Yakuza Kiwami

Yakuza Kiwami

Version presse fournie par Koch Media

 

Yakuza… Yakuza… Mmmh non je situe pas. Ah… Ah si ! La série qui va sur son septième épisode que tu as toujours vu dans les magasins de JV sur Playstation, et que rien au monde ni personne ne te parlait à part les Yakuza fans. Les mêmes qui passent littéralement leur vie à attendre le portage du nouvel opus en occident, en répétant à chaque seconde « Yakuza forever  » . Ouais mais pourquoi ? Eh bien, avant Kiwami, remake du premier opus à partir du travail sur Yakuza Zero, je n’en savais trop rien. Aujourd’hui, je peux le dire : j’ai compris Yakuza et son engouement. Je n’ai toujours pas pigé celui pour Shenmue 3, mais celui de Yakuza, c’est déjà beaucoup plus concret. Bonne surprise.

 

Tout commence par une vidéo comparative Digital Foundry (… cela aurait pu commencer plus tôt, mais l’envoi du jeu a été un peu problématique), où en visionnant ce contenu je me suis dit : « Hum oui ça c’est du bon remake, hum ça c’est du bon 60 fps, j’en mange de ça. Hum ça a l’air très bien, pourquoi j’ai pas acheté de Yakuza quand j’en avais l’occasion ?  » . Puis, je me suis rappelé l’évidence : je n’avais pas joué au premier, car j’ai appris que ça se suivait. Toutefois, l’ensemble a apparemment gardé un peu de son indépendance. Mais tout de même : ça se suivait. Avant que je ne me rende compte que tout ceci me rappelait étrangement le credo des assassins et toutes les licences Ubisoft avec des chiffres (… et même parfois des lettres), j’avais reçu la boîboîte avec le CD.

C’est une jolie boîte. Tentative de corruption. 0 sur 20.

Mais non, je ne suis pas un incorruptible ; si tu m’envoies une copie presse avec l’habituel chèque de mille balles, nuls doutes que je t’écris une critique avec sa petite dose de tacles pour faire passer la pilule, mais globalement, le propos c’est toujours le même : achètes-le. Donc, je partais déjà dans l’optique de le refaire, puis j’allume la PS4, je met le CD dedans, j’attends la fin de l’installation. C’est court ; je n’ai même pas le temps de me faire un thé. Je devrais avoir le temps de me faire un thé. 0 sur 20.

« C’est vachement impressionnant une console plug and play, on dirait presque une… une…  » . C’est là où maître SEGA, le punk dégénéré autrefois célèbre, toque à ma porte et rentre dans ma maison sans que je vienne lui ouvrir. Il empeste la bière, comme tous les punks. Il a garé ses chiens dans mon jardin, comme tous les punks. Il se met à mettre les Berruriers Noirs dans ma chambre, sur mon lit, avec mon PC, comme tous les punks. Enfin il s’assoit à mes côtés, le regard plongé dans le mien, puis il me dit : « Oui, comme une console, SEGA c’est plus fort que moi  » . Je ne lui demande pas qui il est ; il pourrait se mettre à exploser, ou faire un truc improbable comme… Comme un mec qui vient des années 90. Puis c’est pas vraiment un punk maître SEGA.

Enfin, le jeu se lance, et c’est assez bluffant. On dirait un jeu de PS3 lissé. Cela dit, c’est assez impressionnant, mais c’est pas non plus aussi mignon que je l’avais prévu ; les environnements sont assez répétitifs, les modèles de personnages passés les principaux sont taillés à la serpe. Il y a des clones, il y a peu de physique en dehors des combats, il y a globalement peu d’effets qui caressent la rétine dans le jeu. « Ouais, mais c’est du 60 fps, SEGA c’est plus fort que le cinéma  » . Mais l’autre fantôme des années 90 avait raison, c’est du 60 images seconde, et c’est pas laid ; on allait aisément s’en accommoder.

Enfin, j’entends les musiques. Mis à part celle des combats qui devient vite agaçante, on est en face d’un sacré travail. C’est discret, c’est joli, j’aime bien, d’autant que ça sait nous surprendre. Je suis vraiment content de ce que j’entends ; je n’en attendais pas tant. Enfin, j’entends les personnages jacter. Un aveu : je déteste le japonais. J’ai l’impression d’entendre toujours la même chose, et mon cerveau n’aime pas les sonorités, ni le surjeu des comédiens de doublage japonais, me donnant envie d’égorger, éventrer, éviscérer, écraser des bébés Sonic « SEGA, c’est plus fort que ça  » . Mais je dois bien admettre que pour le coup, le travail a été correctement effectué, et ce n’est pas choquant. Même si Majima abuse un peu, il est marrant… Mais il abuse un peu.

Les animations sont travaillées ; c’est un jeu Japonais, et on se fait vite au fait qu’il n’y a que des sous-titres anglais, rappelant que la série est totalement fauchée et est à jamais le successeur spirituel et fauché de Chêne Mou. On se rend vite compte que la surface du jeu est très peu étendue. Mis à part quelques niveaux épars en plus du quartier principal, on n’ira nulle part. Et putain, c’est petit. Cela dit, c’est dense ; ça fourmille de mini-jeux, de magasins, de lieux pour la quête principale, de quêtes annexes, d’événements aléatoires qui sont souvent les mêmes. On fait beaucoup d’allers-retours en cours de jeu, on récolte plein de trucs, on s’habitue du mieux qu’on peu à tout connaitre par cœur au bout de dix heures, alors qu’on est probablement là pour la trentaine. Les mauvaises langues diront « Technomancer sur 20  » . Moi je dis « 0 sur 20  » .

Les premières rixes arrivent, on fout des mandales, on apprend qu’il y a des combos plus ou moins riches. C’est plutôt répétitif, mais l’impact des coups est clairement marqué. J’apprends qu’on peut prendre des objets du décor, qu’on peut les fracasser sur le crâne des ennemis, que tout ceci nous donne de l’expérience qui nous permet d’octroyer des points pour que « SEGA, c’est plus fort que toi  » . Il était distrayant ce monsieur SEGA, mais un peu intrusif, crispé comme il l’était, pour saisir la moindre opportunité afin de dire ce slogan publicitaire mort en enterré avec son troisième chien de punk à chien. Enfin, je continue mon paragraphe sur les combats. Globalement, ça marche bien. On peut même mettre des accessoires à son personnage, qui n’ont cela dit aucun impact sur son physique.

On arrive finalement au gros morceau du titre : l’atmosphère et l’histoire. Le jeu est très fourni en cinématiques, le jeu s’emploie beaucoup à avoir la meilleure ambiance possible avec de nombreux PNJ dans les rues, beaucoup d’activités qui nous immergent dans le rôle de Kyryu, à ne pas confondre avec Ryo, le héros de Shenmue. On se fait vite à Kyryu ; il est un peu l’archétype du yakuza comme on le fantasme, c’est un badass « SEGA, c’est plus fort que lui  » . On s’attache vite à ce qu’il vit, d’autant que l’histoire est plutôt sérieuse, et accompagne un univers globalement décomplexé, où les racines arcade de SEGA prennent vite le dessus sur des ambitions narratives importantes.

Le scénario de Yakuza Kiwami est dense, riche en rebondissements, en événements qui changent la donne, en séquence bien japonaise comme il faut. C’est vraiment agréable à suivre, une histoire des années PS2 en 2017 tout en n’ayant pas pris la moindre ride. De quoi donner du grain à moudre à tous ces scénarios tirés par les cheveux du jeu vidéo passé, les mêmes qui ont aujourd’hui si mal vieilli. Yakuza n’est pas non plus le dernier lorsqu’il s’agit de traiter de thématiques adultes, ni à faire une plongée dans la nostalgie, comme s’il se rappelait être issu d’un échec profond ; l’enfant marqué par le coma de son grand frère aîné Shenmue, et forcé de perdurer l’esprit comme il le peut, mais surtout, comme il le veut.

Je n’ai pas ressenti Yakuza Kiwami comme un jeu castré par son budget. Il ne manque pas d’envergure, il a de la suite dans les idées, c’est un beau jeu, long, dense, marrant, parfois assez émouvant, qui ne s’enferme pas dans un genre. C’est beaucoup plus compliqué à résumer qu’un simple « Ouais en fait c’est le GTA japonais  » . Carrément pas, mais juste non quoi. Arrêtez de dire de la merde, « Yakuza, c’est plus fort que ça  » . Yakuza, c’est bien, parce que ça a de la suite dans les idées, et on a vite conscience qu’on est en face d’une franchise qui va quelque part et qui a quelque chose à communiquer, tout en ayant de grandes qualités ludiques.

Si l’on décrit le jeu brièvement, on n’a même pas le temps d’expliquer pourquoi est-ce qu’il faut, malgré la barrière de la langue, au moins se frotter à Yakuza pour être sûr de ne pas louper une série prolifique super intéressante. D’accord, c’est assez répétitif si on se repose plus de deux heures d’affilée sur son contenu annexe, mais il n’est là que pour accompagner une histoire réellement réussie et intéressante. Pour faire simple, Yakuza est un jeu qui ne devrait plus exister dans le paysage ludique actuel. Ce n’est pas forcément impressionnant techniquement, ça ne repose pas sur un multijoueur, le focus est sur l’histoire, et c’est même très surprenant parfois. Yakuza est une incohérence dans le paysage actuel. Sauf que notre ami ici-présent à fédéré une communauté large, fidèle, et sort un opus d’assez fréquente manière pour alimenter une vraie petite légende.

On pourra sans doute critiquer l’initiative de SEGA de faire un remake, puis d’annoncer dans la foulée un autre derrière lui, mais le tarif est largement allégé, et surtout : il permet à un nouveau public de prendre un train en marche n’étant encore prêt à se stopper. C’est une occasion en or qu’attendait tous les curieux tel que moi pour s’essayer à la saga. Si la série Yakuza est du même niveau que cet opus, alors il s’agit très certainement d’une pièce maîtresse du jeu vidéo qu’il serait dommage de laisser de côté.

 

Une nouvelle fois, Yakuza est un autre argument qui pourrait faire craquer pour une PS4. Avec la longue série de jeux refaits et les nouveaux opus d’ores et déjà en chemin pour l’occident, il paraît bête de ne pas y jeter un coup d’œil, en gardant en tête le fait que c’est un double A. Reste que malgré son budget réduit, SEGA semble avoir fait le bon compromis et dépense cet argent dans ce qui compte pour sa série : l’histoire et la mise en scène. Plus riche et important qu’il n’en a l’air, ce remake de Yakuza premier du nom est un cadeau pour les joueurs qui n’ont pas eu la chance de prendre le train à son démarrage, et constitue une sublime occasion de rattraper son retard. « SEGA, c’est plus fort que toi  » . Oui, il n’y a probablement jamais eu de sens à ce spot publicitaire, mais aujourd’hui encore, il y a malgré tout un peu de sens qui en résonne.

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A propos de l'auteur : Marcheur

Rédacteur de Loutrage aimant le jeu vidéo dans tous ses pluriels et appréciant tout particulièrement réfléchir sur le média.

8 Commentaires sur “Yakuza Kiwami”

  1. DAlth dit :

    Les Yakuzas, ça m’évoque Rising Sun de Sean Connery, un sacré bon film.

  2. DAlth dit :

    N’empêche qu’un bon RPG saignant foisonnant de tortionnaires en tout genre (style Inquisitor en version nippone), je suis preneur de suite. :p

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