Starpoint Gemini Warlords

Starpoint Gemini Warlords

Review copy fournie par Little Green Men Games

Grand fan de space opera, j’ai grandi avec des jeux comme Tie Fighter, X-Wing Alliance, et surtout le formidable et désormais quasi-introuvable Freelancer. J’aime les jeux dans l’espace avec des batailles dynamiques et épiques, les jeux qui proposent des dogfight endiablés où le moindre relâchement signifie la mort, et je cherche encore aujourd’hui un digne successeur à Freelancer. Lorsque Toupilitou nous a proposé de mettre les mains sur Starpoint Gemini Warlords, mon sang n’a fait qu’un tour et je me suis porté volontaire.

 

Dans Starpoint Gemini Warlords, vous êtes l’officier en charge de la station Concordia. Vous êtes amené à escorter la première sortie de l’Icarus, le vaisseau le plus grand jamais construit. Malheureusement, le groupe Serment Noir décide d’attaquer et de détruire l’Icarus. Vous voilà donc rétrogradé au rang de capitaine d’un petit Gunship ridicule, l’occasion idéale pour apprendre le pilotage. Après une paire de missions réussies, votre successeur à la tête de la station Concordia merde complétement et la station est quasiment détruite. Vous voilà rétabli dans vos fonction, à sa place, et celui-ci va vous expliquer comment améliorer la station et ainsi commencer votre prise de contrôle sur l’ensemble de l’espace connu.

Cette succession d’éventements, qui permet d’avoir un tutoriel sur le pilotage, la gestion de la base et de vos flottes, puis la gestion de votre domaine spatial, parait un peu forcé bien que cela ait le mérite de vous donner les clés du jeu de façon claire. Cette phase d’apprentissage prend tout de même dans les trois-quatre heures, et vous annonce clairement la couleur : Starpoint Gemini Warlords est un jeu avec une énorme durée de vie. A l’heure où j’écris ces lignes, j’ai environ trente heures de jeu à mon actif, et je viens à peine de terminer la campagne. Bien entendu, le jeu ne s’arrête pas là ; il me reste encore les 3/4 de la zone de jeu à conquérir ! La cinquantaine d’heures de jeu me parait néanmoins être la norme pour achever une partie.

Pour ce qui est des contrôles du vaisseau, la prise en main est assez difficile au départ. J’étais parti dans l’optique de piloter, viser, et tirer moi-même. Honnêtement, oubliez. L’angle de camera standard est assez bizarre, puisque l’angle de vision à l’avant du vaisseau se trouve tout en haut de l’écran, les autres angles de vue (vue rapprochée ou FPS) étant quant à eux injouables. Mettez vos tourelles en automatique ; elles feront le travail bien mieux que vous. Ce qui fera la différence, c’est votre placement : orientation de vos batteries de tir principal, orientation du vaisseau pour présenter les bons boucliers aux tirs ennemis (ceux encore actifs), ainsi que la bonne activation au bon moment de vos compétences. Tout cela transforme les combats en quelque chose de beaucoup moins nerveux et actif que l’on pourrait penser au premier abord, pour quelque chose de plus lent et de beaucoup plus tactique.

Il y a des compétences me direz vous ? Et bien oui, le jeu propose un système type RPG fort sympathique et classique : gain d’expérience pour débloquer des points à dépenser dans des compétences et talents. Vous aurez le choix entre trois classes basées, au choix, sur les attaques à courtes portée, les attaques a longue portée, ou la furtivité associée à l’exploitation des faiblesses des ennemis. Les compétences sont peu nombreuses (quatre actives, et une passive par classe). Toutefois, de nombreux talents existent qui, au-delà d’avoir des effets statistiques sur le développement de votre empire ou au combat, vont permettre d’avoir des options de dialogues supplémentaires, et donc des solutions pacifiques à certaines situations. Parmi les talents l’on trouve quelques talents d’abordage qui ne sont obtenables qu’en capturant et pillant des vaisseaux ennemis ; pratiquer pour s’améliorer !

Ces phases d’abordage sont vivement conseillées, car elles rapportent, au choix, ressources ou argent en quantité importante, ou bien un vaisseau pour vous-même ou votre flotte. Elles se jouent par des successions de captures de pièces, soute, infirmerie, zone de bouclier ou d’arme, puis pont du vaisseau. Il suffit de cliquer sur retraite (pour fuir), pillage (pour voler des marchandises ou désactiver/voler des armes ou boucliers), ou avancer pour poursuivre jusqu’au pont afin de le capturer. Ces phases se situent malheureusement sur la partie inférieur gauche de l’écran, la même  qui sert aussi de radar, et lorsque l’on passe la souris dessus, pour la répartition d’énergie entre armes, moteur, et boucliers. Cette zone de l’écran devient alors totalement inaccessible lors d’un abordage, et si vous avez fait le choix de mettre peu ou pas d’énergie dans les boucliers, il vous sera impossible de remonter votre défense.

Vos différents vaisseaux, dont la taille pourra augmenter au fur et a mesure de votre prise d’expérience (allant du Gunship tout pourri au Cuirassier, Astroporteur, et autre Titan) devront être équipés en armes légères et lourdes. Vous pourrez choisir entre différentes tourelles (laser, plasma, railgun) et projectiles (missiles, torpilles) en fonction de vos envies : optimiser les dégâts contre le bouclier ou la coque. A cela se rajoutent différents accessoires : rayon tracteur, bouclier, équipage, et même hangar pour les plus grands vaisseaux (pouvant emmener avec soi jusqu’à une trentaine de chasseurs si les bonnes options sont choisies).

Absolument toutes ces armes et équipements peuvent recevoir des améliorations différentes afin de maximiser les stats qui vous intéressent : cadence de tir, précision, dégâts infligés, chance de critique, efficacité de l’équipage ou des chasseurs embarqués, ajout de radiation ou d’EMP. Vraiment beaucoup de possibilités différentes qui, associées aux compétences, permettent de se créer un vaisseau sur mesure. Vous aurez aussi la possibilité de construire un énorme vaisseau, le Proxima, malheureusement non-pilotable. Ce gros bébé donnera la possibilité de faire des missions de capture de planète. Pour cela, il faudra déblayer la zone où amener le Proxima, puis le protéger pendant qu’il recharge son super laser.

Lorsqu’on compare Starpoint Gemini Warlords a son prédécesseur, Starpoint Gemini 2, on note plusieurs améliorations : interface simplifiée plus claire, menu circulaire davantage intuitif, graphismes dans l’ensemble plus jolis. Le moteur de jeu et le gameplay restent tout de même assez similaires. Néanmoins, la vraie grosse nouveauté comparé à Starpoint Gemini 2 vient de l’aspect stratégique ; là ou dans le 2 vous ne gérez que votre vaisseau, ici vous aurez une base à développer, un domaine à étendre, des flottes de vaisseaux à construire et gérer, un arbre de recherche pour améliorer à la fois votre vaisseau et vos capacités, mais aussi la gestion de votre domaine.

On trouve quatre ressources : Crédits, Minerai, Gaz et Matériaux de construction. Il vous faudra les exploiter dans votre environnement de plusieurs façons : installation pour un revenu régulier, extraction par vous-même (long et fastidieux), l’envoi de flottes civiles (vos petits ouvriers) sur des mission spécifiques. Ces flottes civiles permettent aussi des échanges de ressources avec vos voisins (si vous êtes en bon termes). Tout cet aspect rapproche le jeu d’un 4X sans pousser trop loin la gestion, et en laissant de nombreuses phases d’action. Le compromis est plutôt bien dosé, puisque vous pourrez organiser vos phases de gestion entre vos déplacements.

Le dosage de difficulté n’est pas toujours heureux. Par exemple, les missions de destruction d’objets vous emmènent sur des zones contenant des flottes à détruire, ces dernières étant particulièrement fortes. Pour réussir certaines missions, il vous faudra un vaisseau puissant, associé à une flotte conséquente. Tout cela va nécessiter des crédits et des ressources, et les gagner sera long, surtout sur la fin où le gain d’argent ne permet pas de suivre le gain de niveaux, et donc les vaisseaux que l’on est autorisé à acheter. Un regret aussi sur les rencontres (heureusement ponctuelles) d’ennemis assimilés à des héros qui vont se soigner, encore, et encore, et encore, transformant les combats en épreuve d’endurance, que vous gagnerez en ayant une flotte plus imposante ou une réserve de consommables de réparation plus fournis.

Graphiquement le jeu est assez joli, propose plein d’effets visuels sympa sous forme de rayons lasers, missiles, explosions, trainées, champs d’astéroïdes ou de gaz. Le moteur de jeu est très efficace, absolument aucun bug a déplorer en plus de trente heures de jeux ; aucuns ralentissements, même lorsque l’écran affiche des dizaines de vaisseaux, bases, et astéroïdes. La physique des déplacements est plutôt pas mal, avec accélération progressive, inertie, maniabilité inversement proportionnelle à la masse du vaisseau. Seules les collisions semblent un peu bizarre ; votre vaisseau peut heurter à vitesse maximale de plein fouet une base sans aucune égratignure, avec juste un petit rebond sur le coté.

Mais, heureusement, car l’IA des flottes qui vous accompagne est stupide, stupide, stupide… Elle rentre en collision avec notre vaisseau fréquemment (mais genre vraiment fréquemment, toutes les dix secondes environ), au point qu’à force de me rentrer dedans aux abords d’une planète, il m’est arrivé d’être précipité dans son atmosphère avec pour résultat un game over instantané. Ces flottes sont d’ailleurs toujours a la traine lorsqu’une menace apparait. Bizarrement, là, elles arrêtent de vous rentrer dedans et arrivent toujours en retard (à l’inverse de la cavalerie), et parfois même après la bataille ou votre mort.

Les musiques sont vraiment agréables. Le jeu propose une vingtaine de morceaux assez éthérés, qui mixent des sonorités typées synthétiseurs et parfois un peu rock. Le jeu possède une traduction française D’ailleurs, l’éditeur nous a informé que la traduction française devait être améliorée. Il y a toutefois quelques coquilles dans cette traduction ; utilisation de mots qui ne sont pas forcement les bons, quelques fautes d’orthographe ou de frappe, mais tout est parfaitement compréhensible. On est loin des Google trad, et j’ai vu vraiment pire ailleurs. La traduction française est largement assez bonne pour profiter du jeu, tandis que l’amélioration annoncée va probablement aboutir à une traduction de bonne qualité.

Pour répondre à mon interrogation en introduction, Starpoint Gemini Warlords ne peut pas être comparé à Freelancer. Le jeu partage quelques points communs, notamment sur les contrôles, mais ses objectifs sont tout autre : pilotage de vaisseaux capitaux et non de petit chasseurs, aspect stratégique crucial, composante RPG très présente sont autant de différences qui font de Starpoint Gemini Warlords un jeu unique en son genre. Le jeu propose déjà des DLC ajoutant Titans (vaisseaux énormes), scénarios, factions, dont une avec une race alien venue pour éradiquer l’humanité (l’idée me plait bien ; peut-être pour un prochain test).

 

Starpoint Gemini Warlords propose une expérience unique. Une fois la prise en main effectuée, si vous aimez développer votre empire et conquérir les empires voisins, alors le jeu est fait pour vous. Il présente le défaut de ses qualités : conquérir tout un système spatial est long, nécessite du temps, de l’argent (ainsi qu’une bonne estimation des risques). Vous allez donc y passer beaucoup de temps. Mais la combinaison de 4X, de RPG, et de pilotage est bien dosée, rendant l’expérience riche et vraiment agréable, surtout au prix proposé qui est tout à fait raisonnable.

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A propos de l'auteur : Gelukpa

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Modèle de vertu détraqué et testeur pour la loutre

5 Commentaires sur “Starpoint Gemini Warlords”

  1. Avatar Ninheve dit :

    Oh…en lisant l’intro , j’y ai cru, enfin un successeur à freelancer….j’en révais
    meuh non , ce n’en est pas un.
    Mais si c’est un bon 4X mélé de rpg…pourquoi pas?
    Je n’en avais jamais entendu parler, merci pour cette présentation. Si j’ai des envies d’espaces et de combats spatiaux de nouveau ,je pourrais me laisser tenter.

  2. Avatar Gelukpa dit :

    Désolé de t’avoir donné de faux espoirs :?

    Le jeu est surtout un jeu de combat spatial avec des éléments de 4X et de RPG, si le concept te plait il est vraiment sympa.

  3. Avatar Ninheve dit :

    t’inquiète, cela fait des années que je cherche des successeurs à privateer et freelancer …mais je sais que cela ne sera pas :p
    ça ne m’empeche pas d’apprécier les 4X et autre space sim <img class= » />

  4. Avatar AbounI dit :

    Si y’en a que le genre intéresse, un projet sous KS vient d’être lancé depuis la Terre pour une expérience rolistique en mode turn based et en gestion d’escadron avec une composante « choose your own adventure » en ce qui concerne les interactions sociales.
    https://www.kickstarter.com/projects/922963009/final-equinox-the-arrival/
    On a aussi une free demo qui tourne si la curiosité vous en dit (32 ou 64 bit):
    https://drive.google.com/drive/folders/1ItPKw5_5_21VIaPn7KNKMVgg1Hl2eZAc

  5. Avatar Toupilitou dit :

    Ça a l’air sympathique, même si j’ai quand même du mal à concevoir un jeu spatial avec des combats sans axe vertical ; ça n’a beau pas être le même genre, ça me ferait le même effet frustrant qu’avec Rebel Galaxy


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