The Witcher 3 : Hearts Of Stone

Pour tout dire, Hearts Of Stone, ainsi que Blood and Wine, ne m’ont rien coûté. Pour l’achat de The Witcher 3, le season pass me fut offert, et je me sens (avec du recul) un peu coupable de ne pas avoir acheté ce dernier. Pourquoi ? Parce qu’en vérité, et je vous le dis, cette première extension est un condensé de ce que le premier et dernier épisode de la saga ont fait de mieux. Pour dix euros, vous aurez le droit à une quinzaine d’heures de contenu de haut vol en supplément, qui permet de prendre du recul vis à vis de la quête principal du titre de base, et de s’écrier « Oh mince, ils ont fait bien mieux sur un contenu considéré souvent comme une arnaque de l’industrie !« 

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Tu quoque Witcher ?

The Witcher 3 a cédé aux sirènes de l’argent facile en proposant le premier contenu additionnel payant de la série. Quel affront ! Les salauds ! Les vendus ! Oui, mais en fait non. Ce ne sont pas des DLC fait à la va-vite ou en morceaux tronqués du jeu de base, mais bien de vraies extensions comme on en voit rarement. Totalement en parallèle des événements de l’aventure principale, Hearts Of Stone s’inscrit comme une légère expansion du territoire de Novigrad. Dans ce nouvel espace, on trouvera une vingtaine de nouveaux lieux, une douzaine de quêtes secondaires, ainsi qu’une quête principale très bien fournie et surtout bien plus intéressante que tout ce que vous avez pu rencontrer dans le jeu de base.

En effet, Hearts Of Stone permet de mettre en scène une poignée de protagonistes attachants et bien écrits, de retrouver un visage que les fans suppliaient de revoir, mais aussi de faire place à plus de mystère, de mysticisme, de décoincer un peu plus le jeu de base et son ton globalement réaliste. On laisse de côté la chasse sauvage, et on se penche sur un contenu qui entretient beaucoup de relations avec des contes populaires, tout en explorant des facettes plus fantaisistes de l’univers du sorceleur.

Ce changement, d’ambiance et de sujet, rapproche beaucoup l’atmosphère de cette extension à celle du premier opus de la saga. Un retour au source des plus appréciables qui est soutenu par la réalisation exemplaire du titre, et une jouabilité largement améliorée depuis 2007. Les quêtes sont mieux écrites que dans le titre de base, et les nouveaux lieux se démarquent bien plus les uns des autres. La quête principale, quant à elle, profite d’une construction libre (… comme le second acte de The Witcher 3), et propose des situations originales et variées dans lesquelles l’épée ne sera pas la seule solution.

Cette variété s’étale sur une durée de vie extrêmement satisfaisante, et s’accompagne de nouveaux équipements, ainsi que d’une nouveauté très coûteuse en orins, mais intéressante en termes de personnalisation d’équipement : l’enchantement. « Enchantement ? » … Tu es qui toi exactement ?! « Enchantement !« . Retourne dans Dragon Age : Origins ! Cette nouveauté est malheureusement la seule. Néanmoins, Hearts Of Stone est avant tout un contenu qui met en avant deux qualités principales : son ambiance et son écriture de premier ordre.

Mention particulière à la musique de cette extension qui profite une nouvelle fois de l’expertise de Marcin Przybyłowicz. Il signe son meilleur travail avec une fantastique demie heure de musique originale, qui fait un meilleur travail que l’ensemble de son œuvre sur le titre de base. Chapeau ! Autre point appréciable : les choix effectués dans cette extension ont des incidences très sympathiques, tandis que les deux fins différentes proposent des perspectives assez originales et rafraîchissantes. De quoi booster la rejouabilité !

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Alors oui, Hearts Of Stone est une superbe pioche qui enrichi largement le jeu de base tout en proposant une ambiance familière, ainsi que le retour d’un personnage appréciable de la série. C’est aussi un contenu qui remet en cause les choix du jeu de base en matière d’histoire. Il le supplante même largement dans la mesure où les enjeux, une fois de plus personnels, s’avèrent bien plus engageant par leurs urgence. Viscérale, mystique, et soignée comme rarement cela a été fait, Hearts Of Stone ce n’est pas grand chose de neuf, certes, mais c’est si maîtrisé et passionné que l’on voit difficilement l’excuse que pourrait avoir un amateur de jeu de rôle à ne pas la faire. Foncez !

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Rédacteur de Loutrage aimant le jeu vidéo dans tous ses pluriels et appréciant tout particulièrement réfléchir sur le média.

2 Commentaires sur “The Witcher 3 : Hearts Of Stone”

  1. Photo du profil de Toupilitou Toupilitou dit :

    C’est clair que j’ai beaucoup apprécié ce Hearts Of Stone, en majeure partie grâce à ce cher Gunter De Meuré ^^

  2. Photo du profil de Shizam Shizam dit :

    J’aime à croire que ces Polonais sont dans l’industrie du jeu vidéo les « rois du tacle », et « maître és en style »
    Proposer de facto 10 DLC gratuits, 10 petites choses que d’autres auraient chiffrés séant, c’est pour moi déjà de l’humour de bonne « facture »…Si je puis m’exprimer ainsi..
    Car comme aurait dit Renaud de Châtillon à Salah Ha Din, « je les bois pour ce qu’ils sont… »

    Et c’est donc bien des Addons, ou Extensions, comme on les nommait hier encore, que furent HoS et B&W.
    Comme si CDprojekt voulait remettre les choses en place, et plutôt au croche-patte qu’a coup de pompe dans l’cul.

    Amusants ces p’tits gars de l’EST , vu coté joueur, mais pour le moins sérieux et bosseurs quand il le faut.
    HoS est effectivement une friandise sucrée, qui se déguste en marge de la trame, et comme tout bon bonbon, avec le gout de trop peu quand dans la bouche le fondant n’est plus.
    Comme pour B&W par ailleurs, il vaut son pesant d’arachide.
    Et comme pour toi Marcheur, ayant eu The Witcher 3 « offert » avec l’achat d’une carte graphique, j’aurai presque préféré sortir les deniers pour cette fois. Et la gabelle en gils pour les 2 extensions ne m’a fait mal nul part.

    J’ai assez vite senti que Géralt allait s’enfoncer dans la damnation de Faust avec Gunter « le Demeuré ».
    Ayant mine sans en avoir l’air, mais ayant mine tout de même…
    La marque du Prince en guise de signature au sang sur le visage allait afficher le contrat pour le joueur.
    Quand à la subtilité non manichéenne ( pléonasme? ) de Von Everec, c’est du bien écrit, et avec la p’tite émotion en fin de parcours qui va bien.

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