R comme Rectifions ton point de vue sur… Bethesda

R comme README.TXT

Ce petit article va en faire rager plus d’un. Je m’en fous. Si je compare un jeu que vous considérez comme un RPG à un autre qui se situe pour vous aux antipodes vidéoludiques, sachez que c’est fait exprès, et que si la colère n’embrumait pas vos pensées vous constateriez. Sur ce…

Non, Bethesda ne fait pas de RPG. Bethesda n’en a jamais fait.

 

R comme Retcon

J’avais commencé à comprendre dès Oblivion (… ayant commencé avec Morrowind comme beaucoup, et joué à Daggerfall ainsi que Arena entre les deux). Pas que j’aie été le seul, loin s’en faut, mais tout de même. Ça me fait marrer de voir que, quelques maigres années plus tard, la messe est dite ; les pièces sont toutes en place et même le plus bigleux des observateurs longue distance doit se rendre à l’évidence. Bethesda ne fait « plus  » – ou plutôt pas – de RPG. Ils font des shooters à inspiration médiévale variable. La « pente descendante » a commencé il y a bien longtemps, notez. On pourrait presque arguer – et c’est ici mon propos – que la vision qu’on se faisait de la compagnie était fausse depuis le départ. Car enfin, qu’a sorti Bethesda au fil du temps ? Dressons une liste, voulez-vous ? Nous éluderons certes les opus mineurs, les plus curieux peuvent aller les voir sur la page Wikiwand de la compagnie. Et concentrons-nous sur la branche qui survit aujourd’hui…

  • The Elder Scrolls : Arena
  • The Elder Scrolls II : Daggerfall
  • An Elder Scrolls Legend : Battlespire
  • The Elder Scrolls Adventures : Redguard
  • The Elder Scrolls III : Morrowind
  • The Elder Scrolls IV : Oblivion
  • Fallout 3
  • The Elder Scrolls V : Skyrim
  • Fallout 4

On pourrait aussi citer les deux volets de Terminator, mais ça n’aurait pas grand intérêt. Alors, retconnons, mes ouailles, retconnons. Dis, tonton Hyeron, c’est quoi le retconning ?

Eh bien mon petit, la partie cynique de mon clavier (… du côté de la touche Super) a envie de te répondre « la spécialité de Bethesda « . Mais de manière plus pragmatique et éducative, le retconning, c’est le fait de faire de la retcon. Autrement dit, de la continuité rétroactive (… voir une nouvelle fois la page Wikiwand à ce sujet) . C’est quelque chose dont les fans de catch sont familiers, les fans de comics aussi. Mais, au cas où, il est bon de préciser de quoi il retourne : faire du bullshit à grande échelle qui contredit tout ce qui s’était fait jusque là et dire « ta gueule, c’est normal, et puis fais pas chier « . Et malheureusement Bethesda en est tout aussi familier, sinon davantage.

À dire le vrai, Bethesda n’a jamais eu vocation à faire des jeux de rôle. Ils en sont tout simplement incapables ; ce n’est pas leur créneau et ça ne l’a jamais été. Voici la théorie posée. Maintenant son explication.

 

R comme Racines

Commençons par Arena. Un jeu de combats de gladiateurs, à la base. D’où son nom. Sur lequel on a collé un épithète « The Elder Scrolls « , qui sera retconné pour avoir une signification PLUS TARD. Qui ne veut RIEN DIRE, à la base. Qui ne se réfère à RIEN (voir l’interview qui le dit si elle est toujours en ligne). Le jeu en lui-même ? Un jeu d’action, un FPS médiéval, sur lequel on colle des éléments de RPG, et qu’on balance tel quel. Si Arena est un jeu qu’on peut mettre dans une case… C’est la même case qu’un Saints Row 3. Un jeu d’action en monde ouvert. La seule différence entre les deux, au fond… c’est la vue : l’un est à la troisième personne, l’autre à la première. Qu’on parle de stats ou d’améliorations, où est vraiment la différence ?

Osée, malgré tout, la comparaison ? Vraiment ? Ne pinaille pas, lecteur. Les quêtes sont là des deux côtés. On a juste pas l’habitude de coller le terme de « quête  » sur un GTA ou un Saints Row. Et ce n’est pas un reproche non plus, entendons-nous bien. À cette époque, le CRPG est pratiquement en phase embryonnaire, peu de choses sont faites pour pallier cet état de fait : on est dans le dungeon crawling pur et dur le plus souvent, en déplacement par case, au combat au tour par tour ou en temps semi-réel (… voir Eye of the Beholder). Vient ensuite Daggerfall, où en fait… Bah en fait c’est la même chose. Sauf que cette fois-ci, ça essaie vainement d’être un RPG. Oh entends-moi bien, lecteur : j’aime Daggerfall. Mais ses quêtes aléatoires, ses objectifs aléatoires, ses donjons aléatoires… En fait Daggerfall est bien un excellente sandbox, un excellent jeu d’action – même aujourd’hui, mais il n’est toujours pas si éloigné d’un Saints Row (4, cette fois-ci ; on peut grimper sur les bâtiments).

Vus de loin, les Elder Scrolls, à cette époque, n’ont rien de RPG. Ils ont certes des stats, ils ont des éléments de RPG collés à la va-vite sur un fond d’action, mais ils restent envers et contre tout des jeux d’action, des hack’n slash glorifiés et à la première personne. Mieux : des FPS médiévaux à éléments de jeu de rôle. Que sont les quêtes dans Daggerfall ? Va là-bas, bute du monstre, et éventuellement parle à quelqu’un au fond dudit donjon. On peut certes en dire autant de beaucoup de jeux classés dans la catégorie RPG, mais – ce n’est pas Marcheur qui me contredira – on colle une étiquette RPG sur tout et n’importe quoi, de nos jours.

Cela n’empêche pas les deux jeux d’avoir de bonnes idées : des réputations de faction. Des factions qui deviennent bloquantes à certains points de vue par exemple (… les chevaliers par exemple, qui empêchent de participer aux « grands jeux politiques » de Daggerfall). Mais le cœur du jeu n’est pas dans le rôle. Il est dans l’action. On ne se souvient pas de Daggerfall pour son histoire. On ne se souvient pas d’Arena pour son histoire. On se souvient de Daggerfall et d’Arena pour la liberté de mouvement et l’action, inégalées à l’époque (… et encore étrangement sympathiques aujourd’hui). Battlespire est un dungeon crawler pur également, et Redguard un jeu d’action-aventure typique de son époque, seulement ici nommés pour être complet. Mais dans les deux cas, force est de constater aussi : The Elder Scrolls, ce n’est pas une licence de jeu de rôle. C’est une licence à orientation action.

 

R comme Roll-playing games

Vint ensuite Morrowind. Qui est à nouveau un jeu d’action, n’en déplaise au fan déjà enragé qui est en train de m’insulter dans les commentaires sans avoir tout lu. Les éléments de jeu de rôle sont ici les plus présents et les plus lourds, mais le cœur du jeu n’est toujours pas là. Peut-être faut-il à ce stade que je précise pourquoi à mes yeux Morrowind n’est pas le messie vidéoludique rôlesque que certains voient en lui. Vois-tu, lecteur, un jeu de rôle, c’est avant tout un écosystème. Il y a certes des tonnes de stats (… ou pas), il y a certes des tonnes de quêtes (… ou pas), mais il y a une logique, il y a un monde. On n’est pas forcément le Héros, ni même forcément un héros, dans un jeu de rôle. On est un pion sur un échiquier d’échelle microscopique à cosmique.

Si je suis du Sabbat dans Bloodlines, je n’irai pas faire copain-copain avec les microsexes de la Camarilla. Je tirerai à vue, et ils feront de même. Si je suis un Anarch, j’emmerderai les gros pontes qui exigent que je cire leurs bottes et que je leur suce la poche de sang. Le monde a un sens, et qu’importe comment tout cela finira. Mes actions ont un sens et du poids dans le monde virtuel où je pérégrine. Ou en donnent au moins une illusion convaincante, en ayant des répercussions jusque dans les fondements non de l’histoire, mais du monde et de sa perception par le – et du – joueur. La suspension consentie d’incrédulité n’est jamais en danger. Je me prête au jeu autant que le jeu se prête à moi. Je suis un personnage dans un univers, une partie d’un tout. Certes, il y a des limitations, j’en suis conscient, mais je trouve très, très souvent la petite phrase qui colle plus ou moins à ce que le personnage que je joue en pense. On tombe là dans le meta le plus complet, mais c’est ça, le RPG : c’est du meta. C’est : « Je pense que si j’étais la personne que je dis être dans cet environnement qu’on me dit exister, alors la personne penserait ceci et dirait cela  » .

Dans Morrowind rien de tout cela. On pourrait déjà arguer que la gestion des stats est miteuse (… qui viendra prétendre qu’il est plus facile de maîtriser un art que d’en apprendre les bases ?), on pourrait aussi arguer que les dialogues n’aident pas avec leur style wikipédesque et leur platitude générique pour tout ce qui n’est pas des quêtes… Mais surtout – et ce même si Morrowind reste l’un des meilleurs opus des Elder ScrollsBethesda montre ses limites et son incompréhension du Rôle. En gardant les portes de toutes les factions ouvertes quoi qu’il arrive, on en arrive à des non-sens et des possibilités qui ne devraient pas être là. Rejoindre toutes les factions majeures est un fait de la vie courante dans les Elder Scrolls (… si je puis dire).

En fait, Morrowind n’est toujours pas un jeu de rôle. Il est toujours concentré sur l’action. Une action planquée derrière un système de roll-play, comme un emplâtre sur une jambe de bois. Car au fond, c’est là ce qu’on reproche le plus souvent à Morrowind, ironiquement. « C’est le meilleur jeu de rôle de tous les temps du monde entier, mais le combat est à chier  » . Euh… En fait, non. En réalité, le combat est à chier parce que c’est le seul à se rapprocher d’un jeu de rôle alors qu’il n’aurait pas dû. Il n’est pas – et n’a jamais été – fait pour ça. Il suffit de modder le combat pour trouver enfin l’équilibre : un truc réactif, orienté action, en monde ouvert. Un Saints Row 2, en gros. C’est à dire très vieilli sur le gameplay, mais intéressant à voir et fun. C’est une « tare  » corrigée par Oblivion, entre autres.

 

R comme Râlons un peu

Bethesda ne comprend pas l’Écriture (… à grande échelle, nous y regarderons de plus près plus tard). Ils sont juste mauvais. C’est pas leur truc. Leur truc, c’est l’action. Alors, certes, sur Morrowind ils avaient fait un effort particulier et louable, mais il n’a jamais fallu attendre d’eux des miracles. Sinon, ils auraient depuis longtemps racheté des Black Isle et des Obsidian pour leur écrire leurs jeux. Non. Leur truc, c’est l’action. Et les historiettes. Il ne faut jamais attendre quoi que ce soit de leur histoire principale, dont personne n’a rien à cirer en général, et qui se paie le luxe par moments d’être ridicule, voire même carrément hors-sujet (… on y reviendra).

Par contre, dans les quêtes secondaires, il y a parfois un éclair de génie, un bout de diamant planqué au fond de la vase. Et à cela, Oblivion excelle. Si le but est toujours de tuer du monstre (ou de l’humanoïde), il y a quelque chose de pernicieusement jouissif à suivre la Confrérie Noire dans des missions à la saveur toute particulière. Le but est le même, on est toujours dans le cadre d’un jeu d’action, mais le jeu se teinte d’un humour noir aux crocs acérés, et c’est le bienvenu. C’est d’ailleurs la même chose pour la Guilde des Voleurs. Mais les deux ramènent in fine à la triste réalité. On peut être tout et n’importe quoi en même temps (… Chevalier, Archimage, Guerrier à la limite du SSJ90, Voleur, Assassin, Gladiateur), le tout en étant super gentil, parce que…

Bethesda ne comprend pas le concept de Chaotique Mauvais (sous-type Evil Over Chaos). En fait, le seul archétype rôlesque que Bethesda connaisse, c’est le Neutre Bon. Ce n’était pas automatiquement apparent jusque là, mais à ce stade, la peinture commence à se craqueler, les failles apparaissent, et devenir gladiateur en chef ouvre les portes de la Confrérie Noire, sans jamais avoir tué juste pour son propre plaisir sadique. La mort du Prince Gris devait être (… toujours dans le framework d’un RPG) un événement d’une – plus ou moins – grande tristesse, et la conclusion d’un arc certes brutal et peu intéressant, mais malgré tout présent. Une histoire en soi. Au lieu de cela, elle est le ticket gratuit pour une faction qui tue pour le plaisir, se moque éperdument de la détresse telle que montrée dans le dernier affrontement avec ledit Prince Gris, et fait montre d’un désintérêt complet pour toute vie humaine, en fait.

Parce qu’il eût été dommage de devoir être vraiment mauvais, après tout. « Hé, regarde, y’a du contenu là-bas, mais va falloir jouer différemment pour y avoir accès, parce que bon, là c’est clairement pas le style de ton personnage  » , c’est un concept qui leur échappe. Bethesda ne vit que par le plaisir immédiat, l’action et la récompense qui va avec. Il n’est pas question de rôle ici, mais bien d’action. Encore et toujours d’action. On me rétorquera sans doute avec la plus belle des naïvetés que « mais non t’as rien compris, c’est à toi de pas jouer ça c’est tout  » . Ouais. Sauf que le Prince Gris demande qu’on l’achève. C’est un acte qu’on ne prend aucun plaisir à accomplir – ou du moins pas forcément. Le problème est plus profond que cela (je dirais bien qu’il suffit de lire le paragraphe sur Bloodlines ci-dessus, mais sait-on jamais, je me permets donc d’insister). Si le joueur est un bénit oui-oui toujours du côté de la loi, que ça fait vingt heures de jeu et autant de semaines en temps de Tamriel qu’il est du bon côté de la loi (… pour ainsi dire), quelle raison la Confrérie a-t-elle de le contacter ? Elle qui semble tout voir et tout savoir, voilà qui est bien étrange et équivaut à inviter une taupe en son sein. Et une taupe dangereuse qui plus est.

Inversement, si je me fais arrêter suite à un cambriolage qui tourne mal une fois, deux fois, dix fois, si je me fais arrêter après une mission de la Confrérie Noire qui tourne mal, comment et pourquoi les autres factions « honnêtes  » , qu’il s’agisse de chevaliers, des guerriers, des mages, continuent-ils à m’accueillir en leur sein ? Pourquoi les gardes oublient-ils directement mes méfaits ?

 

R comme Rédemption

Bethesda ne comprend pas le mal, et ne comprend pas même la moralité. Ces systèmes ajoutés à la va-vite sur un core gameplay purement orienté action ont toujours été bancals. Ce n’est pas même qu’ils font ce qu’ils peuvent. À cet instant de leur existence, ils n’assument pas encore ce qu’ils font réellement. Peut-être est-ce aussi la faute aux joueurs, qui persistent à les voir comme des faiseurs d’univers rôlistiques. Peu importe. Le Mal n’existe pas chez Bethesda, et le gris n’est que dans l’esprit du joueur. Son avatar, lui, est éternellement bon. Le joueur peut certes commettre des horreurs, mais celles-ci sont rapidement oubliées contre quelques pièces ou un peu d’eau. Pour Bethesda, il n’y a que le Bien absolu. Le Mal absolu est là juste pour que le joueur se donne l’illusion d’un choix, la même que dans les dialogues limités à « oui « , « oui lol t’as un gros pif  » , « non, plus tard peut-être j’ai déjà 45 quêtes dans mon journal mais je repasserai  » , et « hier, j’ai mangé une pomme  » . Il y a certes quelques fioritures pour que la pilule passe mieux, mais « ajouter la quête / ne pas ajouter la quête  » : tel est le seul choix.

Et la quête, encore et toujours, sera d’aller buter de l’ennemi et parfois choper un objet ou parler à quelqu’un (les deux étant tout compte fait interchangeables). Buter / Choper / Parler. Mais attention. Pas parler de manière profonde, philosophique ou intéressante. Non, juste parler. Et parfois le tuer après, pour faire bonne mesure. Un peu comme dans… Un Saints Row, en fait. Bethesda ne comprend pas le design, non plus. Compare Oblivion à un Gothic, et la chose devient limpide. Dans Gothic, tout est ouvert, mais malheur à l’aventurier mal préparé ou peu aguerri s’il s’invite dans les régions les plus dangereuses. Chez Bethesda, a contrario, l’échec, la faiblesse ne sont pas des options. Comme dans les shooters, tout doit être accessible, à portée de main immédiate du joueur, jamais différé, jamais exigeant. L’exigence, c’est la perte d’audimat. Alors plutôt que d’admettre l’évidence, on place de nouveaux emplâtres sur des jambes en bois de plus en plus épais, et on met les ennemis au niveau du joueur. Pourquoi en demander plus quand on peut en faire moins ?

 

R. R never changes

Vu le contexte, quand Bethesda a récupéré les droits sur la licence Fallout, le reste était écrit. Là où les deux jeux originaux étaient des monuments de moralité et d’immoralité tout en nuances, où les choix étaient ceux du personnage joué par le joueur, où le Rôle était porté à bout de bras par une écriture sans faille (… ou autant que faire se peut avec les limitations inhérentes au CRPG et à l’époque), qu’allait-il rester ? Bethesda ne comprend pas Fallout. Alors, ils gardent le rétro-futurisme classé 50’s. Pour le reste ? Encore une fois : Bethesda ne comprend ni la moralité, ni le gris, ni le Rôle. Ainsi accéder à un terminal marqué en rouge / voler un objet, bouuuuuuuuh c’est pas bien même si le but est louable, donc tiens, je te retire du karma, vilain joueur bouuuuuuuuh. Abandonner un personnage derrière parce qu’on a les vilains méchants aux trousses et qu’il faut à tout prix que le docteur arrive à bon port sinon tout est foutu ? Bouuuuuuuuuh vilain joueur, tiens, tu as perdu du karma parce que moi je sais ce qui est bien na bouuuuuuuh. Même les perks y perdent leur âme, devenant des bonus génériques plutôt que des traits intéressants et à double tranchant comme dans les opus classiques.

Bethesda ne comprend toujours pas l’écriture, non plus. Au risque de me répéter une nouvelle fois : ils sont bons pour faire des historiettes (… comme tout le monde en fait), mais les grandes lignes, ça leur échappe. On se retrouve ainsi avec plein de factions qui veulent toutes la même chose, à savoir lancer le projet Pureté, et qui se mettent toutes sur la gueule parce que euh… parce que euh… parce qu’il faut pas que ce soit les autres qui le fassent (à l’exception d’Eden, qui nous sort un Master (voir Fallout 1) du cul, à ceci près qu’Eden est totalement con) ? Alors que le projet Pureté, en fait… Personne n’en a rien à branler. Et c’est pas moi qui le dis. C’est le monde entier qui le hurle. Je veux dire… À part les mendiants (… et ce sont des MENDIANTS, hein), qui sur les Terres Désolées vous a déjà parlé d’un problème d’eau ? Y’a des robots pour la purifier, y’a des purificateurs… Bordel, à Megaton ils ont tellement de problèmes d’eau que personne ne répare les tuyaux qui pissent cent litres à la seconde. C’est dire si le projet Pureté est indispensable. Et ne parlons même pas d’Autumn, qui sort de nulle part, ne sert à rien et n’a ni queue ni tête.

Je ne sais d’ailleurs pas ce qui est le pire : ça, ou le fait que les « journalistes  » vidéoludiques en fassent des tonnes sur leur écriture, le fait qu’on récompense leur infecte logorrhée, ou le fait que personne ne s’en étonne et que tout le monde gobe ça comme si c’était normal. C’est ici l’inscription au Gault et Millau du fast-food qui marche le mieux dans ta région du monde. C’est pas plus compliqué que ça. La Confrérie de l’Acier ? Comme tous les autres, avant c’était des tarés. Certes on pouvait suivre leur logique, mais c’était douteux ; ils avaient fondamentalement tort comme les autres… Mais on pouvait pas tout à fait leur reprocher, c’était humain.

De même, Junktown par exemple : la laisser aux mains de Gizmo, est-ce une bonne ou une mauvaise idée ? Les deux sont défendables, et sous sa coupe Junktown pourrait grandir et prospérer (et l’aurait fait si la fin n’avait pas été changée par le marketing (oui c’est un lien en gras italique, et alors, je t’en pose des questions, moi ?)). Ici, tout est noir ou blanc. Le projet Pureté c’est bien, c’est blanc, et de toutes façons, c’est la quête principale, ta gueule, t’es un gentil. La Confrérie ? C’est blanc. L’Enclave ? C’est noir. Little Lamplight ? C’est n’importe quoi. Zimmer ? C’est noir. Le Rail ? C’est blanc. Moira ? C’est blanc. Le Superviseur ? C’est noir (… bon OK, lui est peut-être légèrement gris, mais il est tellement insignifiant…) Fondamentalement, le jeu présente un problème : le bien et le mal sont présentés de manière manichéenne, et aucun choix n’est laissé au joueur, sinon celui d’accepter ou refuser des quêtes. Et ne viens pas me faire rire avec Moira, lecteur : lui mentir, c’est refuser les quêtes. Ne nie pas.

Tout bien considéré, ce qui reste de Fallout, c’est les fifties, et « War never changes« . Au rebut, sa pendante d’entre les lignes, « But the world does  » , pleure encore.

 

R comme Retard. Full retard.

À considérer Bethesda comme des faiseurs de Rôle, les choses prennent de là une tournure de plus en plus épouvantable. Suit à un Fallout qui n’est plus que l’ombre de lui-même un Skyrim qui devient complètement barré, qui n’en a plus rien à cirer de rien, et qui s’ébat de la manière la plus indécente qui soit dans ses propres contradictions. Ainsi on change de signe astrologique à tour de bras, on est spécialisé dans absolument tout, on ne peut pas forger de matériaux spéciaux même à 100% de compétences à moins d’avoir prié sa bonne étoile ; il faut savoir que l’entraînement rigoureux et l’apprentissage fatigant, c’est pour les tarlouzes. Ici on est Fousse Rodah le Fils de P… Dragon. Les mécaniques sont de plus en plus bancales, le monde en a toujours rien à foutre de ta présence et de tes actes… Je veux dire, tu vois vraiment un problème avec les dragons dans Skyrim ? Moi pas.

Pas de déportés. Pas de mouvements de panique. Pas de révoltes face aux gouvernants qui glandent. Pas de réactions. Pas de terres écorchées, brûlées et mortes. Rien. Les dragons sont là parce qu’il fallait un prétexte. De même, plus rien n’a de sens, on n’est plus dans un Rôle mais dans une Power Fantasy. Le joueur est tellement badass dès le niveau 2 que rien ne présente jamais de menace sérieuse. C’est à ce point que j’ai complètement décroché d’un point de vue RPG autrefois. J’avais déjà eu du mal à supporter Fallout 3, mais ici on garde le gris de Fallout 3, on vire encore plus d’éléments de jeu de rôle, on oriente encore PLUS action et… c’est tout. Plus rien n’a d’importance, les factions deviennent l’ombre d’elles-mêmes, tout est toujours grand ouvert, le masque est tombé. Bethesda ne comprend pas le jeu de rôle. Bethesda n’a jamais fait de jeu de rôle. Bethesda est une boîte qui fait des jeux d’action avec des éléments de jeux de rôle.

La quête principale finie ? Rien ne change, on a juste tué un dragon de plus. Mais ça n’a pas d’importance. Le système de prise des villes ? Tout le monde s’en fout, rien ne change à part l’un ou l’autre PNJ sans intérêt. Les actes du joueur sont, étaient, ont toujours été, du brassage de vent à la surface d’un écosystème dont l’étendue est inversement proportionnelle à l’épaisseur. Il y a des tas de choses à faire, oui, mais aucune d’elles n’a d’importance. Et ça ne date pas de Skyrim. Si loin qu’on puisse retourner, rien ne change vraiment. Ce n’est pas le fait de se faire appeler Nerevarine et d’avoir tué un Dieu qui change quoi que ce soit au monde – et les dieux savent pourtant que la chose était d’importance.

 

R comme Renaissance

C’est donc avec soulagement que j’ai vu une bonne partie du monde s’offusquer de la venue de Fallout 4. « Bethesda a trahi tout le monde  » , « Bethesda a trahi ses fans  » , « Bethesda méchants  » , « Sauvez un arbre bouffez Bethesda  » , « FusRoBethesdah  » … On a tout entendu. Et pour ma part, je suis soulagé. L’agonie est terminée. L’agonie des Elder Scrolls, l’agonie de Fallout, mais aussi et surtout l’agonie de Bethesda. Pas que la boîte soit prête à couler, mais elle assume ENFIN ce qu’elle est, et elle fait ENFIN ce qu’elle fait de mieux, à peu de choses près. Des shooters à éléments de RPG. Fallout 4 est le futur de Bethesda, et c’est très bien comme ça. Fallout est allé son chemin et est redevenu Wasteland (… et ce n’est pas moi qui m’en plaindrai), tandis que Bethesda a « son  » Fallout, qui a toujours été un shooter. The Elder Scrolls suivra, les deux licences ont été indissociables depuis la reprise de Fallout, et rien ne laisse présager du contraire.

Et je m’en réjouis, tout dans tout. Deux bonnes licences action qui s’assument, même si The Elder Scrolls ne vaudra jamais Kingdoms of Amalur à mon sens, c’est très bien. Pour ce qui est du rôle, on se rabattra sur d’autres offres, comme Wasteland 2, les premiers Fallout ou encore Bloodlines. Peut-être devrait-on se rendre à l’évidence, plutôt que de pleurer, trépigner, râler, gueuler : Bethesda ne fait pas de RPG. Bethesda n’en a jamais fait. Simplement, Bethesda a arrêté de faire semblant.

 

Note bien, lecteur, que le but ici n’est absolument pas de faire un deuxième trou de balle à Bethesda ou de tirer à boulets rouges dessus. De même, les faits et idées exposés ici ne sont en rien exhaustifs, il y a tant et plus à dire à ce sujet, et trop à développer pour tenir en une simple chronique, fit-elle 25000 caractères (ce qui la laisse dans la zone allant de succincte à trop courte). Non, le but est simplement de t’amener à évaluer les choses sous un autre point de vue. Paraît-il que ça enrichit. Et si tout à coup ça t’a l’air d’avoir du sens et que ça peut se défendre, alors tant mieux, j’aurai atteint mon but. J’aime bien que les gens réfléchissent, un peu. Parfois. Quand je leur tape pas sur la gueule à coups de sabre d’officier chinois ou d’épée nordique enchantée.

Tags

A propos de l'auteur : Hyeron

Pourrait retourner jouer à Call of Duty comme on le lui suggère, s'il avait seulement déjà approché cette franchise

56 Commentaires sur “R comme Rectifions ton point de vue sur… Bethesda”

  1. iizno dit :

    Excellent article. Je suis particulièrement d’accord avec cette phrase :
    « Bethesda ne comprend pas le concept de Chaotique Mauvais (sous-type Evil Over Chaos). En fait, le seul archétype rôlesque que Bethesda connaisse, c’est le Neutre Bon. »

    J’aime le ton de l’article, malgré une pointe un poil trop vulgaire sur la fin (.. absolument pas de faire un deuxième trou de balle à ..).

    Hate de te relire, Hyeron.

    • Hyeron dit :

      Oh, la vulgarité malheureusement va falloir t’habituer. C’est mon style, j’appelle un pubis un pubis… Ceci dit j’essaie de me limiter et de remplacer par des formulations plus imagées. Mais bon. On peut pas plaire à tout le monde, disons que c’est un de mes quirks. 😉

  2. Marcheur dit :

    Meilleur article avec l’intouchable sur Silent Hill 2 de ce site, et je pèse mes mots.

  3. Toupilitou dit :

    C’est loin d’être l’article le plus vulgos, mais c’est clairement l’un des meilleurs articles du site ^^

    En fait, ça fait juste du bien de lire ça sur les productions de Bethesda par rapport à la pisse qu’on a l’habitude de lire ailleurs. Pas que ce soit de mauvais jeux, loin de là, mais comme tu le dis si bien, ils ont juste arrêté de faire semblant de faire des RPG.

    J’ai beau avoir passé xxx heures sur Skyrim, au final, mon perso était juste un foutoir ambulant. J’étais maître de tout et de n’importe quoi, quand bien même il n’y avait aucune cohérence sur tout le bousin.

    Un themepark marrant qui passe bien le temps quoi 🙂

  4. flofrost dit :

    Cette vulgarité…je suis bien d’accord c’est honteux, je ne comprends pas comment on peut écrire des choses pareilles :p

  5. Prypiat dit :

    Pas mal, en effet ^^ si le but est de faire réfléchir c’est réussi en tout cas.
    Outre le fait que ça fait toujours plaisir de taper sur Bethesda (ne le nions pas), ça fait écho à des réflexions qui reviennent finalement assez souvent chez moi, sur les étiquettes d’une part, et sur la pertinence et le sens des termes « monde ouvert » dans le cas particulier du RPG.
    En effet, il paraît absurde de « jouer un rôle » dans un jeu aussi « sécurisé » qu’un Skyrim, où l’on est par défaut LE grand héros et où rien ne peut jouer contre nous ou n’a de conséquence grave, où l’on « joue » avec l’univers plutôt qu’en faire partie malgré tout.
    Un RPG c’est aussi des contraintes.
    Bref. Je tourne un peu en rond, là.
    Merci pour l’article en tout cas, c’est très intéressant à lire.

    • Hyeron dit :

      C’est le but, grosso modo.
      À titre personnel je tape pas trop sur Bethsoft (plutôt sur Zenimax), certes ils ont tous deux mains gauches et une conception particulière du rapport au département QA, mais on ne peut pas reprocher des bugs aux jeux en monde ouvert (ce qui reste la critique #1)… Ou alors faut arrêter l’hypocrisie et signaler que R* fait de la merde aussi. Tant qu’ils refont pas un Daggerfall où le jeu est même pas possible à terminer dans un contexte où ton patch, tu vas pleurer du sang pour le trouver…
      Mais ouais, un RPG c’est… pas des contraintes, nah : une cohésion, plutôt. ;p

  6. Cerves dit :

    Je ne suis pas totalement d’accord.. dans le sens que je pense que le joueur a un rôle à jouer sur les jeux Bethesda. Ok la quete principale est naze… les secondaires font tristes à voir mais à chaque fois ils nous pondent un monde à jouer, une base solide… Franchement la verticalité du titre est très intéressante…OK la narration est naze mais putain… Cet univers qu’ils nous donnent… Whouha quoie

    • Hyeron dit :

      Ah mais j’ai rien dit sur l’univers (en tant que tel, jeu par jeu). Le problème, encore une fois, c’est que cet univers (immédiat, le lore est tout à fait à part, mais je pense que tu parles des deux, donc je fais pareil :D), ça ressemble à un océan, mais ça a la profondeur d’une flaque (toujours dans le rapport aux actions du joueur/personnage principal). Quel rôle tu joues exactement ? T’as buté Alduin, en quoi le monde a changé ? T’as désamorcé la bombe à Megaton, en quoi le monde a changé ? Tu t’es débarrassé de Dagoth Ur, à part la météo en quoi le monde a changé ? Tu es devenu archimage, en quoi ta politique a changé la Guilde ? C’est même une constante dans les quêtes principales : au final, tu t’es battu pour qu’il n’y ait qu’un status quo. Pour que rien ne change. En gros, le héros, chez Bethsoft, c’est un pisseur dans les violons professionnel. On ne parle des conséquences de ces actes que trop, trop rarement ; il n’y a pas d’ « après ». Et un RPG, à mon sens, demande une conséquence aux actes du/des héros – ou leur absence pour une TRÈS BONNE raison. La remarque ne vaut pas que pour les jeux Bethesda mmh, mais c’est tout de même malheureux de voir la différence de traitement avec un Bloodlines… Où tu es un rien, à peine un pion, mais un pion qui se débat au final dans un merdier sans nom pour un status quo qui est perdu d’avance. Quant à dire que la base est solide… Moui/mnon. Y’a des grosses incohérences dans les Fallout, du retcon jusque dans les factions. La seule manière de trouver cette base-là solide c’est de considérer chaque jeu comme se déroulant dans un univers différent. Ils donnent de bons ENVIRONNEMENTS, oui… Mais à ce petit jeu-là Avalanche les bat à plates coutures, de même qu’Ubisoft. Enfin bref – encore une fois je pourrais écrire un truc quatre fois comme celui-ci pour tout détailler, mais faut bien se limiter ; et le but n’est certainement pas d’être d’accord, simplement de réfléchir à certains aspects. 🙂

  7. Shizam dit :

    Un tel article te vaudrait la décapitation dans les flammes , juste aprés l’écartèlement et la flagellation..Si tu le livrais sur la place publique. 🙂
    Cela dit il me semble assez juste sur 2 points au moins:
    1) Bethesda fait des jeux d’action, et ne comprend pas le sens du rôle.
    2) Les nuances de gris, c’est pas chez eux qu’on les trouvera. Même si on les vois parfois chez les PNJ aux détours de l’écriture, elle est peu , voir pas présente pour le personnage-joueur.
    Ce dernier est un coffre sans fond glouton et sans âme..On empile..On empile..On emplie…Sans vraiment savoir pourquoi.

    Cela n’en fait pas de mauvais jeu, mais de mauvais RPG, parce que pas RPG en fait.

    Cet article met peut etre un peu plus en évidence le fait que le joueurs est blousé au départ, car la forme ressemble a un RPG, qu’il y en a quelques morceaux éparpillés dedans, et que le joueur
    « veut » que ça soit du RPG.

    C’est d’ailleurs amusant de voir, de lire, que des joueurs espèrent encore que le prochain TES soit un meilleurs RPG que Fallout 4 ou Skyrim, que Béthesda « revienne sur ses fondamentaux », alors qu’ils ont toujours étés en plein dedans, et donc à coté du RPG.

    Reste que leurs licences fait illusion, et brouille plutôt bien les pistes par la forme..
    Moi-même, je me suis plusieurs fois posé la question:
    -Mais a quel moment ils ont commencés a dérailler? …
    En fait jamais, si on arrive à prendre suffisamment de recul sur leurs travaux et leurs intentions.
    Mais ça peut faire mal au cul d’avoir à se le dire…

    Il n’empêche que TES6 sera malgré tout étiqueté RPG tout azimut, et que bon nombre de joueurs pesteront sur la « Trahison de Bethesda ».

    Il y a une espèce de schizophrénie dans la tête du joueur sur les jeux Bethesda, sans doute parce qu’ils font bien illusion.

    Trés bon article Hyeron 😉

    • Hyeron dit :

      Merci beaucoup. Je t’avoue que je l’ai beaucoup cogité (sur le fond, pas tellement la forme), ton idée de schizophrénie en gros c’est ça ; à force de voir des trucs à éléments de RPG classifiés RPG on finit par plus savoir. Et je ne doute pas un seul instant de ta première phrase : ça ne serait pas une première. Les gens n’aiment pas qu’on les traîne hors de leur zone de confort et de leurs habitudes, malheur à celui qui écornerait l’une de leurs idoles… 😉

  8. Shizam dit :

    L’affectif est tapis dans tous les coins de rues dans le jeu vidéo. Car il a le pouvoir du livre, du cinéma, et l’interaction en plus.
    Encore aujourd’hui, j’aurai du mal à jeter un Troïka-Games aux chiens, pourtant souvent truffés de bugs et de mal-finitions, mais tellement sucré à jouer, et éternellement vernis par la nostalgie.

    Alors que du coté de Bioware, je n’ai eu aucun mal à en faire le deuil, et pourtant, c’etait du costaud jadis.

    Chaque « Genre » à son affectif, et le RPG n’est pas des moindres. Normal puisqu’il est censé raconter une histoire, et en sus , notre histoire.

    Aprés pour le « cas » Bethesda, je fini simplement par m’en foutre un peu.
    Des milliers d’heures sur Skyrim, et j’y retournerai sans doute, même sans vraiment savoir pourquoi en fait 🙂
    J’ai pas accroché à Fallout4 jusque là, mais rien ne m’interdit d’y plonger, si je trouve mon feilling dedans un jour.

  9. Moi, ce que j’en dis, c’est que c’est un super article. Ensuite, j’en dis que je trouve qu’il y a un peu trop de squatters en provenance de RPG France ici.
    Ensuite, j’en dis que c’est plutôt pertinent, culotté et incisif.
    Enfin, je dirais que ça ressemble à du Navarre. Mais.

    « Petit, tu es doué, très doué… Mais tant que je serais dans le métier, tu ne seras jamais que le second. »

    Super article n’empêche Melba.

  10. Nallitsac dit :

    Simple précision, histoire de polémiquer (parce que bon hein… voilà), concernant Morrowind : rejoindre une des trois maisons dunmer te garantissait un beau claquage de porte au nez des deux autres.
    Sinon bien sur pour le reste rien à redire, tout est dit.
    Un bon coup de pied au fondement des convictions de bien des aveugles afin de leur ouvrir les yeux. Marrant ça d’ailleurs, la façon dont s’agence l’anatomie de certains…

    • Nallitsac dit :

      Par contre excuse-moi si je me trompe, mais avec l’optique, fort juste, de l’environnement modifié en fonction des interactions et choix du joueur… on ne peut plus caser les Icewind Dale parmi les RPG, n’est-ce pas ?

    • Marcheur dit :

      De mon point de vue, à partir du moment où les actions du personnage ont un impact sur l’univers (personnages comme environnement) et qu’on y incarne librement un rôle parmi tant d’autres, alors oui, c’est un RPG.
      En fait j’ai déjà écrit un article là dessus, je n’ai pas joué aux Icewind Dale mais si les choix n’ont pas de conséquence sur l’univers du jeu… bah d’office ça serait logique de dire que c’est pas des RPG ^^

    • Hyeron dit :

      IWD lorgne méchamment plus du côté du Hack’n’Slash que du côté du RPG.

  11. DAlth dit :

    Bethesda n’a jamais fait de cRPG c’est vrai. On n’est pas dans des Wizardry, Ultima & Co.

    Il n’empêche que les éléments de RPG étaient bien plus présents et mieux exploités dans les premières moutures (Arena, Daggerfall, Morrowind, Fallout).

    A mes yeux, c’est un faux débat : Sous quels prétextes un « autre-chose-que-du-Rpg » devrait-il se contenter de quêtes manichéennes et/ou fedex, de développer des personnages surpuissants et quasi invulnérables ?

    Je suppose que la « consolisation » de l’univers PC  a eu aussi un impact.

    Ce que perso je trouve le plus navrant, c’est l’unanimisme (ou presque) béat des forums de jeux à octroyer des notes monstrueuses à ces jeux.

    Qu’à titre individuel on puisse le penser, c’est le droit de chacun évidemment mais j’ai un regard suspicieux sur cet élan collectif spontané.

    A propos, vive l’absence de notation ! Là encore, je déplore le manque de courage généralisé des sites à ne pas  vouloir suivre ce mouvement. Oui la subjectivité sera toujours présente mais la notation, c’est trop absolu, trop intangible.

    Bon, j’avoue que par pur activisme et par provocation, je me serais bien contenté de ne noter QUE les jeux Indies. ☺

  12. Shizam dit :

    Je suis aussi pour l’esprit « Vincennes », pas de notation.

    15/20 pour tous les jeux d’emblée ..

    Et aprés on discute…

     

    Définir un jeu « schématiquement », au début c’est pas bien grave..

    Graphismes, durée de vie, difficultés, contenu, …

    Sauf que les TEST ne sont souvent que ces colonnes délayées dans leurs paragraphes dédiés, et donc une appréciation de la colonne, une appréciations de la note par catégories de critiques élémentaire.

    En somme, le TEST est trop rigide. il se remplis comme ce maudit Curriculum Vitae…

    Difficile de faire transpirer des émotions dans un CV….

  13. Toupilitou dit :

    Les notes, je trouve ça totalement con.

    – Ça ne pourra jamais être parlant pour tous les types de joueurs
    – Même avec des règles strictes de notation on arrive à des résultats parfois bancals / paradoxaux
    – Un chiffre ne pourra jamais réussir à synthétiser la nuance d’un pavé critique
    – Quoi qu’on en dise, il y a toujours une part de subjectivité alors que ça se veut faussement objectif
    – Ça attire des nuées de types qui scrollent jusqu’à la note pour s’inventer des gros films juste avec un chiffre
    – […]

    Les notes, c’est tabou, on en viendra tous à bout !

  14. Andariel dit :

    Moi, dans l’absolu, je ne suis pas contre les notes. ça vient surement de mon côté enseignant parce que quand je vois que même les réflexions philosophiques sont notées au bac depuis des décennies, je me dis que le principe des notes, ce n’est pas infaillible mais ce n’est tout de même pas défaillant. En gros, c’est une représentation symbolique d’un ressenti au même titre que les mots. C’est une évaluation épurée selon un certain barème d’appréciation qu’il soit objectif ou subjectif, et ça traduit de façon synthétique un jugement. Alors pourquoi pas le jeu vidéo ?

    Après, le problème ne vient pas des notes en elle-même mais de ceux qui les donnent et surtout de ceux qui les consultent. D’une part, il y a de moins en moins de réflexion sur une évaluation numérique représentative et consentie de la part des testeurs qui font n’importe quoi et du coup on tombe sur des sites comme IGN dont les notes se situent entre 7/10 et 9.9/10. De l’autre part, les lecteurs TL;DR qui zappent le contenu écrit et s’accrochent uniquement à la note en l’interprétant de travers. Et enfin, la culture de l’industrie qui fout désormais ça sur un piédestal avec des sites comme Metacritic où ça prend des proportions ridicules.

    C’est pour cela que je suis finalement opposé aux notes, pas leur concept, mais leur abus par ceux qui en référent. Du coup, tant mieux si les gens doivent lire un texte avant d’acheter ou pas un jeu, parce que ça ne peut pas les rendre plus con. Par contre, lire qu’une note, ça rend plus con.

    • Marcheur dit :

      Je suis dans la même position. Même si j’ai toujours compris l’utilité de la note et son avantage global, elle permet de conclure et donner un verdict efficace concerné la qualité jugée d’une produit. Elle est en quelque sorte un peu subjective.
      Mais la note est bien souvent considérée par l’industrie comme le saint graal de l’objectivité, le cancérigène Metacritic en tête comme tu le cites, qui est même un moyen de pression (on peut ressortir l’affaire Bethesda / Obsidian pour rire ?) et c’est proprement dégueulasse.

      Puis aussi, quand je vois les notes que peut prendre un jeu comme Deadly Premonition, ou Alpha Protocol, je me dis qu’il y a simplement un problème de méthodologie, y a certaines choses non mesurables par des simples notes, 2 minutes pour convaincre avait imaginé un système efficace et plus pertinent : https://www.youtube.com/watch?v=zYKdVdTqexM

      Je me souviendrais toujours du terrible moment où j’ai dû mettre une note sur Kotor 2 chez RPG France. Lui mettre moins qu’un autre jeu que je trouve moins bon qui a eu une meilleure note sur ce même site, à mettre en parallèle avec mon appréciation qui me disait de lui mettre la note maximale ? Enfin, c’est des dilemmes stupides, car qu’importe la note c’était un jeu à essayer, c’est d’ailleurs la stricte même chose que Deadly Premonition.

  15. DAlth dit :

    Même le terme « testeur » est inapproprié pour moi. Il sous entend que les critères sont mesurables et objectifs (enfin, autant que possible), comme lorsqu’on teste un médicament.

    Je préfère « défricheur ».

    • Marcheur dit :

      Il y a des critères objectifs dans le JV.

      L’ennui, c’est que d’autres critères bien plus déterminants dans l’appréciation ne le sont pas. Comment tu juges l’ambiance ?

    • DAlth dit :

      Pas évident d’avoir des critères objectifs dans la mesure où le plaisir éprouvé dans un jeu ne sera pas le même d’un joueur à l’autre. Si je prends mon exemple, le peux me contenter de graphismes et sons relativement basiques (euh, dans certaines limites quand même :p), si les skills sont bien huilés et/ou si les quêtes me plaisent, ça gazouille.

       

  16. Toupilitou dit :

    A la création du site, j’ai préféré utiliser le terme « critique » pour étaler ma grosse subjectivité, car de toute façon, je n’avais pas du tout envie de faire des « tests » formatés / standardisés.

    Pour le reste, j’étais opposé au principe de notation sur Loutrage  aussi parce que c’est devenu une merde à la mode de noter tout et n’importe quoi… Un jeu, un film, un bouquin, ton boucher du coin, l’hôtel où t’as créché pendant tes vacances, le type qui conduisait le taxi et qui t’as fait prendre un « raccourci », etc… Et ceci, ad nauseam, à l’infini.

    La note, en soi, si c’est bien utilisé et cadré, et selon le sujet, j’ai envie de dire que ça peut être pertinent. Là, de ce que j’en vois à droite et à gauche, on ne récolte surtout que les effets pervers, en se retrouvant à parcourir frénétiquement des chiffres ou des étoiles, totalement à la merci des trolls et des gros cons qui n’ont que ça à foutre.

    Suffit de voir ; tu prends n’importe quel template de site web (et surtout ceux de jeux vidéo), et t’auras automatiquement un module de notation intégré. Sur Loutrage, je n’ai qu’un clic à faire pour l’activer… Mais le jour où je fais ça, clairement, je vous autorise à me lyncher sans sommation ^^

  17. DAlth dit :

    J’approuve ta démarche à 200 % Toupi.

    Pour moi la standardisation latente des jeux vidéos n’est pas une fatalité (là je fais essentiellement référence aux gros dév :p)

    Après, de deux choses l’une, ou on adopte une posture de neutralité bienveillante béni-oui-oui, alias « il en faut pour tous les goûts » qui consiste à accompagner ce mouvement et donc, au moins implicitement, à le soutenir. J’inclus RPG France dans cette approche.

    Ou on adopte la position de Loutrage qui, pour le coup, n’a rien d’une posture. Un de ces 4 faudra quand même que je m’implique un peu plus dans la team mais je dois d’abord trouver une solution défintive  pour instancier les humanoïdes rampants et collants qu’on appelle B E B E ou E N F A N T. ☺

    • Marcheur dit :

      La standardisation du JV ne s’imposera simplement pas, jamais en fait (ou ça mettra des décennies).

      Parce que le cœur des gens qui font vivre l’industrie, ce sont ceux qui touchent à énormément de choses, et comme ils ne sont pas de « passage » ils repèrent vite les jeux standardisés.

      La standardisation des contrôles, on pensait nous l’avoir imposé avec des jeux à recettes de la génération précédente de machines, finalement sur cette génération il y a eu du mouvement. La standardisation ne peut pas arriver si la technologie évolue et tant qu’il y a des recherches en ergonomie et en game designer et des succès indépendants qui secouent l’industrie, il n’y aura pas de standardisation, ou du moins temporaire.

      Par exemple, pendant un moment, Ubisoft standardisé terriblement sa production, j’en ai même fait un article. Et sans avoir changé complètement le fusil d’épaule, ils ont quand même une nouvelle manière de diriger leurs productions, je pense notamment à For Honor, à Raindow Six Siege, même la fin de l’annualisation d’Assassin’s Creed est un aveu d’échec de ce modèle (bon, on se fait pas trop d’espoirs non plus, l’a pas l’air révolutionnaire l’Origins :p). Globalement y a encore toujours dans l’industrie un petit con de jeu qui force le reste à bouger, je pense d’ailleurs que le FPS a largement progressé dernièrement avec trois jeux géniaux : Halo 5, Battlefield One, Doom.

      Ces trois jeux ont pas mal affecté le marché du FPS, Doom a ramené un feeling qu’on croyait perdu avec l’âge d’or des FPS, Battlefield One est un blockbuster qui a une direction et qui s’y tient t’en et si bien que mis à part des reproches sur la forme je ne sais quoi lui reprocher, et Halo 5 bien qu’un peu faible dans son solo, a réussi à réécrire l’ADN de Halo.

      Paradoxalement, le genre qui a le plus de mal à évoluer sur cette génération… c’est le RPG (putain et le premier qui me cite The Witcher 3 je le décapite) qui n’a pas encore réussi sa mutation. Y a pas un foutu RPG qui réussi un truc, mis à part Prey qui met le doigt sur une belle idée avec des choix à conséquences plus organiques et donc plus palpables dans le gameplay que dans la narration. Original Sin a fait des belles choses lui aussi, mais pas de quoi faire progresser le genre… bref y a encore une transformation à constater de ce côté, mais je me demande encore qui saura l’accomplir.

       

    • DAlth dit :

      C’est pour cela que je parlais de standardisation latente.

      Mon approche n’est pas sur le matériel utilisé mais plutôt sur l’intégration des quêtes fedex, ultra prévisibles débitées à la chaîne par les gros studios. D’une série à l’autre, on constate des appauvrissements presque symétriques.

      Attention je ne dis pas que les indies font forcément mieux mais eux, peuvent trouver comme excuses le manque de moyens ou de compétences.

  18. AbounI dit :

    Pour ma part, et je vous rejoins, je ne lis plus les tests (sauf sur le ‘Dex, parce que leurs critique sont souvent juste et décortique en profondeur les mécaniques plus que le triumvirat gameplay-graphisme-ambiance). De toute façon, avec internet, les forum, les tweets,  etc etc, on en apprend suffisamment assez tout au cours du dev d’un projet pour savoir si ou non tel jeu devrait s’adresser à nous ou pas. Bordel de merde, on connait tous nos propres gouts, alors pourquoi devoir attendre qu’un Saint Homme (ou Femme) nous dise qu’un jeu est réussi ou pas pour le croire. S’en remettre à ces sacro-sainte épreuve du « testeur » (vendu la plupart du temps), j’ai passé le cap : je sais ce que je veux et ce que j’veux surtout pas. Je sais qui mérite mon attention, et qui j’dois éviter comme la peste.

    Pis bon, le niveau des réactions qui contribue à m’en écarté : « super ton test, merci ». ok, avec ça on est avancé. Sans parler de ces prises de choux: « ha non pour moi, ça vaut pas 15 ». Le summum de l’esprit critique…Par contre, pour en élaborer une, y a plus grand monde.

    Triste monde ou on doit attendre qu’un feu passe au vert pour avancer…Ou on doit attendre l’avis d’un autre pour faire un choix…Ou l’avis de l’autre nous pousse à consommer ou non… Ou finalement, nous ne sommes plus que des moutons à la merci d’un berger qui se sentirait investi de la divine parole…Un test pour un test, ça pue du cul j’dis. Un test pour le sens critique, déjà moins.

    • Andariel dit :

      Super ton post, merci :p

       

      « Pour ma part, et je vous rejoins, je ne lis plus les tests (sauf sur le ‘Dex, parce que leurs critique sont souvent juste et décortique en profondeur les mécaniques plus que le triumvirat gameplay-graphisme-ambiance) « 

      Woah, Bouni, dis donc, t’es devenu encore plus aigri que moi ! Oui oui, c’est un exploit ! Je t’en félicite d’ailleurs. Mais attention, si tu lis pas ce que j’écris, rien qu’au nom du bon vieux temps, je vais mal le prendre :p

      Sinon je suis désolé mais  je ne suis pas d’accord avec ton rejet systématique des reviews. Les infos qu’on récolte à droite à gauche au fil des communications / marketing, ça donne une idée mais c’est loin d’être suffisant. Les pitchs des devs sont rarement représentatifs (pour ne pas dire souvent malhonnêtes) et les commentaires éparpillés  sur le web sont rarement cohérents vu que ce n’est pas la même source. Même avec une démo fournie, un test est toujours de rigueur pour s’informer sur des trucs comme la durée de vie, le rythme /difficulté /contenu en milieu / fin de partie, l’histoire, la fin… des trucs auquel on n’a pas accès d’emblée, surtout que les apparences sont souvent trompeuses. Je te le dis même le fait de se mater une vidéo sur youtube, ce n’est pas suffisant pour avoir une idée sur le gameplay et le jeu sur le long terme. On connait nos propres goûts oui, mais on ne connait pas tout des jeux, même s’ils semblent en apparence coller à nos goûts (prend l’exemple de Grimoire, tiens). 

      Après, là où je suis plus d’accord avec toi, c’est de dire qu’une critique d’une personne random dont on connait rien sur les goûts et les sensibilités, ce n’est pas utile, à moins que ça soit super bien argumenté. Si je n’ai aucune info sur les sensibilités d’un critique par rapport aux blobber, comment je peux lui faire confiance quand il me balance juste que Grimoire c’est un mauvais blobber. C’est pour ça que je trouve très bonne l’idée de loutrage de présenter le background et les sensibilités des loutrons dans la rubrique « La Team » et j’aime bien le fait que dans un article l’auteur soit bien mis en évidence (et non pas caché, pour faire genre article d’un site homogénéisé).  Les critiques sont subjectives mais quand on a une idée sur la personne qui est derrière et qu’on est ainsi capables de faire le tri entre les éléments qui peuvent nous atteindre par rapport à ceux qui ont atteint le critique, un test devient le meilleur moyen de s’informer sur un jeu. Et c’est important si on veut être un bon et attentif consommateur.  

      C’est là où survient l’intérêt d’une (bonne) critique : ça ne doit pas se résumer à un étalement des mécaniques de jeu par souci d’objectivité (les tests fades comme ça, pour moi c’est le pire) qui sont des éléments que l’on peut trouver sur le net comme t’as dit, mais ça doit être un exercice argumentatif : que ce soit  » fun »ou « nul » il ne suffit pas de le dire, il faut l’expliquer. Et ça doit pas être pointilleux et rébarbatif à lire (chose que je reproche au Codex ; ils tombent souvent dans l’étalage de nitpick bourru). Le jeu vidéo, c’est un divertissement que diable, quand on en parle et même quand on a les boules, faut être diverti et faire divertir. Voila quoi. 

      PS : T’es plus aigri, t’es devenu carrément Tyler Durden toi. Encore heureux qu’on doive attendre qu’un feu passe au vert pour avancer. Il y a déjà assez de carambolages comme ça :p

    • AbounI dit :

      De rien mon démon. :p

      Ouaip, j’en ai marre de bouffer de la merde qu’on nous présente sur un plateau d’argent. (pour reprendre Vince)

      Après, quand t’as (eu) l’habitude de lire des previews, tu commences à connaitre les gouts de l’auteur. pis le politiquement correct (sur des sites spé, par peur de se faire blaclister), ça m’exaspère à un point, tu n’imagines même pas.

      Pour la question de la durée de vie, j’ai toujours considéré ça comme un vrai-faux critères: chacun son rythme, chacun son investissement (« m’en fous, j’trace la route principale, les chemins de traverse m’en cogne » vs « moi j’prend mon temps pour soulever chaque caillou que j’trouve »)

       

      Être un bon et attentif consommateur ? Le meilleur moyen d’y arriver est d’aller se renseigner à la source, tu crois-pas ? Mais quand tu démènes à creuser sur un sujet en particulier, tu sais déjà si c’est pour toi ou non, et t’en apprend tellement que finalement un « review » devient presque inutile bro

       

      Le problème, il vient du comportement du consommateur qui attend simplement qu’on lui présente le truc sur un plateau (le triangle news-previews-reviews). Prendre l’initiative d’aller se renseigner, c’est quelque chose qui se perd : les gens deviennent des vrais moutons

    • DAlth dit :

      Méfie toi Bouni, la frustration confine à l’extrémisme (j’en sais quelque chose. ☺).

    • Andariel dit :

      « Être un bon et attentif consommateur ? Le meilleur moyen d’y arriver est d’aller se renseigner à la source, tu crois-pas ? »

      De quelle source tu parles ? Le développeur / éditeur ? Ce n’est pas du tout fiable comme source ça. Il a tout intérêt à embellir et à exagérer les qualités de son produit et omettre ses défauts. Il aura tendance à vendre du rêve et à promettre monts et merveille. Au fond, c’est un commerçant et tout bon commerce veut se faire profitable. La préoccupation principale du dev, ce n’est aucunement de se mettre du côté du consommateur mais, bien au contraire, de le pousser à acheter son produit à tout prix. Niveau crédibilité du jugement, on repassera.  
      Je pense que tu extrapoles trop vis-à-vis de la démarche honnête de Iron Tower qui est l’exception et non pas la règle. Pour chaque Iron Tower, il y a 10 000 Cleve Blakemore qui vont te dire que leur jeu est un chef d’oeuvre irréprochable. Ok, d’accord, tu ne crois pas à l’évaluation de la durée de vie de la part des joueurs vu que c’est subjectif, je peux comprendre. Mais t’es par contre prêt à croire le dev qui fait dans le subjectif puissance 10 et qui va en faire des tonnes genre te dire que Grimoire c’est 600 heures de durée de vie ? Excuses mais, aussi biaisé le reviewer soit il, même s’il n’y a que 1% de consommateur qui lui reste,  il sera toujours, toujours, moins biaisé que le dev qui est à 0% consommateur et au moins à 1% producteur. ça c’est un fait. 

      Si ta source, c’est la communauté réduite gravitant autour du jeu, c’est loupé aussi. C’est souvent une chambre d’écho de fanboys acharnés qui ne feront que réconforter leur décision de s’investir dans cette communauté. ça, tu le sais très bien parce qu’on l’avait clairement vu à l’époque du BSN lors de la sortie de Dragon Age 2.

      Qu’est ce qui reste comme source pour juger si on achète un jeu ou pas  ? A part les beta gratuites / démos qui se font de plus en plus rares et qui de toute façon ne représentent pas le produit fini. Il ne reste que les méthodes discutables d’abuser des systèmes de refund des plateformes de distributions et/ ou de se salir les mains en passant par les versions Tipiak. C’est moyen.

      Tout le monde ne peut pas se permettre de passer des heures et des heures à écumer des sites de studios obscurs et faire des recherche minutieuses au milieu d’un tas d’infos de partout, juste pour savoir si un jeu vidéo en vaut la peine ou pas. Chacun a un temps limité et veut l’investir dans ce qu’il le passionne, et pour pas mal de monde faire des recherches approfondies pour tout et rien, ça ne passionne pas. Tout simplement. Mais je ne dirais pas que ça fait d’eux des moutons, non. Juste des gens qui veulent s’adonner à leur passe-temps favoris sans traverser une épreuve du feu.
      Dés lors, il ne reste que les critiques, qui lorsque leur auteur fait bien son boulot, vont synthétiser l’information de façon
      honnête et faciliter la vie du consommateur qui est déjà suffisamment attentif pour se rapprocher de ce bon critique.   

       

    • AbounI dit :

      Je parlais bien évidemment du dev. Tu connais mon point de vue sur les éditeurs, ils sont la pour faire du commerce et de la rentabilité. Donc, de ce côté là, oui, je te l’accorde, ce sera toujours nauséabont.

      Maintenant, un dev indé, quand il communique bien, il vend pas du rêve, il explique la ou il veut arriver, comment il compte y arriver, cherche un max de retour en présentant les avancés de son projet. C’est qui a été fait pour Battle Bros (pour prendre un autre exemple), ce ce qui est fait pour Knight of the Chalice 2.
      je suis pas d’accord avec toi quand tu dis « Si ta source, c’est la communauté réduite gravitant autour du jeu, c’est loupé aussi. C’est souvent une chambre d’écho de fanboys acharnés qui ne feront que réconforter leur décision de s’investir dans cette communauté » . Si elle est aussi sérieuse que le dev, elle saura émettre des réserves, apporter son point de vue sur des questions précise, s’interroger sur des mécaniques et avertir le dev que son point de vue n’est peut-être pas aussi pertinent que ça. Bref, avec une bonne comm, il arrive qu’une communauté puisse infléchir sur le cours de dev d’un titre. Quand on te met dans les mains une beta jouable ou de l’early access, quel est son intérêt? Présenter le gameplay ou chercher des retours d’expérience (en dehors de chercher des fonds supplémentaires dans le cas des EA).
      Kanda,pour son Sign of the Moon, avant de balancer son dernier patch (cette semaine), l’avait fait tourner en privé pour accumuler des retours d’expérience avant de l’officialiser.

      Ce genre de comportement suffit à prouver la bonne foie d’un dev, de la, j’me dis qu’il mérite ma confiance pour peu que son projet titille ma curiosité et mon intérêt.

       

      Après, le cas d’un Cleve, c’est l’exemple type de tout son contraire, en plus d’être un vrai connard, ce type ne mérite pas mon argent,. On savait tous que 600h c’était du flan et qu’il n’en serait rien. Monter sur des tortues. Pas le truc qui me ferait franchir le pas non plus… Laisson Cleve dans son univers tu veux bien ? Par contre, un type comme Pierre Begue, lui mérite déjà plus les honneurs. Pourtant, il n’en fait pas tout un plat, il fait son truc, discute avec sa communauté et avance tranquillement pour son projet de fou avec les moyens qu’il dispose. Mais qui franchement connaissait son nom en tant que dev des KotC? Comme quoi, il est bon de creuser un peu. N’est pas le meilleur celui qui se met le plus au devant de la scène. Comme quoi, aller à la source, c’est de mon point de vue plus enrichissant pour aller glaner quelques infos: qui est le mieux placé pour t’informer de l’avancement d’un projet?

       

      « La préoccupation principale du dev, ce n’est aucunement de se mettre du côté du consommateur mais, bien au contraire, de le pousser à acheter son produit à tout prix. Niveau crédibilité du jugement, on repassera.  » Encore une fois, je ne suis pas 100% d’accord. Mets toi à dos le consommateur, et il te reste plus qu’à baisser le rideau. Ca peut marcher une fois, mais pas deux : Fool me once… Wait, the point is that you can’t fool me again, right? C’est ce que j’ai essayé de faire comprendre à ce bushitter de Tyler ThieveSiegman concernant la livraison – que j’attends aujourd’hui même plus – de mon artbook d’un Darkest Dungeon… L’exemple même dun dev qui mérite plus mon attention. Un dev, s’il est pas con, il sait très bien qu’il doit pas prendre le conso pour un demeuré.

    • Andariel dit :

      Bon, je vois ce que tu veux dire et dans une certaine mesure tu n’as pas tort. Mais je pense quand même que les exemples que tu cites constituent une minorité et pas du tout une norme à généraliser. J’ai été trop désabusé par des projets kickstarter racoleurs et malhonnêtes, des devs indé pas sérieux qui n’honorent pas leur engagements, des projets qui partent en sucette sans qu’on nous le fasse savoir, des early access qui sombrent dans les limbes, des retournements désagréables de situations, etc etc etc, pour que je fasse encore spontanément confiance à un discours de dev.

      C’est vraiment une minorité des devs qui ne déforment pas la réalité des choses et généraliser ça, c’est s’exposer aux abus inévitables de la majorité. Je ne dis pas qu’il ne faut pas leur laisser le bénéfice du doute, mais si on se cantonne à eux en tant qu’unique source, tôt ou tard on risque de se cramer les ailes. Je suis toujours convaincu que la source la plus fiable, c’est le critique avisé qui a un minimum de conflit d’intérêt et non pas le créateur qui est attaché à son bébé.

      En fin de compte, we agree to disagree. Toi tu es aigri vis-à-vis de la communauté de moutons et moi je suis aigri vis-à-vis de l’industrie de requins. Au moins, on est d’accord sur les les lions, les boucs et les loutres :p

    • AbounI dit :

      Et j’en suis conscient que c’est malheureusement loin d’être une généralité 😉

  19. AbounI dit :

    @ Marcheur:

    [quote]Paradoxalement, le genre qui a le plus de mal à évoluer sur cette génération… c’est le RPG (putain et le premier qui me cite The Witcher 3 je le décapite) qui n’a pas encore réussi sa mutation. Y a pas un foutu RPG qui réussi un truc, mis à part Prey qui met le doigt sur une belle idée avec des choix à conséquences plus organiques et donc plus palpables dans le gameplay que dans la narration. Original Sin a fait des belles choses lui aussi, mais pas de quoi faire progresser le genre… bref y a encore une transformation à constater de ce côté, mais je me demande encore qui saura l’accomplir[/quote]

    Vince D. Weller, est-ce un nom qui te parle? *siflle*

    • Marcheur dit :

      Promis, un jour je m’essaierai à Age of Decadence, tu n’as pas besoin d’en re-re-re-re-refaire la promo je te garantie que j’essaierai :p

    • AbounI dit :

      Mon intention n’est nullement d’en faire la promo, je voulais juste parler de quelqu’un qui cherche à pousser le genre vers l’avant  en matière de choix-conséquence. C’est simple, ce Monsieur est un génie

  20. flofrost dit :

    « Bordel de merde, on connait tous nos propres gouts, alors pourquoi devoir attendre qu’un Saint Homme (ou Femme) nous dise qu’un jeu est réussi ou pas pour le croire. »

    Fais pas semblant, on sait tous que tu n’attends qu’une chose, que je me mette à pondre des tests pour pouvoir boire mes paroles :p

    Blague à part, malgré un harcèlement constant de la part de la loutre (d’ailleurs merci, j’ai bien reçu les trois call girls que tu m’as envoyé, mais la prochaine fois, fais des trous dans la boite abruti ! Ok, elles sont entrainées à retenir leur souffle pour certaines de leurs activités, mais c’est pas non plus des championnes du monde d’apnée.), j’ai du mal à me motiver (en même temps en ce moment y a rien qui me motive vraiment, même pas l’humour scato c’est dire…), et en prime j’ai peur d’entrer dans le piège de la fameuse liste, avec les points positifs et négatifs énumérés les uns après les autres. Et ouais, on en bouffe tellement de cette merde, c’est devenu une sorte de norme à la con (plus ou moins camoufler, ou enrober, mais au final ça reste une putain de liste), que j’ai peur de reproduire ça, ne serai-ce qu’en partie, et ça me fais chier, alors je préfère attendre une vraie bonne idée, une bonne grosse inspiration, et non pas aspiration, ça, c’est ce que les call girls devaient faire…:(

    • Toupilitou dit :

      Je suis persuadé que c’est juste la motivation et pas une quelconque peur de pondre un listing (… y’a qu’à voir ta réponse pour constater que tu sais faire autre chose qu’une simple liste à la con ^^). Et même si tu ne le sais pas encore, moi je dis que tu auras bientôt envie d’écrire des coups de gueule… Ou en tout cas, au moins un 😛

    • Andariel dit :

      Des call girls en scaphandre, ça te motiverait ?

      Point positif : – Je suis sur que te taper des big daddy de Bioshock fait partie de ta liste de fantasmes (arrêtes, on sait bien que tu l’as cette liste :p) .

      Point négatif : – ça grince et ça crisse. Mais je suis confiant que t’as plein de fluides pour huiler tout ça.

      Point préservatif : – les scaphandres ne sont pas garantis hermétiques. Pense à lui faire enfiler son scaphandre à Flo junior.

  21. DAlth dit :

    @ Andi @ Bouni

    En fin de compte, we agree to disagree. Toi tu es aigri vis-à-vis de la communauté de moutons et moi je suis aigri vis-à-vis de l’industrie de requins. Au moins, on est d’accord sur les les lions, les boucs et les loutres :p

    Je fais aussi partie des aigris, et dans les deux sens. :p car contrairement aux joueurs qui se contentent de jeux contenant un enrobage rolistique de surface (sans porter de jugement de valeur, à chacun ses goûts), nous autres, pauvres amateurs irréductibles de RPG ☺, sommes essentiellement tributaires des Indies, avec tout ce que ça comporte d’aléatoire, du genre Winterfall http://www.rpgfrance.com/taverne-topic-18214-1-winterfall-rpg-bac-sable

    C’est le genre le plus complexe à produire, car le plus casse-gueule et ce, même sans en avoir une vision hardcore.

    • Marcheur dit :

      Si le RPG n’avait jamais été accepté comme une feature mais était resté un genre à part entière, on en serait pas avec ce merdier ^^

      Souvenez-vous toujours de Far Cry 3 « skyrim avec des flingues » ou de Rage marketté comme un RPG, ou encore de la disparition progressive du terme hack’n’slash qu’on a lentement mais surement assimilé aux Muso.

      On en est au point où le tag « RPG » de Steam n’a absolument plus aucun sens, et dès lors, tous les nouveaux joueurs ne pourront pas reconnaître un jeu du genre vu qu’il aura été noyé dans la tambouille, un bordel je te dis, un cauchemar, heureusement que des irréductibles que ça soit dans le triple A (bon ok, pas nombreux… voire inexistant en fait :p) dans le double A ou dans les indépendants continuent de se souvenir en quoi ça consistait, parce que j’ai chialé le jour où j’ai lu que Horizob Zero Daube a été appelé « renouveau du RPG » et dire qu’à une époque on râlait d’un innocent Skyrim :'(

    • Tu cites ouvertement un de mes vieux articles ? T’as pas honte ?

      Le RPG, de toute façon, n’est pas un genre de jeu. Non pas que je me refuse à lui donner une définition qui me plairait (tu le sens le conditionnel ?) mais c’est une constatation du paysage vidéoludique actuel.

      C’comme ça.

    • Marcheur dit :

      J’ai fait un article dessus aussi, et je me souviens pas du tiens, sorry :p

      Bah à l’origine si, c’en était un, on savait d’ailleurs le différencier, aujourd’hui c’est plus compliqué, voir impossible en fait. Dans ces cas là le hack’n’slash non plus n’en est pas un :p

    • DAlth dit :

      Le tag CRPG de Steam est plus sélectif, mais bon, ça reste une maigre consolation.

  22. DAlth dit :

    Le Rpg comme le « causes, conséquences » sont devenus des expressions galvaudées. Le marketing est passé par là.

    On pourrait refaire le débat en arrière « qu-est ce que n’est pas un Rpg ? » ☺

    Aujourd’hui, ce n’est plus un genre. Ca me dégoûte de le dire mais c’est une réalité.

    Pour que ça puisse le redevenir, ça passe par le changement de mentalité des studios, sites de jeux, forums et joueurs en intégrant quelques mots-clés au passage du genre diversité, nuances, limitations, responsabilités.

    Bah oui, « un gentil » peut aussi avoir un comportement équivoque, « un méchant » peut l’être pour de bonnes raisons. La trahison, ça devrait aussi exister chez les gentils…

    Y a du boulot. :p:

Laisser un commentaire

Groupe Steam

Derniers commentaires

Aller à la barre d’outils