Attack of The Earthlings

Attack Of The Earthlings

Version presse fournie par Cosmocover

 

Attack of The Earthlings : voilà un jeu que je n’attendais pas et dont je ne savais pas grand chose, alors que je n’avais pas spécialement de temps pour le traiter. Pourtant, il m’est tombé dessus par la grâce d’une clé proposée par l’agence Cosmocover. Tout au plus je savais qu’il s’agissait d’un tactical développé par la Team Junfish avec de l’humour dedans. Depuis le temps, je devrais  savoir que tester des jeux à l’aveugle me revient souvent en boomerang dans la tronche, pourtant je l’ai accepté. Bien m’en pris, puisque je suis tombé sur un jeu tout à fait rafraîchissant. De quoi cette affaire retourne-t-elle exactement ? C’est ce que nous allons voir ensemble. C’est parti !

 

Tout part d’un setting relativement simple mais pourtant inhabituel. En effet, la planète X13 est envahie à des fins de minage énergétique et la population locale fait les frais de cette colonisation capitaliste. Toutefois, en l’occurrence, l’envahisseur est humain, composé de représentants de la méga-corporation Galactoil. Leur but ? Récolter l’énergie de tout l’univers connu en forant tout et n’importe quoi comme des sauvages afin d’amasser des montagnes de pognon. Quant à la populace locale, il s’agit d’une espèce insectoïde, les Essaimeurs, et ils se sont légèrement sentis agressés au débarquement de l’équipage de bras cassés. Les choses étant plutôt pas trop mal faites, les Essaimeurs bouffent tout ce qui bouge, humains compris. Et pour amener le côté peu banal, nous prenons en main la matriarche de cette race alien à la tête de l’insurrection.

Vous l’aurez compris : vous débarquez dans un univers complètement loufoque, amené par un humour noir aux accents british qui ne va jamais jusqu’au lourdingue. Pour les adeptes du genre, vous apprécierez donc l’écriture globalement light d’un scénario que l’on pourrait qualifier de « à la con  » , mais qui vous laissera bien souvent avec un sourire aux lèvres. Tout cela est d’ailleurs appuyé par des graphismes cartoon, tandis que les animations des PNJs leur donnent une démarche volontairement exagérée et humoristique. Et ce ne sont pas les activités des civils qui vont contredire cela, puisqu’ils ont tous un planning absurde, consistant généralement à aller d’un distributeur de billets A vers un distributeur de billets B. L’histoire ne dit toutefois pas si leur retrait a été effectué ou si ce DAB du futur n’est finalement rien de plus qu’une machine à sous.

On retrouvera un total de sept niveaux, allant des quais d’embarquement aux bureaux de direction, en passant notamment par les secteurs administratifs ou financiers. La structure du vaisseau étant globalement conique et pointant vers le bas tel une foreuse stellaire, les niveaux inférieurs sont vers la pointe d’atterrissage, tandis que le bureau de la direction situé au sommet est très vaste. A noter que l’on passera même à proximité de ce qui ressemble à un mini-zoo, peuplé de mouches géantes, de lions, d’un requin dans sa cage sans eau et… d’une licorne. Quoi qu’il en soit, chaque niveau dispose de ses petits endroits what the fuck, bien que le jeu ne suscite pas forcément l’envie à travers ses mécaniques de se lancer dans de l’exploration.

Pour résumer succinctement les éléments du gameplay, la matriarche en question, une bestiole à la sale gueule et aux quatre bras griffus, bouffe tous les cadavres qu’elle croise, gagnant ainsi de la biomasse. Cette dernière lui sert alors à utiliser des compétences mais également à pondre des grunts. Toujours avec cette biomasse, les grunts peuvent évoluer en trois types d’insectes : un gros Goliath, un autre cracheur de liquide corrosif et enfin un dernier spécialiste des conduits d’aération et du backstab. Autrement dit, plus il y a d’humains tués, plus il y a de cadavres à bouffer et plus vous pourrez créer d’unités. La mama n’étant pas très regardante sur l’origine de la bidoche, elle peut très bien ingérer sa propre progéniture. Néanmoins, le montant de biomasse disponible ne dépend pas uniquement de la matriarche, puisque toutes les unités peuvent ripailler autour d’un cadavre pour l’augmenter.

A noter aussi que la matriarche peut infecter un civil par surprise (cela ne fonctionne pas s’il est paniqué), afin de s’en servir comme d’un drone qui ne sera pas détecté par la plupart des unités adverses. Pour le reste, il faut savoir que l’ensemble du jeu est en tour par tour peu importe que l’on soit en combat ou non. A chaque tour, on dispose d’un montant de points d’action par unité et une fois toutes les actions effectuées, on termine son tour. C’est alors aux humains de jouer, chaque unité l’une après l’autre, et l’on voit alors toutes leurs actions se dérouler pour peu qu’ils soient dans notre champ de vision. Libre à nous d’utiliser ces points pour nous déplacer, attaquer, ou bien encore utiliser une compétence. Nos avatars étant des aliens relativement limités, ils n’ont pas d’inventaire et ne savent pas spécialement manipuler des objets, si ce n’est des portes d’armoire pour se planquer ou des portes tout court pour rentrer dans une pièce.

En effet, Attack of The Earthlings propose un système d’infiltration light, où l’on devra gérer tout aussi bien le champ de vision des ennemis, représenté par un cône rouge sur le sol, que le bruit que nous générons avec nos actions, représenté par des pointillés blanc sur le sol. Les ennemis peuvent alors venir investiguer s’ils entendent des bruits suspects (cône jaune), tandis qu’ils seront en mode alerte s’ils vous ont vu (cône rouge). D’ailleurs, certaines de nos unités peuvent exploiter cette gestion du bruit afin de provoquer une diversion. Par exemple, vous avez deux unités qui font le double des dégâts s’ils attaquent par derrière, sauf que leurs ennemis ont leurs champs de vision respectifs qui leur font face. Il vous suffit alors d’envoyer un « drone  » dans la direction opposée, de lui demander de faire une diversion (en vomissant, par exemple) et leur champ de vision va pivoter, ce qui vous laissera l’opportunité de faire une attaque synchronisée en mode backstab.

Néanmoins, cette technique de diversion par drone ne fonctionnera pas sur toutes les unités adverses et les plus haut level ne se laisseront pas berner si facilement, d’autant plus s’ils sont en état d’alerte. On pourra d’ailleurs noter que ce jeu se contente d’un système de détection visuel et sonore, sans s’encombrer de mécaniques de couverture ; t’es gros, t’es moche et tu bouffes du péon, alors pourquoi se cacher ? Parmi tous les ennemis, on retrouve les troufions de base avec leur mitraillette, les mêmes avec une armure renforcée, d’autres avec un genre d’exosquelette couplé avec une bonne vieille sulfateuse, des nanas avec des katanas énergétiques qui attaquent automatiquement tout ce qui passe à leur portée, des tourelles robotiques (mention spéciale pour celle que j’ai trouvé chez le psychologue), des boss et diverses autres unités que je vous laisse le plaisir de découvrir. Toutefois, vous ne croiserez pas que des militaires puisque vous aurez l’occasion de manger trouver des civils et de voir des robots, ces derniers étant souvent des contremaîtres équipés d’une matraque. Oui, pour la motivation.

Dans chaque niveau que vous commencerez, vous aurez un objectif principal pour finir la mission ainsi que des objectifs secondaires. L’objectif principal est généralement d’aller d’un point A vers un point B, votre but étant d’atteindre le sommet de la tour et de bouffer tous ses occupants, tandis que les objectifs secondaires rajouteront une pointe de challenge avec, par exemple, une notion de timer. A l’issue de chaque mission et en fonction des objectifs complétés, du nombre d’unités alliées mortes, du nombre de tours nécessaires pour boucler le niveau, nous obtiendrons un certain score de mutagène. Cela nous permettra d’améliorer notre matriarche et / ou ses rejetons à travers un micro-arbre d’évolution afin de les rendre plus badass. Le must étant bien évidemment de faire des attaques synchronisées afin d’éviter tout dommage collatéral, bien que l’on ne puisse dans ce cas là qu’enclencher des attaques basiques.

J’en ai vu certains reprocher le fait qu’il n’y ait pas de map. A un moment, j’ai envie de dire que quand la majorité de tes skills consistent à pondre des bestioles et bouffer des cadavres, le champ des possibilité s’avère relativement limité. Donc, non, nos aliens ne peuvent ni consulter de map, ni connaître à l’avance ce qu’ils n’ont pas exploré (ce qui justifie le brouillard de guerre), ni voir ce qui est hors de leur champ de vision ou hors de portée de ce qui leur sert d’ouïe. A partir de là, soit vous comptez sur votre mémoire, soit vous faites à l’ancienne et vous griffonnez votre map sur un bout de papelard. A côté de cela, pour ne pas se faire surprendre pendant l’exploration, il convient évidemment d’observer et d’apprendre également les rondes des ennemis. Néanmoins, bien que certains niveaux soient assez étendus, il n’y a rien de réellement immense. Même si, vu la forme du vaisseau, plus l’on monte dans les niveaux et plus ils sont vastes.

Au-delà de tout ça, je tiens à noter qu’il n’y a pas de possibilité de reconfigurer les touches du clavier et que l’ensemble est paramétré en QWERTY. Ce genre de détail lui aurait valu en temps normal d’être biflé comme il se doit mais étant donné que tout se gère à la souris (excepté la rotation de la caméra), j’ai envie de dire que ce n’est pas bien grave. Un mot également sur le voice acting des personnages principaux, car il faut avouer qu’il est de relativement bonne facture. Quant aux personnages secondaires, à savoir tous les PNJs de la zone, leurs dialogues sont évoqués via de vagues marmonnements, ce qui couplé à leur démarche bizarroïde amène généralement un début de sourire.

Attack Of The Earthlings est un jeu relativement court, puisqu’il m’a fallu un peu moins de dix heures pour le poncer. Malgré cela, je pense que cette durée est bonne car l’ensemble reste relativement répétitif. Néanmoins, et malgré sa relative liberté d’approche des situations, du fait de sa linéarité et de ses événements scriptés, on peut décemment faire une croix sur la rejouabilité. De plus, il n’y a pas de choix de niveau de difficulté et si l’on excepte les défis à réaliser sur chaque mission (finir en un minimum de tours, réussir les objectifs secondaires, ne pas perde d’unités, etc…), rien ne vous y ramènera une fois terminé.

 

Pour un jeu que je ne connaissais pas, j’ai finalement été surpris dans le sens positif du terme. Même si l’aventure ne dure finalement qu’une poignée d’heures. Actuellement disponible en huit langues, je garde espoir qu’il soit un jour traduit dans la langue de Molière afin d’élargir son public potentiel et qu’il se vende bien. On pourra dès lors espérer que grâce à un budget adapté, la Team Junkfish arrive à nous pondre un tactical un poil plus ambitieux en termes de mécaniques de gameplay, de durée de vie et de rejouabilité. En tout cas, c’est tout ce que je leur souhaite !

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A propos de l'auteur : Toupilitou

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6 Commentaires sur “Attack of The Earthlings”

  1. Avatar Gelukpa dit :

    L’idée d’un X-COM à l’envers est assez tentant, si en plus il y a de l’humour réussi alors c’est sur dès que la VF sort je le prend !

  2. Avatar Toupilitou dit :

    Attention : C’est beaucoup plus light qu’un XCOM. Si on devait le rapprocher d’un autre jeu, ce serait plutôt Invisible Inc, mais là encore en plus light, et le côté Roguelite en moins.

  3. Avatar Troll Traya dit :

    C’est con qu’il ne soit pas plus poussé que ça… Ce genre de délire à la Dungeon Keeper ou autre Destroy all humans, ça me manque parfois…

  4. Avatar Toupilitou dit :

    Je ne connaissais pas du tout Destroy All Humans… Ça a l’air bien fendard <img class= » />

  5. Avatar Marcheur dit :

    Destroy All Humans :lol:
    Ces jeux manquent à l’humanité :cry:

  6. Franchement, ça m’arrive de mettre la BO de Destroy All Humans à l’occasion d’un apéro, ça fait toujours son petit effet.


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