Warframe

Warframe

J’ai récemment eu envie de tester un peu tous les free to play de la Xbox One. Y en avait pas une foule ; à peine une cinquantaine, mais je n’ai évidemment pas touché à tout. Je me suis par contre arrêté un peu sur Paladins (un clone d’Overwatch), et surtout Warframe qui va aujourd’hui particulièrement nous intéresser. Il s’agit paradoxalement d’un jeu dont on m’a pas mal parlé, que j’ai testé lors de la première semaine où j’ai eu une Xbox One, mais que j’ai abandonné. Rendu curieux par l’introduction d’un add-on massif au jeu dernièrement, j’ai finalement décidé de me relancer dans l’aventure. S’ensuivit une amitié très attachante qui m’a rappelé mes bons moments sur Drakensang Online, en bien plus travaillé, forcément.

 

Je n’aime pas trop les free to play. J’aime l’idée de pouvoir jauger les qualités ludiques d’un jeu d’une manière libre, mais je préfère tout de même avoir un jeu complet entre les mains qui ne me demandera pas de débourser quoi que ce soit de plus pour profiter de l’expérience. Mais bon, le free to play partant du principe que son modèle économique est ouvert à tous, difficile de lui demander de ne rien facturer. Nous allons d’ores et déjà parler de ce dernier d’ailleurs, car c’est bien souvent ce qui freine les joueurs avant de se lancer dans des expériences de ce genre.

Warframe a un modèle économique… soft. Disons qu’il n’est pas aussi agressif que je le pensais, car tout joueur peut globalement avoir une courbe de progression qui ne rencontre pas trop de murs infranchissables. En ce sens, on va dire que le système est équilibré. Seulement, Warframe met tout de même une série de holà dans sa progression qui peuvent frustrer, sans pour autant trop saouler le joueur. Durant les vingt premières heures, je n’ai jamais considéré l’achat que comme optionnel, vu que tout ce qui m’était progressé était cosmétique ou mettait en avant un déblocage plus rapide de certains schémas et équipements.

Après ce stade, j’ai personnellement monté le niveau de mon arc au maximum, et je cherchais un schéma pour une arme principale. Malheureusement, soit j’achetais un schéma avec la monnaie du jeu (que j’ai farmé), soit avec de l’argent réel. Et lorsque je voulais débloquer les schémas libres, on me demandait des objets de craft rare, que je n’avais évidemment pas en quantité suffisante mais qu’on m’invitait à acheter. Mon « nope  » naturel lorsque le jeu me proposait de telles options m’a amené à étudier le système de jeu. Certains objets de craft se lootent aisément dans certaines régions, et l’alternative à l’achat est réellement présente. D’autant que refaire des missions n’est pas tant contraignant que les niveaux sont générés de manière procédurale. De plus, si vous avez une arme au niveau maximum, vous pouvez aussi utiliser les autres, ou encore faire progresser tout simplement votre personnage.

Warframe est un jeu de farm à haut niveau lorsqu’il est question de faire monter le niveau de chaque arme, mais avant cela, il y a tout de même plus de cent niveaux dans le titre. De quoi largement avoir une expérience riche sans débourser un seul euro, tandis que le jeu ne paraît pas tant contraignant sur le long terme. La seule barrière est le craft de nouveaux équipements, dont la construction nécessite du temps (24 heures en moyenne), bien qu’en déboursant de l’argent ce temps peut-être réduit, mais globalement il vous suffira de faire autre chose et d’arrêter le jeu, la construction d’équipement se faisant aussi hors ligne.

Si vous vous demandez quel genre de jeu est Warframe, sachez que c’est un TPS assez bourrin et vif, avec une petite composante infiltration, et surtout une grande propension au farm. Ce n’est pas un MMO ; c’est un jeu connecté avec des groupes de maximum quatre personnes. La seule composante MMO que le jeu a actuellement est la zone ouverte d’Eidolon dont je parlerai par la suite, vue qu’elle possède un hub. Mais avant cela, nous allons évoquer le jeu dans sa structure. Vous serez très souvent dans votre vaisseau étriqué pour choisir des missions, personnaliser votre personnage, le faire évoluer, fabriquer des objets… Bref, un hub comme un autre. Le plus souvent, vous serez dans des missions qui sont autant de donjons générés procéduralement.

Pour ce qui est de la personnalisation du personnage et son évolution, Warframe adopte un système que The Surge et Nier Automata lui ont emprunté (faut vraiment que je trouve le premier jeu qui propose ce système !). La montée de niveau débloque des points et on investi des mods pour améliorer chaque équipement. Cette personnalisation permet des builds très variés, et surtout une grande liberté dans l’approche du jeu. On finit donc par vite comprendre tous les principes du jeu, la fusion des mods, le changement d’équipement qui contraint à revenir à un niveau inférieur, bref, une progression constante, teintée d’une régression nécessaire pour renouveler l’expérience de jeu. Car Warframe n’a pas à cœur de vous offrir une expérience variée ; il propose une boucle de gameplay qui se répète sans pour autant lasser si l’on arrive à approcher celle-ci de manière libre et variée.

Il sera donc constamment question de tuer des trucs et des machins, ainsi que récolter le fruit de notre amusement. Je ne dirais pas labeur, parce que le jeu est un délice manette en main, par sa liberté d’approche et la palette efficace de mouvements disponibles pour le joueur. Le gamefeel est particulièrement efficace, tandis que le tir à l’arc est extrêmement satisfaisant (me rappelant d’ailleurs le plaisir du jeu à l’arc sur Crysis 3, l’une de ses rares qualités). Le héros se meut sans problème, et les environnements, même s’ils sont souvent fermés, paraissent relativement ouverts grâce à notre capacité à gravir quoi que ce soit. Le level design est d’ailleurs plutôt réussi vu que les niveaux sont construits par blocs cohérents reliés les uns aux autres, ce qui donne un sentiment de variété même si l’on croise fréquemment les mêmes lieux. Je me suis surpris à voir se générer des niveaux pensés pour l’infiltration avec des raccourcis et autres chemins annexes.

J’ai donc trouvé que, qualitativement, l’offre Warframe est solide tout en étant addictive. Je n’avais pas forcément constamment envie d’aller voir ailleurs lorsque je jouais à ce titre, parce que, justement, j’appréciais profondément ce à quoi je jouais. Alors, certes, l’expérience est ce qu’elle est : c’est un jeu de farm, mais contrairement à un Destiny, j’y prends beaucoup de plaisir. J’y prends d’autant plus de plaisir que la découverte de la zone « les plaines d’Eidolon  » m’a fait buggué. Passer de couloirs en niveaux linéaires à une grande zone en monde ouvert dans le même jeu, sans détérioration de la qualité graphique (mais un framerate qui prend une petite gifle malgré tout), ben ça fait son effet. Je n’avais jamais vécu ça, et quand j’ai vu que certaines choses étaient encore procédurales, que les missions étaient dynamiques et adaptées à ce nouvel espace, j’ai franchement applaudi en admirant ce travail. Bravo les gars.

Dans cette zone, les activités sont alors plus variées. Le système économique devient dépendant de notre investissement dans cette zone et fonctionne via l’accomplissement de missions. J’ai vraiment trouvé que cette autre facette du jeu le renouvelle totalement, et j’ai alors apprécié arpenter cet espace avec d’autres joueurs pour accomplir des quêtes complexes. On prend aussi plaisir à juste explorer ; c’est toute une manière d’aborder le gameplay.

Visuellement, le jeu est d’ailleurs vraiment joli pour un free to play. Le design fera débat, mais on s’y fait vraiment rapidement, et on fini par apprécier la vaste zone d’Eidolon qui a bénéficié d’un soin particulier. Dommage qu’elle soit sujet à aliasing et au tearing. Le jeu reste globalement fluide, mais souffre dans la zone ouverte en situation de combats intenses. Néanmoins, l’offre reste solide sur ce plan aussi. Je regrette que les musiques et bruitages ne m’aient pas tant marqué en jeu ; peut-être qu’en écoute extérieure de la musique je pourrais l’apprécier, mais en jeu ce ne fut pas le cas.

Ah, et n’attendez rien de l’histoire de ce jeu. Le scénario est obscur et les dialogues téléphonés ; sans doute y a-t-il un univers derrière toutes ces personnes que l’on tue et ces lieux que l’on explore. Mais dans les faits : tuer est le maître mot. Et vu que cela Warframe le fait si bien, je me vois mal cracher dans une soupe que je suis encore en train de consommer.

 

C’est certes du free to play, il y a certes des micro-transactions et on les préféreraient absentes, mais dans les faits, on s’éclate sans trop les considérer. On joue à une expérience relativement variée et complète dans laquelle on se sent bien à répéter sans cesse la même boucle. C’est sans doute un peu aliénant comme jeu, mais il me paraît être le meilleur jeu de farm qui peut vous occuper entre deux gros titres. Un vrai jeu pour période creuse dans lequel on prend un certain pied à jouer petite session par petite session. Coup de cœur et plaisir coupable à la fois : veuillez jeter un œil à Warframe !

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

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