Plaisir coupable : Arcania Gothic 4

Plaisir coupable : Arcania Gothic 4

Trahison ! Perfidie ! Quelqu’un inaugure une nouvelle chronique, et c’est même pas la mienne ! T’es sur mon territoire Gelupka ! Tant que je suis dans le jeu, tu pourras être aussi bon que tu le peux, tu resteras le numéro deux ! Ahem… Ça va vous aussi aujourd’hui ? J’étais en train de lire l’article de Gelupka sur « Star Wars : machin chose qui n’est pas Kotor 2  » , et je me suis dit « tiens, ça serait pas si con de profiter de cette nouvelle chronique pour aborder un sujet méga sensible  » . Ultra-sensible en fait. Divinement sensible. Que puis-je ajouter ? Ah oui, c’est le genre de jeu où j’ai tendance à modifier son titre pour en parler sans complexe ; niveau névrose, y a du niveau ouais. Est-ce que je parle d’Arcania ou de Risen Gothic 4 ? Voyez, c’est pas la même chose, mais si on veut éviter le torrent d’insultes et de coups de poing dans un écran qui vous reviendra en pleine gueule (… sisi c’est possible), aujourd’hui, on va parler d’un jeu que j’aime bien : Arcania : The Complete Tale. Ça sonne mieux, hein ?

 

Arcania, c’est l’histoire d’un jeu increvable, sorti le 12 octobre 2010 sur PC et Xbox 360. Le jeu sortira sur PS3 en mars 2011, en même temps que la première extension du jeu Fall Of Setarrif… Ah mais oui, mais non en fait, parce que Jowood, ils meurent, donc en fait l’extension sort en octobre 2011 sur PC, mais pas la version PS3 (… ça vous rappelle quoi les fidèles ? Call OfCall Of Duty, oui, exactement !). Donc, la version PS3 sort à la suite du rachat de Jowood, et les droits de publication d’Arcania part chez Nordic Games, qui sortira la version PS3 complète en 2013, et en profitera pour sortir Fall Of Setarrif sur Xbox 360. Il y aura aussi le 8 mai 2015 une sortie sur PS4, parce que… parce qu’il le fallait !

Alors, Arcania. pourquoi a-t-il remué si fort ? Parce qu’il est sorti avec un éditeur qui voulait des thunes, bien qu’il ne pouvait pas en avoir parce que son jeu bidait et personne ne l’aimait. Alors, il a tenté le tout pour le tout, et il est mort. Ensuite, il fut racheté par un Nordic Games qui voulait un retour sur investissement. Voilà, c’est la fin de l’histoire d’Arcania : A Gothic Tale. On voit bien que le jeu n’est pas forcément né sous une bonne étoile, d’autant qu’il est sorti en même temps que Fallout New Vegas et Two Worlds II qui l’ont sévèrement mis à l’amende dans deux genres différents. Certains iront même murmurer que Two Worlds II est plus un Gothic 4 qu’Arcania lui même, et ça, c’est hilarant quand on a un sérieux manque d’humour comme moi.

Donc, Arcania, c’est le beau gosse un peu con qui s’est pris une volée de tomates, mais aussi d’excréments, à sa sortie. On imagine clairement que Spellbound n’avait pas forcément envie de sortir un jeu dans un pareil état, et aurait préféré sortir un vrai Gothic 4 avec toutes les guillemets que cela peut sous-entendre. Mais le fait est que, voilà, Arcania : A Gothic Tale, c’est avant tout un jeu d’action / aventure, avec quelques reliquats de jeu de rôle, et surtout, des soucis de game design à vraiment ne plus savoir qu’en foutre. Entre les murs invisibles dans le monde ouvert (… qui une fois traversés vous conduisent invariablement à une mort certaine et ridicule), les problèmes de collision qui rendent l’issue de certains combats simplement aléatoires, les ennemis en masse pour compenser leur débilité, et une structure en couloir dans le final… J’ai même pas effleuré le sujet tant ça sent l’amateurisme toute cette merde.

On pourra aussi parler des quêtes FedEx, pourtant pas bien nombreuses, du côté des secondaires, et une campagne principale qui bénéficie certes d’un scénario plutôt soigné, malgré une dernière partie assez odieuse… Enfin, c’est pas la joie, même si le début est presque enthousiasmant, avec des étendues assez vastes à explorer, avec une certaine liberté de mouvement, et deux-trois quêtes qui valent leur pesant de cacahuètes. Partant de ce constat, on peut aussi évoquer le système de combat dynamique, et plaisant dans les faits, qui souffre tout de même d’une désolante simplicité pour un jeu du genre, ou encore la répétitivité du peu de combos disponibles, ainsi que la pauvreté du système de magie.

Vous pensez que le rayon des reproches est plein à craquer ? Attendez de voir les arbres de compétences qui font simplement honte au genre ; ce sont de simples tubes dont on rempli des sections, qui donnent des caractéristiques en plus, et parfois une compétence supplémentaire… Non, même pas de choix, juste faire progresser le tube. T’es content ? Heureusement qu’Arcania peut reposer sur son équipement généreux afin de donner un petit côté hack’n slash pas forcément désagréable, mais tout de même bien rouillé lorsqu’on se rend compte de la nullité du sentiment de progression.

Mais, il lui reste quoi concrètement à ce titre ? Comme je l’ai dit, sa structure linéaire et son histoire pas désagréable lui donnent une autre dimension qu’un jeu Gothic classique. Ainsi, on se laisse prendre à l’histoire tragique et épique de ce berger, ainsi qu’à ce qu’il va devenir malgré les probabilités (… et croyez bien qu’avoir une gueule et une coupe de cheveux pareil, c’est déjà ultra-improbable !). Bien qu’on anticipe aisément les rebondissements, cela reste dans le haut du panier des histoires des jeux du genre, avec même quelques pépites d’humour et répliques bien senties à la clé. Si l’alignement des étoiles et des planètes est bon, vous pourriez peut-être même vous attacher au héros du titre, qui sait mettre en valeur son bagout, faute de mettre en avant son physique de minet et sa coupe de Beatles.

Forcément, on s’accrochera au titre pour le plaisir esthétique : c’est putain de beau, et ça l’est encore aujourd’hui, sept ans après, où si l’on se rend bien compte que ça a pris quelques rides côté technique, difficile de cracher sur le résultat final; On n’est toujours pas sûr que The Witcher 3 ait réussi de si belles textures d’arbres et un rendu global d’une forêt sous la pluie aussi convaincant qu’Arcania. Mais, même sa plastique a ses limites, avec les douze millions de clones, les modélisations de visages parfois bien casse-gueule, et les animations qui nous ramènent aujourd’hui directement dans la vallée dérangeante. Pourtant, qu’est-ce que c’est beau, et qu’est-ce que c’est fidèle à l’esthétique des jeux Gothic !

Puis, il y a les musiques aussi. De sublimes musiques composées par Bastian Seelbach, que j’ai déjà cité ici quelque fois. Là, pour le coup, mis à part un main theme qui peut déranger pour son rythme et sa structure d’un classicisme assez déroutant, tout le reste est un travail d’ambiance absolument merveilleux. Dommage que les bruitages et les doublages en français salissent le travail musical, avec parfois des ennemis aux bruits absolument hilarants et à des voix au mieux… crispantes : « Alors tu as peur de Lyrca ?  » , par exemple.

 

Et donc, pourquoi ai-je aimé ? Je pense que cela relève du miracle. Je l’ai acheté en toute connaissance de cause, et j’ai tout de même été bien secoué par les terribles défauts que ce titre se trimbale. En fait, je pense surtout avoir été surpris par les qualités, que chacune d’entre elle semblait briller au-dessus de la masse de défauts, et que chaque qualité me parlait pas mal. C’est finalement l’atmosphère des vingt premières heures de jeux qui m’a fait garder un souvenir assez agréable de ce titre. Par contre, les dix dernières heures ne sont pas une sinécure, et je vous conseille d’arrêter pile après le marais. Vous me remercierez si vous avez le malheur d’essayer la suite du jeu ; je vous aurez bien prévenu !

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A propos de l'auteur : Marcheur

Rédacteur de Loutrage aimant le jeu vidéo dans tous ses pluriels et appréciant tout particulièrement réfléchir sur le média.

13 Commentaires sur “Plaisir coupable : Arcania Gothic 4”

  1. Andariel dit :

    Huhu, tu peux l’appeler ce que tu veux très cher, ça ne t’a pas épargné le torrent d’insultes et de coups de poing que tu voulais éviter. Voila, avec ces conneries, mon clavier est tout trempé de postillons et un bout d’ongle s’est retrouvé encastré dans un coin de mon écran. T’es content ? :p

    Faut dire aussi que je fais partie des vieux grincheux qui ne jurent que par les 2 1érs et que je considère le 3 comme un plaisir coupable. Autant dire que Gothic 4 était mal barré d’emblée…  Après, 7 ans sont passés et avec le recul, j’ai revu mon jugement sur pas mal de jeux que j’avais sévèrement abordé (notamment le 1er Risen)… et pourtant, Gothic 4 : Arcania garde fièrement sa position dans mon top 5 des suites de JVs les plus merdiques que j’ai jamais fait…

    Ce jeu, c’est de la gerbe de rat-taupe en boite. C’est totalement irrécupérable. Les graphismes ?  Oui mais, c’était un lourd prix à payer car c’était super mal optimisé et il fallait une bête de course dans le temps, et bof quoi, c’est pas ça qui va me retenir dans un RPG, loin de là. L’histoire ? C’est du plagiat insolent du film Braveheart en version cucul la praline avec en prime un PJ à la tronche de cake. La musique ? Quand Kai Rosenkranz, le compositeur attitré de la série (et Risen), fuit cette boule puante à toutes jambes, ça veut tout dire… Ce jeu, c’est de la pisse de sanglier en bouteille. C’est irrécupérable, je te dis !

    Après, chacun trouve son plaisir où il veut, hein ! Je n’ai aucun problème avec le fait que tu le considères comme un plaisir coupable (rah, j’ai fini par réussir ce jet de diplomatie dans la 17éme tentative, alors profites-en :p)

    • Marcheur dit :

      « Après, chacun trouve son plaisir où il veut, hein ! Je n’ai aucun problème avec le fait que tu le considères comme un plaisir coupable (rah, j’ai fini par réussir ce jet de diplomatie dans la 17éme tentative, alors profites-en :p) »

      Me fais pas ce coup là ! Je suis sûr que tu as lu un bouquin avec effet temporaire +20% à ta capacité de diplomatie !

      Pour le reste je suis d’accord, malheureusement j’ai quand même bien aimé Arcania… a Gothic Tale :p

      Puis abuses pas, Gothic 3 a d’immenses qualités, encore superbe, ultra ouvert, libre sans être sans contrainte, complet, ultra interractif, un bordel monstre peut être causé par le joueur, les retournements de veste toujours possible… ok ça a pas l’hostilité d’un Gothic 2, mais tout de même, présente Gothic 2 à un novice, même avec un mod graphique il fuit le jeu dès qu’il se rend compte de la merde qu’est le système de combat :p

       

      • Andariel dit :

        Bah, Gothic 3, à part qu’il soit complètement cassé (pour l’anecdote, suite à une gestation tumultueuse avec Jowood qui a fini par un divorce – et du coup, Gothic 4 est une vengeance réussie contre PB – il était sorti pas équilibré et buggé jusqu’à l’os), ce qui tâche c’est surtout son open world singé des TES et trop ambitieux pour les 20 gus de PB. ça donne un monde trop bac à sable donc plus plat et moins meublé que d’habitude, des quêtes fedex à la chaîne, des donjons d’une tristesse et un côté RP / narration nivelées par le bas. Il a des qualités et un charme certains, je dis pas, mais on est quand même loin du génie du level design riche et mémorable des 1ers, les quêtes bien écrites et les voies sensiblement différentes en fonction de tes choix.  Et tu sais ce que je lui dis ton novice ? Git Gud :p

        • Marcheur dit :

          J’ai trouvé l’open world de Gothic 3… parfait ? Juste assez rempli et pleins d’espaces pour donner lieu à des plans magnifiques et surtout une vraie exploration dans un monde gigantesque où malgré tout, il y a toujours une plante, un groupe de mobs ou un coffre perdu… par contre ouais, les grottes c’est la merde.

          En fait, Gothic 3 il essaye de créer un sentiment de monde en guerre dans lequel le héros est un acteur majeur tout en s’effaçant rapidement (le mystérieux sans nom, toussa… devenu Rhobar III… va te faire foutre Jowood :p) et là dessus, putain de réussite ^^

  2. Toupilitou dit :

    J’ai essayé plusieurs fois de m’y mettre, mais j’ai jamais réussi à tenir bien longtemps ; j’ai toujours eu un peu de mal avec le gamefeel / gameplay à l’allemande dans leurs Action RPG.

    Tiens d’ailleurs, Marcheur, je me suis plusieurs fois posé la question : est-ce que tu considèrerais Two Worlds 2 comme un plaisir coupable ?
    –> Non, ce n’est pas une perche pour une telle chronique, et non, ce n’est pas encore un épisode de harcèlement moral vis-à-vis de Reality Pump. C’est vraiment une vraie question pour le coup 😛

  3. Gothic 4 & Two Worlds 2 ? Ce ne sont pas des jeux. Non. C’est irrecevable. Allons allons…

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