La chronique à papy #1

TRI : Of Friendship And Madness

Loutrage, premier sur l’improbable, vous présente cette fois-ci un profil de joueur absent de tous les radars marketeux : le troisième âge jouant sur MAC. Ah-aaah ! Alors, vous ne vous y attendiez pas à celle-là, hein ?! Aujourd’hui, Picq va donc vous parler De TRI : Of Friendship And Madness de Rat King Entertainment, un puzzle platformer à la première personne, aussi atypique que notre rédacteur du jour. C’est parti !

.

Tu me fais tourner, la tête,
Mon manège à moi, c’est toi
Je suis toujours à la fête
Quand tu me prends dans tes bras
Je ferais le tour du monde,
 Ça ne tournerait pas plus que ça
La terre n’est pas assez ronde
Pour m’étourdir au tant que toi

Picq : Oui, rien de mieux que cet extrait de « Mon manège à moi » pour illustrer cet univers épuré, mais tellement prenant et riche d’espace et de dimensions.

Toupilitou : Oooooh non papy, t’abuses ! Tu me l’avais promis : pas d’Etienne Daho… Par contre, je suis ravi que tu le prennes comme ça ; te refourguer ce jeu à tester n’était pas dénué de malice. J’avais usé tout mon stock de sac-à-vomi sur le dernier puzzle platformer à la première personne, à savoir Deadcore, et je ne me sentais vraiment pas de recommencer une autre danse.

Ah bah oui. Il faut avoir le cœur bien accroché ! Si tu as de la persévérance, si tu es curieux de nature, si tu aimes la difficulté, les challenges et cette petite montée d’adrénaline qui te titille lorsque, enfin, tu parviens à tes fins ! Alors ce jeu, est fait pour toi. Mais comme tu le sais bien, ce n’est typiquement pas ton profil, mon petit nauséeux…

…En effet, mais ça fait beaucoup de « si » dis donc papy ! D’ailleurs, dis voir, c’est normal si ton boîtier cardiaque clignote comme un spotlight ?

Oooh ça ? C’est juste que j’ai encore en mémoire la musique zen tibétaine qui m’a accompagné pendant mon errance. Elle a eu le don de me calmer ou de m’énerver, suivant que j’avais la tête en bas, ou non ! Mais, au fait, y a-t-il vraiment un bas, et y a-t-il vraiment un haut dans les dédales de ce puzzle, où les concepteurs nous laissent toute liberté de mouvement ?

Ouch ! J’y suis peut-être allé un peu fort. Je crois que je t’ai cassé tous tes repères spatio-temporels en te proposant ce jeu. Allô allô… Mirabelle appelle Églantine […] Quelle est l’année indiquée sur le calendrier ?!

La maniabilité ? Pour me déplacer, rien de plus simple : quelques touches du clavier ont suffi. Mais, malgré la simplicité des touches de déplacement, sache que sauter accroupi pour franchir un obstacle n’est pas vraiment fait pour les Parkinsoniens ! Non, finalement, le gros du défi sera surtout présent dans la fabrication de triangles ! J’étais le maître des lieux grâce a ce pouvoir. J’ai eu la possibilité de me créer des marches – y compris sur les murs, des passerelles, et toutes sortes de chemins en fabriquant des triangles. Tu imagines un peu ?!

C’était un cours de géométrie camouflé, en fait ? Attends, laisse moi regarder ce que les développeurs en disent : « Test ultime de votre perception spatiale. TRI mêle savamment le style de jeu en vue subjective et la résolution d’énigmes pour repousser les limites de votre esprit ! » Ah… Pour le coup je crois que ça a l’air raté, non ?

C’est vrai que TRI est peut-être un peu trop au millimètre pour moi, dans le sens où je n’avais pas le droit à une erreur de placement. J’ai dû faire une dizaine d’essais avant de passer le premier niveau, et au bout de deux heures, cela a fini par me saouler autant qu’avec deux barriques de Jack Daniels ! Au passage, heureusement qu’il y a un concept d’immortalité ; cela ne pourra que plaire à mes vieux amis qui, normalement, sont davantage enclins à travailler leurs contrat-obsèques plutôt que sur des jeux vidéo.

Je n’avais pas vu ça sous cet angle. Tu fais bien de le préciser ! Mais, papy, dis moi, il y a bien un but pour expliquer ce retournement de cerveau ?

Bien sûr. L’objectif principal est de trouver trois renards par niveau ! Il faudra ensuite les déposer sur un socle dans une pièce secrète qu’il m’a fallu chercher et découvrir. Mon parcours était agrémenté d’idoles à trouver qui, même si elles ne font pas partie de la trame principale, apportent quand même un bonus à l’évolution dans le jeu. Quant au challenge ultime, comme si cela ne suffisait pas, nous pouvons améliorer nos parcours en réduisant au maximum le temps et le nombre de triangles fabriqués pour arriver à nos fins.

Ah bah oui. Logique, en effet. Des renards sur des socles, des triangles et des idoles. Tout s’explique ! Ce système de scoring est bienvenu pour la rejouabilité en tout cas.

Tu l’auras compris ma petite loutre : ce jeu est formidable d’inventivité. Cette liberté totale de déplacement m’a donné l’impression d’être fort, très fort, jusqu’au moment où je ne savais plus où j’étais, et où je me sentais perdu et petit. Tellement petit devant ces énigmes et tous ces passages secrets !

Le graphisme et la musique lancinante n’enlèvent d’ailleurs rien a l’intérêt de cette aventure. Quoi qu’il soit, de temps en temps, j’ai dû sortir de ma torpeur en prenant un bon cappuccino devant un bon film d’action – mais si, tu sais, du genre avec ce jeune parvenu qui s’appelle Bruce Willis. Sans cela, je dois avouer que je me serais retrouvé avec les ongles rongés jusqu’aux poignets !

Ce serait moche en effet, surtout pour mamie quand elle nettoiera ton clavier ! Le mot de la fin, papy ?

TRI sera top !

[…]

.

« Ne doutez plus, foncez ! Toutes les réponses se trouvent devant« . Si quand vous montez sur un tabouret pour prendre un pot de confiture sur le haut du buffet de mamie, et que la tête vous tourne, alors passez votre chemin. TRI : Of Friendship And Madness n’est pas fait pour vous, et vous risquez de salir votre clavier avec le menu de votre déjeuner. Ce qui serait dommage, avouez-le !

Tags

A propos de l'auteur : Picq

Photo du profil de Picq

L'alcool, non. L'eau ferrugineuse, oui !!!

Un commentaire sur “La chronique à papy #1”

  1. Photo du profil de Etorra Etorra dit :

    C’est intéressant d’avoir l’avis d’un papy sur les jeux vidéo, la plupart des plus de 40-50 ans ont déjà du mal à se servir d’un ordinateur :p

Laisser un commentaire

Groupe Steam

Derniers commentaires

Aller à la barre d’outils