Morningstar : Descent To Deadrock

Morningstar : Descent To Dreadlock

Les point’n click font en retour en force depuis quelques années, certains studios essayant de moderniser les mécaniques plus que d’autres. Aujourd’hui, c’est Morningstar : Descent To Deadrock, des hongrois de Red Herring Labs, qui nous intéresse. On me souffle d’ailleurs dans l’oreillette qu’il ne s’agit en réalité que d’un portage d’un jeu en flash qui m’était inconnu jusqu’à présent, sorti en 2009, avec un polish sur les graphismes et l’audio, et quelques énigmes supplémentaires pour faire bonne mesure. Alors, au bout du bout, que vaut réellement ce titre ? C’est ce que nous allons voir ensemble. C’est parti !

 

Se déroulant dans un contexte spatial, on incarne Powell, un des équipiers du vaisseau Morningstar. On ne connait pas vraiment le but de ce voyage intergalactique, et nous n’en apprendrons pas davantage par la suite ; tout ce que l’on sait, c’est que l’on trimballe quelques marchandises dans la soute, mais également tous les équipiers (au nombre faramineux de… trois) dans des capsules d’hibernation. Mais voilà, tout cela, on s’en fout un peu, car notre vaisseau se retrouve pris dans les filets d’une anomalie gravitationnelle aux abords d’une planète, au point d’être inexorablement attiré sur celle-ci, jusqu’à même se crasher lamentablement.

Le monde étant décidément très mal fait, la planète en question (… ayant un nom bien obscur) est désertique, l’horizon ne donnant pour vue que de vastes étendues de sable et de roches, avec pour couronner le tout, pas un brin d’oxygène. Par je ne sais quel miracle, votre avatar s’en sort sans dommages, ce qui n’est pas le cas d’un de ses coéquipiers en train de sécher dans sa cuve d’hivernation, ni même du pilote (… et accessoirement votre capitaine) en train d’agoniser dans le cockpit à cause d’une barre en acier malencontreusement plantée dans le bide. Voilà pour le côté humain. L’aspect matériel n’est pas vraiment plus glorieux, puisqu’un des moteurs est complètement cramé, tandis que de multiples brèches dans la coque sont apparentes. Par brèche, j’entends par là que le métal renforcé faisant partie de la coque est tordu au point d’y laisser des trous béants ; par contre, la vitre du cockpit, nickel, même pas une petite étoile. Néanmoins, vous l’aurez compris, votre mission sera ici d’arriver à guérir votre capitaine, puis de trouver un moyen de quitter l’atmosphère. Pour les plus taquins, je vous spoil d’avance : non, vous ne pourrez pas laisser crever le capitaine. Tout ici sera linéaire.

Tout ce que je viens de vous décrire est représenté dans l’introduction via une cinématique tout à fait honorable et dynamique, où l’on ressent bien tout le stress de la situation préalable au crash. A l’issue de la cinématique, on prend les commandes du personnage pour réaliser que l’introduction n’était vraiment que de la poudre aux yeux ; tout ici est statique à travers des tableaux fixes, inanimés, à la limite du terne, tandis que la partie doublage n’arrive pas vraiment à amener de la vie ou de la tension à l’ensemble. Welcome back to the 90’s ! En effet, l’aspect statique fait définitivement penser aux point’n click de cette époque. En réalité, je suis quelque peu médisant ; il y a effectivement quelques éléments sur tout le jeu qui sont animés (… dont un ventilateur, ainsi qu’un gros appareil un peu plus tard).

Au niveau de la direction artistique, et même si les dessins sont tout à fait soignés, on est dans le classicisme le plus extrême, où les vaisseaux manquent de caractère et semblent tout droit clonés d’une série Z, elle-même clonée d’un space opera bas de gamme. Le désert quant à lui est bel et bien désertique, couleur ocre, avec du sable et des rochers visibles à perte de vue. Eh l’ami, tu la sens ma grosse originalité ?! L’anomalie gravitationnelle vous ayant amené à l’insu de votre plein gré à la surface de cette planète a également harponné d’autres vaisseaux, et l’un deux s’est crashé non loin du vôtre, vous donnant un espoir fort opportun de réparer votre vaisseau, tel le Mac Gyver de l’espace. Pour tomber dans les clichés les plus outranciers, vous croiserez également d’étranges statues de pierre, dont la forme ressemble (… fort étrangement) à celles de l’Île de Pâques.

En ce qui concerne l’écriture de l’histoire et des dialogues, on est au ras de la moquette. Le scénario est convenu au possible, les descriptions sont d’une banalité affligeante, tandis que les quelques tentatives d’humour viennent s’échouer lamentablement tel une plaque de pétrole sur une belle plage qui ne l’attendait définitivement pas. Étant donné que la planète ne dispose pas d’une atmosphère respirable, notre avatar garde en permanence sa combinaison, ainsi que toutes les indications visuelles digitales qui vont avec. Tous les objets où une interaction est possible vont alors être visibles directement par un survol de la souris via un gros encadré. La ficelle est grosse, les indices flagrants, et cela ramollit encore davantage la matière grise du joueur, mais soit. Les déplacements d’un tableau fixe à un autre se font via des flèches, où un clic suffit à nous y transporter.

En ce qui concerne l’interface, on retrouve notre inventaire sur la partie droite de notre écran, et son ergonomie est totalement chiante. Un clic gauche permet de sélectionner un objet, et si l’on souhaite faire une combinaison, il faut ensuite cliquer sur l’objet souhaité (… il faut viser le centre de l’objet en question, sinon on est bon pour recommencer l’opération). Le clic droit quant à lui ouvre une grande fenêtre avec une visualisation plus détaillée de l’objet, associée à une (très) courte description donnant de (très) gros indices sur son utilité. Le grosse galère ergonomique étant lorsque vous avez une pelleté d’objets (… dont certains sont inutiles), où il vous faut associer le premier item de la liste avec le dernier. Encore une fois, welcome back to the 90’s !

Pour le reste de l’interface, deux boutons sont présents : un pour ouvrir le menu, et un autre pour appeler notre coéquipier agonisant par la radio afin qu’il nous donne un indice sur la prochaine étape à réaliser. Le mec se vide de ses tripes, mais son cerveau est suffisamment irrigué pour tourner à plein régime et réfléchir à notre place : la classe le captain ! Et pourtant, il faut avouer que les énigmes sont loin d’être transcendantes. Rien de tordu, essentiellement basé sur des interactions basiques et logiques entre l’environnement et l’inventaire. A un seul et court moment, vous aurez besoin de sortir votre papier et crayon afin de reproduire une suite de symboles. J’ai dû au moins lutter pendant… ouais, dix minutes, le temps de comprendre le délire du puzzle (… si tant est que l’on puisse appeler cela ainsi).

Donc, si l’on résume, nous n’apprenons rien sur cet univers sans originalité, encore moins sur le background des personnages, l’écriture est vraiment médiocre et le scénario ultra-convenu, les doublages sont loin d’être glorieux, les mécaniques de jeu sont d’un classicisme extrême, et vous aurez la joie de pouvoir faire réaliser les puzzles par votre neveu de quatre ans. En effet, ce dernier point est d’ailleurs le seul moyen de rallonger artificiellement la durée de vie de ce jeu, car lorsque c’est un adulte au cerveau relativement bien constitué qui se met aux manettes, il n’y dépassera pas les deux heures et demie.

 

Morningstar : Descent To Deadrock est typiquement le genre de jeu qui, à l’issue d’une partie, ne vous laissera que des questions en tête,  ne vous apportera absolument aucune réponse, et ne vous restera clairement pas en mémoire quelques heures après l’avoir fini. Il n’apportera rien aux adeptes des space opera, si ce n’est de la frustration. Vous l’aurez compris, j’ai a-do-ré ce jeu, son intrigue et son gameplay ; à n’acheter qu’en solde à moins d’un euro, et uniquement pour les désespérés du point’n click old-school qui n’ont vraiment plus rien à se mettre sous la dent. A la limite, quitte à jouer à des vieux point’n click, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, essayez-vous à The Dig !

A noter qu’un fait me dépasse, mais alors, to-ta-le-ment : 94 % d’évaluations positives sur Steam. Tout cela alors que 90 % du contenu du jeu est visible dans les screenshots de la page du store. Comment peut-on bien se satisfaire de si peu ?!

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A propos de l'auteur : Toupilitou

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