Un jeu un album #2

Au même titre qu’un bon jeu d’aventure, un bon morceau sait offrir un univers profond et immersif. « Un Jeu Un Album » vous propose des associations libres entre ces deux mondes, comme compléments musicaux à des univers vidéoludiques. Bon voyage !

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Aaah, les années 80. Ses coupes de cheveux improbables, ses films d’action testostéronés, et ses jeux vidéo 8-bit qui font des bips sur les bornes d’arcade. Tout un style de vie et une esthétique très typée, qui se sont ringardisés à la vitesse grand V… Pour mieux revenir en force plus récemment, via une culture geek nostalgique qui en a redécouvert le côté « cool et décomplexé ». Allez, enfilez une perruque improbable et vos Ray-Ban d’aviateur ; on va parler d’un jeu qui glorifie l’arcade sur écran CRT, et d’un groupe élevé aux excès en tous genres et aux VHS porno. Y’aura de la violence, de la drogue, du sexe… et des moustaches !

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Néons, massacres et désordres mentaux

Hotline Miami est un jeu d’action top-down, sorti fin 2012. Premier sang de Dennaton Games, il a fait l’effet d’une petite bombe dans le milieu. Je vous encourage à lire la critique de Marcheur, il en parle mieux que moi. Dans un Miami des années 80, vous incarnez donc un personnage que l’on surnommera Jacket. Jacket semble avoir… quelques soucis psychologiques. Il reçoit régulièrement d’étranges messages téléphoniques le poussant à vider des bâtiments de toute vie humaine. Ce sont des types de la pègre de toute façon, ils manqueront à personne.

Vous vous exécutez, du coup. Vous pénétrez sur les lieux. L’air est à peine respirable, chargé de vapeurs d’alcool et de substances illicites. Des armes traînent un peu partout, une musique assourdissante vous tue les tympans. Et ces lumières, ce mobilier aux couleurs agressives de mauvais goût vous brûlent la rétine… qui a eu cette idée de foutre ces néons partout ?

Votre tête tourne. Privé de vos sens, les plus bas instincts animaliers refont surface. Ces types en blanc, ces visages indiscernables, vous les détestez déjà, tous autant qu’ils sont. Des sacs à viande qui ne demandent qu’à crever, le plus violemment possible. Démarre une sorte de transe, une fureur meurtrière. Qui prend aussi bien Jacket que vous, joueur, derrière votre écran. Pour le joueur, l’excellente OST du jeu y est pour beaucoup.

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Et côté musique, alors ?

En 2009, deux Français, Scott Scorpion et Thomas Violente montent le projet Scorpion Violente. Le nom du groupe en soi annonce déjà la couleur : cet adjectif accordé n’importe comment qui sonne comme le pseudonyme d’un punk attardé crasseux. Comme une odeur de sueur, de cuir et de dégueulis de mauvaise bière qui ne trompe pas sur la marchandise. Musicalement, c’est de l’électro – dans un style un brin eighties qui ne dépaysera pas les amateurs de Perturbator, Carpenter Brut ou M.O.O.N.. Mais Scorpion Violente se démarque en empruntant à l’indus son ultra-violence lancinante.

Leurs albums traînent une ambiance dégueulasse de snuff-movie moustachu sur une vieille VHS baveuse, usée par les années. Une boîte à rythme d’un autre âge soutient des nappes de son engluées de delay. Le résultat est simple et répétitif, parfois complété d’une voix lointaine, enfumée et comme saturée de drogues psychédéliques, débitant des insanités pornographiques incompréhensibles.

C’est ainsi que Scorpion Violente parvient à provoquer ce même état second qui rend Hotline Miami si puissant. Cette transe malsaine provoquée par la répugnante bestialité de ce qu’on SE FAIT subir. Un fascinant jeu d’attraction-répulsion, un concentré de violence sur un fond beaucoup trop kitsch. Un dancefloor qui finit en bain de sang. Par quel album commencer, du coup ? N’importe lequel. Non, vraiment, peu importe, tous se ressemblent. Quoi qu’il en soit, « Uberschleiss » est peut-être le plus facile à dénicher.

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On ne fait pas très original cette fois-ci, vu qu’on a parlé d’un des rares groupes électro typés eighties qui n’aient pas été déjà intégré à l’OST de Hotline Miami. Scorpion Violente semble pourtant être de ceux qui en représentent le mieux l’ambiance rétro crasseuse et la transe inavouable qui peut découler d’une ultra-violence acharnée… Ah, et regardez Drive, c’est plus tranquille, mais c’est vachement bien aussi. Et y’a du Kavinsky dedans, un autre oublié par Dennaton Games.

Ce n’est qu’une idée parmi une infinité de possibilités… N’hésitez pas à en proposer d’autres en commentaire !

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A propos de l'auteur : Prypiat

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Paladin des Terres Dévastées. Un peu irradié.

2 Commentaires sur “Un jeu un album #2”

  1. Les titres de cet album sont assez terribles.

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