Plaisir coupable : Final Fantasy XV – Windows Edition

Plaisir coupable : Final Fantasy XV - Windows Edition

Je n’avais jamais compris tout le tapage et l’engouement, aussi bien autour de la saga Final Fantasy qu’autour du dernier opus en date, à savoir Final Fantasy XV – Windows Edition. Bah oui quoi ; pour le peu que j’en avais vu, le héros y est encore une fois un être torturé à la coiffure improbable, ce qu’il compense généralement avec une grosse épée. Parmi la pelleté accompagnant ce héros ténébreux, il est forcément en compagnie d’un compagnon un peu bourrin, un autre un peu fou-fou, ainsi qu’un autre plus rationnel, le tout pour aller sauver le monde, et une nana au passage. J’avais surtout réussi à y accrocher sur Final Fantasy VIII, mais toutes mes approches sur les autres opus ont échoué. Je ne sais encore pas vraiment pourquoi j’ai décidé de me lancer sur le XV, probablement après avoir reçu moult messages subliminaux de part et d’autre, j’imagine. Quoiqu’il en soit, dans ce jeu, il y a autant de choses sympas et de trucs funs, que de machins relous et de bidules particulièrement chiants. En bref, c’est pour le coup un vrai plaisir coupable.

 

Je ne suis vraiment pas un fan de la licence Final Fantasy ; j’ai juste joué au VIII sur PC, et brièvement au XIV à cause d’un égarement temporaire (le MMORPG). Le XV, si Marcheur n’avait pas autant écrit dessus, et si Ninheve ne m’envoyait pas quotidiennement la dernière couleur qu’elle a fait à son chocobo (aka Fluffy, volaille tout droit sortie du Crazy Horse), je serais totalement passé à côté par pur désintérêt. Tout au plus je ricanais devant les screenshots des quatre éphèbes asexués, et bavais de faim devant ceux des plats qu’il est possible de cuisiner. Mais voilà, comme le dit si bien le jeu lorsqu’on le lance : « Un Final Fantasy pour les fans et les nouveaux venus  » , et j’ai fini par m’y essayer lorsqu’il est arrivé sur Steam avec la Windows Edition.

D’ailleurs, on m’a fortement conseillé de voir les épisodes de Brotherhood, ainsi que le film Kingslaive, avant même de jouer au jeu. Vu la taille du bousin, 80 Go tout de même, j’avais largement le temps de tout mater. Brotherhood m’a permis de me faire une vague idée du trio qui va m’accompagner, mais également de l’avatar que l’on va contrôler. Kingslaive, quant à lui, raconte ce qu’il se passe juste avant que l’on prenne le jeu en main. Il semblerait que cela colmate pas mal de trous sur la partie scénaristique, tout en restant très agréable à regarder. Les visionner avant même de commencer, c’est déjà être immergé et en terrain semi-connu vis-à-vis du groupe et de sa dynamique. Une belle pratique du crossover, d’autant plus lorsque l’enchaînement narratif se passe aussi bien.

Alors que j’étais très sceptique avant d’y jouer sur la manière dont j’allais percevoir le groupe, il se dégage de l’ensemble une fraternité bien vivante. Quand bien même je ne peux plus encadrer un Prompto, qui me fait vaguement penser à une jeune fille en fleur (… il est toujours à tortiller du cul en minaudant lorsqu’il est sur le siège passager de la voiture), ou bien encore un Ignis dans le rôle du chaperon surprotecteur un brin relou sur les bords, la somme de leurs défauts (et qualités) fait que cela les rend attachants, tandis que l’ensemble reste très immersif, prenant, et tout cela arrive relativement naturellement au cours du jeu. Par contre, j’ai personnellement joué avec les voix japonaises, qui sont de très bonne qualité, mais qui rendent Prompto encore plus irritant.

Nous voilà donc parti pour un roadtrip entre couilles, le tout dans la voiture du paternel, un bon vieux paquebot des routes répondant au nom de Regalia. Et a l’instar d’un gros bateau, eh bien ça ne va pas vite du tout ; on avance à la vitesse d’un bulot en plein désert. Et bordel, on y passe tellement de temps à l’intérieur à cause des trop nombreux allers-retours que ça en devient clairement lourdingue. Vous me direz que je n’ai qu’à utiliser le fast travel, ce qui est effectivement ce que je fais, mais le jeu se transforme alors en une simulation d’écrans de chargement en peu longuets. Bon par contre, en dehors des temps de chargement, le reste tourne plutôt bien sans chute de framerate, ce qui est toujours ça de pris (… j’ai appris à être méfiant avec l’optimisation nipponne des jeux PC). J’ai malgré tout eu dizaine de crashs intempestifs sur toute la durée de mon run (autour de 80 heures).

De plus, le système de localisation des quêtes est franchement mal foutu ; au lieu d’avoir une map où sont affichées toutes les quêtes actives, il faut aller sur chacune d’elle, dézoomer pour capter où ça se trouve vraiment, et essayer de regrouper mentalement celles qui sont à peu près dans le même coin. Tout ça pour qu’au final on nous demande peu ou prou de dézinguer un groupe de bestioles, ou d’aller chercher un objet quelconque perdu dans un coin isolé de la carte, ce qui te demandera forcément de faire moult allers-retours. Paye ton jeu qui te demande de grinder, mais qui en plus te fait un croche-patte juste pour t’emmerder dans la tâche. Mais je rejoins Marcheur sur un point : je me suis rarement senti dans la peau du sauveur de l’humanité…

… Ni même dans la peau d’un Prince d’ailleurs, puisque Noctis en est un. Le nombre de personnes dans cet univers qui prennent le héros pour un vulgaire larbin tout juste bon à livrer des légumes d’une ville à une autre est assez impressionnant. Ce mec manque clairement d’autorité ; il se fait marcher sur la gueule par tout son peuple. Va cherche un caillou à l’autre bout de la map comme ça je pourrais me baigner dans des piscines de biftons, va prendre des photos à ma place parce que franchement j’ai trop la flemme, sois mignon et va buter tout l’écosystème de la région, sans oublier le traditionnel va me chercher un steak de cette bestiole. Ça manque d’enjeux tout ça, alors qu’à côté, la trame principale fait plutôt dans le mélo-dramatique.

Effectivement, ça compense et équilibre peut-être, mais cela marche uniquement lorsque l’on suit en enchaînement précis de quêtes. Personnellement, j’ai dans un premier temps rushé la majorité des quêtes secondaires du coin où j’étais avant de vouloir continuer dans la quête principale. Et, ainsi, le déroulé des événements peut parfois prendre un visage étonnant. A un moment, Noctis apprend la mort de son roi de père, il est triste, et ça peut se comprendre. Mais comme j’étais dans mon trip pèche à ce moment-là, je me suis retrouvé l’instant d’après avec un Noctis tout jouasse d’avoir péché un poisson-chat d’une taille fort respectable, tout en faisant le soir même un camping sauvage avec ses buddies en bouffant ledit poisson-chat dans une ambiance bon-enfant.

C’est tout le risque de la construction narrative de ce jeu, mais je ne suis pas sûr que les développeurs avaient prévu que certains joueurs pourraient percevoir un début de syndrome post-traumatique ou de troubles bipolaires chez Noctis à cause de cela. Il est en plein déni ce pauvre garçon ; je recommanderais de le piquer, mais ça n’engage que moi. Pour le reste, le roadtrip fonctionne plutôt pas mal, avec des réactions du groupe selon certains événements, bien qu’au bout d’un certain nombre d’heures il y en ait qui se répètent, inévitablement. Cependant, enlevez tout cela, et le jeu en deviendrait beaucoup plus plat et terne.

D’ailleurs, en parlant de plat, ceux confectionnés par Ignis sont de toute beauté, ce qui en fait la meilleure simulation de Top Chef ; le designer de tout ce qui concerne la bouffe doit être un sacré épicurien. On me dirait qu’il a pris 50 kilos en s’occupant de cette tâche que cela ne m’étonnerait pas ; jusqu’à présent, je n’étais encore jamais tombé sur un jeu qui fait grogner mon ventre à la simple vue de plats virtuels. Du grand art. A côté de cela, je ne peux que relever le placement de produit un peu sale de Cup Noodle, les fameux pots industriels de nouilles déshydratées, puisqu’il y a même une quête associée où l’on doit buter une énorme bestiole afin de rajouter quatre minuscules lamelles de viande par dessus. J’espère que le chèque au bout en valait la peine… En tout cas, je ne peux que noter que ces quatre garçons n’ont aucun sens de la mesure ; il bouffent l’équivalent d’un cuissot et laissent la tonne de restes de bidoche pourrir au cagnard. Notez qu’Ignis, un peu comme un autre type qui a semble-t-il plutôt mal fini, sait multiplier la bouffe : donnez lui une cuisse de grenouille, et il en servira quatre dans les assiettes de chacun. D’autant plus qu’il trimballe dans la Regalia tout l’attirail de cuisine et son set de plats. Classe man, top of the pop !

Heureusement, les combats en envoient justement plein la vue ; c’est beau, dynamique, intuitif, ça bouge dans tous les sens, et ça reste globalement lisible. Toutefois, avec les créatures de très grande taille, la caméra vous fera fort probablement des misères, allant se nicher sur un angle impossible, précisément là où vous ne voyez pas grand chose. Tout en plus je relèverais un certain manque de challenge sur l’intégralité des combats, puisqu’à l’exception d’une petite poignée, je n’ai pas galéré un seul instant. Le groupe devient tellement fort au bout d’un moment que l’envoi d’un sort suffisamment puissant peut abréger un combat en l’espace d’une seconde. Du coup, on est moins dans l’analyse et la tactique, mais plutôt à rentrer dans le lard d’un peu tout ce qui bouge, comme des gros bourrins de service.

Je pourrais également m’épancher sur l’ergonomie des menus qui n’a absolument pas été pensée pour le clavier / souris, ou bien sur un inventaire qui fait dans le service minimum en termes de contraintes. Dans le premier cas, je me bourrerai la gueule le jour où les japonais apprendront ce qu’est un clavier et une souris (concrètement : ça ne marche pas pareil qu’un pad, les enfants !). Dans le deuxième cas, disons que notre boys band se trimballe avec tout un tas de saloperies pesant facilement un bon quintal ; du bout de métal rouillé à un bout de bidoche prélevé sur une créature, en passant par les poissons péchés ou bien encore par des consommables divers et variés, on se croirait au vide-grenier avec son barbecue. Oui-oui, vous avez raison : Final Fantasy n’a jamais été une simulation, et je chipote sur des détails à la con.

A un moment, je m’étais dit que j’allais vous parler des DLC, mais Marcheur en a déjà préparé un petit topo qui ne devrait plus trop tarder, alors stay tune ! Quoi qu’il en soit, si vous souhaitez en savoir davantage sur ce jeu, vous avez d’ores et déjà la possibilité d’aller faire un tour sur la critique, et le dossier.

 

Malgré les temps de chargement à rallonge, la niaiserie et le kitsch qui se dégage parfois de l’ensemble, ainsi que l’aspect Fedex des quêtes, j’ai malgré tout réussi à prendre du plaisir en contrôlant ce petit groupe de potes, notamment grâce à son système de combat. Si Final Fantasy n’est pas pour moi un grand jeu, il a tout de même selon moi réussi à apporter une petite pierre à l’industrie du jeu vidéo : celle de rendre naturel et vivant un roadtrip entre potes dans un open world. Le paradoxe étant que l’open world en lui-même manque clairement de vie. En clair : ce jeu est pour moi une demie-réussite sur pas mal de points, un titre que l’on parcourt finalement avec un certain plaisir coupable tant les défauts sont entremêlés avec les qualités. Aucune chance que je retourne un jour dessus, mais je peux saluer l’effort, d’autant plus lorsque l’on sait à quel point la gestation du titre a été chaotique.

 

… Ah, et le coup du chien spatio-temporel, je ne m’y attendais pas. Vraiment.

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A propos de l'auteur : Toupilitou

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10 Commentaires sur “Plaisir coupable : Final Fantasy XV – Windows Edition”

  1. Avatar Garmyr dit :

    Tiens, j’ai aussi craqué et je l’ai pris sur Steam (Il télécharge là). On verra bien ce que ça donne.

  2. Avatar Toupilitou dit :

    Tiens, j’ai aussi craqué et je l’ai pris sur Steam (Il télécharge là). On verra bien ce que ça donne.

    Soldes Steam ? <img class= » />

  3. Avatar AbounI dit :

    Oh, un livre de recettes interactif, c’est original

  4. Avatar Garmyr dit :

    Tiens, j’ai aussi craqué et je l’ai pris sur Steam (Il télécharge là). On verra bien ce que ça donne.

    Soldes Steam ? <img class= » />

    Yep. J’avais prévu de me le faire un jour qu’il serait en promo. J’ai pris Prey aussi, à 15€.

  5. Avatar flofrost dit :

    Prey, je l’ai vu à la Fnac pour 7€
    Pour en revenir à ce FF, il est capable de te faire passer par toutes les émotions, et pas sur la longueur de ta partie, non, juste en quelques minutes. Tu passes d’un passage touchant, à du n’importe quoi, en passant par de la gène, pour finir à du dépit en quelques minutes seulement.
    Et je valide pour la bouffe, y a vraiment des trucs qui mettent l’eau à la bouche, pourtant en voyant les ingrédients, c’était pas gagné ^^

  6. Avatar Marcheur dit :

    Prey, je l’ai vu à la Fnac pour 7€
    Pour en revenir à ce FF, il est capable de te faire passer par toutes les émotions, et pas sur la longueur de ta partie, non, juste en quelques minutes. Tu passes d’un passage touchant, à du n’importe quoi, en passant par de la gène, pour finir à du dépit en quelques minutes seulement.
    Et je valide pour la bouffe, y a vraiment des trucs qui mettent l’eau à la bouche, pourtant en voyant les ingrédients, c’était pas gagné ^^

    Mais la fin est une montagne russe abominable, elle est capable de sauver le jeu tout comme définitivement le faire sombrer.
    Pour le coup j’ai toujours trouvé qu’elle permettait d’équilibrer le jeu pour qu’il reste un titre honnête. Comme quoi.

  7. Avatar flofrost dit :

    J’y suis pas encore à la fin pour le coup, pas encore repris ma partie, et je ne pense pas que ça se fera tout de suite.

  8. Avatar Ninheve dit :

    ben moi…la fin m’a complétement fait changer mon point de vue sur le jeu…je parle de la fin de la version windows qui doit etre celle de la version royale des consoles.Tout comme vous je trouve le jeu rempli de maladresses , d’erreurs dans la gestion d’un monde ouvert, d’une narration des plus étranges , de situations du plus grand ridicule (du genre le retour de Gladio à Lestallum ou la mort de Jared…Jared qui???)
    Pourtant la fin c’est encore des maladresses , une série de combats de bosses, une narration est toujours avec des hauts et des bas…mais peut être parce qu’on fini par s’attacher à cette bande de potes, ben la fin…m’a marquée. On a droit a de beaux moments avec les potes et même avec Cor (si on a fait certains choix)…même si la fin avec Cor ben c’est raté…après le combat contre ifrit ou cerbère je ne sais plus, il part la tête basse…et voila….
    On fait des découvertes annexes si on a approché surtout certains endroits dans la citadelle, sur le passé d’Ardyn par exemple.
    On en apprend alors un petit peu plus que ce que la narration nous raconte à son sujet (et même là ..c’est toujours aussi peu clair )
    Ardyn c’est comme une Luna qui aurait viré sa cutie si j’ai tout pigé et ce à cause de son méchant frangin? et c’est bien le grand grand grand grand grand grand etc etc oncle de Noctis? d’où le surnom que je lui donne; tonton Ardyn

    et puis finalement..on a les dlc qui peuvent changer la donne sur la fin avec Ignis pour ceux qui ont du mal avec le destin que les dieux avaient concocté pour Noctis
    bref des chauds et froids mais à la fin une étrange sensation d’avoir quand même passé un bon moment avec les 4 copains

  9. Avatar Toupilitou dit :

    Ces mods de l’enfer…

    J’ai trouvé le mod parfait pour Marcheur, histoire de transformer Noctis :

    Image

  10. Avatar Ninheve dit :

    lol
    avec en plus ta signature apparaissant en dessous. de l’image…ben ca fait sens :p


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