Faery : Legends Of Avalon

Faery : Legends of Avalon

Cela fait plus d’un an que je n’ai pas parlé de Spiders, et ça fait pourtant pas mal de temps que j’ai joué et fini Faery : Legends Of Avalon. C’est le tout premier jeu sur lequel Spiders a pu se montrer aux yeux des joueurs, et s’il n’a pas fait grand bruit à sa sortie, il a au moins pas mal de sympathie auprès du peu qui y ont joué. Pour ma part, je n’inscris pas ce titre – tout comme Bound By Flame – dans les jeux « Spiders  » avec la signature du studio, car on y ressent pas la même passion, ni la même envie de bien faire que dans un Mars War Logs ou un Technomancer. Cela dit, maintenant que Greedfall va bientôt commencer à se montrer sérieusement, et alors que 2018 pointe le bout de son nez, il est temps d’écrire la critique du seul jeu du studio que je n’avais pas encore critiqué. Alors, est-ce que, sept ans après, Faery peut encore trouver son public ?

 

Pur chauvinisme ? Pure passion ? Profonde adhésion aux projets du studio ? Je ne sais vraiment ce qui me lie à l’histoire de la jeune boîte parisienne tisseuse de RPG, mais il y a forcément un truc, pour sûr. Je pense que j’ai pris conscience de mon intérêt pour les jeux un peu moins solides que le reste de l’industrie mainstream avec Mars War Logs en avril 2013, qui m’avait à l’époque contraint et forcé de jouer sur PC (… l’horreur !) vu que le portage console du titre a un peu tardé à voir le jour. Je suis tombé sous le charme de ce « petit  » jeu qui ne supportait pas d’être petit, bien que cet amour commençait en réalité peu de temps avant, avec le trailer musical du jeu, sous fond de trip-hop. J’ai sans doute déjà écrit cette histoire, mais bon, je me sais radotant ; ça fait déjà deux piges que j’écris sur Loutrage.

Toujours est-il que c’était une drôle d’expérience de revenir vers le premier jeu Silk Engine, et de voir ce que le studio en faisait deux ans et demi avant Mars War Logs. Des fées, un univers mélangeant diverses influences, un scénario sur thème de magie qui disparaît, un jeu qui se fait témoin du glas de la fantasy la plus classique avec ses fées, ses trolls, ses diverses références culturelles très variées, avant que Tolkien ne vienne trancher sa fine gorge. Feary a une gueule, pour sûr, et ce ne sont pas ses personnages moyennement expressifs ou ses mondes moyennement étendus qui vont venir éroder un certain charme. Faery vieilli bien comme beaucoup de jeux en 3D qui ne croulent pas sous les détails ; avec son cel shading discret et bien intégré, Spiders montrait déjà à l’époque un joli talent artistique. J’étais même surpris de voir que la lumière n’était pas tant agressive dans ce premier titre, alors qu’elle le serait presque à l’excès dans Mars War Logs et ses teintes ocres.

Mais la variété, qui était le maître mot dans ce premier jeu, fait ici encore son petit effet ; chaque monde y va de son thème, et le contenant s’avère soigné pour un jeu qui a certainement coûté bien peu à produire. On est par contre moins conquis par des musiques, souvent assez plates et très entêtantes, ainsi qu’avec des bruitages discrets qui ne relèvent pas le niveau en l’absence de doublage, ce qui aurait surement aidé des dialogues à gagner en impact, pourtant mis en scène via les animations des personnages. Au moins n’ont-ils pas eu la pression du coût du doublage intégral, car il est vrai que Faery sait se montrer particulièrement écrit, et assez bien d’ailleurs, même s’il faudra accepter une certaine naïveté, que le jeu sait subtilement compenser avec quelques personnages plus contrastés.

Il ne faudra pas attendre beaucoup de l’histoire de ce Faery, surtout car elle ne se conclue pas, et qu’elle ne se conclura jamais, car, même sans être un échec commercial, le jeu n’a pas convaincu assez de joueurs pour se voir bénéficier d’une suite qui aurait mis un point final à l’histoire. Ce n’est à mes yeux pas vraiment un mal, car cela a permis à Spiders de sortir un Mars War Logs qui a davantage fonctionné… Mais tout de même, on aurait aimé une conclusion de l’histoire.

C’est surtout dans le système de combat que se trouve la plus grande surprise si l’on a déjà joué aux jeux de Spiders post-Of Orcs And Men ; on est en face d’un jeu en tour par tour, pas franchement désagréable, mais tout de même un peu simpliste, qui ne veut absolument pas laisser les joueurs sur le carreau, quitte à récompenser un peu trop ceux-ci d’ailleurs. Le tout s’articule comme un vieux Final Fantasy sans les subtilités, et si on a bien évidemment affaire à une gestion des points forts / faibles des adversaires en utilisant des pouvoirs élémentaires, il n’y a finalement rien de compliqué.

Pourtant, à l’usage, avec un système d’évolution simple mais efficace, cela s’avère assez satisfaisant sur la longueur. Il faudra compter une dizaine d’heures pour accomplir toutes les quêtes, secondaires comme principales, avec exploration des cartes dans leur entièreté. Pour la rejouabilité, on pourra compter sur la possibilité de créer un personnage féminin ou masculin, ce qui peut débloquer plusieurs options de romance, ou encore un système d’alignement pour tenter une seconde partie. Le plus plaisant dans Faery reste encore les possibilités laissées au joueur de conclure comme il l’entend les quêtes et d’esquiver les combats, ce qui est paradoxalement un reproche que l’on pourrait faire à leurs derniers titres, qui forcent trop souvent à l’affrontement, là où une issue pacifique serait souvent plus souhaitable. Toutefois, Technomancer faisait des efforts là dessus.

Là où Faery brille, c’est dans la liberté que les ailes de notre fée nous offre ; accélérer, virevolter, et s’élever dans les cieux à notre guise est un vrai plaisir trop rare dans un jeu. On aimerait un jour revoir cette liberté de mouvement dans un jeu Spiders !

 

Il y a donc du bon à tirer de ce Faery, qui profite d’un habillage ainsi que d’une ambiance soignés, et qui s’avère addictif. Il n’est cependant pas dénué de défauts, comme sa relative linéarité, ou encore son côté très « jeu pour enfant  » , et quelques défauts de jeunesse. Il n’en reste pas moins un titre qui ne donne pas l’impression d’être prétentieux, et qui est emprunt d’une légèreté pas déplaisante. Si un jour Spiders décide de revenir sur cet univers, il ne serait pas inintéressant de le faire, d’autant qu’avec leur expérience, ils pourraient très bien surprendre leur monde en accouchant d’un(e) suite / reboot plus abouti. Néanmoins, comme ni Spiders ni Focus n’en ont pas envie, et que ce sont développeurs constamment occupés à créer de nouveaux jeux et non des DLC ou des suites, on se contentera d’attendre de pied ferme Greedfall. Allez, faites nous rêver !

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A propos de l'auteur : Marcheur

Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

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