Les intouchables #9 : Warhammer 40000 – Space Marine

Maudit soit celui qui renie le seul vrai dieu que ce monde ait jamais connu. Que l’hérétique qui a, par corruption, tourné le dos à la lumière subisse le courroux de l’Empereur et voit les justes le détruire. L’Empereur nous garde de la menace Xenos, mais surtout du chaos, cette peste qui ronge les plus faibles et fait de l’homme le pire des rejetons de la création. Depuis le trône éternel, l’Empereur juge les hommes de leurs actions, voit qui est digne de mourir en son nom, et d’exister au delà de la vie. Il n’y a rien à envier de ceux qui ne se battent pas, car rien n’est plus digne que de vivre pour protéger le trône, et ainsi veiller à la postérité de l’empire. Ce dernier ne connaîtra la paix que lorsque enfin, l’univers sera purifié de toutes traces d’impureté. Soit avec moi Empereur, juge mon sacrifice de ton regard éthéré, et voit l’un de tes enfants mourir au nom de ta gloire éternel. Pour l’Empereur !

 

Dans les ténèbres d’un lointain futur, il n’y a que la guerre

Si vous pensiez que j’étais du genre à aimer l’univers de Games Workshop : bingo, jackpot, ou quelque mot que vous voulez, cela m’est égal. Warhammer, et surtout Warhammer 40000, c’est le nec plus ultra du classieux, l’univers le plus séduisant que j’ai connu. Brutal, puissant, et sans aucunes concessions, c’est l’expression la plus pure d’un plaisir ludique, malsain et destructeur. Le jeu de plateau est une merveille d’accessibilité et d’intelligence, qui allie la brutalité de cet univers si particulier, avec la stratégie nécessaire de rendre chaque partie tout autant différente que toujours autant passionnante. Cela n’a pourtant été qu’un épisode bien court de ma vie, je me souviens de chaque partie ; je n’en regrette pas la moindre seconde, la moindre victoire, et la moindre défaite.

Je ne connais pourtant guère le lore de cet univers, et l’introduction de cet article pourra clairement paraître hérétique aux fans réels qui liront tout ceci. Mais, je suis bien, en quelque sorte, fan de cet licence, ou tout du moins de son esthétique baroque et son univers rétro-futuriste, mariant science-fiction, croyance, et foi antique. Bien sûr, nombre de détracteurs trouveront l’ensemble grotesque et manquant de recul. Mais cette grandiloquence, cet art d’aller toujours plus loin dans la violence et l’esthétisme de la démesure, est une marque de fabrique indissociable de l’univers, qui est d’ailleurs encore pour moi inégalé.

Vous avez compris, Space Marine le jeu, est un fantasme qui est devenu une réalité le 6 septembre 2011. Développé par les gars de Relic Entertainment et édité par le regretté THQ, avant de céder la main à SEGA, il s’est fait refroidir par la presse, et encensé par les joueurs fans de la licence. Space Marine est en effet un jeu quelque peu perfectible qui a pourtant saisi l’essence même de ce que doit être un jeu d’action dans l’univers de Warhammer 40000. Ce n’est plus un défouloir à ce niveau ; c’est un cran encore au-dessus dans la débilité et la violence. Mesdames et messieurs, préparez-vous, ici et maintenant, je vais vous décrire l’expérience du titre.

 

Alors, y a des orks qui vont voler un titan, et faut les buter

Voilà. Grosso-modo, n’attendez rien de plus que ce titre, car l’histoire est aussi oubliable que la présence des gardes impériaux dans le scénario. Ce n’est même plus de l’anecdotique tant les phases de narration sont là pour dire « Oh regarde comme les Orks se comportent comme des Orks, dégomme les !« . Et on s’exécute avec amour de la boucherie bien soignée. On tranche, on cogne, on tire, on explose, on court, on vole… On fait plein de trucs, mais la finalité est la même : le bon Ork est l’Ork qui essaye encore vainement de respirer, tandis que ses membres, ses viscères et son hémoglobine le quitte. Voilà le genre de plaisir que l’on tire d’un gameplay un peu plus étudié et original que la moyenne.

Beat’em up marié à un shooter sans système de couverture (… parce que c’est pour les tapettes ; c’est pas moi qui l’ai dit, c’est le game designer !), Space Marine vous pousse à foncer vers l’adversaire, en dégommer deux-trois avant de donner la charge et de trancher dans le vif. Le but profond de cela ?

… Question hors propos. Vous êtes un hérétique et vous devez mourir.

Space Marine a bien quelques subtilités et phases faisant varier le jeu, mais très honnêtement, à part les passages avec le réacteur dorsal (… on monte et on descend en fracassant une dizaine d’ennemis au passage ; c’est ça la vie). Tout le reste a tendance à ralentir le jeu… avant qu’il ne eprenne son rythme effréné. Vous avez compris qu’avec un arsenal peu conséquent, peu de mécaniques de gameplay, et une durée de vie de huit heures, Space Marine ne s’adresse qu’à ceux qui veulent de la violence, et ils en auront un maximum dans ce shooter / slasher comme on les aime, surtout lorsque votre famille à tendance à vous taper sur les nerfs.

Pour ceux qui se posent la question, le jeu est plutôt correct visuellement et propose une direction artistique dans le ton de l’univers dont il est tiré. C’est donc plutôt bon avec quelques textures grossières, mais c’est surtout la musique, les bruitages et les doublages qui sont piles comme il faut. Les voix sont bourrues et laissent transparaître la grande subtilité des personnages : « Tuons les hérétiques« . Voilà, c’est ce que je voulais entendre. Pile dans le ton. Même le big boss Ork est complètement attardé : « Tu vas me le payer, Space Marine !« . Ahlala… Que d’espoir a t-il eu alors que je lui enfonçais mon marteau-tonnerre dans la tronche. Ce genre de choses est d’autant plus plaisant lorsqu’on constate que les bruitages font BAM et HUERK (… j’adore les onomatopées) ; même à l’écrit c’est hilarant. Ces bruitages sont donc très percutants (… haha) et particulièrement réussis, et on appréciera également les hurlements des Orks, très crédibles.

Mais il y a surtout une grande qualité dans ce jeu :

 

Titus Theme

 

Cris Velasco, n’est-ce pas ? Merci d’avoir compris ce qu’est Warhammer 40000 avant de faire ta soundtrack. Tu sais que beaucoup de joueurs louent ton nom après ton travail, hein ? Enfin, beaucoup, il y a moi, et peut-être De La Soul aussi, mais je ne saurais dire s’ils sont joueurs. Enfin, pour résumer, c’est vraiment un gros travail qui contribue à l’immersion dans cet univers violent, où les situations épiques deviennent quelconques, et où seul le dantesque devient figure d’exception ; ne vous inquiétez pas, certaines scènes le sont, dantesques.

 

Il y a eu ici, désormais gisant, un multijoueur BÉTON

Je n’écrirais que peu là-dessus, mais je regrette ardemment le multijoueur de Space Marine. Vraiment, il conjuguait une brutalité jouissive avec une gestion du placement très importante, bien plus fendard et technique que les autres multijoueurs copiant Call Of Duty. Ici, on était en face d’un jeu équilibré misant sur trois classes très différentes, sur des maps peu nombreuses mais bien bâties. Je me souviendrai toujours des rixes sanguinolentes, des empoignades brutales et sans pitié qui ont animé quelques unes de mes nuits blanches favorites.

Il y aussi eu ce mode horde qui a fait un bien fou à la variété du multijoueur. Tout cela s’accompagnait d’une personnalisation physique de personnage qui donnait beaucoup de fraîcheur au jeu. Un bonheur à jouer qui pris fin lorsque la communauté commença à quitter le navire, constatant avec tristesse que la mort de THQ précipita la fin d’un jeu créé avec beaucoup d’amour pour la franchise, et surtout beaucoup pour les fans.

 

Space Marine est et restera, pour un certain temps encore, le jeu d’action sur l’univers de Warhammer 40000 qui retranscrit avec passion le prestige, la puissance, et la pureté de l’univers dont il est tiré. Un exercice complexe pour le studio Relic Entertainment, qui a fait de ce jeu une réussite un peu bancale sur certains aspects, certes, mais tellement dans le ton qu’il est simplement impossible pour ma part de ne pas le voir comme un intouchable. Vous pouvez ne pas aimer ce titre, mais ne venez pas me le dire en face, ou vous subirez le juste courroux de l’empereur, suivi de l’attaque d’une ruche Tyrannie, surenchéri par l’assaut des forces d’Horus, pour finir piétiner sous la Whaaaaaaaag de Ghazghkull Mag Uruk Thraka. Vous êtes prévenu désormais : faites pas les cons, mais je vous aime bien quand même.

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A propos de l'auteur : Marcheur

Rédacteur de Loutrage aimant le jeu vidéo dans tous ses pluriels et appréciant tout particulièrement réfléchir sur le média.

3 Commentaires sur “Les intouchables #9 : Warhammer 40000 – Space Marine”

  1. Ah merci marcheur pour cet intouchable! Ce jeu à aussi une petite place dans mon coeur de joueur, et je dois dire qu’il est mérité. Peu de jeu de cet univers nous permet de nous balader dans une cité ruche! Et quel Multi!

  2. Toupilitou dit :

    Un des jeux les plus bourrins que j’ai eu l’occasion de toucher ^^

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