Recore – Definitive Edition

Recore - Definitive Edition

Longuement attendu, c’est certain. Un an que Armature promet le cinquième corebot originellement prévu. Il faut le dire que la sortie de Recore, plutôt discrète, et son prix bas, laissait présager d’un Microsoft peu confiant du titre. Il a d’ailleurs certainement été sauvé de la mort par son statut de petit jeu, car d’autres n’ont pas eu cette chance. Mais, comme quoi, tout ne bide pas complètement, et forcément sur Xbox One, les ventes de Recore se sont avérées solides. Pas un immense succès, mais solide. Suffisamment pour qu’Armature et la branche Xbox décident de ne pas seulement proposer une mise à jour, mais une totale refonte du jeu de base ; nouveau contenu, corrections multiples, optimisation, préparation pour la Xbox One X, 20 € pour les nouveaux acquéreurs, et l’ensemble de ce qui a été cité précédemment est grassement offert aux joueurs. Mea Culpa, Mea coulera plus ; Recore a certainement signé là sa revanche sur ses plus virulents détracteurs. Voyons si le retour en grâce de Joule et ses corebots signe la venue du hit qu’il aurait dû être, ou si Recore laissera une nouvelle fois Marcheur sur sa faim.

 

Bon, je sais que c’est déjà très dense comme introduction, mais je vous demanderai encore un peu de patience avant d’entamer la critique au complet, pour la simple et bonne raison que j’ai appris des trucs sur Recore depuis la symbolique, toussa toussa. Il y a beaucoup à dire sur Recore. C’est l’enfant bâtard de Keiji Inafune qui signe Joule en tant qu’héroïne, mais laisse Marc Pacini signer la copie complète. Keiji Inafune recommence l’histoire de sa renommée : créer un personnage, le dessiner, le conceptualiser, pour ensuite disparaître, laissant son idée se concrétiser par plus talentueux que lui.

Triste que Joule et Recore soient abandonnés par l’un de leurs parents, sans avoir vraiment pu le connaître, mais il a après tout été de même pour Mega Man ou « Rockman » au Japon. C’est donc un jeu conceptualisé par Comcept, réalisé par Armature Studios, et soutenu dans le développement par Asobo qui aidera à créer des assets et soutiendra un développement étrange. Le jeu commence sa pré-production en 2014, connaît quatorze mois de travail sur son concept, Keiji Inafune étant soutenu par l’écrivain Joseph Staten, qui lui aussi réhitère et signe une histoire ainsi qu’un univers pouvant rappeler de vieille obsession sur le rapport machine / humain. Sa mécanophilie cachée se marrie à merveille à l’obsession commune d’un Inafune qui n’en fini plus de vouloir mettre des robots partout où il passe.

Toujours est-il qu’à la veille de l’E3 2015, le jeu commence à peine sa pleine production, et premier indice qui aurait pu mettre la puce à l’oreille sur l’ambition du titre : s’il est présenté par une belle cinématique en images de synthèse, le jeu est tout de même développé en quinze mois. Oui, quinze. Par une équipe relativement restreinte. Donc, cette Definitive Edition, concrètement, c’est onze mois de travail supplémentaire ; de quoi donner le tournis lorsqu’on se rend compte que cela double pratiquement le temps de développement du jeu. Ah, et avant que je n’aborde le contenu et le résultat définitif de cette édition : Recore est bel et bien le gamin de Marc Pacini, réalisateur de la trilogie Metroïd Prime. Donc, les déclarations type « générique au possible  » d’un certain rédacteur de Gamekult m’ont bien fait marrer, sachant qu’il prêtait à Keiji Inafune le rôle de game designer pour le titre, alors qu’il n’en a été que producteur. Pas de chance, j’ai bonne mémoire, mais je t’en veux pas ; on fait tous des erreurs.

Ne mentons pas : Recore était un jeu rugueux. Rempli ras la gueule d’imperfections, de manques, et avec un grave, très grave problème de finitions. Cette édition définitive arrive en une fin d’année très aride pour les jeux Microsoft Studios et l’intention affichée est évidente : faire peau neuve. Malheureusement, et comme mes souvenirs sont plutôt très bons, les éditions définitives de Microsoft, si elles précédent souvent d’un an l’annonce ou la sortie d’une suite (Gears Of War, State Of Decay, Ori And The Blind Forest), elles sont aussi assez négligeables. Mais bon, comme Recore méritait clairement du mieux, il fallait bien que Microsoft soutienne le jeune prodige des écuries de Microsoft Studios, car malgré tout, le jeu a surpris par des ventes solides et une base grandissante de fans.

On commence par dire que cette édition est gratuite pour tous les possesseurs du jeu original, tout en amenant son lot d’améliorations visuelles. La plus évidente : le boost remarqué des textures et rendu global grandement amélioré. Il est aussi à signaler l’arrivée de nombreux effets visuels rendant le désert de Far Eden plus crédible et vivant. C’est mieux, c’est plus stable, il y a vraisemblablement un boost dans la résolution, et voilà : l’édition définitive, sans révolutionner le jeu et faire de Recore une tuerie graphique, améliore ce qui devait l’être. Dommage cela dit que la nouvelle région soit plongée dans cette obscurité quasi-complète.

En parlant de la nouvelle région : celle-ci permet d’exploiter le nouveau corebot, le T8-nk. Il s’agit d’un robot véhicule qui change la manière d’aborder les étendues parfois gigantesques qu’offre le jeu. On prend plaisir à contrôler ce nouveau robot, et les sensations qu’il procure, sans être grisantes, font un joli taff. Donc, le level design de cette nouvelle zone met l’accent sur la vitesse et le parcours. Sans être impraticable à pied, il faudra user du nouveau corebot pour en découvrir les moindres secrets ; de quoi exploiter notre nouvel ami et se faire la main. Ce n’est pas la seule nouveauté de gameplay, on trouve aussi trois nouveaux modes d’armes : le multi-tir, le tir lobé et le rayon transperçant.

Chaque nouveau tir a son usage bien à lui, et si contre les blindages on préférera le rayon transperçant, le tir lobé permet de pimenter les affrontements avec des munitions rebondissantes dévastatrice. Enfin le multi-tir est, comme son nom l’indique, adapté à la gestion de plusieurs adversaires. Toutes ces nouvelles mécaniques trouveront leur usage dans un ensemble de nouveaux donjons qui feront un peu plus chauffer les méninges, tout en faisant la part belle aux réflexes désormais aiguisés du joueur chevronné de Recore. L’ensemble du contenu devrait vous prendre quatre heures pour la nouvelle région, et sans doute beaucoup plus pour un autre type de contenu très intéressant dont je ne révélerai rien, parce que l’idée est excellente et mérite d’être découverte par soi-même.

Que fait donc cette réédition de plus alors ? Elle sauve le jeu de sa finition discutable, elle améliore l’ergonomie des menus ainsi que de la navigation, et introduit de nouvelles compositions (.. je ne dirai jamais non), tandis que le niveau maximum est repoussé à 40, avec de nouveaux équipements pour les corebot disponibles. Armature s’est démené à sensiblement amélioré leur jeu tout au long de cette année, en demandant chaque fois aux joueurs d’être plus patients, et c’est une réussite pour le studio texan. Sans jamais vraiment pouvoir corriger tous les reproches dû à la nature même du titre (platformer 3D hardcore, donc caméra capricieuse, budget limité pour un jeu volontairement moins ambitieux que de coutume), Recore Definitive Edition impose le respect, car il incarne la ténacité de ses créateurs à vouloir imposer une nouvelle licence.

Avec son tarif doux (20 euros), son contenu important (au moins 25 heures pour le 100 %), et le respect de l’acheteur du jeu de base, Microsoft et Armature ont garanti une seconde vie à Recore et cela sécurise sans doute encore plus la potentielle suite, que j’espère désormais encore plus qu’avant. Sous ses aspects moins aboutis que la moyenne, Recore est un bon jeu généreux en contenu et en mécaniques, qui n’oublie pas d’apporter avec lui son identité et de ramener d’une époque qu’on croyait révolue un feeling de jeu de plateforme qui manquait cruellement.

Mais alors, il brille où et quand ce Recore Definitive Edition ? Eh bien, il le fait de mille feux quand on fini le jeu. Hein ? Quoi, c’est le générique qui est génial ? Non, en fait, c’est tout ce dont ce sont plaints les critiques et une partie du public, c’est le contenu du end game, c’est quand on s’attaque à ce qu’est fondamentalement Recore dans son gameplay : un jeu d’arcade, où l’on fait du score et où l’on optimise ses parcours. Il faut pour s’en rendre compte faire un détour par Youtube pour comprendre à quel point les plus acharnés sont devenus des bêtes de course. Les nouveaux donjons, au nombre de dix, que vous débloquerez parfois grâce à une nouveauté qui valide la dernière promesse non tenue du jeu : l’environnement dynamique.

C’est avec ce nouveau contenu et ces nouveaux donjons que j’ai compris ce qui m’avait scotché sur le titre, malgré ses innombrables défauts : la quête du 100 % et du meilleur score. les nouveautés de gameplay permettent désormais de véritablement reconsidérer l’ensemble du level design du jeu. Ainsi, on peut vraiment expérimenter des approches avec tous les robots mis à disposition. Si cette liberté a un prix avec une caméra perfectible et des soucis de collision, la joie que l’on tire d’une approche libre qui fonctionne mieux que ce qu’en pensaient les développeurs à l’origine (… qui encouragent d’ailleurs les initiatives en mettant clairement en avant les exploits des meilleurs via des vidéos Youtube) est juste indescriptible. J’adore Recore. Je ne saurais que trop vous le conseiller, mais comme bien des jeux, il ne plaira probablement qu’aux plus persévérants. Toutefois, si Recore vous plaît, non seulement vous allez découvrir une super bonne expérience, mais en plus vous en aurez pour votre argent ; ça fait plus de trente cinq heures que je suis sur ma première partie, je n’ai toujours pas fini tous les donjons, et je ne les ai pas tout dominé. Voilà qui garanti à cette nouvelle édition une place de choix dans mes jeux de l’année.

 

Si vous ne savez pas quoi vous prendre à Noël ? Voilà un titre qui pourrait compléter votre commande. S’il n’est toujours pas dénué de ses défauts propre à sa conception, Recore joue des pieds et des mains pour être meilleur que ce que la presse en a dit. Désormais complet, bien mieux fini, et possédant toutes les cartes en main pour au moins interpeller par ses choix de game design, Recore Definitive Edition est désormais une très chaude recommandation. Dans son créneau de platformer 3D hardcore, Recore est désormais un roi fragile, mais roi quand même. En attendant le second jet pour confirmer !

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A propos de l'auteur : Marcheur

Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

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