Reigns

Loutrage va rentrer pour un bref instant dans un système monarchique. En effet, moi, Toupi 1er Le Fourbe, ait dû prendre une foule de décisions à l’aide de Reigns, développé par Nerial et édité par Devolver Digital, également disponible sur Android et Apple Store. Pourtant, mon règne est terminé, et l’esprit éthéré que je suis devenu va pouvoir surveiller l’avenir et l’évolution de ma descendance. Mais, laissez-moi tout de même vous conter les défis auxquels j’ai dû faire face. C’est parti !

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Ce jeu reprend, de loin, le principe de Tinder, transposé aux temps médiévaux ; à chaque année correspond une décision, cette dernière étant matérialisée sous forme d’une carte avec un portrait de notre interlocuteur. Si l’on penche vers la gauche, on approuve la décision ou le décret, tandis que si l’on penche vers la droite, on le désapprouve ou l’ignore. Voilà. J’ai fait le tour des interactions disponibles. Pourtant cette apparente simplicité, mâtinée d’un humour noir des plus sympathiques, camoufle un système de jeu tout autant stratégique qu’addictif. En effet, chacune de ces décisions a des conséquences immédiates sur la sympathie qu’ont pour vous certaines factions, au nombre de quatre.

On retrouve l’église et ses dogmes rigides représentée par une croix, la populace par un bonhomme, l’armée par une épée, ainsi que les marchands par un bon gros dollar. Chaque faction dispose donc d’une jauge de sympathie qui va varier selon une importance plus ou moins élevée, en lien avec la décision prise. Si l’une de ces jauges arrive à son maximum ou à son minimum, vous êtes écarté du pouvoir et votre règne se termine plus ou moins salement (… mais toujours tragiquement), tandis que votre descendance prend le relai de la couronne.

Pour vous donner un exemple plus concret, si le général de votre armée vous demande de recruter des soldats parmi la population, la satisfaction de l’armée évoluera positivement, au détriment du peuple qui n’en demandait pourtant pas tant. Néanmoins, si la jauge de l’armée atteint son maximum, le général vous annoncera un bon vieux coup d’état, et vous pendra illico par la même occasion. Vous pourrez toujours faire plaisir à votre population en refusant la proposition, mais si ce dernier est trop content, il va organiser un banquet où vous vous étoufferez entre deux bouchées de ouiche lorraine.

Chaque résultat d’une décision dépend grandement de votre intuition, si tant est que vous n’avez pas déjà rencontré l’événement. Mais sur le principe, disons que l’église est contre la science de manière générale, l’armée contre le laxisme, le peuple contre le travail forcé, et les marchands sont plutôt friands d’opportunités pécuniaires faciles. Néanmoins, on aura la possibilité d’avoir une illustration précise de ces conséquences si votre clébard vous amène en forêt et que vous bouffez un champignon orange (… tout est normal). Des données chiffrées apparaîtront alors, nous permettant de mieux gérer les impacts des choix, et ainsi vivre et régner plus longtemps, ce qui est loin d’être une sinécure.

Il arrive parfois, en lieu et place d’une proposition, qu’un dialogue survienne, ce dernier n’ayant pas forcément de conséquences immédiates. Quelques histoires secondaires surviendront occasionnellement, mettant en scène des intrigues qui auront bien souvent un effet boomerang. Enfin, il arrivera que nous nous perdions dans des donjons ; à nous de retrouver la sortie, en trouvant la clé et la sortie qui va avec, tout en évitant les pièges et les squelettes qui y errent. D’ailleurs, pour ces derniers, nous auront tout aussi bien la possibilité de les fuir que de les combattre. La représentation d’un combat est plutôt simpliste, où l’on choisit d’attaquer ou de défendre. Cela m’a d’ailleurs fait vaguement penser aux duels de pirates dans le premier Monkey Island.

Régulièrement, au cours de votre règne ou de celui de vos descendants, nous verrons apparaître de nouveaux protagonistes, ainsi que de nouvelles situations ayant des impacts particuliers. Par exemple, il m’est arrivé d’avoir un amant. Le peuple s’en fout royalement si je puis dire, alors que l’église va fortement désapprouver. La jauge du clergé va donc baisser en continu, et seul l’approbation de propositions allant dans son sens vous permettra de garder votre tête, ce qui n’empêchera bien évidemment pas une des décisions d’aller trop ou pas assez dans le sens d’une autre faction. L’un ou l’autre aura votre peau de toute manière. Je dois tout de même avouer qu’arriver à trouver l’équilibre entre ces quatre factions a quelque chose de particulièrement hypnotique et fascinant.

De temps en temps, certains événements, ou bâtiment que vous aurez choisi de construire, auront des effets durables, occasionnant des bonus. En effet, ces bonus vous permettront parfois de sauver votre tête (… ou pas). D’ailleurs, lorsque vous mourrez, votre règne sera représenté sous forme d’une frise chronologique faisant le lien entre vos multiples prédécesseurs et votre successeur. Pour autant, il existe malgré tout une intrigue justifiant cette succession frénétique de monarques : votre lignée a en effet été maudite par un démon, faisant son apparition de temps à autre en prenant possession de votre chien, notamment en l’an 666. Il vous faudra donc arriver à faire sauter cette malédiction.

Au-delà de ne plus subir cette malédiction, votre but sera de faire vivre vos monarques le plus longtemps possible. Pour ma part, cela est allé d’une année bien remplie (… en prenant une seule et unique décision, donc), à soixante-cinq (… en mourant tout simplement de vieillesse). Eh oui, il s’agit bel et bien d’un jeu basé sur la RNG, ce système qui fait péter un plomb à tous les malchanceux de la Terre. Néanmoins, si j’avais un reproche à lui faire, ce serait qu’il est répétitif, et c’est notamment dû à un manque de diversité dans les cartes qui apparaissent, y compris sur un même règne. Je ne saurais donc que trop recommander de ne pas y faire de sessions de jeu trop longues.

Malgré ce défaut, les graphismes simplistes lui donnent un aspect attachant, ce qui est grandement renforcé par l’humour noir qui parsème le jeu, quand bien même les thèmes sont souvent sombres et cyniques. A noter que la bande-son, composée par Richard Vreeland aka Disasterpeace, est plutôt agréable et emballe relativement bien l’ambiance générale de ce titre. Avec tout cela, pour seulement trois petits euros, j’ai été agréablement surpris par cet ovni vidéo-ludique aussi fun qu’addictif.

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Enfin un jeu développé intelligemment ! Simple à prendre en main, addictif dans ses mécaniques, quelques twists dans l’histoire pour faire bonne figure, des secrets éparpillés çà et là, ainsi qu’un prix clairement abordable, suffiront à vous y faire revenir de temps à autre. J’espère simplement qu’ils sortiront des updates à l’occasion afin d’étoffer la variété de cartes disponibles. Recommandable ? Et comment !

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