Dex

Dex

Il y a des jeux qui marquent l’esprit. Tenez, par exemple, je viens de terminer le dernier Deus Ex et pourtant, en cours de partie, il m’est souvent arrivé de me remémorer des souvenirs des mes parties de Dex. Serait-ce à cause de leurs acronymes étrangement similaires ? En plus de cela, les gars de chez Dreadlocks Studio sont de Prague (lieu où se déroule l’action de Deus Ex : Mankind Divided) ; faut-il y voir la trace d’un complot ? D’ailleurs, c’est bien la première fois que je me mets à écrire une critique trois mois après avoir terminé un jeu. C’est le signe que le produit est bon, non ? Ou bien me suis-je fait honteusement manipuler ?

 

A la différence du dernier titre d’Eidos, Dex ne nous immerge pas dans son univers par l’intermédiaire de graphismes clinquants en 3D, ou à grand renfort de cutscenes ayant fait travailler jour et nuit de pauvres infographistes. En effet, Le style graphique se veut moins ambitieux et nous permet de parcourir un futur dystopique, sous la forme d’un jeu en 2D avec une vue de côté. Mis à part cette différence graphique, les activités restent sensiblement les mêmes d’un jeu à l’autre.

Il nous sera demandé d’aller fouiner dans les appartements des habitants, afin d’aller découvrir dans leur boite mail leurs secrets inavouables, infiltrer des bases de toxicomanes du futur, ou encore hacker tous les ordinateurs qui passeront à votre portée. Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas là pour défourailler des gobelins à dos de licorne ; le monde de Dex nous plonge dans une ville cyberpunk, où des méga-corporations tirent les ficelles afin d’asservir la populace. Le jeu démarre au moment où notre héroïne (curieusement nommée… Dex) se fait sortir de sa torpeur du dimanche matin, par une bande de mercenaires truffés d’augmentations cybernétiques qui souhaitent la kidnapper.

Heureusement, un mystérieux hacker nous avertit du danger imminent en communiquant dans la tête de notre personnage. Sans avoir eu le temps d’ingurgiter un café, nous prenons la fuite en sautant par la fenêtre de notre studio, tout en suivant aveuglément les indications du mec qui parle dans notre tête (encore un qui s’est pris pour Morpheus). Après avoir semé nos poursuivants et avoir traversé des égouts puants, le jeu nous permet de découvrir une ville futuriste qui regorge de secrets pour celui qui aime explorer. Le titre adopte une structure de Metroidvania (non, cela n’a rien à voir avec les serviettes hygiénique), c’est à dire qu’au fur et à mesure que vous vous implanterez des améliorations cybernétiques, vous gagnerez des compétences qui permettront de toujours pousser davantage vos pérégrinations.

Il existe une dizaine de compétences possibles qui vont de l’utile super-saut, au maniement des armes à feu et du crochetage (que je vous conseille de débloquer en priorité !), à la maîtrise du pain dans la gueule, aux classiques (mais indispensables) compétences de piratage, ou bien encore des implants agissant sur la persuasion. Attention, il ne sera pas possible de débloquer toutes les compétences à la fin de votre partie, donc il ne tient qu’à vous de faire le bon choix pour être sûr de ne rien louper du jeu. Mon conseil est de vous focaliser davantage sur les options les moins offensives, telles que : le crochetage, le piratage, et la persuasion. Pourquoi un tel choix ? Car nous allons maintenant nous pencher sur l’aspect le moins reluisant du jeu : la castagne.

 

Du shoot pour ambiDEXtre ?

Vous allez vous rendre compte dès le premier combat (qui risque de dégoûter prématurément les joueurs les moins patients) que les développeurs ont davantage misé sur l’ambiance que sur l’échange de mandales. Et pour un Metroidvania, ça la fout plutôt mal. En effet, pour arriver à dégommer les ratiches de son adversaire, il faut se tenir à une distance bien précise. Le temps que l’on arrive à se positionner correctement, il n’est pas rare que celui-ci nous ai déjà entamé la barre de vie de moitié… et encore, je ne vous parle pas des ennemis équipés d’armes à feu qu’il faut fuir comme la peste. Heureusement, il existe une approche furtive ! Si vous arrivez dans le dos de votre ennemi, il est possible de l’éliminer d’un seul coup. Cette mécanique, couplée avec une intelligence artificielle carrément débile, fait que l’on favorisera la plupart du temps cette méthode sournoise. Bien que l’IA ne soit pas bien finaude, je ne considère pas cela comme un véritable défaut (sinon, le jeu aurait été bien trop dur, et je ne pense pas que je vous aurais écrit cette critique). Effectivement, cela nous force à nous servir du level design (plutôt bien foutu) afin de trouver des chemins détournés pour parvenir dans le dos de nos victimes.

Pour peu que l’on se fasse repérer, il suffit juste de sortir le plus rapidement possible de la zone dans laquelle nous nous trouvons afin que l’IA nous oublie et reprenne tranquillement sa ronde, comme si rien ne s’était passé. Sans compter que lorsque l’on saute sur une plateforme (pourtant munie d’une échelle), les ennemis n’arrivent même pas à nous suivre et restent bloqués à la plateforme du niveau inférieur. Vous me direz qu’il n’existe pas que le corps-à-corps, et comme je vous l’ai expliqué précédemment, nous pouvons nous spécialiser dans les armes à distances. Malheureusement, l’ergonomie du machin est d’une galère sans nom ; il faut maintenir la gâchette gauche pour sortir son gun, agir sur le joystick droit afin d’orienter la visée, et enfin appuyer sur la gâchette droite pour tirer.

Cela aurait été plus simple que la visée soit automatique, mais vu que ce n’est pas le cas, nous ferons vite l’impasse dessus. N’en déplaise à notre ami Toupilitou, je n’ai joué qu’à la manette, et je ne pourrais donc pas vous confirmer que ce soit plus maniable au clavier / souris. Étant donné que le déplacement de notre personnage s’effectue avec le joystick gauche, je vous laisse imaginer la gymnastique nécessaire lorsque l’on souhaite viser un ennemi tout en se déplaçant. En plus de cela, les munitions se font rares, et devoir vider deux chargeurs pour tuer un ennemi (qui visent tels des Lucky Luke nano-modifiés) fait que l’on se retrouvera à favoriser la furtivité. Toutefois les compétences de piratage permettront de vous sortir de situations épineuses, par exemple en retournant les mitrailleuses robotiques contre les ennemis, ou bien en les étourdissant quelques secondes après leur avoir « hacké » le cerveau.

 

Dex invader

En début de partie, le système de piratage pourra également faire grincer des dents. Les développeurs ont eu l’idée « judicieuse » d’en faire des phases de shoot’em up. Lorsque vous vous introduirez dans un système informatique, quel qu’il soit, votre avatar sera représenté par un vaisseau qui devra naviguer dans un labyrinthe parsemé de pièges. Les défenses informatiques attaqueront votre vaisseau au fur et à mesure de sa progression, et seule votre DEXtérité (vous l’avez pas vu venir celle-là !) permettra de trouver la sortie, synonyme de réussite du hacking. Pour vous défendre, il est possible de shooter les antivirus qui vous attaquent, mais comme pour les combats, il va vous falloir montrer ultra-précis pour arriver à faire mouche. Heureusement, après avoir amélioré ses compétences de piratage, notre vaisseau gagnera en puissance, et arrivé à haut niveau ces phases ne deviendront plus que des passages défouloirs qui ne représenteront plus de grosses difficultés.

 

Un gros coDEX

Mais, Dex, ce n’est pas juste des combats hasardeux et des phases de shoot’em up dont on aurait pu se passer. Dex, c’est surtout la retranscription d’un univers cyberpunk réalisé avec amour. Le jeu vous lâche dans une ville divisée en plusieurs quartiers, disposant chacun de son identité et qu’il est possible d’explorer à sa guise. La majorité des quartiers invite à l’exploration et sont loin d’être tous hostiles. Pour renforcer l’immersion, les rues sont peuplées de gens qui vagabondent, de voitures qui circulent, de chiens errants… Bien que l’on ne puisse communiquer avec tout ce petit monde, vous allez néanmoins croiser moult PNJ aussi barrés les uns que les autres, et qui vous proposeront quelques quêtes annexes qu’il est possible de résoudre de plusieurs façons.

Bien qu’elles soient la plupart du temps feDEX (et de deux !), je les ai trouvées plus intéressantes que l’intrigue principale (avec un dénouement qui évoque étrangement celui du premier Deus Ex). Ceux qui aiment la lecture vont être servis, car vous allez manger des tonnes de dialogues. Le point fort vient du choix des réponses qui nous sont proposées ; elles adoptent un ton caustique teinté d’humour noir, rappelant le politiquement incorrect d’un Fallout 2. Réaliser ces quêtes vous permettra surtout de faire grossir votre compte en banque, et sachez que l’argent est rare (sauf peut être en fin de partie). A moins de s’acheter une amélioration hors de prix, votre personnage ne disposera pas de rechargement automatique de sa santé.

Il faudra donc veiller à ne pas être à court de medikit avant de se lancer dans l’exploration d’une zone hostile. La préparation est donc le maître mot. D’ailleurs, le jeu ne vous guide pas. Il arrivera souvent que vous commenciez à découvrir une zone pour vous rendre compte que vous n’avez pas le niveau, la compétence, ou même le matos nécessaire pour l’accomplir jusqu’au bout. Certains détracteurs accuseront de multiples allers-retours inutiles. Personnellement, j’ai trouvé ce point appréciable, car cela nous force à réfléchir à comment aborder tel ou tel niveau. Cela nous pousse même à ne pas dépenser notre argent n’importe comment. De plus, il est possible de rejoindre n’importe quel zone visitée grâce à un système de voyage rapide disponible dans le menu du jeu.

 

Le DEX appeal

Plastiquement parlant, Dex dispose de décors magnifiques transposant fidèlement le côté sombre et adulte d’un monde cyberpunk. Le point faible vient peut être des personnages qui ont tendance à pixeliser si l’on zoom un peu trop dessus, bien que cela donne un aspect bande-dessinée comics qui n’a pas été pour me déplaire. Musicalement, le jeu s’en sort plutôt bien en nous proposant des bandes sonores différentes pour chaque quartier. Alors bien sûr, nous sommes loin de thèmes transcendantaux qui resteront gravés dans nos mémoires, mais il m’est arrivé d’en ré-écouter certaines sur Youtube après avoir terminé le jeu, signe que je les ai trouvées plutôt agréables.

 

La passion qu’ont mis les développeurs à construire leur univers arrivera à vous faire pardonner les quelques défauts qui ternissent cette aventure futuriste, telle qu’une visée hasardeuse, une IA aux fraises, et des phases de shoot’em up discutables. Pour le reste, tous les ingrédients sont là pour satisfaire le joueur en manque d’un trip cyberpunk pendant une bonne dizaine d’heures.

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A propos de l'auteur : Manitek

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Chaman sonore, coach de carnivores aquatiques, et rédacteur à ses heures perdues...Pour accompagner votre lecture d'un accompagnement sonore : https://soundcloud.com/lemanitek

6 Commentaires sur “Dex”

  1. Avatar Toupilitou dit :

    C’est effectivement les combats qui m’ont fait fuir ; je vais peut être finalement lui laisser une deuxième chance à l’occasion <img class= » />

  2. Avatar Manitek dit :

    C’est bizarre, tu m’a sortie presque le même commentaire sur ma critique d’inquisitor :lol:

  3. Avatar Andariel dit :

    C’est bizarre, tu m’a sortie presque le même commentaire sur ma critique d’inquisitor :lol:

    Tu te méprends surement. ça doit être son clone qui s’est une fois échappé du grenier pour lâcher un comm avant de se faire choper par l’original et être remis à sa place :p

    Sinon Dex… Je kiffe le cyberpunk mais je suis un peu tatillon avec tout ce qui est 2D et c’est pas férocement la perceptive que je préfère pour ce genre. Donc encore hésitant finalement.

  4. Avatar Manitek dit :

    Si t’es tatillon, tu ne risque pas de pardonner la maniabilité du jeu concernant les combats. Heureusement, la prise de risque est minime vu le peu de temps qu’il faut pour le terminer et son tout petit prix (en soldes).
    Donc je te conseille de suivre les conseils de notre loutre cloné (sans doute la loutre chevelu qu’on voit en image de présentation ^^ ) .

  5. Avatar redd dit :

    De mémoire, les combats ne m’avaient pas trop derangé. Sauf au tout début quand on est mal équipés.
    Le jeu m’avait beaucoup plu en tout cas.

  6. Avatar Manitek dit :

    Moi non plus, mais je sais que ça peut en bloquer certains.
    Faut tout de même avouer qu’on est loin de la fluidité d’autres Metroidvania , comme par exemple Dust an elysian tale ou shadow complex .


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