Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

Vingt euros, puis une heure et demie plus tard. On pourrait résumer ce constat à l’expérience de jeu de trente pour cent des joueurs ayant eu la « chance » de se frotter à Ground Zeroes. On pourrait même s’esclaffer de voir que quelques millions l’ont payé quarante balles. Quarante pour une heure et demie. J’avais déjà dit qu’une place de cinoche, c’était de l’enfilade à sept euros… Mais à quarante, c’est quoi alors ?

 

A Hideo Kojima Demo

Tout commence pourtant bien, avec une cinématique d’introduction longue et travaillée. On a même le luxe de pouvoir la passer si l’on est amateur de gameplay uniquement ; cela dit, ce serait une mauvaise idée, parce que c’est quand même une grosse partie de l’expérience que vous passerez. Une fois celle-ci terminée, prouvant une nouvelle fois que Kojima est un cinéphile et un metteur en scène de talent, on peut commencer à se frotter à ce gameplay « new gen« . Mais avant cela, parlons de la trame narrative de LA mission principale du jeu. Oui, LA. En effet, la mission principale du jeu, car il n’y en a qu’une seule principale dans Metal Gear Solid V : Ground Zeroes. Donc, profitez-en. Faites tout, fouillez tout, parce que une fois fini, générique, rideau. Woaw.

En ce qui concerne l’histoire, elle est extrêmement condensée, met en scène peu de personnages (pas le temps, en même temps !), mais profite d’un rythme très soigné, d’une mise en scène réussie, de magnifiques cinématiques, et d’un final explosif composé d’une petite dizaine de minutes de cinématique qu’il ne faut pas passer. Les événements du jeu sont très intéressants pour le peu qu’ils durent et ont fait preuve d’un soin évident, ce qui ne justifie pourtant pas une telle arnaque, qu’on se le dise.

L’histoire est approfondie par des cassettes que vous trouverez en jeu, ou débloquerez en réussissant des objectifs secondaires. Elles permettent de mieux comprendre les sombres enjeux du titre. Une bonne idée qui efface le Codec hideux des anciens Metal Gear Solid, et permet aux joueurs de jouer en écoutant du blabla plus pertinent qu’auparavant. Maintenant, les fans de MGS ont le droit de vouloir me tuer, mais les demi-heures forcées de dialogues dans le troisième et quatrième opus, moi je le dis: plus jamais, et c’est tant mieux !

 

Un gameplay du meilleur goût

Fallait bien que la démo ait autre chose pour elle ; forcément, nous ne sommes plus à l’époque de la PS2. Le gameplay se devait donc d’évoluer. Tour de force de Kojima, qui en profite pour faire une clé de bras à ses opposants : il a réussi à conserver le charme Metal Gear Solid en foutant un coup de pied au cul à son gameplay malgré tout. Alors maintenant, Big Boss est beaucoup plus souple (… plus il est vieux, plus il le devient, allez savoir) peut s’abaisser et se déplacer abaissé comme dans MGS 4, peut courir, rouler sur lui même lorsqu’il est couché, marquer ses ennemis avec ses jumelles, etc… Bref, il sait tout faire. Ce nouveau gameplay est enfin arrivé, ce second souffle si attendu qui lance un « Kept you waiting huh ? » aux détracteurs de la série.

On parlera aussi du level design du seul camp Oméga, qui a le bon goût d’être excellent, rempli de raccourcis, de lieux cachés, de petits secrets, de chemins alternatifs, et de gardes à l’intelligence artificielle très efficace. Bien plus que dans d’autres jeux, ils se regroupent, avancent en bande, se séparent. Leur seul véritable défaut étant de profiter d’un effet de ruche qui leur permet de prévenir tous leurs alliés lorsqu’ils vous voient, sans avoir à parler dans leur talkie-walkie. Pour les combattre, car c’est désormais possible de jouer action, vous aurez un arsenal assez fourni pour une démo, mitrailleuse, pistolet, fusil d’assaut, fusil à pompe, lance-roquette, lance-grenade, fumigène, C4… Bref, l’arsenal permet de tirer profit de l’environnement. Vous pourrez aussi prendre une jeep ou un camion afin d’exfiltrer des personnages.

Je disais que le jeu se bouclait en une heure et demi. C’est plus ou moins vrai. Il possède cinq missions annexes proposant d’accomplir des objectifs de sabotage, d’exfiltration, d’élimination, et de création de souvenir (oui-oui). Il y a même un niveau de rail shooting. Tous ces niveaux peuvent être accomplis en deux difficultés : normale ou difficile (vraiment difficile), et cela débloque des défis que vous pourrez accomplir si vous êtes accro à l’excellent gameplay du titre. Pour un complétionniste maladif, l’ensemble peut durer dix heures, mais ce contenu est très artificiel, en plus de se passer uniquement dans une base Oméga pas si vaste que ça.

 

Une réalisation solide, mais une One laissée pour compte

Le jeu est beau, très fluide avec un 60 fps constant, profitant du moteur Fox Engine, ce qui lui permet de bâtir des zones ouvertes avec un haut niveau de détails. Le jeu propose des panoramas magnifiques de nuit, mais franchement moyens de jour (… allez comprendre). Mais le 60 fps s’avère extrêmement agréable sur console de nouvelle génération. Je ne peux que vous conseiller par contre, la version PS4, qui profite du 1080p, alors que la version One affiche un 720p, ce qui est étonnant dans la mesure que le vrai jeu – The Phantom Pain – propose un 900p et un 60 fps et est plus joli sur la One

Parlons aussi des bruitages, excellents et conservant les gimmicks de Kojima. On pourra aussi citer une bande-son magistrale et fournie pour un jeu si court. Le nouveau doubleur de Big Boss fait un boulot formidable également. En fait tous les doubleurs sont formidables ; c’est une constance dans les MGS, et celui-là est loin de faire figure d’exception. Attendez, qu’ai-je dit ? Bon OK, pour les plus tatillons, disons que les doublages de Metal Gear Solid V : Ground Zeroes n’ont rien à voir avec le catastrophique travail fait sur le premier épisode « solid » de la série, voilà.

Toujours est-il, que sur PS3 et Xbox 360, le jeu propose un rendu tout à fait correct, mais fait la concession d’un framerate assez désastreux, oscillant entre le 25 et le 30 fps, et rendant l’expérience assez désagréable par moment. Pour autant, pas de quoi crier au portage honteux,  car le jeu reste bon. Bon, mais court, d’accord. De toute façon, si vous ne possédez pas de PS4 ou de One, ou même d’un PC qui profite pour une fois d’un excellent portage, il n’y a aucune raison de bouder les versions old gen. Faites vous plaisir, mais vous êtes prévenu : vous êtes en face d’une excellente démo qui a l’immense mauvais goût d’être payante. Cela dit, elle augure du meilleur pour The Phantom Pain, un titre qu’il me tarde d’acquérir désormais… Voyez, la démo payante a au moins un réel mérite : me donner envie de jouer au vrai jeu.

 

Konami s’est foutu de notre gueule avec ce Ground Zeroes. C’est un fait. Il s’agissait en 2014 d’une arnaque visant à financer le pharaonique MGS The Phantom Pain, sans cesse repoussé. Mais est-ce un mauvais jeu ? Non, c’est excellent, c’est plaisant, c’est beau, mais c’est si court qu’on ne peut qu’en ressortir parfaitement dégoûté. Faites vous offrir ce jeu, ou achetez le à bas prix (5 euros) afin de ne pas vous sentir trop floué. Ou bien encore, achetez directement The Phantom Pain qui, malgré ses défauts, semble être avant tout le meilleur gameplay de l’année, avant d’être le meilleur Metal Gear Solid. C’est très noble de la part d’un jeu d’une série qui n’a jamais prônée son gameplay au profit d’une narration envahissante.

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A propos de l'auteur : Marcheur

Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

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