Uncharted 4

Uncharted 4

Je n’ai pas vraiment souvenir d’avoir évoqué le cas “Uncharted” sur Loutrage. Il faut dire que ce ne serait pas surprenant que je me sois au moins fendu d’un commentaire sur la question vu à quel point j’ai digressé et été bavard au cours de ces trois dernières années. Toujours est-il qu’en ce moment, j’ai eu une période Uncharted où j’ai fait le quatrième opus et son extension / standalone Lost Legacy. Si j’ai eu une période, c’est parce que j’avais envie de tourner la page et faire mon mea culpa vis-à-vis de cette franchise, histoire d’avoir un avis et de ne pas rester sur mon dégoût du deuxième et troisième opus. Car j’ai aussi dans des temps anciens fait le premier, mais aussi Golden Abyss sur PS Vita. Alors, qu’en est-il de cet Uncharted 4 qui a fait couler quelques encriers parce qu’il a été réalisé par le même gaillard qui a fait The Last of Us, et non Amy Heining. Alors, glop ou pas glop ?

Mega glop !

 

« J’voulais juste qu’on trouve le trésor à deux, Nate. »

La première chose qui se passe lorsqu’on joue à un jeu Uncharted, c’est la claque technique. En tant que premier jeu PS4 de Naughty Dog, il faut bien admettre que le quatrième opus de la saga fait bel usage de la machine de Sony. Textures soignées, modélisations criantes de vérité, effets visuels tous très convaincants (à l’exception de l’effet de l’eau quand on sort de cette dernière, un brin dégueulasse) – mention spéciale aux effets de fumée – et composition des environnements qui force le respect. Enfin, on signale la relative ouverture du level design et le travail fait pour – sinon l’effacer – cacher l’impression d’être dans un corridor.

On a bien conscience d’être dans une expérience sur rail, mais un ensemble de décision de design font que l’on a bel et bien l’impression d’avoir le choix de son parcours. Un peu à la manière d’un Mirror’s Edge, la route qui nous est offerte a quelques embranchements qui – s’ils n’apportent rien en terme de gameplay par rapport au jeu de Dice – donnent tout de même un sentiment de liberté. A quelques occasions (chapitre IX, quand tu nous tiens), le jeu se fend même d’une réelle ouverture pour proposer, l’espace de quelques instants, une véritable bouffée d’air frais dans un semi-monde ouvert assez crédible, et à la proposition ludique suffisamment solide pour nous faire dire que : ça pourrait faire un assez bon standalone tout ça.

Enfin, les animations permettent de cimenter la réalisation et crédibilisent tout le travail de Naughty Dog, en rendant les personnages suffisamment vivants pour que l’on ait vraiment l’impression d’être dans un film que l’on maîtrise parfaitement du bout de la dualshock. Les choses ne sont pas encore parfaites, mais le travail du studio pour rendre leurs jeux « jouables » tout en étant cinématographiques commence vraiment à porter ses fruits, car même moi qui ne suit pas tant réceptif d’habitude, rentre dans ce jeu de dupe. Du cinoch’ à portée de manette, rien de révolutionnaire, mais diablement bien exécuté.

Bien sûr, la réalisation c’est aussi du sound design. Là-dessus les musiques classiques de la saga ont été composées de sorte à faire comprendre qu’une page est en train de se tourner, que notre ami Nathan Drake va sur des années plus mûres de sa vie et prépare sa retraite bien méritée. Les musiques ne m’ont pas forcément marqué, mais une nouvelle fois, était-ce l’intention du compositeur, étant donné qu’il se positionne davantage dans une volonté d’accompagnement de l’action.

Aussi, on notera la qualité des doublages absolument remarquable, avec des acteurs qui font de leur mieux pour assurer une synchronisation labiale impeccable (et ce même en VF), et surtout un ton cohérent avec la situation et le personnage. Enfin, les bruitages sont ici particulièrement (plus) efficaces que par le passé, avec des pétoires qui crachent bien, des bruissements de feuilles crédibles, et un joli boulot sur l’immersion dans l’environnement en règle générale. Uncharted 4 est donc un jeu parfaitement réalisé, sans chute de framerate gênantes, et avec une gueule presque parfaite tant Naughty Dog a travaillé sa technologie pour rendre le tout le plus naturel possible. Belle copie.

C’est normalement à ce moment que je commence à shooter tout azimut sur le titre : qu’en est-il du gameplay ? Enfoncé dans ses habitudes, Uncharted est toujours un jeu de tir à la troisième personne orienté aventure et action grand spectacle. A une petite différence près : étant donné son réalisateur, Uncharted 4 donne plutôt dans l’exploration (environnementale comme humaine), la contemplation, la résolution d’énigmes simples, et les cinématiques pas trop intrusives (!). Le tout s’avère largement moins con-con et beaucoup plus digeste que par le passé. Même si le jeu se fend de quelques séquences dantesques et grand spectacle, le plus souvent, il tourne à l’économie et préfère user de ses panoramas pour émerveiller que pour tout faire péter. Une fort bonne idée vue la qualité de la réalisation.

L’ennui, c’est qu’il est parfois difficile de voir à quel public s’adresse le jeu de Naughty Dog ; après trois (quatre) jeux d’action quasi non-stop ou du moins rythmé tambour battant, le fait que le quatrième épisode s’intéresse autant à ses personnages et à son contenu narratif donne la drôle d’impression que le réalisateur a un recul très critique sur ses prédécesseurs. Uncharted 4 se fend (à l’instar d’un certain Shadow Of The Tomb Raider) de quelques références et personnages introduits pour mettre en abyme ce qu’a proposé la série jusque-là. Il va même jusqu’à introduire un nouveau personnage comme un cheveu sur la soupe dans son récit pour faire entendre divers message, comme par exemple : la lassitude du héros pour ses propres aventures. La fatigue… venant d’un réalisateur qui n’a jamais vraiment adhéré à la saga elle-même, et qui s’est retrouvé à assumer le développement du quatrième opus malgré lui.

Le fond d’Uncharted 4 a une forte incidence sur sa forme ; les gunfight se font rares, pas forcément marquant d’ailleurs, les conversations font la part belle aux punchlines mais aussi aux moments plus intimistes (et justes) de développement de personnages. Uncharted 4 est presque trop calme, presque trop posé, surtout lorsqu’on le place en continuité de la saga. Cela étant dit, j’ai passé un super moment sur le titre, même si manette en main, c’était pas la joie (bon, les galipettes absurdes de Nathan Drake c’est toujours marrant à voir). Globalement, j’ai trouvé ça vraiment basique en mécaniques pures. Mais complexifier la formule, ce serait risquer de contrevenir aux intentions du projet.

Je parle du gameplay et de l’histoire parce qu’ils sont intimement liés. Il y a dans Uncharted 4 une recherche d’un rythme plus posé, qui met vraiment en avant des choses que l’on ne pouvait pas développer par le passé, à cause notamment de l’intensité de l’action. En prenant désormais des dizaines de minutes à ne pas offrir le moindre affrontement, Uncharted 4 se ménage des plages de temps uniquement investis dans la contemplation et les dialogues. De quoi finalement s’assurer un approfondissement et un attachement aux acteurs de cette grande aventure, plus humaine que spectaculaire lorsqu’on analyse la manière dont elle se rythme.

Alors, maintenant, disons les choses comme elles le sont : je ne rejouerai jamais à Uncharted 4. Mais je ne pense pas que ce soit l’intention du jeu ; il a vraiment à cœur de raconter une histoire de fin de carrière, de rabibochage in extremis de certains personnages et de temps à rattraper. Il a tant à dire sur son casting qu’il ne prend même pas le temps d’être vraiment intéressant à jouer. Un vrai jeu Sony de la nouvelle génération quoi, bien qu’il y ait tout de même cette fois la maîtrise du sujet, et surtout, plus de volonté de combler un public assez large.

Paradoxalement le plus vendu de la saga, Uncharted 4 me paraît plus mûr, et plus que jamais conscient que la saga elle-même est une aventure pop-corn sans grand intérêt narratif. Toutefois, grâce à son travail sur le fond, on arrive désormais à voir où ça pouvait en venir. S’il déplaira à ceux qui ont aimé l’immédiateté et l’innocence qui se dégageait des jeux d’action bas du front / one liner de Naughty Dog du passé, ceux qui n’ont jamais adhéré à la proposition trouveront ici quelque chose de radicalement différent qui, sur le final, m’a raccroché au train. Bien joué.

 

Je n’ai pas trouvé Uncharted 4 extraordinaire. Cependant, j’ai tendance à le trouver meilleur que The Last Of Us, qui était selon moi un bon titre. On est donc en face d’un jeu tout à fait recommandable, mais il faut s’attendre à un rythme qui prend son temps (le jeu est deux fois plus long que ses prédécesseurs, tout en contenant surement moins d’action), et une aventure plus humaine. Il ne faut pas demander à ce quatrième épisode d’être juste un jeu d’action ; il faut s’attendre à ce qu’il ait des choses à raconter sur ses personnages, et surtout, beaucoup de belles choses à montrer, quitte à prendre un peu trop de temps en la matière. Il est cela dit, à mes yeux, un jeu qui mérite d’être pris en considération si vous êtes tenté d’acquérir une PS4, loin d’un The Last Guardian ou d’un Bloodborne qui figure en tant que jeux à faire absolument, mais tout de même suffisamment intéressant pour faire pencher la balance. Un vrai bon jeu, et je ne croyais pas le dire un jour d’un titre Uncharted.

 

« Aussi génial puisse être l’aventure à la fin… on n’a pas le choix, il faut décider de ce dont on a besoin, et de ce à quoi on renonce.« 

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

4 Commentaires sur “Uncharted 4”

  1. Avatar Ninheve dit :

    Malheureusement ce ne sera pas pour moi…car comme vous ne le savez peut être pas, la Nini est la propriétaire dune console de chez Sony…et est la malheureuse propriétaire des 3 premiers opus (tous achetés ensemble) . Elle a laissé tomber la licence dès le premier opus après avoir compris une vérité vraie
    un jeu de tir CA NE SE JOUE PAS A LA MANETTE!!!!! :mad:

    Bandes de dingues! cibler et tirer rapidement à la manette est un truc de malade. C’EST LENT!!! c »est IMPRECIS c’est IMMONDE pour qui a connu le clavier souris combo^^ ….bref pas pour moi :razz:

  2. Avatar Toupilitou dit :

    Malheureusement ce ne sera pas pour moi…car comme vous le savez peut être pas, la Nini est la propriétaire dune console de chez Sony…et est la malheureuse propriétaire des 3 premiers opus (tous achetés ensemble) . Elle a laissé tomber la licence dès le premier opus après avoir compris une vérité vraie
    un jeu de tir CA NE SE JOUE PAS A LA MANETTE!!!!! :mad:

    Bandes de dingues! cibler et tirer rapidement à la manette est un truc de malade. C’EST LENT!!! c »est IMPRECIS c’est IMMONDE pour qui a connu le clavier souris combo^^ ….bref pas pour moi :razz:

    Enfin une parole sensée sur ce site ! :lol:

  3. Avatar Marcheur dit :

    Vu à quel point la visée est flottante et dépend plus des déplacements que jamais dans un jeu comme Uncharted, pas certain que la souris changerait grand chose dans ce cas présent :lol:
    Uncharted C’EST imprécis, c’est un bordel sans nom, on passe son temps à bondir partout en défouraillant et en changeant d’arme à la volée quand on a plus de balles :smile:


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