The Last Tinker : City Of Colors

The Last Tinker : City Of Colors

Artistiquement, The Last Tinker se pose là. La musique est envoûtante, et pour ce qui est du look… Regardez les screenshots et les vidéos. Le problème, c’est qu’à côté de ça, c’est la banqueroute.

 

Commence par oublier les gros noms du platformer 3D plâtrés partout sur la page du magasin, lecteur : s’il y a bien eu inspiration, le jeu est bien loin de tout ça. D’abord au niveau du collectathon, puisque les 80 pinceaux cachés ne te demanderont guère d’efforts à trouver, mais surtout au niveau du gameplay. D’abord, il n’y a pas de saut. Les changements de hauteur sont contextuels. Du moins pour ce qui est de monter. Pour descendre, par contre, tu as toute liberté de te casser la gueule. Je m’interroge encore sur l’intérêt d’un système le cul entre deux chaises, mais passons.

Ensuite, la course est optionnelle, et la marche le défaut. Ce serait cool. Si la marche avait un intérêt quelconque plus de dix secondes de jeu, dans un unique passage étroit où les côtés sont bardés de buissons épineux. Oui, c’est littéralement le seul passage du jeu où marcher a le moindre intérêt (et encore est-il anecdotique, puisqu’au vu du nombre plus que généreux de points de vie donnés au joueur, même en fonçant dans le tas ça risque fort de ne pas mal tourner). Bref, on passe DIX HEURES le bouton RT enfoncé. DIX HEURES. CONTRE DIX SECONDES. Tu permets ? je reviens, juste le temps de charger le fusil à pompe.

Ensuite, le combat. Le dernier Spyro auquel j’aie joué, c’était sur Wii, me demande même pas le titre, ça m’a jamais laissé un souvenir impérissable, Spyro. J’admets. Mais du moins avait-il l’avantage d’offrir une variété à la limite de l’obscène. Dans Tinker, tu peux acheter des upgrades, mais elles n’ont aucun intérêt. Aucun. AUCUN. AU-CUN. J’ai fini le jeu de bout en bout en utilisant EXCLUSIVEMENT les attaques de base (et le bouton RT, est-il besoin de le rappeler). Je ne saurais même pas te dire à quoi ressemble le reste : je m’en suis jamais servi. Je me souviens qu’à un moment de l’intro on m’a appris à esquiver avec RB, mais là où c’est rigolo avec Hand Of Fate, ici c’est juste facepalmesque dans sa contradiction avec le RT qu’on oblige le joueur à enfoncer. Jamais de challenge, jamais de situations épineuses. Bref : c’est fade, c’est morne, c’est tout à l’inverse du principe du jeu et même de son nom.

Ensuite, le gameplay d’une manière plus générique. Simple : coincé entre son saut contextuel, ses chutes sans préambule, sa rigidité quasi-cadavérique dans le level design, sa platitude presque constante et ses rails tant propres que figurés, c’est un véritable carnage. On s’emmerde de bout en bout, entre déplacements pour l’histoire et parcours d’une map plus linéaire qu’un Call Of Duty dans une civière et ses secrets aussi bien planqués que le monde 2-1 de Super Mario. Comprenne qui pourra.

Les unlocks ? Des artworks. Cool. Des modes à la con. Rien à foutre. Une arène. Une… Attends. Tu viens de me carrer le système de combat le plus pourrave que j’aie vu ces trois dernières années entre les mains, et t’as encore le culot de me coller UNE ARÈNE ? Heureusement pour toi que j’ai utilisé mes dernières réserves d’anthrax sur ma review d’Escape Goat 2, toi aussi je t’aurais donné des cours de base sur le metal.

Le système Biggs / Boomer ? Sympa, mais au final chiant. Soit on siffle cette / ces bestiole(s) pour qu’elles suivent, auquel cas les positionner où on veut tient de la gageure (fort heureusement uniquement demandé quand on veut les changer de forme), soit on les transporte dans le cas de Boomer, mais alors non seulement on ne peut plus courir, mais en prime la vitesse de marche déjà digne d’un grabataire asthmatique se retrouve encore multipliée par zéro (manquerait plus qu’elle ait été divisée, tu me diras, lecteur).

Le mini-jeu de l’orchestre ? J’ai juste un truc à dire. Si t’as déjà touché à une SNES, tu veux pas approcher ce truc avec une hazmat et la manette d’un autre au bout d’un bâton, lecteur. J’ai déjà eu du mal à retenir l’inversion BAYX -> ABXY, alors me demander de retenir les COULEURS des boutons de la manette ? Juste… Va voir chez les serbes les films à titre pourri, tu veux ?

Sans compter les problèmes de contrôles. Je veux dire, au début du jeu, on te dit deux choses : RB sert 1. à esquiver ; 2. à descendre de ta plate-forme surélevée. Ouais. Sauf que RT fonctionne tout aussi bien et est d’office enfoncé, donc t’en as strictement rien à foutre. Jusqu’à environ 8h dans le jeu, où UNE plate-forme REFUSE l’utilisation de RT. Et bien évidemment après 8h, as-tu retenu ce détail, lecteur ? Honnêtement ? NON. C’est pas plus compliqué que ça. On t’inculque un truc pendant 8h, le virer après c’est du foutage de gueule.

Le boss de fin ? Le seul véritable boss du jeu en fait ? Juste chiant, incapable de viser, prédictible sans expérience, mou, bref absolument obscène vu sa prestigieuse position. Les séquences sur rail propre ? Disons que tu as ici un bel exemple de dev’ qui n’a pas compris que quand on veut mettre un obstacle dans un virage, la moindre des choses quand on est propre, justement, est d’avertir le joueur en pivotant la caméra un peu plus d’un vingtième de seconde avant l’apparition de l’obstacle en question. En particulier quand t’abuses du motion blur.

Le doublage ? L’idée est bien, hein. Je dis pas le contraire. Mais tu sais pourquoi les gens normaux grincent des dents devant les vieux Enix genre Illusion Of Gaia ? Parce que les bipbipbipbipbipbip, c’est ignoble. Alors pourquoi diable avoir foutu ici une voix qui fait LITTÉRALEMENT « ouiiiiiiiiin, ouin ouin ouiiiiiin. Ouiiiiin, ouiiiin  » ? Mmh ? Le système de checkpoints ? À moitié dans le caniveau : uniquement utilisables sur la partie en cours – besoin de prendre l’air ? Bah tu te retaperas ta map depuis le début, ça te fera les pieds.

Et les dialogues avec, après tout un bouton skip, c’est pour les faibles. Tu reprendras bien un peu de « ouiiiiiiiiin, ouin ouin ouiiiiiin. Ouiiiiin, ouiiiin  » , non ? C’pas comme si ça allait te taper sur le système à la quatrième seconde. Ah, oui. Et dernier détail : c’est optimisé à la truelle. Quand l’AO te fait pas ramer mais que les RÉFLEXIONS mettent ton PC à genoux, tu sais qu’y a un truc pourri chez les danois.

 

Évite, lecteur. Évite, à moins de vouloir finir comme moi. Meurtri à tendance meurtrière. Bon, ceci dit, si tu t’obstines, la VF est pratiquement irréprochable. Mais c’est cher payer pour quelques lignes de français correct.

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A propos de l'auteur : Hyeron

Pourrait retourner jouer à Call of Duty comme on le lui suggère, s'il avait seulement déjà approché cette franchise

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