Journal de bord : Prison Architect

Journal de bord : Prison Architect

Voici déjà quelques années que Prison Architect traîne dans ma bibliothèque Steam. De prime abord, ce n’est pas la patte graphique qui m’a poussé à le lancer, avec ses graphismes simplistes et sa vue 2D épurée. Il est clair qu’on est loin des visuels alléchants que propose Planet Coaster, Cities Skyline, et autres Anno. Mais comme le dit mon chirurgien : la plastique ne fait pas tout. Il se trouve qu’en ce qui concerne la gestion, le titre ne fait pas les choses à moitié ; tel un cubi de Bordeaux millésimé, le jeu aura eu besoin de beaucoup de temps pour arriver à maturation. L’emballage n’est pas très attirant, mais le goût n’est que volupté. Depuis sa sortie en bêta en 2012, il s’est considérablement bonifié par le biais de mises à jour successives qui l’ont grandement enrichi en termes de contenu.

 

Et j’étais loin de me douter que l’expérience serait aussi addictive. Au point de ne plus voir le temps passer, de griffonner l’agencement de mes cellules sur du papier millimétré, et même d’en rêver la nuit. Je soupçonnerais presque les gars de chez Introversion d’avoir ajouté une pincée de crack dans leur mixture. Par l’intermédiaire de cette chronique, je vais vous partager le cheminement qui m’a permis de devenir un responsable d’établissement carcéral chevronné. Cela ne s’est pas fait sans mal, et ce ne sont pas les victimes provoquées par mes échecs consécutifs qui pourront dire le contraire… D’ailleurs, elles ne pourront plus dire grand-chose vu qu‘elles mangent le pissenlit par la racine.

Allez hop, c’est parti ! A peine le jeu exécuté, voilà que j’atterris instantanément sur une carte vierge. Six ouvriers avancent vers leurs dépôts de matériaux, prêts à recevoir mes premières directives. Ne sachant pas par où commencer, et sans doute paniqué d’être ainsi jeté dans le bain, j’appuie machinalement sur la touche Echap de mon clavier. Comme quoi il faut parfois faire confiance à son instinct, car cela bascule l’application en pause en faisant apparaître un menu qui me propose plusieurs options. Celle qui attire mon regard en premier lieu est le menu « Campagne ». Il propose cinq missions différentes qui me confronteront à plusieurs situations que je serais susceptible de rencontrer au cours de ma carrière. Habituellement, cela se nomme un tutoriel, mais ne jouons pas sur les mots et voyons voir ce que cette « Campagne » a dans le ventre.

Les missions s’enchaînent sans grandes difficultés, en nous confrontant à des situations plutôt comiques, le tout ponctué de polaroids joliment illustrés. Entre celle où l’on doit amener un condamné à mort sur la chaise électrique, mais qu’au moment de la mise en route celle ci fait disjoncter le compteur électrique de la prison, nous obligeant ainsi à mettre les mains dans la partie « électrotechnique » du jeu. Ou encore celle où il faut libérer le directeur d’une bande de prisonniers farceurs l’ayant convié à une partie de roulette russe, avant d’avoir eu à gérer un incendie et une émeute. On est davantage face à des situations tendues que dans de la gestion pure et dure.

Enfin, La dernière mission me confronte a la réalité du terrain, vu qu’il faut construire une annexe de prison. Après l’avoir accompli sans la moindre difficulté, je me dis que la tâche ne doit pas être bien compliquée pour quelqu’un comme moi, expérimenté avec ce genre de jeu. Après tout, j’ai déjà géré des parcs à thème, des compagnies ferroviaires, des villes florissantes, des colonies médiévales, des hôpitaux, et même des fourmilières. Alors ce n’est pas la gestion d’un établissement carcéral qui devrait me faire peur !

Confiant, j’entre maintenant dans le vif du sujet, en cliquant sur le menu « Créer une nouvelle prison ». Une multitude de choix pour personnaliser ma partie me sont proposés. Quel sera le sexe de mes détenus ? Ma prison comportera-t-elle des gangs ? Faudra-t-il aussi gérer les besoins de mes employés ? Quel directeur choisir parmi les six à disposition ? La météo et les saisons seront elles activées (… entraînant ainsi la gestion de la température et du chauffage) ? Y aura-t-il des événements aléatoires pour pimenter la partie ? Vu le peu de difficultés lors de la dernière mission de la campagne, je décide de tout cocher. Bon, sauf l’option qui active les conditions d’échec, car ça me ferait mal de perdre une partie sur laquelle j’aurais consacré dix heures de mon temps sous prétexte d’une erreur idiote.

Ne vous moquez pas ! Je découvrirai plus tard qu’il existe de nombreuses façons de perdre, et ce sans qu’aucune condition d’échec ne soient en place. Néanmoins, pour l’instant, attardons-nous plutôt sur ma première prison.

 


Prison 1

Prison 2

Prison 3

Prison 4

 

Nous voilà arrivés au bout de cette chronique, que je qualifierais presque de « let’s play narratif ». Vous l’aurez compris : Prison Architect, en plus d’être un fabuleux jeu de gestion propose un terreau fertile pour créer vos histoires. Je ne peux donc que vous le recommander. Dernier point qu’il est important de souligner : les images fixes ne rendent pas honneur aux graphismes du jeu. On ne peut vraiment les apprécier qu’une fois que l’on voit tous nos prisonniers s’agiter sur l’écran.

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A propos de l'auteur : Manitek

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Chaman sonore, coach de carnivores aquatiques, et rédacteur à ses heures perdues...Pour accompagner votre lecture d'un accompagnement sonore : https://soundcloud.com/lemanitek

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