Games Workshop et les jeux vidéo

Dans la série des détenteurs de licences prestigieuses, j’ai nommé : Games Workshop, avec Warhammer. Rares sont ceux qui n’en ont jamais entendu parler, que ce soit via les jeux de plateau avec figurines, via le cross-media, ou bien encore via les récentes adaptations en jeux vidéo. Je suis persuadé que vous connaissez tous au moins une personne qui passait (… et passe toujours) son temps libre à peindre des figurines avec un souci impressionnant du détail, tout en claquant trois fois sa paye du mois. Pour autant, dans ce qui va nous intéresser aujourd’hui, la folle histoire des adaptations vidéo-ludiques de ces licences n’a pas toujours été un parcours de santé. Rétrospective.

 

Dans les années 80, Games Workshop, boîte anglaise fondée par Ian Livingstone (… ouais, lui !), Steve Jackson et John Peake, et alors spécialisée dans la confection de figurines, commença à créer des jeux de plateau, des jeux de rôle, ou bien encore des wargames. Après s’être éparpillé sur une foultitude d’univers, cette société se réorienta vers ses deux licences phares : Warhammer et Warhammer 40000. Pour emballer le tout, Games Workshop publie également différents magazines, tel que le célèbre White Dwarf. Déjà à l’époque, ils avaient un sens du business assez aiguë ; au-delà de développer un background, ces revues étaient surtout des vitrines, des catalogues pour la masse de figurines à leur actif, que les joueurs eux-mêmes achetaient. Ma foi, joli tour de force ; vous vous verriez acheter le catalogue de La Redoute ?

La richesse du background des univers qu’ils ont créés, magnifiée par les illustrateurs et sculpteurs, est clairement ce qui a fait la réputation de ces licences. Pour les décrire brièvement, l’univers est un mix entre la high fantasy d’un Seigneur des Anneaux, des inspirations de notre monde à différentes époques, le tout saupoudré d’une surcouche de dark fantasy à la Moorcock (… Elric, jeune inculte !). Un bien beau cocktail. Warhammer 40000, quant à lui, et contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’est pas une adaptation futuriste de l’univers de Warhammer, mais du nôtre (… avec tout de même des imports fantasy) en version empire intergalactique totalitaire, un peu plus de quarante millénaires plus tard, alors que l’humanité est en proie à diverses attaques de races aliens.

Games Workshop mit réellement un pied dans les adaptations en jeux vidéo de Warhammer en 1991, avec HeroQuest, développé par Gremlin Interactive, studio ayant baissé le rideau en 2003. Je n’y ai personnellement jamais touché, mais j’ai encore en mémoire la couverture du jeu de plateau, où l’on voyait un barbare accompagné d’un nain et d’un mage, entourés de monstres. Pour l’histoire, Sierra avait sorti un jeu appelé Hero’s Quest, ce qui était évidemment trop proche, et ils l’ont renommé par la suite en Quest For Glory. S’ensuivra trois ans plus tard le deuxième opus avec HeroQuest 2 : Legacy Of Sorasil.

C’est ensuite en 1995 que la toute première itération de Blood Bowl voit le jour, non pas développé par Cyanide mais par MicroLeague. Le résultat fut relativement décevant puisque la plupart des testeurs recommandaient de plutôt jouer au jeu de plateau. En forçant le destin, mais aussi surtout parce qu’ils avaient une très grosse envie de le créer, Blood Bowl fut ensuite repris par Cyanide en 2009, après un Chaos Legend faisant office de déclaration d’intentions. Le résultat fut suffisamment prometteur pour que Games Workshop les autorise à réitérer l’expérience en 2015 avec le deuxième opus.

Mais avant ce premier Blood Bowl, d’autres adaptations de Warhammer ont également vu le jour ; Battle for Atluma (2006) en jeu de cartes par JV Games, Shadow Of The Horned Rat (1995) ou Dark Omen (1998) par Mindscape, Mark Of Chaos (2006) et Battle March (2006) par Black Hole Entertainment, ces quatre derniers étant des jeux tactiques en temps réel. En 2008, Mythic Entertainment créa un MMORPG par la grâce d’Electronic Arts. Celui-ci était clairement orienté vers le PvP. Le destin étant parfois bien cruel, World Of Warcraft fut l’élu des joueurs pendant de très longues années, alors que Warcraft fut lui-même largement inspiré visuellement de Warhammer. Ce jeu fut tout de même assez bien accueilli puisque plus d’un million de copies furent vendues. Toujours sous la houlette d’EA, Wrath Of Heroes, un MOBA, aurait pu voir le jour à un moment donné, mais le projet fut annulé, faute de perspectives financières satisfaisantes ; on reconnaît bien là le visage de l’ogre américain…

L’histoire récente de Warhammer est tout de même nettement plus aguichante ; Mordheim City Of The Damned de Rogue Factor en tactical RPG, un FPS coopératif à la sauce Left 4 Dead 2 avec The End Times – Vermintide de Fatshark, et Total War : Warhammer de Creative Assembly en jeu de stratégie. Pour avoir joué aux trois, je peux affirmer qu’ils sont autant chronophages qu’addictifs, même si la multiplication de DLC peut refroidir les ardeurs des plus aguerris. On ne peut que saluer leur sens du business puisque cela fonctionne… Cette année 2016 verra aussi apparaître Man O’ War Corsair, permettant de se mettre sur la tronche à coup de galions.

Quant à Warhammer 40000, le nombre d’adaptation en jeu vidéo est tout aussi riche, si ce n’est davantage. On retrouve pêle-mêle les différents Space Hulk qui étaient des tactical shooters. A noter que l’opus le plus récent, créé en 2013 par Full Control, est quant à lui un jeu au tour par tour. On retrouve ensuite les créations éditées par THQ et développées par Relic Entertainment, avec principalement la série des Dawn Of War en jeux de stratégie en temps réel. Ce studio de développement s’essaya également à un jeu d’action avec Space Marine qui, pour le coup, était ultra bourrin et survitaminé.

Si l’on en croit Erik Mogensen, Services Manager chez Games Workshop, Dawn Of War reste une des meilleures adaptations de la licence Warhammer 40000. Il fait d’ailleurs, une confiance quasi aveugle envers Relic Entertainment ; ce gars-là tient à s’entourer des meilleurs développeurs pouvant faire perdurer et développer ces licences. Ou comment rendre des licences à l’ambiance unique accessibles au plus grand monde, tout en conservant l’aspect hardcore et punitif du gameplay des jeux de plateau. Il tient tout de même à souligner que l’activité des jeux de plateaux reste et restera leur cœur de métier. C’est d’ailleurs pourquoi, estimant qu’il ne s’agit pas de leur domaine d’expertise, ils font vivre leurs univers par des tiers, en profitant bien évidemment au passage de royalties bien gras.

Encore une fois, l’actualité récente sur cette licence est plutôt prolifique, car depuis 2015, de nombreuses autres adaptations ont vu le jour, dont Battlefleet Gothic : Armada, des français de Tindalos Interactive. D’autres arriveront sous peu en 2017, avec principalement Inquisitor – Martyr de Neocore Games (… les créateurs du hack‘n slash Van Helsing) en jeu de rôle action, ainsi que Dawn Of War 3.

 

Les jeux listés ci-dessus ne représentent évidemment pas un inventaire exhaustif, mais cela donne une idée sur le business bel et bien vivant généré par Games Workshop dans l’industrie du jeu vidéo depuis les années 90. Verrouillant autant que possible le background de ces adaptations, il arrive parfois qu’il relâche la bride, tel qu’avec Cyanide avec l’intégration des Bretonniens dans Blood Bowl 2, absents du jeu de plateau, faction elle-même inspirée de la France médiévale. Quoi qu’il en soit, bien que cela puisse être fort contraignant pour les développeurs, tout le contenu présent dans les jeux doit passer par une phase de stricte validation par Games Workshop. A n’en pas douter, années après années, nous verrons apparaître des pelletés sans fin d’adaptations. Et vous, au bout du bout, qu’attendez-vous d’eux ?

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A propos de l'auteur : Toupilitou

Loutre hyperactive et webmaster de http://www.loutrage.fr

7 Commentaires sur “Games Workshop et les jeux vidéo”

  1. Corbulo dit :

    T’as fais cette article pour m’obliger de poster ici 🙂 c’est me prendre par les sentiments que de faire un superbe article sur GW Toupi. Seul remarque pour leurs défense (oui je suis un peu fanboy), le white dwarf et devenu un simple catalogue que récemment, au début tu avait des articles plus fournis, rapport de batailles, des histoires, scénarios etc…

    Sinon, on reconnait l’amoureux de la licence, à défaut de couler battle ils ont l’air de bien avoir fait le pas vers le jeu vidéos (avec des erreurs aussi).

  2. Toupilitou dit :

    Pour tout dire, j’ai vraiment découvert et fouillé ces univers sur le tard. Bon par contre, maintenant, je suis totalement foutu ^^

    Pour le White Dwarf, je me rappelle en effet que quand j’étais ado, ce n’était pas qu’un catalogue. Mais au moment où il y a eu une polémique sur ce magasine, ils ont décidé d’assumer ce fait complètement.

    Et sinon, c’est clair qu’il y a eu des erreurs dans les adaptations en jeux vidéo. Pour celles auxquelles j’ai touché, il y avait Chainsaw Warrior, et Warhammer : Arcane Magic. Par contre, je pense qu’il y en a encore pas mal de camouflés sur lesquels je tomberai plus ou moins par hasard ^^

  3. Ninheve dit :

    Pour moi ce fut surtout la boutique rue hautefeuille, devant laquelle je suis passée pendant des années en salivant devant leurs superbes vitrines^^
    je n’étais pas seule, car j’y ai toujours vu des geeks rodant dans le coin
    sinon pour les jeux de la licence…je sors mon joker car finalement j’y ai très peu joué , de ci de là au cours des années et non pas parce que j’étais fan de l’univers mais juste parce les jeux étaient sympatoches

  4. Toupilitou dit :

    D’ailleurs, Warhammer 40000 va enfin avoir droit à un tactical RPG, avec Sanctus Reach.

    Je salive déjà comme un clébard.

    Que je suis faible… ^^

  5. Toupilitou il y a déjà un jeu au tour par tour dans l’univer de warhammer 40K et c’est W40K :Armageddon qui est assez difficile! Franchement j’en ai bavé pour le finir. Et ne pas oublier également Space Hulk!

  6. Toupilitou dit :

    En ce qui concerne Space Hulk, je ne connais que la version old-school des années 90, et ça ne me fait pas trop rêver ^^
    Le Armageddon pour le coup je ne le connais pas !

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