Overgrowth

Overgrowth

Review copy fournie par LaFourche

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours eu un faible pour les Furries ; vous savez, ces animaux anthropomorphes plus ou moins mignons. Comment ? Ah non non non, pas d’un point de vue sexuel, je veux dire, je suis tordu mais pas à ce point là quand même ! Non mais je vous le jure ! Pfff, merde, à cause de cette phrase introductive foireuse, je viens de saloper toutes mes chances de pouvoir un jour pécho sur Loutrage… Ahem, mon intérêt pour tout ce qui est Furry est sans doute subconscient ; le reliquat d’une enfance passée devant les vieux Disney et autres Tex Avery, ainsi que devant des jeux comme Sonic et Crash BandicootD’autre part, si vous avez consulté mon billet de mauvaise humeur sur Absolver, vous devriez savoir que j’arbore les mêmes prédispositions accommodantes vis-à-vis de tout ce qui est arts martiaux. C’est pour toutes ces raisons que je vous recommande ardemment de vous jeter sur Dust : An Elysian Tail ; l’un des plus grands Metroidvania jamais créés (et par un seul type en plus !), avec en prime des Furries et du Kendo. Pourquoi pas Overwat…euh, Overgrowth ? Bonne question.

 

Overgrowth est le dernier bébé des quatre californiens de Wolfire Games, à qui l’ont doit surtout le simulateur de flingue/ Roguelite Receiver. Ne vous fatiguez pas à chercher le rapport entre ces deux jeux parce qu’il est pour le moins ténu. Les devs ont par contre pondu le jeu Lugaru (loup-garou vous voulez dire ? On la fait pas à moi !) en 2005, qui est en fait la séquelle scénaristique du bousin qui nous intéresse aujourd’hui. D’ailleurs, il faut savoir qu’avec Overgrowth on tient une petite arlésienne, parce que le projet a été annoncé en 2008 et il s’est après perdu dans les méandres de l’early access jusqu’en octobre 2017. C’est marrant car Receiver, qui a été développé en un temps record lors de la compétition 7 Day FPS Challenge, a ironiquement bien plus de consistance que le projet qui les a occupés pas loin de dix ans…

Dans Overgrowth, on incarne un lapin répondant au nom de… euh, comment il s’appelle déjà ? Bon, il m’a tellement marqué que j’ai un trou, alors on va l’appeler Bugs Bun-Lee par facilité. Alors, c’est Bugs Bun-Lee qui débarque dans un petit patelin côtier où il comptait passer ses derniers jours peinard, histoire de méditer sur ses enseignements de maître Shaolin. Pas de bol ; des esclavagistes se pointent pour harceler les cambrousards du coin et c’est ainsi que Bugs Bun-Lee se décide, au bout des lièvres, à leur rendre la monnaie de leur pièce. S’en suit alors un démantèlement de « complot  »  (le mot est un peu trop fort pour ce que c’est) impliquant le clan des lapounets, des loups-garous, des clébards, des rats, et des minets. Tiens, bizarrement, le clan des loutres manque à l’appel au milieu de tout ce beau monde. Serait-ce encore une infâme discrimination envers les mustélidés ?! Bref, Overgrowth, c’est un peu Trente Millions d’Amis version Chine féodale, et tout ce zoo se prend une grosse raclée par Bugs Bun-Lee.

Je vous le dis tout net : si vous vous attendez à autre chose qu’un mix maladroit entre un vieux film de Bruce Lee et une fable de La Fontaine niveau histoire, vous allez être sacrément déçus. Le scénario plus que basique est affublé d’une écriture à peine supportable, et met en jeu des personnages aussi expédiés les uns que les autres. De plus, l’absence de voice acting et de version française ne joue pas du tout en sa faveur. Pourtant, ce qui heurte vraiment l’appréciation de l’aventure que raconte Overgrowth est principalement sa structure disjointe qui empêche tout attachement. En substance, il est question d’un schéma de niveaux généralement riquiquis, dénués de toute interaction avec les décors, délimités par des murs invisibles de partout, ponctués par des cutscenes vaguement animées à leurs débuts ainsi qu’à leurs fins et enfin charcutés par de nombreux écrans de chargement. Le pseudo-périple de Bugs Bun-Lee est déjà assez peu crédible comme ça, et voila que le jeu vient à chaque fois en remettre une couche pour être sûr qu’on ne passe pas à côté de ce constat tristounet.

C’est d’autant plus triste quand on voit que la présentation du titre tient à peu prés la route malgré ça ; les graphismes accusent leur âge et la patte artistique est plutôt quelconque, c’est sûr, mais les allures de la bête ne sont pas déplaisants pour autant. De surcroît, les musiques aux sonorités tribales sont assez sympatoches, à défaut d’être suffisamment variées ou nombreuses. Ceci étant dit, c’est surtout au niveau du gameplay qu’on attend ce genre de jeu au tournant, et à ce niveau là, je dois dire qu’il y a à boire et à manger. Dans les grandes lignes, Overgrowth se présente comme un beat’em all saupoudré d’infiltration et alterné par de grosses phases de plateforme / parkour. En gros, c’est un peu comme si Jazz Jackrabbit était devenu sexué et qu’il avait copulé avec Faith de Mirror’s Edge dans le dojo des ninjas de Tenchu. Bon, en bien moins dégueulasse que ça…

Le concept est dès lors assez couillu et les vidéos des acrobaties ninja que Bugs Bun-Lee balance sont pas mal vendeurs. Le problème est que, souris / clavier en main, le système de combat affiche rapidement ses limites. En effet, les attaques qu’il est possible de faire s’articulent autour de l’appui d’un seul et unique bouton contextuel qui altère la nature des coups assénés en fonction de quatre paramètres : la proximité de l’ennemi, le mouvement ou l’arrêt de Bugs Bun-Lee, le fait que ce dernier soit accroupi ou non, et enfin le fait qu’il soit en l’air ou qu’il garde les pieds sur terre. A côté de ça, on a à disposition une mécanique de contre-attaque à timing donnant lieu à une prise à la David Douillet qui désarme et renverse l’ennemi. Sans parler des classiques garde et roulade. Si on rajoute à cela la présence de quelques armes (couteaux, épées, bâtons, et lances) qu’il est possible de lancer, je crois que je viens d’énoncer la quasi-totalité des possibilités de Overgrowth en termes de baston. Ainsi, quand on sait qu’il n’y a aucune mécanique de progression, pas de combos à débloquer, pas d’inventaire ou de compétences à gérer (maintenant que j’y pense, il n’y a même pas d’interface in-game outre le menu principal), même le QI d’un lapin IRL est largement suffisamment pour en déduire qu’on a vite fait d’en faire le tour…

Le pire dans tout ça est que la castagne, aussi limitée soit-elle, est assurément la partie la plus réussie du titre. Oui, Overgrowth prend le parti de faire dans de la grosse « foire au ragdoll  » un peu à la Goat Simulator mais avec un lapin. La physique et les animations y sont volontairement frivoles, ce qui engendre des situations absurdement fandardes où, après un coup de pied retourné, l’on envoie un clebs valser une bonne dizaine de mètres pour qu’il se torde la nuque sur le trottoir avec un gros « CRACK !  » . Comment ?  Ah non non non, je ne prends pas du tout plaisir à maltraiter les animaux, et puis ça ne compte pas ; ce sont des chiens esclavagistes ! Je vous le jure ! Ben merde alors, d’ici la fin de cet article, je crois bien que je vais finir avec l’étiquette #Balancestonlapin collée sur le dos… Ahem, comme je disais, ce côté débridé dans les combats vient avec un revers de la médaille assez évident : l’équilibrage pas toujours au top. Ouais, des attaques comme le coup de pied sauté sont pas mal pétées parce qu’elles font ragdoller les mobs sauvagement, ce qui se traduit le plus souvent par un one-shot tout sec. C’est drôle ; j’étais loin de me douter que Bugs Bun-Lee avait pris des cours particuliers auprès de Chuck Norris

Avec ça, Overgrowth est à son meilleur lorsqu’il lâche les rênes de son level design, nous permettant quelques fois d’infiltrer une ville ou un fort en faisant un peu mumuse avec le peu qu’il nous offre, même si les mécaniques d’infiltration sont rudimentaires au possible, et que l’IA est plus pensée pour rentrer dans le lard que pour réagir organiquement à votre discrétion. Malheureusement, les niveaux qui proposent ce genre de fantaisies se comptent sur les doigts d’un lapin dépecé, surtout par rapport à une majorité de niveaux désagréablement expéditifs… D’autre part, Overgrowth est à son pire lorsqu’il s’agit de s’adonner à l’autre facette du gameplay, à savoir la plateforme / parkour. Oui, qui dit « lapin ninja  » dit « sauts à la cool  » , et le titre s’efforce de tout son être de se la jouer Warframe avec son délire wallrun, Yamakasi, Tektonik et autres saloperies de d’jeuns… et se vautre lamentablement dans cet exercice. Le jeu nous inflige de longues sessions d’escalade qui mettent en exergue l’aspect très approximatif des contrôles (doser son saut est un mini-jeu à lui tout seul) et de la physique. Ces phases sont juste de la frustration en compote, surtout que le jeu n’est pas foutu de bien communiquer quels éléments du décors emprunter pour progresser, et l’on tombe vite dans le trial and error le plus farouche.

Et le meilleur pour la fin : comptez trois heures pour torcher la campagne de base, une heure de plus pour torcher la campagne du jeu précédent qui été portée dans ce nouveau moteur, et basta…. Il faut aussi savoir que c’est le niveau 0 de la rejouabilité et que c’est purement solo. Du coup, voila 28 euros bien dépensés. Oui, 28 euros pour 4 heures de lapins crétins ; c’est l’affaire du siècle…  Bon, après, il y a le mod support, mais de ce que j’en ai vu, ce n’est pas la folie non plus. Quand les mécaniques de ton truc sont aussi vite pliées, le fait qu’un mod te propose de te les retaper avec un skin de Tortue Ninja plutôt que celui d’un lapin ninja, ça ne risque pas de bousculer ta life… À la rigueur, un skin de April O’ Neil dans sa combi moulante, pourquoi pas, mais pas un skin de tortue… Bon, un skin de Shredder aussi, peut être, oui...  

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Au final, Overgrowth m’inspire juste cette scène mythique de Monty Python : Sacré Graal. Les vaillants chevaliers de la table ronde se ruent sur la caverne de Caerbannog dans un gros élan de fougue et d’allégresse. Sauf que le lapin tueur qui en est le gardien ne s’avère pas aussi accueillant qu’il en a l’air et les braves chevaliers finissent par prendre leurs jambes à leurs cous en beuglant « FUYEZ ! FUYEZ !  »  comme les demeurés qu’ils sont… La perspective de traîner avec Bugs Bun-Lee semblait alléchante de loin, mais aux vues des mécaniques faiblardes de ce Overgrowth couplées à son rapport quantité / prix abusif, je ne peux que gueuler « FUYEZ ! FUYEZ !  » comme le demeuré que je suis. 

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A propos de l'auteur : Andariel

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Chaotique mauvais jusqu’à la moelle, il est le grand ami des Bisounours, des poneys et des teletubbies. Surtout au petit déj’. Avec une bonne marinade.

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