler en fait de Captain Spirit, l’épisode transitionnel de Dontnod, où le studio a décidé de changer de scénariste.

Merci. Genre. Merci beaucoup. Après m’avoir littéralement fait hurler de rage, de voir à quel point votre étron originel était une daube infâme à cause d’une écriture alarmante de stupidité, j’ai pu découvrir, grâce à un épisode de deux heures à peine, là où vous vouliez aller avec le surnaturel ET le discours sur la maturation. Vous avez, en deux heures, fait bien plus qu’en dix sept sur l’original. Captain Spirit c’est une histoire toute simple, d’un gosse qui se défend comme il peut contre ce qu’il lui tombe sur la gueule dans sa vie, et ce gosse, comme tous les enfants, aspire à mieux que ce que sa vie peut lui offrir. Et pour ça, il devient un personnage super fort, qui s’incarne dans de folles aventures qu’il imagine à l’aide d’objets de son quotidien, de ses peurs primitives, de ses rêves de gosse naïf… Bref, un enfant.

Un vrai petit garçon. Avec une famille décomposée et un entourage défaillant qui n’est clairement pas là pour l’aider à sortir du marasme dans lequel il se trouverait s’il cessait de s’imaginer plus grand qu’il ne l’est. C’est con, mais deux heures de Captain Spirit, c’est pas beaucoup de dialogues avec des personnages, mais c’est beaucoup d’exposition de ce que peut être la vie d’un gosse, comment ça décrypte les faits autour de lui, comment ça refoule des pensées, des souvenirs, comment on devient un grand. Eh bien, ce gosse, il deviendra un grand comme tous les grands avec lui : avec tout un tas de rustines qui resteront ce qu’elles sont jusqu’à ce qu’elles pètent, et qu’ils doivent en changer… Le tout c’est qu’en chemin, il trouve autour de lui des gens pour l’aider à se relever quand ça n’ira pas. Parce que même si sa vie de gosse craint à ce moment : Captain Spirit aura sans doute un jour le droit de ne plus se cacher derrière ses fantasmes et rêves de gosse pour affronter la réalité. C’est tout ce que je peux lui souhaiter.

 

Voyez ? Tout arrive, il suffit juste d’avoir, à un moment précis, la bonne personne ayant la bonne sensibilité pour écrire quelque chose qui touche. Si Before The Storm est honnête, mention « On a fait au mieux avec ce qu’on a » , Captain Spirit, c’est un peu comme si Dontnod était venu sonner à ma porte – non pas pour m’offrir un colis piégé comme il devrait probablement le faire – mais pour me filer cette nouvelle copie, revue, corrigée, plus sincère, moins maladroite dans ce qu’elle entreprend, venant du cœur pour que ce qu’elle raconte puisse me toucher. Et comme je ne suis pas qu’un immonde connard ; je dois admettre que j’ai été touché par The Awesome Adventures Of Captain Spirit. C’était digne de ce qu’on m’avait vendu avec Life Is Strange original. Alors téléchargez ce mini-jeu disponible gratuitement sur Steam, Xbox One et PS4, et voyez ce que Dontnod est capable de faire quand il ne se mange pas toutes les tares d’écriture du monde en pleine poire. Merci Dontnod, j’attends la suite avec intérêt, pour voir si vous pouvez un jour vous débarrasser des boulets Life is Strange et Remember Me pour devenir un studio que je suivrais avec intérêt.

Post Scriptum : Je répète que ceci n’était pas un premier avril. Je hais toujours autant Life Is Strange, tout va bien dans ma vie, je n’ai pas subi d’accident, de lobotomie ou d’opération quelconque. Non je ne me suis pas fait recruter par Dontnod ni par Focus Home Interactive, Square Enix ou quelconque éditeur bossant avec ce studio précis. Cette critique est finie. Vous pouvez désormais vous foutre ouvertement de ma gueule, Toupi et Flo‘.

Tags

A propos de l'auteur : Marcheur

Avatar

Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

0 Commentaires sur “Life Is Strange : Before The Storm & The Awesome Adventures Of Captain Spirit”


Connectez-vous pour laisser un commentaire

Derniers commentaires

Aller à la barre d’outils