Postal 2

Postal 2

Le premier opus de Postal a vu le jour en 1997. Il a aussitôt été censuré dans de nombreux pays, tournant ainsi sous le manteau dans de nombreuses chaumières, et amenant même le studio Running With Scissors devant les tribunaux US. Leur crime ? Avoir créé un jeu où l’on rentre dans la peau d’un psychopathe ayant un fâcheux penchant, bien que créatif, pour le meurtre de masse. Avec ce deuxième opus, les développeurs réitèrent en 2003, mais en 3D, et en mettant en avant l’humour, qui était malheureusement absent chez son aîné, quand bien même l’idée de base est identique. Alors, quel effet cela fait-il de rentrer dans la peau du Postal Dude ? C’est ce que nous allons voir ensemble. C’est parti !

 

On commence la partie en émergeant difficilement de notre sommeil dans une caravane miteuse ; le réveil qui explose les tympans après la cuite de la veille, la mégère qui nous sert de femme gueule qu’il n’y a plus de lait, et le chien braille comme un cinglé à l’extérieur. Vous sentez la pression monter ? Nous ne sommes pourtant que lundi, et ce con de clébard, non content de miner le « jardin » d’étrons, ne trouve rien de mieux que de pisser sur mon futal à peine posé un pied dehors. Et là, la pression, elle en est où ? Et ce crétin de voisin qui trouve toujours le moyen de la ramener dès qu’il me croise. Putain ! Où est ma pelle ?! Ah oui, dans la petite cabane. Tiens… Il me reste une douille à taper à l’intérieur ; ça va me détendre.

Oui, vous êtes Postal Dude, et chaque jour aura son lot de corvées ; aller acheter du lait, aller chercher sa paye, déposer son chèque à la banque, faire signer une pétition, aller voir Gary Coleman en visite au centre commercial voisin. A vous d’y apporter une légère touche fantaisiste afin d’obtenir le petit plus salvateur qui manque dans votre vie. Tout est prétexte à péter un plomb, à moins que ce ne soit vous qui êtes en recherche d’un prétexte, je ne sais plus.

Nous pourrons donc parcourir une charmante bourgade, dont certains quartiers se débloqueront au fur et à mesure de l’avancement de la semaine. Cette ville est composée de différentes communautés aussi représentatives de la société qu’un sondage Ipsos ; des hipsters, des camés, des militants en tous genres, des blacks, des péons, des fachos, des religieux, des terroristes et bien évidemment des flics, le SWAT et des militaires.

Tous les visages de ces personnages sont générés aléatoirement parmi un panel d’une centaine de possibilités, mais on retrouve tout de même très souvent les même traits. Mais après tout, on s’en fout, car This is the first day of the end of your life. Les développeurs ont d’ailleurs probablement retenu la leçon de leurs déboires judiciaires, car nous il n’y aura pas d’enfants à torturer à la sortie de l’école. Ils nous assurent même qu’il est tout à fait possible de finir le jeu sans tuer la moindre personne, quand bien même tout le monde lance ce jeu pour s’adonner à un sadisme malsain.

Mais voilà, c’est l’Amérique, et les armes sont aussi courantes que les boulangeries dans nos vertes contrées ! Nous retrouverons bien évidemment les grands classiques, tel un flingue, un fusil à pompe, un fusil mitrailleur, un lance roquette, un sniper, des grenades, des cocktails Molotov. Mais également des armes légèrement plus exotiques, tel une tête de veau en voie de décomposition, des ciseaux, un bidon d’essence (et les allumettes qui vont avec), une pelle (… ô joie !), un taser, une matraque, ou bien vous faire assister par votre chien.

A noter qu’avec un peu d’imagination, un chat peut tout à fait servir de silencieux sur un fusil à pompe. Et afin d’affaiblir vos ennemis, sachez que vous pourrez ruser en leur pissant dessus puis en les tazant, mais attention à ne pas vider complètement votre vessie, car cela pourrait vous sauver la vie si vous êtes en feu !  Avant que ce test ne devienne complètement surréaliste, sachez seulement que vous aurez beaucoup d’outils à votre disposition pour obtenir un résultat aussi macabre que créatif.

Tous les PNJ que nous croiserons auront un archétype psychologique. Ainsi, une même action n’aura pas la même incidence selon la personne en face de vous, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Pour vous donner un exemple concret : vous baissez votre braguette en pleine rue et un passant s’arrête pour se foutre de vous tandis qu’un flic vous demande de remballer votre engin. Vous décidez ensuite de pisser sur une dame qui passait par là, et qui s’empresse de recracher son petit déjeuner, tandis que son voisin d’à côté dégaine un flingue parce qu’il a reçu une éclaboussure sur son futal.

Le flic vous oublie et commence à mettre en joue l’homme qui vous menace. S’en suit un règlement de compte en plein milieu la rue, où le policier blessé se fait assister par ses collègues. L’homme armé finit étalé sur la route, le corps criblé de balles, tandis que vous remontez votre braguette. Retentez l’expérience une rue plus loin, et vous verrez que le déroulement ne sera pas forcément le même, bien que la finalité sera malgré tout un bain de sang.

Techniquement, disons le franchement, ce jeu est malgré tout très mauvais ; les décors sont relativement pauvres, les bugs de collisions sont assez fréquents, la physique est assez bizarre, les temps de chargement sont fréquents et longuets, l’intelligence artificielle réagit parfois très bizarrement, et la précision des armes est complètement hasardeuse. Un jeu qui se vendrait en tant que FPS et présentant toutes ces tares serait rapidement refoulé par les joueurs, mais ce ne fut pas le cas, puisque le fun n’est pas à chercher du côté du gameplay.

Postal 2 prône l’absurde dans toutes les situations, et n’importe quelle tâche banale va se transformer en orgie sanguinolente. Postal 2 est finalement un défouloir sous acides, alternant des scènes de violence gratuite, tant morale que visuelle, agrémenté de blagues d’un mauvais goût certain mais assumé ; il y a souvent de quoi taper de bonnes barres de rire en assistant aux multiples situations complètement grotesques. Ajoutez à cela qu’il y a le Steam Workshop de disponible, et vous vous rendrez comptez que les délires pervers n’auront plus de limites.

 

Définitivement politiquement incorrect dans son concept, cumulé aux délires bien crados des développeurs, Postal 2 est un jeu qui dispose d’une ambiance unique. Le plus étonnant étant que, douze ans après sa sortie en 2003, les développeurs ont pondu une extension en avril 2015 ayant reçu un accueil très positif : Paradise Lost. En bref : un jeu dispensable, mais quand même bien marrant.

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A propos de l'auteur : Toupilitou

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