Two Point Hospital

Two Point Hospital

Si j’étais une grosse feignasse, cet avis serait vite écrit avec une phrase : « Bah mon gros, c’est Theme Hospital version modernisée » . Mais ce n’est pas le genre de la maison, n’est-il point ? Non, il faut partir dans des diatribes sans fin pour expliquer qu’un jeu qui s’appelle Two Point Hospital se déroule à l’Hôpital, et que pendant la rédaction de cet article, je vais sûrement dire Theme Hospital cinquante fois. Tiens, ça en fait déjà deux.

 

Two Point Hospital pose la question du : « à quel point mon hommage peut-il être poussé sans que l’on m’accuse de repomper simplement une formule qui a fonctionné ? » . Dès que vous rentrez dans le jeu, ça sent le Theme Hospital et ça y ressemble vachement. Au point que le vétéran ne sera pas dépaysé du tout : les grands bâtiments, les salles aux spécialités variées qui peuvent être personnalisées, les recherches, les maladies idiotes, les missions scénarisées, etc… Merde, j’ai fais un bon dans le temps ? Non, non, c’est bien un nouveau jeu.

Le principe est simple: vous gérez différents hôpitaux demandant chacun des objectifs spécifiques le tout avec une difficulté croissante. Une étoile pour le plus simple, puis deux, et trois pour le plus difficile. Chose fort sympathique qui diffère de son ancêtre, me semble-il. Il y a une dizaine d’hôpitaux à « réussir » , ce qui vous occupera un petit moment. Il y a également une campagne qui propose des objectifs globaux qui se maintiennent d’hôpital en hôpital : accumuler fortune, valeur, avoir 36 étoiles, etc… J’aime bien cette idée également ; ce ne sont pas les objectifs les plus originaux, mais cela donne un sentiment de continuité entre missions. C’est cool!

Jusque là, je n’ai pas parlé du jeu en lui-même : c’est Two Point Hospital. Vous avez un grand espace dans lequel vous placez des salles : réception pour accueillir les malades, médecins généralistes qui orientent vers le traitement s’ils le trouvent, ou demandent un diagnostic supplémentaire s’ils ne savent pas ce que le patient a. Une fois ce dernier traité comme il faut, il vous paye. Sinon, il part fâché ou il meurt, c’est selon. Alors, pour que les patients se sentent bien et ne râlent pas trop, il faut décorer l’hôpital, leur mettre des distributeurs et des sièges afin qu’ils s’installent confortablement et attendent comme de bons petits numéros qu’ils sont.

Les salles, elles-mêmes, peuvent être décorées histoire d’augmenter leur niveau de prestige, les médecins et les patients se sentant mieux dans des salles au design baroque surchargées de trucs. Cet aspect est un poil barbant. Je ne vais pas mentir : mettre cinq plantes dans un cabinet simplement pour le faire monter en prestige, c’est rébarbatif et pas du tout rigolo. Ayant face à moi un jeu rigolo, j’aurais bien imaginé le jeu se foutre de ma tronche en terme de design, ou bien me mettre une pénalité si plusieurs éléments du même types se trouvent dans une pièce. Mais non ! D’autant que vous pouvez mettre la machine à café au milieu de la pièce ; tout le monde s’en fout tant que c’est placé.

De plus, le jeu à mis en place une monnaie alternative aux dollars, dont j’ai oublié le nom, qui s’accumule en réussissant les divers défis du jeu. Cette monnaie sert à acheter des éléments décoratifs supplémentaires qui sont ensuite achetables avec des dollars. Système qui force, au début de campagne, à composer avec très peu d’éléments décoratifs ; pourquoi ne pas avoir rendu tout ces éléments disponibles dès le départ ? Je ne comprend pas ce choix de game design, à part pour empêcher le fait de faire des hôpitaux ultra-luxueux dès le commencement, et probablement pour dissimuler le fait que si tout était débloqué au démarrage, on pourrait tout s’acheter facilement tant l’argent coule à flot.

C’est probablement le deuxième aspect un peu ennuyeux du jeu : il est un poil trop facile. Les patients sont bien trop… zen. Alors, oui, quand ils sont vraiment poussés à bout (mais faut vraiment faire nawak, j’ai testé) ils se cassent, mais j’ai l’impression que ça n’impacte pas tant que ça la réputation de l’hosto. Tout comme les morts d’ailleurs : ça tracasse pas grand monde. Dans son ancêtre, c’était vraiment quelque chose qui te ruinait une réputation, et ça se sentait bien dans le portefeuille, et je ne parle même pas d’un décès. L’argent se fait ici aussi bien trop facilement ; je n’ai pas ressenti de pression particulière niveau monétaire. Je trouve dommage qu’il n’y ait pas un mode « Difficile » pour ceux qui voudraient un défi supplémentaire.

Vous commencez à connaître mon combat incessant pour que les développeurs permettent aux gens de choisir l’expérience qui leur convient, au moins par un mode de difficulté ajustable. Ici, rien, à l’heure où j’écris ces lignes en tout cas. Il y a malgré tout, un aspect très sympathique et addictif à faire son petit hôpital, à voir toutes les maladies toutes plus stupides les unes que les autres. En outre, le jeu propose de se comparer aux amis de sa friendlist et de lancer des défis aux uns et aux autres ; qui est plus riche, qui a guéri le plus de gens ?… Très basique, mais sympathique néanmoins. Aucun mode multi à proprement parler, ni de sandbox.

J’ai été très négatif dans ce texte, je dois bien le dire, mais le jeu n’est pas mauvais pour autant, loin de là. Tout est maîtrisé d’un bout à l’autre, c’est rigolo, ça se joue très agréablement, et pour ceux qui ont aimé Theme Hospital, c’est un shoot de nostalgie en pleine face. De plus, c’est un jeu bien plus long que son aïeul, qui propose de nombreuses options de construction, une campagne solide et bien pensée, un système de progression du personnel plus intéressant, le personnel gagne de l’expérience, et quand ils en ont assez, ils peuvent se former dans un domaine pour être plus efficace dans la gestion d’une salle, dans les diagnostics, etc…

C’est un bon produit, vous savez, comme quand quelqu’un vous fait la même recette que vous adoriez quand vous étiez petit : c »est bon, ça rappelle des souvenirs, on en veut encore, mais quand même, ça n’a pas le goût de la recette à maman, parce qu’il y a tout le contexte derrière, une jeunesse plus prompte à l’amusement et à l’attachement aux choses simples. Ça me fait le même pour Two Point Hospital. L’ambiance est cool mais je regrette que le très drôle narrateur de la radio ne soit pas traduit en français, même en VOSTFR, parce que ces remarques sont très drôles, très cyniques. D’ailleurs, sa voix me fait penser à Stewie de Family Guy.

Et finalement, la vraie question se pose : à qui s’adresse ce jeu sympathique ? Ceux qui connaissent le genre seront probablement déçus par son manque de challenge. Ceux qui connaissent Theme Hospital se sentiront probablement un peu trop en terrain connu, et en auront vite fait le tour malgré ses nouveautés, ses remaniements, et son côté extrêmement accueillant. Ceux qui par contre ne connaissent pas Theme Hospital et qui ont envie d’un jeu de gestion plus moderne, malgré une interface brouillonne pendant les premières heures, un jeu facile et addictif, je vous le conseille sans hésiter. Faites quand même un tour sur le vieux jeu de Bullfrog par la suite, ça vaut le coup.

 

Une copie qui n’en est pas une. Un jeu qui a des saveurs d’enfance tout en étant différent. Un jeu qui aurait pu être au niveau de son aîné en terme de challenge, tout en apportant malgré tout une expérience addictive, calme, et sans trop avoir la pression du résultat. Un jeu que les fans de Theme Hospital se doivent de jouer car il est excellent, bien que vous ne retrouverez pas le mirage de l’excellence que la nostalgie a créé avec votre expérience de Theme Hospital. Je ne laisse toutefois pas les autres de côté, qui trouveront là un excellent jeu de gestion, un peu trop facile (ça va, on a compris !), et trop rare pour qu’on ne salue pas l’initiative maîtrisé de Two Points Interactive. J’attends un hypothétique Two point Rollercoaster Tycoon.

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A propos de l'auteur : Ziltoledodo

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Un piaf qui ouvre son bec sans style et avec humour (niveau CE1 maximum)

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