Nier Automata

Nier Automata

Pod 153 : « Cette critique est plutôt expérimentale. Nous vous conseillons d’en lire l’intégralité si vous avez l’intention de jouer tôt ou tard à Nier Automata. Si vous êtes juste là par curiosité, lisez la Critique A qui vous exposera une grosse partie des arguments à même d’attirer le joueur dans ce jeu. Marcheur vous conseille d’ores et déjà d’en faire l’acquisition. A présent, bonne lecture. »

 

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Keiichi Okabe – Nier Automata : A Beautiful Song

 

Bon, une des raisons pour lesquelles j’ai acheté une PS4 c’était Nier Automata, c’est donc tout logiquement que j’avais une certaine attente du dernier jeu de Platinum Games, mais surtout de Yoko Taro. En effet, si je ne voue pas un culte insensé au premier opus de cette saga en deux épisodes, je dois bien avouer qu’en termes de jeux AA japonais, on était en face de l’un des plus intéressants du milieu. Mais, il faut bien admettre que ce second opus, bénéficiant d’une attente bien plus importante que celle du premier épisode, avait dans sa besace un potentiel bien plus séduisant que son aîné. Alors, jeu culte, ou juste très bon ?

 

Critique A : To Be or not 2B

 

Ne sous estimez jamais le pouvoir d’une OST, car c’est surement en grande partie grâce à elle que le premier Nier est arrivé à avoir un successeur. L’attente était haute pour Nier Automata. Était-il seulement possible que Keiichi Okabe arrive à égaler l’original ? Il faut bien dire qu’il s’est diablement bien débrouillé pour rendre la copie tout autant marquante, voire même plus marquante encore. Keiichi s’est en effet encore un peu plus lâché, et a eu la bonne idée de rendre la musique plus diégétique encore, dépendante parfois des phases de boss plus avancées, ou d’une progression dans l’histoire. Résulte des compositions qui sont déjà à la base très belles, mais qui se réinventent au fur et à mesure du titre ; une idée qui fait des merveilles en jeu comme en écoute extérieure.

C’est ainsi que l’on a droit à des heures de musiques, nouvelles ou remaniées, pour une des OST les plus denses et les plus marquantes de ces dernières années. L’histoire tranchera pour dire ou non si Nier Automata possède la bande-son la plus réussie du jeu vidéo. Donc voilà, rien que pour les oreilles (… sauf celles d’une certaine loutre qui serait capable de mettre le volume des musiques à zéro), Nier Automata vaut un certain investissement. Mais le reste, ça se passe aussi bien ?

Continuons sur l’ouïe. Platinum Games accouche de bruitages très aboutis une fois encore, donnant un peu plus de patate à des affrontements que je décrirai plus tard. Globalement, c’est ici aussi un travail tout à fait remarquable, et on remercie le studio mercenaire japonais d’avoir laissé plus de place à la musique qu’à ses bruitages. De quoi en faire des sons complémentaires à l’histoire que conte la musique, une nouvelle fois très imagée. Pour ce qui est des doublages, que ce soit la version anglaise ou originale japonaise, le travail est assez remarquable, même si je conseille tout de même la version anglaise, parce que les comédiens de doublage nippons et leur surjeu… Non. Juste non.

Au niveau de la réalisation visuelle, c’est vraiment là où le bât blesse. Disons que Nier Automata est parfois franchement mignon, mais souvent, trop souvent un jeu de la génération précédente mis en 1080P sur la pourtant puissante PS4 Pro, avec un framerate assez instable à 60 images seconde. On voit clairement que Platinum Games a privilégié la fluidité de l’action, ainsi qu’un travail honnête sur l’esthétique et le rendu des palettes de couleurs. L’ennui; c’est que ce travail est extrêmement hétérogène, et, bien souvent, le résultat est très en deçà des attentes que l’on a d’un jeu de 2010… Alors, en 2017 ? Platinum Games aurait pu se camoufler derrière son « open world  » qui constitue, il est vrai, une certaine progression par rapport à leurs précédentes productions (… mais aussi du premier Nier), sauf que l’ensemble est davantage une série de « régions  » , liées par des couloirs plus ou moins cachés; avec plus ou moins de raccourcis.

Alors certes, c’est un open world, mais il est sacrément petit, pas franchement passionnant à regarder et à parcourir, bien que Platinum Games ait eu l’idée d’y cacher une bonne grosse poignée de secrets ou de donjons à explorer. De quoi garantir un certain plaisir de l’exploration… Dommage. Dommage qu’il soit brisé par des allers-retours incessants pour des quêtes secondaires qui, certes, savent se faire bien écrites et intéressantes, mais une grosse partie ne proposent finalement que des allers-retours pour s’occuper de livraisons de matériaux à la con.

Oui, on parcoure donc de long en large le monde ouvert du titre, s’infligeant des ennemis qui reviennent sans cesse à la vie sans varier une seule seconde vue la répétitivité du bestiaire, ce dernier ne comptant surement qu’une dizaine d’adversaires « basiques  » et une demi douzaine de boss uniques. La répétitivité est donc de mise, et c’est dommage lorsqu’on sait que le jeu ne dure qu’une quinzaine d’heures… Aïe.

Heureusement : les affrontements sont bien huilés. Les combats au corps-à-corps rappellent énormément Metal Gear Rising en un peu moins dynamique peut-être, et surtout, beaucoup moins profond. Mais nulle inquiétude, on se sent bien le katana à la main, et 2B n’est pas qu’un robot dévoilant son fessier à chaque attaque (… très courte et flottante cette jupe ; belle sape cela dit), mais une combattante agile et agressive. Le système de progression du personnage, extrêmement proche d’un The Surge, permet des builds très intéressants. Dommage encore une fois que le nombre d’armes soit si réduit, tandis que le nombre de classes d’armes est encore plus réduit, s’élevant au faramineux nombre de… 4 ? Pas fameux.

Mais comme s’en défend habilement Platinum Games, le but n’était pas d’offrir la profondeur d’un beat’em up typique de leurs productions, mais plutôt la simplicité d’accès et la variété d’un jeu comme Nier. Ainsi, en addition de ses armes de corps-à-corps, vous disposerez d’un pod permettant de transformer le jeu en shoot’em up, lui aussi très sommaire avec un choix dans une gamme assez intéressante de possibilités de tir. En parlant de shmup, il arrivera fréquemment d’avoir le droit à des séquences en mécha, où le titre troque volontairement son corps-à-corps pour des phases de shoot’em up en défilement horizontal / vertical, ou en 3D. De quoi garantir quelques séquences rafraîchissantes dans un océan de répétitivité.

Alors c’est tout ? Non, ce n’est pas tout. Nier Automata propose aussi quelques montures, du commerce, des objets assez nombreux à récupérer afin d’améliorer son personnage et son équipement… Globalement, on a tout le temps quelque chose à faire entre la quête principale et les secondaires, d’autant qu’Automata offre une histoire très agréable à suivre, avec des thématiques intéressantes, bien que pas assez exploitées. On arrive assez vite au terme du jeu, et on s’est beaucoup attaché à 2B, mais peu au reste du casting . Il reste une impression de manque qui se fait assez pesante. Dommage, mais pas surprenant pour un jeu développé en moins de deux ans avec un budget réduit.

Reste qu’avec son atmosphère unique, son contexte pour le moins atypique et quelques séquences clairement réussies, on ne pourra que féliciter Platinum Games d’avoir assez bien réalisé le gameplay du titre avec quelques beaux boss, et Yoko Taro pour avoir réussi à rendre une copie d’une histoire certes incomplète et parfois cousue de fil blanc, mais réellement intéressante et attachante. Je regrette que cela soit si court.

 

Square Enix et Platinum Games ont donné une belle chance à Yoko Taro de marquer une seconde fois les esprits. Automata s’avère digne de son prédécesseur. Quoi qu’étant plus court, il se montre plus varié, parfois plus surprenant et farfelu, et donne naissance à des souvenirs de jeux particulièrement intéressants. Je ne saurai que trop vous recommander de… attendez…

 

9S : « Piratage en cours de la critique 2B ! Il n’y a pas de raison qu’on ne m’y fasse pas mention.  »

 

 

Keiichi Okabe – Nier Automata : Vague Hope

 

Critique B : SubliSSime Superbe SalaiSon de Saumon Sacrément et Significativement Succulent cela fait 9S

 

9S, quant à lui, n’est pas forcément le meilleur combattant au corps-à-corps. Mais il excelle dans le piratage, et sait apporter des éléments supplémentaires à l’histoire. Il nous fait nous rendre compte que nos adversaires ne sont pas forcément ce qu’ils paraissent. Pour cela, encore aurait-il fallu ne pas leur foncer dans le lard et essayer plutôt d’en découvrir plus à leur sujet… Qu’importe. 9S est un personnage qui laisse beaucoup plus de place à des séquences de shoot’em up, certaines quêtes secondaires lui sont même réservées, et on sera surpris de voir toutes les utilités de ses capacités de pirate informatique changeant drastiquement la manière dont on aborde le jeu ainsi que le récit.

Un récit qui gagne d’ailleurs en densité grâce à une grande addition de cinématiques ou phases narratives, qui expliquent énormément de choses et éclaircissent des zones d’ombre dont 2B ne peut avoir conscience. 9S est une belle opportunité d’enrichir l’histoire et de donner un peu plus de profondeur aux thématiques effleurées par l’histoire de 2B. Dommage que l’on fasse une nouvelle fois avec un monde ouvert restreint et de nombreux autres allers-retours. Cela dit, les éléments qui s’ajoutent au récit méritent amplement de refaire ce que l’on a déjà fait sous un nouvel angle…

 

Square Enix et Platinum Games ont donné une belle chance à Yoko Taro de marquer une seconde fois les esprits. Automata dépasse son prédécesseur avec son récit un peu plus intéressant et un duo de protagonistes que l’on apprend à découvrir chacun leur tour. De quoi donner des idées à d’autres développeurs pour rendre leurs récits plus palpitants. C’est après environ 25 heures de jeux que vous mettrez un point final à Nier Automata, qui manque peut-être encore un peu de matière et souffre un peu trop de ses allers-retour, mais s’avère aussi particulièrement…

Pod 153 : « Annulation de la conclusion, intégration d’urgence du sujet A2 au récit. Veuillez lire la partie suivante.  »

 

 

Keiichi Okabe – Nier Automata : Bipolar Nightmare

 

Critique C : Tout est mieux A2

 

Après un rebondissement d’une rare violence dans son récit, Nier Automata brise la logique d’une conclusion classique et apporte une véritable suite à l’arc narratif initialement débuté. Avec audace, il amène un nouveau personnage, à peine évoqué et aperçu dans les deux premières parties, à devenir bien plus important. Ce nouveau regard alterne cette fois les points de vue, et est beaucoup plus court que les deux précédents morceaux du titre. Fort heureusement, si l’on repasse une nouvelle fois par les mêmes environnements, on a aussi droit à une grosse poignée de quête secondaires inédites et de grosses séquences très poignantes.

On aurait pu avoir peur de la conclusion et du drama facile des histoires japonaises. Il n’en est rien. La mélancolie et le désespoir froid de Nier fait son grand retour dans cet ultime arc, et l’histoire de Nier Automata, si elle s’afflige de quelques incohérences et raccourcis narratifs, reste une des plus belles racontées sur cette génération de console. Si on désespère de la répétitivité de l’action et de la routine mécanique qui s’installe, le titre s’efforce de casser des codes pour renouveler son expérience, et y arrive non sans désorienter le joueur chevronné. Cette partie du jeu est vitale pour prendre en conscience à quel point ce jeu d’action / aventure a pu avoir de l’importance sur l’expérience de joueurs de beaucoup de personnes. On reste sur une conclusion particulièrement marquante et ambitieuse, qui surprend par rapport au manque manifeste de moyens sur cet ultime partie du titre.

 

Nier Automata rebondit bien et fait bien mieux que son prédécesseur, surclassant largement le dernier Final Fantasy, et se garantissant tranquillement une place de choix dans le panthéon des jeux japonais marquants de cette génération. On attendra impatiemment le prochain jeu de Yoko Taro, et vu le succès commercial de celui-ci, il n’est pas à exclure de voir naître une suite, au moins spirituelle, à ce petit bijou un peu brut parfois, mais si savoureux. Une chaude recommandation vous en …

 

9S : « Piratage en cours de la critique 2B… Je refuse d’être mis de côté.  »

 

Keiichi Okabe – Nier Automata : Song of the Ancients – Atonement

 

 

Critique D : Touches pas à mon Pod

 

Pod 042 : « Inquiétude : la dispersion de cette critique risque de nuire à la compréhension globale du sujet par les lecteurs. Peut-être serait-il temps que l’auteur reprenne les rênes de son récit. Pouvons nous l’y aider en l’état actuel des choses ? « 

Pod 153 : « Difficile à dire. Le sujet androïde 9S échappe à tout notre contrôle ; nous devons veiller à une ouverture pour offrir une vraie conclusion à cette critique. En attendant. « 

9S, 2B… Je suis franchement heureux d’avoir pu vivre cette tranche de vie avec vous… Ça a parfois été très dur, et j’ai souvent eu le sentiment que Nier Automata était un grand remplissage dans une base solide. Maintenant, je sais que c’est un très grand titre, pas le meilleur auquel j’ai joué, mais gigantesque pour sûr. Je sais que vous ne me laisserez pas encore conclure, parce que parfois on ne peut pas mieux expliquer ce qu’un titre offre qu’en invitant les lecteurs à y jouer. Encore merci Yoko Taro et Platinum Games. Puisse Scalebound avoir un jour la chance de vivre comme vous avez donné vie à de simples données…

Pod 153 : « Restauration complète de la critique en cours… « 

Pensez vous que le jeu vidéo est un loisir stupide ?
Oui / Non

Pod 042 : « Attendez, il y a encore une entrée non-corrompue. Souhaitez-vous la lire ? « 

 

 

Critique E : Error funny title not found

 

Keiichi Okabe Nier Automata : The Weight of the World

 

Nier Automata est un shoot’em up expérimental un peu hardcore qui nécessite une connexion internet pour être conclue. Vu d’ici, ça a l’air naze, mais en réalité, ça se joue bien, et la récompense finale est franchement sympathique. Maintenant, est-ce que cela valait le coup de se faire pirater à deux reprises sa critique, d’affronter des centaines d’allers-retours, de parfois avoir envie de chialer de rage à cause d’un système de sauvegarde antédiluvien, et d’avoir souvent l’impression de jouer à une expérimentation pour renverser les codes du jeu vidéo ?

 

Oui, putain ! Jouez à Nier Automata. Yoko Taro vous aime, Platinum Games merci, Square Enix merci aussi.

 

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A propos de l'auteur : Marcheur

Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

4 Commentaires sur “Nier Automata”

  1. Prypiat dit :

    Bel exercice d’écriture, GG ! smile

    Ce jeu est dans ma wishlist depuis un bout de temps, je dois dire. Encore trop cher à mon goût (60 balles sur PC faut pas déconner) mais je compte bien le faire un jour !

    J’ai un peu buggé sur ta phrase « un shoot’em up […] qui nécessite une connexion internet pour être conclue » par contre. Qu’entends-tu par là ?

    • Marcheur dit :

      J’entends : un shoot’em up… que je ne décrirai pas pour ne rien gâcher :p

      Et merci pour l’effort sur l’écriture, je trouvais ça intéressant de coller à la structure du jeu ^^

      Sinon oui, évite le prix fort sur PC, ou limite attends une grosse mise à jour pour corriger qui devrait arriver avec une promotion intéressante pour relancer les déjà excellentes ventes.

      Pour quand même te donner un indice sur le shoot’em’up en ligne, pas d’inquiétude, c’est à la toute, toute fin ;)

    • Prypiat dit :

      Ah d’accord. J’avais compris ça comme « la fin est en DLC ». ^^ Ouais, je sais, parano, tout ça.

      Le fait que le prix ait pas bougé (en boîte) depuis la sortie est peut-être synonyme de bon jeu en fait :p

  2. Marcheur dit :

    T’inquiètes, pas de fin en DTC pour Nier Automata, c’est un jeu complet ;) et oui, il est bon, pas merveilleux, pas mirifique, pas le jeu de l’année, mais bon c’est certain.

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