Ping Awards 2016

Ping Awards

Quatrième édition de ce Ping Awards, toujours animée par Emmanuel Forsans (AFJV) et Bertrand Amar, et se déroulant toujours à la Cité des Sciences à Paris. Cérémonie qui ne cesse d’évoluer, tout en singeant sur le fond celle des Césars. En effet, outre un prix dédié à des jeux internationaux qui n’ont pas vraiment besoin de publicité, le thème de cette édition reposait sur les accointances entre cinéma et jeux vidéo. Le mode de vote a lui aussi changé : exit le jury. Dorénavant, il s’agit d’un collège d’électeurs, composé actuellement d’environ trois cent personnes, et dont la vocation est de grossir pour atteindre le millier l’année prochaine. Et, disons qu’au vu des résultats, nous allons probablement tenter de squatter ce collège d’électeurs histoire de mettre mon grain de sel, et ainsi porter la voix de Loutrage : celle de la contre-hype.

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Avant de rentrer dans le détail, cette cérémonie fut organisée par le biais de différents acteurs (… attention, Tourette de liens hypertexte en approche) : Capital Games, l’AFJV, la Cité des Sciences, la Direction Générale des Entreprises (DGE), le Centre National de Cinéma et de l’image animée (CNC), Hadopi, la Mairie de Paris, la Région Île de France, Arte, jeuxvideo.com, et O’Gaming TV. Bref, une pleine pelleté de partenaires. D’ailleurs, pour rebondir vite fait sur le CNC, vénérable institution qui vient d’avoir ses 70 piges (… depuis le 25 octobre),  sachez qu’il subventionne une cinquantaine de jeux par an par le biais du Fond d’Aide au Jeu Vidéo (FAJV), ce qui n’est franchement pas rien. Et outre le crédit d’impôt jeu vidéo qui existe déjà, ce fut d’ailleurs l’occasion d’annoncer une nouvelle aide publique dédiée au monde du jeu vidéo, à savoir la création d’un fond d’aide à l’écriture, de la même manière que cela existe déjà pour le cinéma. Il y a encore malgré tout un nouveau frein à lever pour déplafonner les enveloppes d’aides publiques, et il se trouve au niveau européen. Bref, affaire à suivre.

Pour revenir sur la cérémonie, et même si je n’arrête pas de me répéter, la nature humaine ne cessera jamais de m’étonner. Cette année, Dishonored 2 d’Arkane, édité par Bethesda, a raflé la majeure partie des prix. Prix dont les catégories mélangeaient allègrement toutes sortes de titres aux budgets et genres variés ; le seul critère restrictif était que les studios de développement soient français. Néanmoins, retrouver dans une même catégorie Dishonored 2 et Strike Vector Ex, ou le premier avec Seasons After Fall, a de quoi laisser songeur tant les différences entre les cœurs de cible et les gouffres séparant leurs budgets respectifs sont énormes. Mais après tout, pourquoi pas, et à la limite, je m’en contrefous. Non, ce qui me rend légèrement chafouin, c’est que trois cent personnes ont voté pour un jeu qui n’est pas encore en vente, et que la presse n’a pas encore eu la possibilité de retourner dans tous les sens. Ces trois cent l’ont probablement essayé (… terminé ? j’ai quelques doutes), mais tous les autres acteurs de l’industrie, non. Ne vous détrompez pas sur mon propos ; je respecte totalement le travail d’Arkane, et je me suis éclaté sur le premier opus qui est un chouette jeu d’action avec quelques éléments d’infiltration, mais de là à les encenser pour leur deuxième épisode avant même de l’avoir en main, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai certainement pas.

D’ailleurs, pour la route, histoire d’être sûr que la mayonnaise va bien prendre, Bethesda, a pris soin de totalement verrouiller sa communication ; depuis Doom, même la presse n’a plus accès à leurs jeux de manière anticipée, devant attendre le jour ‘ J ‘ pour s’y essayer et en pondre un test. Je ne parle bien évidemment pas des Youtubers ou des sites communautaires tels que Loutrage, mais bien de la presse professionnelle, avec (… normalement) des vrais morceaux de journalisme à l’intérieur. A côté, les Youtubers les plus « influents  » , avec tous les sous-entendus sarcastiques que cela suppose lorsque cela sort de ma bouche, eux, pourront éventuellement disposer d’une copie. Pendant ce temps, Bethesda laisse ouvert le robinet à pré-commandes, et la hype s’organise de manière exponentielle. Mais, mes petites loutres, le monde étant bien fait, le meilleur ami de Bethesda, Hyeron, va publier un billet sur le sujet dans la semaine. Encore une fois, je ne critique pas tant le comportement de l’éditeur que celui du consommateur ; l’éditeur, fondamentalement, est là pour faire du pognon en générant du business, et pour le coup, leur campagne marketing est assez réussie sur ce point… Mais je divague ; revenons ensemble sur cette cérémonie. C’est parti !

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PING D’HONNEUR 2016 : Paul CUISSET

Remis par le précédent nominé, Cédric Lagarrigue, le boss de Focus Home Interactive, ce prix honorifique a été décerné à Paul Cuisset, histoire de rester dans le thème de la soirée avec l’influence du cinéma sur le jeu vidéo. En effet, outre le fait d’avoir été à l’origine de jeux biens connus, dont le célèbre Flashback, il a été un des premiers à introduire la notion de cutscenes, ces fameuses scènes cinématiques si chères à Marcheur, où l’on reste passivement devant son écran. Petit tips de loutre : pour en faire votre ami, offrez lui des jeux bourrés de cutscenes.

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GRAND PING : Dishonored 2

Au même titre que Life Is Strange de Dontnod (Square Enix) l’an passé, Arkane est passé nonchalamment récupérer le prix pour son deuxième opus de Dishonored. Dans ce dernier épisode, nous pourrons choisir de jouer Corvo ou Émilie ; si j’ai bien compris, les réactions des PNJ changeront sensiblement en fonction du personnage que l’on aura choisi d’incarner. De ce que j’ai pu en voir parmi les trailers, Dishonored 2 a l’air d’être encore plus action et encore moins infiltration que son ainé, si tant est qu’il ne l’ait jamais été. Ne reste plus qu’à juger sur pièce à partir du 11 novembre. Les gars d’Arkane ont néanmoins tenu à dédier le prix à l’ensemble des jeux présentés lors de la soirée, tout comme la plupart des autres prix qu’ils ont reçu, et c’est tout à leur honneur.

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PING du meilleur jeu PC / Mac : Dishonored 2

Après quatre ans de développement, voici donc venu le temps du meilleur jeu PC / Mac pas encore sorti ! Face à lui, des jeux déjà en vente, mais avec un budget relativement moindre en comparaison. On retrouve Agatha Christie : The ABC Murders d’Artefact Studio (Microids), Battlefleet Gothic : Armada de Tindalos Interactive (Focus Home Interactive), Furi de The Game Bakers, et Seasons After Fall de Swing Swing Submarine (Focus Home Interactive). Cela n’engage que moi, mais j’estime que c’est typiquement ce genre de podiums qui génèrent une confusion, et où, par exemple, l’on retrouve in fine dans des critiques ou des tests des comparaisons foireuses entre un The Technomancer et un The Witcher 3, alors que 70 millions d’euros de budget et quelques centaines de développeurs à un prix d’ami polonais les séparent.

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PING du meilleur jeu console : Dishonored 2

Même cause, même conséquence. C’est au tour du meilleur jeu console pas encore sorti de rafler la mise, parmi un panel de jeux déjà présents sur consoles. Pour ma part, ayant rencontré les sympathiques gars de Ragequit Corporation qui ont développé Strike Vector Ex, j’avoue que j’aurais bien aimé qu’ils reçoivent ce prix, ne serait-ce que pour la publicité que cela leur aurait apporté ; étant un jeu principalement multijoueur, et même s’il dispose d’une campagne solo, cela leur aurait clairement apporté un peu de visibilité et des joueurs supplémentaires. Face à eux, on retrouvait à nouveau Furi de The Game Bakers, WRC 6 de Kylotonn Racing Games (Big Ben Interactive), et Last Fight de Piranaking.

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PING du meilleur jeu mobile : Rayman Adventures

La situation n’a pas changé depuis l’année dernière : je ne suis toujours pas le cœur de cible de cette catégorie, que ce soit sur tablette, smartphone, ou console portable. Néanmoins, Rayman Adventures de Ubisoft Montpellier décroche le prix. Face à lui, on retrouvait Lost In Harmony de Digixart Entertainment, Primal Legends de Kobojo, SwapTales : Leon ! de Witty Wings, et enfin Dark Days de Parallel Studio.

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PING des meilleurs graphismes : Seasons After Fall

Seasons After Fall, des montpelliérains de Swing Swing Submarine, dispose en effet d’une patte graphique chatoyante, et j’ai apprécié parcourir ses niveaux. Cela reste une très bonne chose de mettre ce jeu intelligent dans la lumière, d’autant plus pour ce petit studio disposant d’un budget relativement faible, malgré l’appui de Focus Home Interactive. Ma préférence serait plutôt allé du côté de Battleflett Gothic : Armada de Tindalos Interactive (Focus Home Interactive), mais c’est mon côté faible face à l’univers de Warhammer qui s’exprime. Dans la même catégorie, on retrouvait également The Technomancer de Spiders (Focus Home Interactive), Rayman Adventures de Ubisoft Montpellier, et… Dishonored 2 d’Arkane (Bethesda). Mais qu’est-il donc arrivé au collège de votants ?!

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PING du meilleur scénario : Dishonored 2

Reprenons vite les bonnes vieilles habitudes ; le prix du meilleur scénario est décerné au jeu pas encore sorti. J’ose espérer que les votants ont torché le jeu de A à Z, car sans cela, juger d’un scénario sans voir l’ensemble de l’œuvre est une sombre connerie. Parmi les concurrents, une nouvelle fois Seasons After Fall de Swing Swing Submarine (Focus Home Interactive), Agatha Christie : The ABC Murders de Artefact Studio (Microids), The Technomancer de Spiders (Focus Home Interactive), et SwapTales : Leon ! de Witty Wings.

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PING de la meilleure bande-son : Furi

Subjectivement parlant, j’aurais tellement aimé qu’Olivier Derivière décroche le prix pour son travail sur The Technomancer de Spiders (Focus Home Interactive), mais, et non sans raisons, il a été décerné à Furi de The Game Bakers. Ces derniers ont regroupé plusieurs artiste de la scène électro française (… ainsi que quelques internationaux) afin de donner corps à une expérience shoot’em up assez intense, dont Carpenter Brut, Danger, The Toxic Avenger, Lorn, Scattle, Waveshaper, et Kn1ght. A côté d’eux, on retrouvait Lost In Harmony de Digixart Entertainment, Seasons After Fall de Swing Swing Submarine (Focus Home Interactive), ainsi que Last Fight de Piranaking. Pour la route, voici le trailer de Furi, dont la musique est signée de The Toxic AvengerMy Only Chance :

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PING du meilleur jeu international : Uncharted 4

Histoire de faire comme les grands, ce prix fait donc son apparition dans cette édition 2016, même si finalement, il s’agit presque d’une des catégories la plus cohérente dans ce qu’elle propose, tout en étant celle qui a clairement le moins besoin de lumière. Le gagnant est Uncharted 4 : A Thief’s End de Naughty Dogs (Sony), studio où des frenchies occupent des postes-clés. En face, pêle-mêle : Dark Souls 3 de From Software (Bandai Namco), Deus Ex : Mankind Divided de Eidos Montréal (Square Enix), Doom d’ID Software (Bethesda), Overwatch de Blizzard (Activision), Quantum Break de Remedy Entertainment (Microsoft), Street Fighter 5 de Dimps (Capcom), Tom Clancy’s The Division de Massive Entertainment (Ubisoft), Total War : Warhammer de Creative Assembly (SEGA), et Unravel de Coldwood (Electronic Arts).

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PING des jeux étudiants : Skybolt Zack et Lily : Colors Of Santa Luz

Deux gagnants ex-æquo cette année, mais provenant de la même école, à savoir Isart Digital. L’un des gagnants, dans un excès d’enthousiasme, beugla comme un sauvageon lorsque son jeu fut nommé, comme s’il recevait un Oscar. Il faut tout de même avouer que les deux projets en question valaient leur petit pesant de cacahuètes dans des genres bien distincts. Skybolt Zack est un platformer arcade et rythmique sur une bande-son frénétique, comme quoi l’arcade n’est pas encore mort. Le second projet, Lily : Colors Of Santa Luz a un concept original, puisqu’il se déroule pendant une guerre, mais loin d’y combattre, nous devront la fuir ; la patte graphique tend vers le noir et blanc tandis que l’horreur règne, et restera en couleur dans le cas inverse, le but étant de protéger et préserver les couleurs de la fille de notre avatar. Typiquement le genre de concept sur lequel je me laisserai aisément tenter. Pas mal d’autres jeux étudiants étaient en lice, et apparemment, tous d’un bon niveau : Beat Arena (ITESCIA), Jank’n’Pon (Creative Schools And Community de Bordeaux ECV), Play With Me (Creajeux), Feral et Tatassos (Supinfogames Rubika), Oversight (IEFM 3D), Carus (Studio M), et Sticky Boy : The Curse Of Oily Town (Isart Digital).

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Une soirée sympathique et détendue, quoiqu’un peu plus expéditive que l’an passé. Néanmoins, cela donne toujours l’occasion de mettre en lumière quelques studios hexagonaux et leurs productions. Pour ma pomme, cela me fait au moins une checklist de studios et autres acteurs chez qui aller toquer à la porte. La suite à suivre sur Loutrage, donc !

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A propos de l'auteur : Toupilitou

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Loutre hyperactive et webmaster de http://www.loutrage.fr

9 Commentaires sur “Ping Awards 2016”

  1. Photo du profil de Etorra Etorra dit :

    Dishonored 2 s’est prostitué pour finir premier dans presque tous les classements sans être encore sorti ?
    Mais enfin … ça dépasse l’entendement !

  2. Photo du profil de Prypiat Prypiat dit :

    Je sais pas franchement quoi en dire. Sinon que c’est plutôt…consternant.

  3. Photo du profil de flofrost flofrost dit :

    Mon dieu, mais ce truc ridicule, sérieux j’espère au moins que les petits four sont bons et qu’ils vous servent pas de la piquette, sinon je vois pas l’intérêt d’aller là bas.

  4. Photo du profil de Shizam Shizam dit :

    Les salons , c’est tabou , on en viendra tous à bout !…
    Ca à l’air d’etre un sacré fourre-tout ce Ping-Award.

    Un marteau, une branche d’arbre, une tarte au thon, une tringle à rideau, et une Ferrari458…
    Le gagnant est…… La458 !!!!! Ouaaaai !! 🙂

    Bon sinon , le papa de Flashback quoi .. Nan mais oh !!!

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