Sniper Elite 4

Sniper Elite 4

Vous voyez Sniper Elite 3 ? Bien. Celui-là a des cartes un peu plus vastes, se déroule en Italie, et a un level design un peu plus étudié. Allez salut ! …

… Cette bonne vieille vanne de merde n’a jamais vraiment fonctionné. Bon, Sniper Elite 4 est le quatrième opus de la franchise chère à Rebellion, qui leur permet de financer des jeux aussi subtils et intéressants que Zombie Army Trilogy (… interdit quand on est sobre et tout seul) et Strange Brigade (même conseil). Pour ce quatrième épisode, Rebellion choisit de faire simple en mode « Eh les gars, on va faire le même jeu avec des cartes plus grandes, un tout petit peu plus de moyens de se déplacer et un level design un brin plus recherché » . Donc ils y sont allés franco sur la photocopieuse en terme de gameplay, et se sont dit que les problèmes du troisième épisode, c’était surtout des problèmes de level design et de contenu. C’est une analyse partiellement juste je dois le reconnaître. Sauf que d’autres problèmes existaient, comme ces déplacements trop rigides, ces limites de terrains artificiels sous forme de murs invisibles vraiment grossiers… Tout ça, c’est toujours là. Mais par miracle, c’est beaucoup, beaucoup moins gênant.

 

Si vous relisez ma critique de Sniper Elite 3, vous pourrez aisément constater que mes phrases étaient longues comme mon bras (et je fais un mètre quatre vingt douze… Oui, on s’en fout). Vous pourrez aussi constater que je critiquais la réalisation du titre à cause du peu d’ambition artistique du jeu, d’éclairages trop agressifs, et d’une bande-son faiblarde. Pour le coup, tout est à peu près vrai ici aussi, sauf les éclairages, désormais un poil moins violents. Mais tout le reste qui concerne la réalisation est du même acabit. Tout, sauf peut-être les visages quelque peu améliorés, et des environnements à la densité de détails plus importantes ; pas un bond significatif dans la mesure où Sniper Elite 4 n’est sorti que sur Xbox One et PS4, et non 360 et PS3.

Là où Sniper Elite 4 voit plus loin et tente de justifier son agressive tarification à prix plein sur toutes les plateformes, c’est sur la taille des cartes vraiment plus importantes que par le passé. Là, on voit effectivement un grand effort de fait ; les espaces plus ouverts et dégagés permettent une assez grande liberté d’user du sniper, transformant le gameplay du troisième opus à base de « j’utilise mon pistolet silencieux parce que le sniper sert à rien » à « j’utilise ce que je veux car l’environnement me le permet« . C’est bête, mais VRAIMENT ouvrir l’espace, c’est aussi ne pas juste en faire une succession de petites arènes, et si on délimite toujours les cartes par secteur, les espaces entre ces derniers sont ouverts. Ainsi, si on ne dit pas totalement adieu aux fameux problèmes de collision causés entre autre par les déplacements hasardeux de notre avatar, on y est significativement moins sujet.

De quoi déjà hausser l’intérêt du titre. C’est con, mais Rebellion s’est évité, pour un épisode de plus, un travail en profondeur sur son moteur et ses animations en dégageant juste un peu l’espace autour du joueur. L’IA, quant à elle, a fait un peu de chemin pour s’avérer un peu plus permissive en infiltration, presque trop, mais c’est tout de même moins la foire quand un mec nous remarque ; on a environ trois secondes pour le descendre avant qu’il ne prévienne les gars du secteur. Aussi, la finition fait un grand pas en avant avec beaucoup moins de problèmes divers et variés que l’on pouvait rencontrer dans le troisième épisode : exit les bugs sonores, de textures, et de scripts. Là, on voit en effet que Rebellion a perfectionné sa méthode de travail, et ça fait un bien fou à son jeu d’être enfin une expérience complète et propre. De quoi crédibiliser leur position tarifaire.

Si je saluais par le passé le level design de leur précédent titre, je dois applaudir celui de ce quatrième épisode. Plus fouillé et recherché, rempli de passages secrets, voies détournées et spots de sniper toujours optimisés, afin de vous offrir ce qu’il faut de têtes à dégommer, Sniper Elite 4 est un vrai plaisir à explorer. Plus variés aussi, les cartes (au nombre de dix) s’avèrent assez grandes et denses, pour vous occuper en moyenne une heure à une heure et demie. De quoi garantir une assez belle durée de vie sur une campagne qui offre désormais un vrai lot de bons moments d’exploration / infiltration / action / tir de précision, le tout sans trop de scripts.

Plus souple et plus permissif, Sniper Elite 4 révise la copie de son prédécesseur et adresse une série de correctifs qui lui permettent de camoufler la fainéantise des développeurs, étant donné que ces derniers ne sont aucunement revenus sur les fondamentaux installés depuis 2012 et Sniper Elite V2. Mais je dois admettre que si je pardonne ce genre de choses à un studio comme Piranha Bytes, comment puis-je le reprocher à Rebellion ? Après tout, j’ai pris un grand plaisir sur leur titre, qui parvient à conserver les quelques grandes qualités de la série, tout en perfectionnant ce qui était bancal.

Sniper Elite 4 est juste un jeu plus homogène et réussi que son prédécesseur, qui met désormais mieux en valeur sa kill cam bandante et son level design très soigné, lui garantissant la place du meilleur jeu de sniper du marché. Ridiculisant d’ailleurs tristement Sniper Ghost Warrior 3 qui, sans être un échec, a péché du monde ouvert et à la tentation du remplissage de ce dernier pour tenter d’appâter un public trop large. Sniper Elite 4 désigne sa cible, vise, tire, touche, tue. En une balle. Précis et efficace. Tout ce que je demandais à être amélioré l’a été d’une manière où d’une autre. Mais la prochaine fois les gars… CHANGEZ DE MOTEUR !

 

Sniper Elite 4, c’est encore un peu fauché, c’est encore un peu pataud au niveau des déplacements… Mais ça a pris suffisamment de recul sur les errements de son prédécesseur pour adresser pile là où il le faut des modifications salvatrices. Modifications permettant d’apprécier un level design recherché, des sensations de sniper exaltantes, et des mécaniques de jeux qui arrivent enfin à maturité. Si Sniper Elite 3 recherchait encore son équilibre dans une formule qui s’attaquait à des environnements plus ouverts, c’est ce quatrième opus qui parvient le mieux à être pleinement satisfaisant. Quant au scénario… Non… Non, je ne ferai pas cette blague. Sérieusement, qui en a quelque chose à foutre ?

Tags

A propos de l'auteur : Marcheur

Avatar

Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

0 Commentaires sur “Sniper Elite 4”


Connectez-vous pour laisser un commentaire

Derniers commentaires

Aller à la barre d’outils