Risk Of Rain

Non, ce n’est pas un jeu de simulation de présentateur de météo. Non, ce n’est pas non plus une simulation du Nord de la France, ni un jeu pseudo poético-machin-chose dont personne ne veut vraisemblablement, mais où il paraît qu’il y aurait un public de niche. Avant que vous ne releviez le fait que j’ai fortement apprécié les jeux de Thatgamescompany, ce qui confirme que je suis concerné par la fin de la précédente phrase, je m’en vais vous introduire efficacement et de manière concise Risk Of Rain, qui n’a rien à voir avec le jeu de David De Gruttola: c’est un Roguelike sorti sur PS Vita, Playstation 4, Mac, Linux et PC. Autant le dire : c’est la bonne surprise indépendante de ce début d’année.

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Pourquoi tes introductions ne servent jamais à rien ?

Sorti le 8 novembre 2013 sur Steam, et bien plus tard en ce début d’année sur les dernières consoles de salon et portable de Sony, Risk Of Rain est un jeu qui n’a pas la prétention de raconter une histoire de fou. Comme dirait John Carmack à propos du scénario dans les jeux vidéo, et même si ça se discute, « le scénario dans le jeu vidéo, c’est comme dans un porno, on sait qu’il y en aura un mais c’est sans importance« . Subtil le Carmack, et c’est exactement la direction vers laquelle les développeurs du jeu de Hopoo Games se sont orientés. C’est l’histoire d’un mec qui s’écrase sur une planète avec des monstres dessus, et il doit s’en échapper.

Maintenant que l’on sait que la profondeur de l’écriture du titre est au moins égale à l’intérêt suscité par l’Euro 2016 sur votre serviteur, on peut passer à ce qui va bien avec le fond. Même si c’est davantage une question de forme, disons que la direction artistique du titre, ainsi que sa construction, écrase littéralement le joueur. Vous ne jouez pas un personnage grand qui en impose. Vous n’êtes qu’un point. Et quand je dis un point, c’est quatre-cinq pixels sur un écran qui en contient quelques centaines de milliers. Comprenez le choc lorsque la partie démarre sur une machine comme la Vita. On n’est pas dans Duke Nukem, mais on a très fortement l’impression d’être une tâche sur l’écran, et cela procure un sentiment de fragilité et d’insécurité face à des environnements gigantesques, avec des adversaires toujours plus massifs.

Donc oui, s’il n’y a pas de scénario, on se sent vraiment perdu au milieu de zones immenses qui, à chaque nouvelle partie, sont différentes, ce qui renforce d’autant plus cette sensation de ne jamais pouvoir maîtriser l’environnement. Une excellente nouvelle pour ce petit titre qui mise beaucoup sur son challenge et sa rejouabilité pour capter le joueur. Et deuxième bonne nouvelle : c’est parfaitement réussie.

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T’as complètement abandonné l’idée de faire des sous-titres pertinents

Sur le plan ludique, notre jeune ami part d’une idée simple : nous tuer pour nous apprendre à survivre. Tout est plus ou moins fait pour vous tuer ; les ennemis sont nombreux, robustes et puissants, tandis que les objets pour améliorer le personnage sont tous à débloquer contre de l’argent que l’on gagne en tuant des ennemis. Jusque là rien ne semble anormal, mais… Plus vous tardez à avancer vers la fin du jeu, plus une jauge montera et rendra vos adversaires de plus en plus redoutables. Alors c’est la course ; passer du temps à chercher des améliorations dans une carte pourrait vous réduire à néant vos maigres chances de succès, tandis que foncer trop vite vers les zones de plus haut niveau risque de vous rendre trop peu préparé pour les défis corsés du final.

Maintenant que vous saisissez les choix cornéliens que le jeu vous proposera, sachez qu’il vous faudra être particulièrement réactif vis-à-vis de vos ennemis, et qu’il faudra composer avec la jouabilité en deux dimensions de ce jeu en temps réel qui ne vous laissera pas souffler. C’est cours, saute, esquive, tir ou crève. La fuite n’est pas une vraie option, car si vos adversaires sont trop forts pour vous, c’est soit que vous n’êtes pas assez bon (… ça se soigne, demandez un traitement au docteur From Software), ou que votre personnage n’est pas encore prêt en termes d’équipements et de niveau de personnage.

Plus vous avancerez dans le titre, plus vous risquerez d’accumuler les morts didactiques. Et vous repartirez effectivement de zéro après la mort de votre protagoniste si chéri (… dont l’espérance de vie ne devrait pas excéder les 20 minutes en règle générale, soit la durée pile poil assez frustrante pour faire un peu râler mais aussi pile poil la bonne durée pour donner envie de retenter le coup). Car Risk Of Rain n’est pas frustrant. Chaque nouvel objet découvert dans un run sera plus facile à trouver dans le suivant, et votre maîtrise du système de jeu n’ira qu’en s’améliorant. Même s’il vous mettra face à beaucoup d’adversaires variés et des boss redoutables, Risk Of Rain sait récompenser les persévérants, et cela n’est finalement que beaucoup de bonheur à jouer, surtout que les onze personnages (… en plus de celui de base) se jouent très différemment, et amèneront de la variété à vos futurs nombreux runs.

Il vous faudra environ une heure et demie pour finir le titre si vous êtes un joueur très talentueux, mais bien plus pour ceux qui n’assimileront pas toutes les subtilités dès la première partie. La rejouabilité étant clairement le centre de l’expérience, recommencer ne sera jamais une sinécure, mais un plaisir renouvelé par un environnement, des ennemis, et des objets tous générés aléatoirement.

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Tu vas même pas dire que c’est du pixel dégueulasse ? … T’es malade ?

Graphiquement, le titre ne déchire aucune rétine (encore heureux, il s’en prendrait une en juste retour), mais s’avère doté d’une direction artistique minimaliste tout à fait charmante. Ce jeu, entre la petitesse du personnage et le gigantisme de ces environnements toujours différents, est tout à fait intéressant et montre un certain soin sur le visuel. Le design des différents monstres s’avère soigné mais somme toute assez classique, même si on ne lui en demandera pas trop vu la profusion d’adversaires offerte par le jeu.

Les bruitages sont assez minimalistes eux aussi mais ont un mérite : ils ne masquent pas du tout les musiques juste géniales de Risk Of Rain. Pour le coup, tout comme Volume, c’est une réussite totale, variée et superbement travaillée. Il y a pour une heure de bande-son dans les 80 Mo que demande le jeu. Une profusion et une qualité très surprenante. Pour tout dire, j’écoute désormais les musiques du jeu en dehors de celui-ci sans aucun déplaisir. Félicitation Chris Christodoulou, compositeur dont je ne me moquerais pas du nom parce que monsieur est un spartiate tout à fait talentueux qui, s’il est le successeur des hommes-muscles des films 300, pourraient me déboîter l’épaule en tapotant dessus. Si vous n’avez pas saisi, il est grec et habite à Sparte, ce qui en fait le premier compositeur grec dont je fais la musicale connaissance. Beau travail à toi et à Hopoo Games : vous avez délivré un superbe travail.

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Entre sous-titres inutiles, blagues à l’humour douteux, et références pop-culture toujours intégrées avec autant de subtilité que le Doomguy, me voici en train de vous dire que Risk of Rain est un jeu indépendant qui ne souffre d’aucun défauts rédhibitoires. Il faut juste que l’on soit capable de gérer des mécaniques de jeu qui misent plus sur les compétences du joueur, que son aptitude à améliorer et optimiser son personnage. C’est un titre passionnant qui démontre d’une vraie envie de faire un jeu fonctionnel, addictif, et réussi sur des supports aussi varié que le PC, les consoles de salons, ou les consoles portables. Une recommandation donc, surtout au vil prix demandé pour acquérir cette petite perle, qui nous fera une nouvelle fois affirmer que même si il y a des pixels, cela n’est peut-être pas pour autant un sous-jeu indépendant surfant sur la vague, mais bien un excellent jeu, à bien des égards.

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Rédacteur de Loutrage aimant le jeu vidéo dans tous ses pluriels et appréciant tout particulièrement réfléchir sur le média.

2 Commentaires sur “Risk Of Rain”

  1. Ninheve dit :

    bizarre, je n’arrive pas à déterminer si ce jeu me plairait. En lisant le test, je réalise combien ce jeu est inclassable et même si on sent que tu as aimé le jeu (et sa musique) , le coté speed des cartes me freine un peu..mais sa rejouabilité est très intéressante..bref…pas évident

    • Photo du profil de Marcheur Marcheur dit :

      Bah c’est un kiff d’hardcore gamer qui reste assez accessible (je suis pas un alien, je suis même une quiche en roguelike et je peine sur les Souls ^^) mais Risk of Rain reste une belle porte d’entrée en mode très facile, le temps de maîtriser les divers types d’environnements, le gameplay, et surtout le rythme à tenir. C’est typiquement le genre de jeu sur lequel tu passes cinq heures d’affilée alors qu’au départ tu devais juste faire une partie pour patienter avant l’arrivée du train… au final tu as passé un super moment mais tu as raté le douzième train que tu devais prendre :p

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