Pathfinder : Kingmaker

Pathfinder : Kingmaker

Review copy fournie par Koch Media

L’age d’or du cRPG s’est déroulé dans la fin des années 90, début 2000, mais les vieux de la vieille ont été amputé de Fallout Van burren, de Baldur’s Gate 3. La frustration a donné lieu, depuis quelques années, à une vague de Kickstarter pour la grande renaissance du cRPG à l’ancienne. Pas toujours pour le meilleur malheureusement (… j’admets n’avoir jamais eu le courage de finir ni Tyranny, ni Pillars of Eternity). Kingsmaker est l’exemple typique de ce phénomène Kickstarter. Il transcrit sous forme jeu vidéo un module (assez célèbre, car de très bonne qualité) du jeu de rôle papier Pathfinder. Pathfinder est une version OGL (Open Game Licence), c’est à dire gratuite de la vieille version de Donjons & Dragons 3 et 3.5. On s’attend donc a un jeu très fidèle à du jeu de rôle sur table : tactique, exigeant, et riche. Voyons voir cela !

 

Commençons par le début de tout bon RPG : la création de personnage. Avouons-le : c’est le moment favori de nombreux joueurs, moi le premier ! Le jeu propose énormément de classes jouables, et bien que toutes les classes de Pathfinder ne soient pas présentes (l’invocateur et le chevalier sont absents, par exemple), le choix reste large, tandis que chaque classe propose une version de base, ainsi que trois archétypes différents, permettant de légères variations sur ces classes. Tout cela reste tout de même loin de la vingtaine à trentaine d’archétypes par classe que l’on retrouve dans la version papier de Pathfinder.

A cela se rajoutent six classes dites de prestige, autorisant quelques combinaisons intéressantes, notamment pour certains des compagnons que vous rencontrerez. Du coup, si vous trouvez que l’un d’entre eux est bancal ou mal-construit, c’est probablement qu’une classe de prestige l’attend un peu plus tard. Octavia par exemple peut devenir Mystificatrice Profane, une classe bien pratique pour coller des dégâts sournois avec ses sorts. Valérie est clairement prévue pour devenir Fidèle Défenseur. Ces compagnons que vous débloquerez et découvrirez progressivement en suivant leurs quêtes sont vraiment personnalisés. Leurs quêtes sont plutôt bien amenées par leur background, et ne sont pas sans rappeler celles de Baldur’s Gate 2.

Une fois votre avatar terminé, vous serez lancé dans un tutoriel simple et basique qui permettra de positionner votre premier groupe de compagnons en fonction de l’alignement de vos choix. Chose assez positive pour une fois : le jeu ne semble pas restrictif si vous choisissez de jouer un salopard mauvais. Ce tutoriel sera l’occasion de tester vos premier combats. Le gameplay fait la part belle à la pause active, incontournable depuis Baldur’s Gate. Les classes ont de nombreuses capacités disponibles, laissant ainsi un vaste choix stratégique. De plus, les règles de placement pour les prises en tenailles, les bonus de groupe, ou bien encore les attaques sournoises, nécessitent une micro-gestion de tous les instants afin d’optimiser les combats.

La pause active est ici plus qu’utile, elle est même vitale ! D’autant plus que l’équilibrage du jeu peut passer du très facile au grandement discutable, avant de rentrer parfois dans le totalement impossible. En témoigne cette rencontre de début de jeu avec des nuées d’araignées (… première quête annexe qui vous est donnée, donc logiquement pour un groupe de perso niveau 2), bestioles insensibles à absolument tout sauf les attaques de zone. Ces dernières ne sont débloquées par la plupart des mages qu’au niveau 3, voire 5, et que les personnages de contact ne peuvent juste jamais faire. A noter que cette rencontre a tellement fait beugler les joueurs que dès le premier patch sont apparus des messages dans le menu pour indiquer la stratégie à adopter, des conseils venant du PNJ donnant la quête, accompagné d’un bon lot de fioles de feu et d’acide, histoire de pouvoir leur faire un peu mal quand même.

Équilibrage qui, au-delà de son coté bancal a souffert de nombreux bugs, comme le reste du jeu ; rencontrer une troupe de loups-garou niveau 14 au détour d’une forêt quand toute le groupe est niveau 3 mérite au minimum le terme de bancal, surtout lorsqu’on ne peut pas fuir le combat. En effet, certains ennemis peuvent se voir arbitrairement augmenter toutes leurs stats de 50 %. Ce bug touchant à peu près la moitié des joueurs (dont moi, ouais, pas de bol…) transforme chaque rencontre en une vrai purge. En début de partie, le moindre ennemi peux tuer en un coup vos personnages. Ainsi j’ai vu une pauvre araignée niveau 1 coller 19 points de dégâts (sans coup critique) sur un de mes mages qui n’avait qu’un royal 10 points de vie. Bien heureusement ce bug a été corrigé rapidement par un des nombreux patchs que les développeurs ont lâché.

Voilà j’ai lâché le mot : Bug. Voila vraiment le mot qui caractérise le mieux Pathfinder : Kingmaker (du moins dans mon expérience ; il semblerait que Toupilitou ait été plus épargné que moi).

Bugs d’affichage en pagaille avec en vrac : textures manquantes, objets d’inventaire qui disparaissent, paire de mains volantes qui se rajoutent au groupe, descriptions de sort qui ne s’affichent pas, balises textuelles non-remplacées, duplication de zones de textes…

Bugs de quêtes qui, certes, n’empêche pas d’avancer mais en mette un coup à l’immersion : par exemple, tu arrives à sauver les bucherons de la nymphe qui les a pris en otage ? Eh bien non, leur chef te dit « dommage qu’ils soient tous morts » . Au revoir la récompense… Tu sauves le gamin qui a disparu ? La mère du gamin qui donnait la quête a disparu. Après moult rechargements elle réapparait ? Tout ça pour t’engueuler parce que son fils est mort…

Bugs d’inventaire casse-couille, comme cette fois où c’est tout mon argent qui disparait. Ou bien ce moment où c’est mon équipement qui se sont fait la malle (… et croyez-moi, ça a gonflé Harrim de perdre sa masse d’arme de froid et de foudre, ainsi que son artefact unique, le Heaume du pionnier…).

Tout cela sans compter les sauvegardes corrompues, au point de recommencer a zéro. Ouais, j’ai été obligé de recommencer a zéro pour enfin me débarrasser du fameux bug qui upgrade les ennemis de 50 %. 20 heures de perdus. Au final, depuis la sortie du jeu, on en est déjà à plus de 30 Go de patchs (plus gros que le jeu en lui même, faut le faire !). Des bugs disparaissent, alors que d’autres persistent, tandis que de nouveaux apparaissent. Et dernier point sur lequel le jeu ne brille pas : les temps de chargement. Temps de chargement longs et tout le temps. L’entrée dans le jeu est particulièrement longue, les développeurs ont eu tellement de retours de bugs sur cet écran qu’ils ont rajouté un premier message pour prévenir les joueurs que ce temps d’attente si long était normal.

Vous arrivez dans votre capitale ? Temps de chargement ! Vous entrez dans votre salle du trône ? Temps de chargement ! Vous voulez accéder à votre carte de gestion ? Temps de chargement ! Vous voulez entrer dans la gestion de votre capitale afin de construire un bâtiment ? Temps de chargement ! Et bien sûr, si vous voulez repartir à l’aventure, il vous faudra vous retaper tous les temps de chargement en sens inverse : sortir de la gestion de la capitale, sortir de la gestion du royaume, sortir de la salle du trône, sortir de votre capitale… Temps de chargement ! Temps de chargement ! Temps de chargement ! Temps de chargement ! La patience sera une vraie vertu pour le joueur acharné.

Eh bien ! En parlant de tous ces problèmes je me rends compte que je n’ai pas abordé le scénario ! Vous jouez un héro tout frais qui est dès le départ voué à être Baron d’une nouvelle région. Dans un premier temps, vous devrez reconquérir la région des Terres Volées à un groupe de bandits. Puis, vous devrez construire votre capitale. Une fois installé, le vrai jeu commence ! Il faudra gérer le développement de votre capitale, conquérir les régions voisines, développer de nouveaux villages, et bien évidemment régler tous les problèmes auxquels votre baronnie sera confrontée : invasions, malédictions, disparitions, trahisons… Le tout en alternant phases de gestion, et aventure classique à base d’exploration de donjons et autres intrigues.

Je ne rentrerai pas plus dans les détails afin de ne pas gâcher la surprise. Sachez seulement que tout cela est très bien écrit (avec Chris Avelonne à l’écriture, rien d’étonnant). A noter aussi que la traduction française est d’excellente qualité ; il n’y a absolument rien a redire sur ce point. Les musiques sont tout aussi réussies. Au niveau graphisme, le jeu n’est pas très beau, et certains effets cache-misère comme les arbres flous en premier plan de certains décors sont carrément dégueu, voire même peuvent gêner la vision. Le jeu a été développé sur Unity et l’on sait que ce moteur ne fait pas des merveilles. Il reste ici fidèle à sa réputation.

 

Je voudrais pouvoir dire que j’ai aimé Kingmaker. L’histoire est passionnante, les PNJ crédibles, la fidélité du gameplay de Pathfinder permet des approches variées et intéressantes. Mais le jeu n’est pas fini. Il s’approche plus d’une version bêta loin d’être finalisée que d’une version gold. Je me suis acharné, mais après plus de 60 heures de jeu, j’ai abandonné. Je reviendrai dessus lorsqu’il sera stable et équilibré. Chose qui, je l’espère, arrivera vite. Sur le premier mois, les développeurs ont eu un rythme très soutenu de patchs, environ un tout les deux jours, cassant autant d’éléments du jeu qu’ils en réparaient. Ils ont désormais annoncé un rythme différent : environ un patch toute les deux semaine pour aboutir à une version 1.1 stable et jouable sans soucis. Alors voilà, en l’état, j’aime pas Kingmaker, mais lorsque la version 1.1 sera sortie, je me replongerai dedans, en espérant qu’il sera le jeu que les anciens attendent comme le messie. Car oui, Kingmaker en a le potentiel. Cependant, comme disait l’Oracle à Néo : « Tu n’es pas l’élu, tu en a le potentiel mais tu attend quelque chose, peut-être dans une prochaine vie… » .

 

… Le temps que Toupilitou se décide à publier le test, le patch 1.1 est sorti. Un énorme patch de 18 Go avec une liste de modification longue comme le bras ! Tellement longue qu’elle a été divisée en quatre parties afin de pouvoir être publiée sur Steam. Nous vous tiendrons au courant sur les ajouts de ce patch, mais pour l’instant, les retours des joueurs ne sont pas fameux. Il y a encore beaucoup de bugs qui sont présents, et de nouveaux sont apparus, dont certains rendant le jeu injouable : de nombreux objets ont leurs capacités qui ne fonctionnent plus, tandis que des ennemis collent des attaques à 200 points de dégâts (… même en fin de jeu, certains personnages n’auront jamais autant de points de vie). Il semblerait que la patience soit toujours de mise !

Toupilitou : Oh ça va, tu l’as écrit y’a trois semaines ; parles-en à Marcheur et ses articles qui prennent la poussière depuis x mois en attendant que je trouve le temps de les corriger. Hmm. Y’a des correcteurs dans la salle ? Sinon, rien d’autre à signaler que ce que tu as indiqué : bon jeu, bien écrit, bon gameplay, mais optimisé avec les pieds. Je n’ai pas eu ton lot de bugs, ce qui ne m’a pas autant gâché l’expérience que toi, mais les temps de chargement m’ont tué. J’y retournerai dans un an, probablement.

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A propos de l'auteur : Gelukpa

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4 Commentaires sur “Pathfinder : Kingmaker”

  1. Quand j’aurai fini de faire le tour de la création de personnage (donc dans 3 semaines), je pourrai commencer le jeu.

  2. Avatar flofrost dit :

    Quand j’aurai fini de faire le tour de la création de personnage (donc dans 3 semaines), je pourrai commencer le jeu.

    :lol:
    De mon coté j’ai également mis ma partie de coté. Les chargements étaient devenus tellement longs que j’en recevais des messages me demandant si je voulais fermer l’application :roll:

  3. Avatar Marcheur dit :

    Quand j’aurai fini de faire le tour de la création de personnage (donc dans 3 semaines), je pourrai commencer le jeu.

    :lol:
    De mon coté j’ai également mis ma partie de coté. Les chargements étaient devenus tellement longs que j’en recevais des messages me demandant si je voulais fermer l’application :roll:

    J’ai vécu la même chose avec Pillars.
    Heureusement ça s’est vite terminé :smile: :lol:

  4. Avatar flofrost dit :

    La différence c’est qu’avec Pillars ça t’arrangeait bien de fermer l’appli :wink:


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