Valkyria Chronicles 4

Valkyria Chronicles 4

Review copy fournie par Koch Media

La guerre, c’est sale. La guerre, c’est violent. La guerre c’est sanglant. Elle représente ce que l’être humain peut faire de pire à ses semblables. Même dans les représentations les plus romancées, les films, les jeux vidéos montrent une certaine violence, de la tristesse, de la colère… Dans Valkyria Chronicles, série éponyme de SEGA qui en est donc à son quatrième épisode, la guerre, c’est des petites fleurs, du bon sentiment qui fait gerber ; il y a un peu de tristesse, un peu de violence mais il y a aussi beaucoup de clichés, tellement de clichés que l’on se croirait dans un anime des années 80.  On prépare ses masques à gaz et on me suit. Si vous avez des hauts le cœur, utilisez le sac sur votre droite.

 

Valkyria Chronicles est une série de jeu qui se présente comme une des rares séries de jeux tactique disponibles sur console, quoique cet exemplaire arrive également sur PC, comme le précédent sorti des années après sur PC. Une note positive que de voir des jeux du monde console s’incruster de plus en plus sur nos machines de bourgeois, surtout lorsqu’ils sont de cette qualité.

« Attend mec, t’es pas un peu schyzo? Tu chies dessus dans l’intro et puis, tu nous sors qu’il est de qualité? Nondidju j’y comprend plus rien » .

Patience, patience, on va y venir. Parlons d’abord du scénario : la Confédération lutte contre l’Empire qui remporte petit-à-petit le conflit grâce à son unité et sa puissance martiale, là où la Confédération a beaucoup de mal à se maintenir à cause de dissensions internes qui l’empêchent de s’unir correctement face à l’envahisseur. Du moins, c’est ce que l’on m’a fait comprendre au départ. Mais ne vous inquiétez pas, car à la première victoire de notre équipe, cet aspect sera oublié ; c’est pas un jeu de politique étrangère non plus.

Vous dirigez l’escadron E, qui se voit confier la mission de réaliser une tâche compliquée : percer les lignes ennemies, foncer vers le centre névralgique de l’Empire, et espérer renverser le conflit en leur faveur. L’escadron E étant un escadron de reconnaissance, vous serez toujours à l’avant-garde. L’idée d’une course en avant désespérée pour atteindre cet objectif et ainsi sauver la Confédération est franchement sympathique. Il y a un sentiment d’urgence et de désespoir qui ressort des missions que l’on nous propose, et lire les journaux sur l’évolution du conflit et nos victoire est vraiment un plus pour l’immersion.

Le jeu se présente sous la forme d’un livre qui se complète au fur et à mesure de votre avancée, par des photos qui représentent l’avancée du scénario, et par des cartes qui représentent des missions stratégiques. Chaque mission réussie est notée en fonction de certains critères, principalement les pertes et la rapidité, de A à D ; plus vous êtes bons, plus votre note et vos récompenses en termes d’expérience et de points de recherches seront élevées. Ces points d’expérience dépensés dans le camp d’entrainement améliorent les capacités des classes du peloton (snipers, mitrailleurs, éclaireurs, mécano, mortiers et lanciers), tandis que les points de recherche servent à débloquer du nouveaux matos pour vos soldats. Rien de bien compliqué jusque-là.

Parlons de la vue tactique maintenant. Chaque mission vous demande d’abord de déployer vos troupes. A vous de faire votre sélection selon ce que vous pensez avoir besoin (le jeu ne vous donne aucune indication) dans les différentes classes. Chaque classe possède plusieurs soldats nommés (Josseline, Albert, …), et chaque soldat à ses propres aptitudes et défauts qui se déclenchent selon des conditions précises. Sur le champ de bataille, il peut être intéressant de rassembler des soldats qui s’entendent bien afin de déclencher des actions conjointes. Chaque soldat ayant ses favoris, si vous formez une équipe qui s’entend bien, les bonus seront alors multiples.

Une fois sur le champ de bataille, le jeu se divise en deux phases : les tours, et l’action en temps réel. Chaque camp joue son tour en dépensant des points d’action. Le nombre de points d’action dépend de la mission et du nombre d’officiers déployés (en gros, les personnages de l’histoire sur laquelle je vais m’étendre bientôt). Si un officier meurt, vous perdez un point d’action. Vous pouvez donner un bonus de défense, de vie, d’attaque, soigner vos troupes, etc… C’est ce que le jeu appelle des « ordres » en échange de points d’actions, qui ne sont du coup pas utilisables pour déplacer ses troupes.

Une fois une troupe sélectionnée, le jeu dépense alors un point d’action et vous fait passer en vue à la troisième personne afin de diriger le personnage. Ce dernier peut se déplacer sur une certaine distance (plus ou moins selon la classe), et tirer une fois par tour. Si vous tirez dans la tête, vous faites plus de dégâts. Le mitrailleur tire vingt fois pour une action de tir mais est très imprécis. Le sniper tire une fois mais de loin,  tandis que l’éclaireur peut tirer trois fois ainsi que bouger très loin. Une fois l’action effectuée, vous pouvez reprendre le même personnage ou passer à un autre. Si vous reprenez le même personnage, il ne pourra pas se déplacer aussi loin que précédemment, n’aura plus de munitions et ne pourra donc plus tirer. Vous ne pouvez donc pas utiliser le même personnage sans arrêt ; vous devez diversifier l’usage de vos troupes, d’autant que, comme je l’ai dit, si vous les placez bien, ils se donnent des bonus mutuels.

Une fois vos points dépensés, l’ennemi joue ses points, et ainsi de suite. Si vous capturez des camps, vous aurez la possibilité d’appeler des renforts, d’utiliser des grenades, un mortier, jouer sur les lignes de vue pour éviter les tirs (puisque si vous entrez en ligne de mire et à portée d’un ennemi, il vous tirera dessus encore et encore ; pensez au mode vigilance de XCOM, mais infini). Votre objectif sera d’essayer de placer vos troupes hors de vue tout en étant à portée, ou les faire s’arrêter à l’abri. Pas évident, même si le jeu vous indique si un personnage est visible ou non par une ligne qui part de l’ennemi vers votre personnage. Je ne les trouve pas spécialement utiles, mais cela donne au moins une indication de la direction générale de la visée des ennemis et de la sûreté de votre point d’arrêt.

Les phases tactiques sont prenantes et exigeantes en termes de réflexion, de positionnement, et d’anticipation. Il faut utiliser le potentiel de chaque élément au bon moment, sous peine de perdre pied, d’autant que la défaite est souvent liée à la perte d’un officier qui peut vite arriver si on a mal jaugé l’ennemi. C’est presque un puzzle game, surtout si vous visez la note maximale ; il faut aller vite et sans perte. Bon courage, surtout que vous êtes en constamment en infériorité numérique. Un jeu exigeant qui demande un minimum de réflexion, voilà qui me plait, et le mix tour-par-tour / temps réel fonctionne bien. L’ambiance sonore est même plutôt bonne avec de bons thèmes orchestraux et des bruitages corrects.

Les missions sont longues et complexes, avec de multiples fronts à gérer, même si l’IA ne me semble pas toujours au top de sa forme ; elle peut néanmoins contourner, viser les troupes isolées, et se placer plus ou moins correctement. Si le début du jeu est facile, les missions se complexifient rapidement et peuvent donner du fil à retordre. Un mode facile est cependant disponible pour ceux qui n’auraient pas de temps à perdre sur la planification, et qui veulent juste foncer dans le tas. Le jeu perd un peu de son intérêt du coup, il faut bien se l’avouer…

L’enrobage graphique, lui, est… Meh, OK, le design des personnages et des armées est excellent, mais on passera sur les champs de batailles qui, bien que tous uniques dans leur design (offrant chacun un « twist » tactique), ressemblent quand même à des plaines digne de la PS2. On repassera donc pour la grandeur des panoramas. J’ajoute de petits soucis de maniabilité avec les chars qui ont parfois tendance à se coincer dans le décor. C’est plus rigolo qu’autre chose. D’un autre côté, les scripts qui changent la nature d’une mission en plein milieu peuvent être chiants, parce qu’ils nous chamboulent dans nos plans, mais personnellement, j’apprécie ce côté surprise, bien que le jeu a peut-être tendance a en mettre trop souvent.

C’est super sympa, achetez-le si vous voulez une expérience tactique assez exigeante, sans être trop difficile, A+

… vous êtes encore là ? Les personnages ? J’en ai pas parlé ? Non mais c’est rien ça… Ah bon ? OK…

OK. Alors là, on va entrer dans quelque chose qui me sort complètement du jeu, au point que j’ai du me faire violence pour avancer, et c’est bien dommage…

Tous les personnages dans ce jeu sont des clichés sur pattes, avec des remarques dignes d’adolescent de quatorze ans. Vous avez le commandant (Claude), pas sûr de lui, mais qui se révèle au combat même s’il se fait trash-talk par son pote Raz (la hiérarchie, tu connais, connard ?). Pas trop mal celui-là, il m’est sympathique, même si on se demande comment un type aussi réservé a pu arriver à s’imposer. Le sniper froid mais gentil quand même qui te sors des banalités sans nom. L’artilleur qui en veut à Claude mais après deux missions, c’est fini. Ou la supérieure qui te balance des lieux-communs sur la fraternité, la douleur, le sacrifice, et blablabla ma couille sur la commode. Y a toute une galerie de personnage comme ça, et le méchant n’y échappe pas (… bordel, quelle occasion manquée).

MAIS RAZ PUTAIN, c’est pas possible, c’est le chaud lapin du groupe rebelle qui fait son show, avec des commentaires encore plus lourds, sexistes et invraisemblables. J’ai honte à chaque fois qu’il ouvre la bouche, mais vraiment ; je pouffe de honte en me disant « mais non, c’est pas vraiiii, t’as pas dis ça ? » . J’aurais joué à ça y a quinze ans, j’aurais trouvé ça cool, mais là, c’est pas possible. La tentation est maximale de zapper ces merdes pour se concentrer sur les combats tactiques, sauf que je ne le fais pas parce que le scénario global (la poursuite en avant désespérée vers un objectif, le blitzkrieg pour survivre à un anéantissement certain) est vraiment prenant, et je veux savoir comment ça va se passer. Mais pour cela, je dois me coltiner des adolescents qui jouent à la guerre en balançant cliché sur cliché. J’en peux plus là. Stop.

Alors, je sais que les Valkyria Chronicles n’ont jamais prétendu être autre chose qu’une version édulcorée d’une guerre que le jeu lui-même présente comme dramatique, mais ma limite personnelle est atteinte. Trop guimauve. Trop niais. Trop cliché. Dommage, parce que l’histoire a une base vraiment intéressante. Servi par un casting plus mature et moins ego-centré, le jeu aurait fait un quasi sans-faute, m’offrant un jeu tactique très prenant et une histoire de guerre puissante. Mais là, j’ai juste le côté tactique et une histoire qui traîne au travers du cutscenes mal animées, qui en plus durent des heures pour balancer du vide. Heureusement, elles sont entièrement zappable d’une pression de bouton, et rien que pour ça, je met un 11/10.

 

Valkyria Chronicles 4 aurait été un pur jeu tactique avec quasiment que des cartes et de l’action, j’aurais dit : ACHETEZ ! Sauf qu’il s’embarrasse d’un scénario cliché que le jeu nous force à entrevoir (… oui il faut cliquer sur la cutscene pour la passer). Alors, c’est du pur subjectif, et peut-être que vous, vous aimez les histoires clichées ; du coup, ce sera génial parce que les personnages sont sympathiques (sauf RAZ), et en plus, vous aurez un jeu tactique intelligent, prenant, et mine de rien, original. Le vieux que je suis ? Je saute de joie lorsque je vois une carte dans le livre, synonyme de mission, et je pleure quand je dois cliquer sur la troisième vignette qui me présente une nouvelle scénette d’un scénario écrit par des gens coincés dans les années 80. Après, c’est vous qui voyez…

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A propos de l'auteur : Ziltoledodo

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Un piaf qui ouvre son bec sans style et avec humour (niveau CE1 maximum)

Un commentaire sur “Valkyria Chronicles 4”

  1. Avatar Toupilitou dit :

    J’avais tenté le 3, mais j’avais jamais réussi à vraiment rentrer dedans ; y’a de forte chances que ça me fasse la même chose avec celui-là ?


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