Retour sur Super Lucky’s Tale

Retour sur Super Lucky’s Tale

Avez vous le moindre souvenir de Super Lucky’s Tale ? Je ne vous en voudrais pas si vous me répondiez « Houla non ! » car disons-le : j’en avais moi-même pas grand chose à faire. C’était clairement le titre de remplissage calé à la sortie de la One X, et qui devait proposer une alternative familiale à Crackdown 3 (lui-même repoussé depuis, et qu’on… attend, j’imagine, pour février 2019). Développé par Playful Games, notamment « connu » pour Lucky’s Tale – un jeu Occulus Rift – studio composé d’anciens de Ensemble Studios principalement. On était en droit de s’attendre à… rien en fait, et on a eu un platformer sans surprises. Alors pourquoi y revenir ? Parce qu’aussi curieuse et saugrenue que l’idée puisse paraître, Super Lucky’s Tale a eu droit à deux DLC à cinq euros chacun : Gilly Island et Guardian Trials. J’ai acheté ces deux extensions, parce que j’avais faim de plateforme 3D, et que bon, c’était pas si désagréable que ça Super Lucky’s Tale. Bien m’en a pris, car les deux DLC s’avèrent bien meilleurs que le jeu de base, si bien que j’en suis venu à me dire que si un jour Banjo & Kazooie doit revenir, ils feraient probablement mieux de revenir entre les mains de Playful. Curieux retournement de situation.

 

Un an, c’est le temps qu’a eu le studio Playful pour développer le jeu de base. Une situation comparable au sort de Recore qui a eu quatorze mois de production avant de voir le jour. La principale différence étant que j’ai aimé Recore Playful ont rendu une copie objectivement mieux finie et mieux réalisée. Partant de là, Microsoft a eu une plus grande confiance en ce studio, et a autorisé le développement de deux extensions pour profiter du fait que Super Lucky’s Tale a été disponible sur le Xbox Game Pass en mars 2018, date de sortie de sa première extension. Donc je suis parti à l’aventure voir ce que ce premier contenu avait dans le bide.

Posons ça là : si Super Lucky’s Tale avait été entièrement du niveau de Gilly’s Island, j’aurais probablement applaudi le studio des deux mains. Sans être parfait (le jeu a toujours des soucis de caméra, et un grave problème d’identité visuelle), au moins on a cette fois droit à un level design fouillé qui prend le meilleur du jeu de base (son dernier monde), mais arrive en plus à insuffler plus de variété et de challenge dans une formule pourtant inchangée. Du hub aux différents niveaux qui composent le contenu, tout fait état d’un remarquable travail pour que l’on ne s’ennuie jamais, et fait aussi en sorte de compenser les soucis de maniabilité du jeu de base. On n’est pas en face d’une complète révision du système de jeu, mais Playful a fait bel usage des retours sur son titre afin de corriger le tir et délivrer de deux à quatre heures de nouveaux contenus plus exigeants, plus fouillés, plus intéressants, et finalement… bons.

Un vrai bon monde supplémentaire à Super Lucky’s Tale qui justifie largement l’achat, pour ceux qui avaient comme moi un peu de sympathie pour le titre. D’autant plus qu’à la fin de cette extension, je dois admettre que je me trouvais un peu con à me faire cette réflexion : « Bordel… mais s’ils avaient eu le temps et les moyens de faire un jeu à la hauteur de ce contenu ici-présent, on aurait eu un vrai bon jeu de plateforme avec un… avenir ? » . Drôle de réflexion vu que j’appelais Super Lucky’s Tale à disparaître à la conclusion de ma critique. Toujours est-il que lorsque, deux mois plus tard, Playful annonce le jour même qu’ils sortent un nouveau DLC pour le jeu, cette fois, il n’y eut pas une seule seconde d’hésitation pour passer à la caisse.

Une nouvelle fois : une bonne surprise. Le jeu intègre les costumes à son contenu, permettant d’utiliser nos pièces qui s’amassaient dans notre besace. Alors, les costumes, c’est juste du cosmétique, mais bon, pourquoi pas. Bonus sympatoche, surtout lorsque le contenu de l’extension est largement à la hauteur. Différent de la structure classique de Gilly’s Island, Guardian Trials vous offre un panel assez large d’épreuves d’adresse, de réflexion, et de force. Ces épreuves, il ne faut pas les prendre à la légère, car elles exploitent tous les aspects du jeu de base, notamment un laisser jusque-là pour compte : l’enfouissement. Creuser sous terre devient alors une mécanique vitale dans un niveau de simili-infiltration, qui m’a fait criser tant il est exigeant. Le jeu ne cache pas ses ambitions de plaire à un public plus rôdé à la plateforme via ce contenu, et il y arrive très bien : j’ai pris un pied fou.

Le genre de pied que je prenais sur Recore. Alors, on n’est pas encore au niveau des donjons de plateforme les plus exigeants du jeu d’Armature, mais tout de même, y a des bons morceaux là-dedans. De si bons morceaux que je me suis surpris à faire du time attack et de la chasse aux succès, parce que j… bordel, je m’amusais bien. C’est même pas une blague. Mes meilleures moments de plateforme de 2018, c’est sur Super Lucky’s Tale que je les ai passés, et très honnêtement, je pense que j’en suis au point où j’aurais acheté instantanément un autre DLC, voire un autre derrière. Qui sait ?

Malheureusement… Il n’y eut rien de plus après Guardian Trials qui était l’adieu (au-revoir ?) de Lucky. Et je dois admettre que bah… Ça fait chier. J’aurais vraiment aimé un peu plus de Super Lucky’s Tale de ce calibre, et je cracherai vraiment pas sur une suite plus aboutie et plus ambitieuse, avec pourquoi pas un véritable virage assumé au Collectathon, incluant ce que ça sous-entend de zones ouvertes avec des épreuves diverses de plateformes. Playful semble avoir le niveau de proposer quelque chose qui se rapprocherait d’un Banjo & Kazooie en plus moderne. On n’atteindrait pas forcément la qualité de l’original et de sa suite, mais on serait quand même sur un bon jeu qui mériterait d’exister pour s’adresser à une frange de joueurs un peu laissée pour compte. Voilà, c’est l’histoire de Marcheur qui s’est fait avoir par deux DLC, après avoir un peu cassé les jambes du jeu de base… Tout arrive.

 

Juste un petit retour pour vous inviter à regarder autrement Super Lucky’s Tale. Alors si vous le voyez en promotion sur Steam vu qu’il y est disponible désormais, faites-vous plaisir, mais surtout pour le prendre avec ses extensions. Alors, on n’est pas au niveau d’un coup de cœur comme le fut Recore Definitive Edition, mais on est tout de même sur un jeu d’une assez bonne qualité pour que je puisse y passer vingt cinq heures… et même le recommencer pour le plaisir de redécouvrir le dernier monde, celui de Gilly Island, ainsi que les épreuves de Guardian Trials. Bref, Playful, si vous voulez faire un autre jeu sur la franchise Lucky, j’en serai.

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

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