Mighty number 9

Mighty Number 9

Vous vous êtes aussi fait entuber par un Kickstarter ? C’est bien, on est tous teubés ici donc. On est tous du genre à être hypé par la suite d’un jeu vieux de quatorze ans sur Kickstarter, annoncé à l’E3 d’un constructeur… Mais non, je déconne. On sait tous que Shenmue 3 ça sera de la merde. Sinon, par quel Kickstarter vous êtes vous fait entuber ? Wasteland 2 ? Torment ? Wasteland 3 ? Pillars of Eternity ? Allez, on ne va pas être mauvaise langue : il n’y a pas que de la merde qui en sort, sinon ce serait quand même catastrophique. En tout cas, vous êtes nombreux à avoir cru en Mighty Number 9. Moi, non. Je faisais confiance à Pillars of Eternity, mais si vous avez cru en Mighty Number 9, vous vouliez un Megaman comme on en fait plus ? Bah vous avez eu un jeu comme on en fait plus . C’est plutôt bon signe, non ?

Non. « C’est bon ça ! « 

 

Nota Bene : Je ne contrôle absolument pas tous les « C’est bon ça !  » que vous allez lire dans cet article. Il est vrai qu’après les avoir entendu six heures d’affilée, à environ douze secondes d’intervalles entre chacun, il y a de quoi devenir complètement taré. « C’est bon ça !  » . En espérant que cette crise ne me suive pas dans d’autres critiques ou articles !

 

« Brûleeeeeeeeeeer ! En Avant ! C’est bon ça ! Tu es un pisse froid toi !  »

Putain mais je ne croyais même plus revivre ça ! Les bons vieux doublages à la con des jeux de sixième génération. Les doublages où la seule chose que vous dites au titre est la même chose que vous avez souvent envie de dire à vos vieux : fermez-la. Mais bordel les gars, fermez votre grande gueule. Toi, le pyromane astucieusement appelé… Pyro, je t’invite à arrêter de dire « brûleeeeeer !  » , ou encore « Pyro va t’incinérer !  » avec tout le sérieux du monde. Enfin merde les gars, on peut se tutoyer « C’est bon ça !  » . Je vais pas prendre mon micro et le brancher pour vous inviter à fermer vos gueules, je le fais sans vous le communiquer, dans le dos, sans vous le signaler. Ça, c’est bien, c’est de l’hypocrisie qui nous permet de bien nous entendre, nous les humains, dans la vie de tous les jours. Donc les Mighty, si vous avez quelque chose de gentil et de pas trop chiant à dire, dites-le en face. Mais vos délires, gardez les pour vos soirées privées de robots attardés. OK ? « C’est bon ça ! « 

Parce que si vous vous demandiez si le jeu a un scénario… oui, il y en a un, hein. Mais disons que voilà, c’est un peu le scénario d’un Megaman, donc on s’en bat les couilles parce que c’est là où Mighty Number 9 est au moins aussi bon qu’un Megaman : c’est qu’on s’en tape ! Les cinématiques ? Mais passez les toutes, ne les regardez pas, on s’en fout, sérieusement. Les dialogues « C’est bon ça !  » ? Si vous avez envie de perdre vos neurones avec l’efficacité de coups de massue répétés sur le crâne pendant cinq heures à raison de cinq coups / seconde, alors vous pouvez écouter des doublages mauvais bien interprétés soutenant un script plus mauvais que l’infâme donc… Donc… Ouais, on va passer directement à une autre partie de la critique.

 

« C’est un jeu étudiant ?  » « Non c’est la suite spirituelle d’une saga culte qui a été financée à plus de quatre millions de dollars. Tu veux jouer ?  »

Pour le jeu, ils ont choisis l’Unreal… le machin 3 là. « C’est bon ça !  » , et avec ça, ils ont fait de la… comment on pourrait dire déjà, Roger ? « Un travail soigné et passionné !  » . Non non, ce n’est pas exactement le propos que je voulais tenir. Allez, Roger, dis-le plus clairement : « De la belle œuvre qui redéfinit les codes de l’esthétique ?  » . On est certainement plus proche du propos que je voulais tenir, mais je viens de trouver : ils ont fait de la merde. Mais genre, vraiment. Techniquement, le jeu est indécent. Je me suis crevé les yeux huit fois pour vérifier que c’était bien moche, et même en lisant la description des graphismes en braille, ce qui m’apparaissait c’était que le jeu était vraiment affreux. D’ailleurs, je vous fait la traduction « De la merde, de la merde, de la merde, de la merde, de la merde, de la merde oh, oooooh ! Ça oui c’est du bon travail  » . La différence entre le Joker constatant la qualité du travail de Vicki Vale, c’est qu’à la fin, il n’y a pas de bon travail. « C’est bon ça !  » . Non non Beck, c’est pas bon.

Donc faites vous une raison, le character design est cancérigène, les arrières plans sont affreux, les niveaux sont aussi variés que moches (… une qualité qui n’en est pas une, vu que c’est affreux), et globalement, ça a autant de bon goût qu’un film d’Uwe Boll. Alors, on sauve quoi dans tout ça côté réalisation ? Les gars ? Eh bien… C’est du soixante images seconde plutôt stable. Sinon, il y a des doublages en français mais bon, comme les personnages répètent toujours la même chose en jeu, « C’est bon ça !  » , bah on a vite envie qu’il la boucle, et ce même pour les cinématiques, « C’est bon ça !  » , où on a l’impression de mater du travail d’amateur sur Youtube avec des doublages accomplis par des débutants. « C’est bon ça !  » . Ferme la !

Du côté des musiques, eh bien, comment dire… Il me semble avoir lu quelques illuminés les qualifier d’agréables. Pour justifier ce goût étrange, on pourrait peut-être accuser l’hypnose pouvant apparaître après quelques heures d’affilée à entendre Beck s’écrier : « C’est bon ça !  » . Disons que les musiques sont directement inspirées des pires trucs qu’on pouvait entendre dans les années 80, et qu’elles font parfois le taff sans tomber dans la réussite la plus sincère. Globalement, on apprécie de couper le son, « C’est bon ça !  » , pour pouvoir apprécier nos musiques si chères à notre petit cœur d’humain. Donc, l’OST est plutôt bonne, si tant est que vous disposez d’un appareil pouvant lire vos musiques à proximité.

Bon. Là, vous vous dites surement « C’est bon ça !  » , mais en réalité le jeu n’est pas aussi naze que le monde entier le prétend. J’ai même apprécié le finir et aussi terminer une grosse partie des défis qu’il propose, pourquoi ? Parce que fondamentalement Mighty Number 9 n’est pas un mauvais jeu, il est même plutôt carré dans sa conception. « C’est bon ça ! »

 

Alors comme ça tu serais plutôt dans le genre « C’est bon ça !  » ?

Alors y a du Megaman dedans ? Oui y a bien un peu de megaman dans ce jeu et même beaucoup de Megaman on peut même dire qu’il s’agit d’une contrefaçon asiatique du légendaire jeu qui n’a pas été créait par Keiji Inafune mais que quand même il a dessiné Megaman. Donc une contrefaçon fait par un homme qui prétend avoir créé Megaman hors il a juste conceptualisé le personnage qui servira dans le jeu dont le game designer sera fait par Akira Kitamura et donc notre ami Keiji Inafune n’est pas vraiment un menteur. Il a créé le personnage de Megaman, l’apparence dans l’inconscient collectif mais le jeu, c’est pas lui, et vous savez c’est quoi le plus drôle avec Mighty Number 9 ? Keiji Inafune ne l’a pas réalisé, non, il en a écrit le scénario et l’a produit. On doit le game design de l’ami Numéro 9 à Koji Imaeda dont c’est le premier jeu. Et si ça n’est pas parfait, il y a des chances que ce monsieur puisse faire des contrefaçons de bonnes qualités à l’avenir voire, pourquoi pas, un bon jeu original « C’est bon ça ! »

Parce que sans être une tuerie totale qui va vous faire vous lever la nuit, le titre a quand même quelques petits atouts dans sa poche pour devenir un jeu qui plaira à un public qui recherche un jeu de plateforme rapide et très nerveux, tout dans la conception du titre va dans ce sens. Le level design est donc assez simple, certains diront même scolaire et n’auront pas tort mais cette simplicité permet une résolution rapide des missions qui peuvent vite devenir longue si l’on ne maîtrise pas l’ensemble des possibilités du jeu. C’est vraiment tailler pour le speed run avec quelques raccourcis et des techniques pour traverser les zones en rush en dégommant le moins d’ennemis possibles, même les boss sont plutôt aisés une fois qu’on a comprit leurs stratégies plutôt simple et prévisible. Le tout est servi par une jouabilité qui répond au doigt et à l’œil servie par la fluidité du titre et par l’épuration de son visuel parfois à l’extrême.

Quelques subtilités comme les bonus offerts aux joueurs en difficulté pour leur simplifier la résolution des niveaux ainsi que la mécanique d’absorption des ennemis grâce au dash ou encore les huit autres formes que peut prendre le personnage pour modifier ses caractéristiques font que l’on est en face du jeu qui coche une à une les entrées de son cahier des charges pour ne pas être « trop » proche de Megaman « C’est bon ça ! ». On est en face d’une contrefaçon ça c’est certain, mais il y a un minimum de maîtrise et d’idées derrière pour nous faire dire « si il y a un procès il est concevable que Capcom le perde. » Donc est-ce que ça passe mal quand on joue ? Non c’est plutôt plaisant, ça se parcoure de manière fluide, la courbe de progression est agréable et la résolution des niveaux est ni trop ardus ni trop aisés on a donc un sentiment d’accomplissement assez appréciable. Une autre qualité à citer ? Les temps de chargement sont pas trop longs.

Maintenant, il faut aussi faire avec des choix de jeu ahurissant, chuter à certains endroits vous tue obligatoirement sans possibilité de remonter une fois que vous avez un centimètre de votre personnage dans le vide, mais parfois, il faudra se laisser tomber pour progresser dans les niveaux, un défaut en commun avec le très bon Shovel Knight, on en parlera un autre jour de celui là, parce que « C’est bon ça ! »

 

Avec sa dose de challenge, son gameplay carré et quelques belles idées et gentilles séquences, j’aurais presque pu conseiller Mighty Number 9 et ses six à huit heures de jeux, trentaines de défis compris. Malheureusement, la réalisation indigente, les terribles doublages, le scénario et ses cinématiques intrusives ainsi qu’un manque global d’identité clairement imputable à la nature même du projet, font qu’on est devant un produit qui pourra s’avérer satisfaisant en dessous des dix euros. Mais quoi qu’on en dise, et Keiji Inafune est d’accord avec moi, Mighty Number 9 « c’est mieux que rien. » à défaut de pouvoir en dire « C’est bon ça ! ».

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A propos de l'auteur : Marcheur

Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

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