The Technomancer

Version presse Xbox One fournie par Focus Home Interactive

 

Je l’avais dit, il y aurait un après Mars: War Logs, et je ne m’étais pas trompé. Trois ans, deux mois et Bound by Flame les séparent. Pourtant, l’univers de Mars, créé de toutes pièces par Spiders et Stéphane Beauverger, nous revient. Un moment qui a son petit poids émotionnel et qui marque selon moi une étape importante dans la progression de Spiders. Une étape que je considérais comme nécessaire à leur ascension. J’ai toujours vu en ce studio plus de talent que la presse ne lui en reconnaissait. J’ai donc placé pas mal d’espoirs dans leur dernier projet, en espérant un jeu de rôle plus tourné vers le social, toujours aussi efficace dans ses mécaniques, une meilleure gestion du budget, une meilleure écriture, et une plus grande ouverture. Voyons si le jeu est bien ce que j’en espérais !

 

L’épisode qui n’a plus droit à l’erreur

Mine de rien, cela fait déjà cinq jeux exploitant le moteur de Spiders. Leur premier jeu date de 2010, Faery : Legends of Avalon, et désormais leur dernier en date est The Technomancer. En moins de six ans, cinq titres ont vu le jour, tous exécutés dans l’urgence, tous assez humbles dans leur réalisation, tous ambitieux par rapport à leur budget, et tous en ont pâti. Mais, Spiders a dit avoir appris de ses erreurs ; The Technomancer ne sera pas un Bound by Flame bis. Il sera l’épisode qui montrera qu’ils sont prêts à bien faire les choses et à se faire remarquer.

L’attente était donc assez importante pour moi. Voir Spiders retourner dans leur univers, celui pour lequel le studio a été bâti au départ, est extrêmement engageant. C’est une manière de concrétiser leurs idées datant d’avant 2009 pour le projet Mars : Paradise Lost qui ne vit jamais le jour. Désormais, The Technomancer prend sous son aile l’univers et l’histoire débuté par Mars : War Logs, et il compte faire plus grand que ce dernier, tout en ne tombant pas dans les pièges qui sont tendus devant eux.

Donc ouais, c’est le baptême du feu. C’est un Spiders plus expérimenté, en terrain connu et adoré, qui nous revient pour nous donner une nouvelle dose de leur formule. Une dose que l’on espère du meilleur cru. Une dose qu’on espère suffisamment solidifiée pour rabattre le caquet des médisants et peut-être, mais rien est sûr : convaincre la presse du talent de Spiders. Prenez votre meilleur tenue de survivaliste, préparez votre corps aux coups à venir, aiguisez vos lames et vos langues ; un voyage sur Mars vous attend !

 

D’évidents progrès artistiques et techniques…

C’est souvent le plus gros problème avec les jeux à moyen budget : le visuel. C’est souvent d’ailleurs à cela qu’on reconnaît un jeu qui a moins de moyens qu’un autre. The Technomancer n’échappe pas à la règle, mais n’est pas non plus laid, loin de là. Spiders fait une nouvelle fois appel à son moteur maison pour réaliser le titre et l’a mis à jour pour l’occasion ; le passage à la nouvelle génération de console permettant de nouvelles choses. S’ils ne sont pas derniers-cris, les effets graphiques sont tout à fait convenables et rehaussent le rendu global du titre, qui fait avec quelques concessions telles des textures baveuses dans la majorité des cas, ou encore des ombres qui, sur la version Xbox One, offrent un rendu brouillon, pixelisé, et aliasé.

Les environnements, majoritairement urbains, proposent de nombreux détails que nous ne pouvions constater dans les précédentes productions du studio. Les villes proposent enfin des PNJ les arpentant et s’activant dans un train-train quotidien qui, s’il ne vient pas atteindre le niveau d’excellence d’un The Witcher 3 (… budget oblige), assure une impression de vie beaucoup moins artificielle que dans Mars : War Logs. Les modèles sont tous assez sommaires mais jouissent d’un look légèrement cartoon, ce qui permet aux personnages humanoïdes de ne plus souffrir de l’hétérogénéité des modèles constatés dans les précédents jeux de Spiders.

Ces détails permettent à The Technomancer de compenser ses faiblesses techniques, et tranchent avec les environnements extérieurs et sauvages, bien plus sobres et finalement assez plats. Ces zones assez étendues sont en effet désertiques, mais c’est toutefois assez logique ; vous foulez de vos bottes la planète Mars. En parlant d’étendues, le dernier jeu de Spiders réussi l’impensable : il banni les zones en couloirs, et intègre désormais des cartes bien plus vastes, labyrinthiques, et proposant de grands espaces. Ces derniers apportent beaucoup à l’immersion, au sentiment de liberté d’action… Bref, sans être un open world, The Technomancer permet de revenir sur les lieux déjà explorés, voire même de constater des changements dans ceux-ci au fur et à mesure de la progression dans l’histoire.

Tant qu’à parler des environnements, parlons du bestiaire qui signe un grand retour en force, après un Bound by Flame très réussi sur ce point. Si l’on a le plaisir de retrouver des créatures connues des joueurs de Mars : War Logs, la majorité du casting des ennemis est composé de nouveaux venus mutants du plus bel effet. Soulignons d’ailleurs la qualité des boss et la non ré-utilisation de ceux-ci à posteriori dans le jeu ; le recyclage ne semble plus de mise (… n’est-ce pas, chapitre 3 de Bound by Flame ?) Et pour revenir aux lieux que vous visiterez, ils sont assez nombreux et varient davantage que dans leurs précédentes productions, ce qui permet de rendre les voyages plus agréables.

Résultat : on a un peu plus l’impression de faire partie du monde que dans un Mars : War Logs. Vous pouvez à loisir voyager dans des zones préalablement débloquées, laisser de côté des quêtes secondaires et revenir accomplir celles-ci quand il vous plaira… Du moins, pas toutes, mais nous y reviendrons. Spiders réussi, grâce à ses efforts multiples, à nous donner l’impression d’être immergé dans un univers et de faire partie de cet environnement ; un attachement absent de leurs précédentes productions. Même s’il faut bien l’admettre, il faudra fermer les yeux sur un visuel finalement pas mal daté.

Attachement qui est encore plus prononcé quand la musique d’Olivier Derivière parvient à nos oreilles. La musique s’avère très variée et profite d’un exotisme et d’instruments rarement audibles dans un jeu. Elle semble d’ailleurs se fondre dans l’environnement sonore en se faisant passer pour des musiques locales dans certaines situations. Si elle n’atteint pas la folie d’un Remember Me ou la beauté d’un Of Orcs And Men, elle s’avère tout à fait plaisante et efficace même si on aurait aimé qu’elle soit plus soutenue dans les lieux urbains, qui sont majoritairement animés par des sons environnementaux. Oh, et tant qu’on y est, j’ai un jour parlé de toi, Sylvain Prunier : bien joué. Bien joué, parce que le thème de Mars : War Logs qui revient à l’occasion est toujours aussi efficace !

En parlant de sons environnementaux, les bruitages font ici un travail assez remarqué, tandis que les affrontements jouissent d’un impact plus saisissant que par le passé. Les interactions avec l’environnement et les manipulations dans l’inventaire ou l’arbre de compétence profitent elles aussi de sons caractéristiques qui sont agréables. Tant que nous sommes sur le son, évoquons rapidement les doublages, en anglais seulement pour cette fois (… faisant une croix sur l’allemand) ; le budget économisé a visiblement fait grand bien à la qualité du doublage. Les acteurs sont crédibles et le travail ne souffre pas de grosses disparités, ce qui est toujours appréciable dans un jeu où cela parle beaucoup, mais nous y reviendrons.

 

… mais

Pour être tout à fait honnête, le bilan technique est loin d’être parfait. Si l’on pardonne aisément le rendu forcément daté du titre, on peut difficilement fermer les yeux sur des problèmes de pathfinding récurrents, déjà présent dans leurs précédentes productions, mais ici aggravés. Les compagnons et autres personnages peinent à suivre le héros dans des décors plus vastes et plus détaillés, voire même à suivre des déplacements qui semblent pourtant scriptés. Par manque de temps et peut-être de moyens, Spiders n’a pas corrigé ces soucis rappelant pas mal les problèmes qu’avaient eu Obsidian avec Fallout New Vegas ; il arrive donc assez fréquemment qu’un personnage lambda bute contre un mur pendant un long moment.

Mais, il arrive aussi que des animations toujours perfectibles qui ne suivent pas leur cours normal ; voir un personnage assis sur une chaise à deux mètres au-dessus de celle-ci peut prêter à sourire. Il y a évidemment quelques soucis de collisions mais beaucoup moins que dans Bound by Flame, et autres problèmes de caméra qui sont assez étonnamment mineurs. On relèvera aussi quelques problèmes de finition isolés comme des murs de maison que l’on peut traverser, des coffres du même acabit, des personnages aussi, et parfois des liens d’assets imprécis qui laissent voir l’envers du décor.

Des problèmes d’affichages peuvent aussi apparaître dans l’expérience du joueur ; j’en ai pour ma part constaté quelques-uns. Ce ne sont pas des problèmes gravissimes, surtout lorsque l’on sait que les bugs de quêtes rencontrés lors de ma partie seront corrigés à la sortie, par des développeurs qui ont envie de rendre un produit mieux fini et qui soit plus réussi que tout ce qu’ils ont fait jusque-là. Nous allons voir que c’est effectivement le cas.

 

Le ‘R’ de « RPG  » de Technomancer

Je misais là-dessus lorsque j’imaginais la venue du titre, et grand bien m’en pris. Si le titre fait la dommageable – mais assez nécessaire – impasse sur un personnage principal féminin, il prend soin de proposer une personnalisation un peu plus poussée de son physique. Vous aurez désormais un choix un peu plus conséquent de détails physiques qui permettront de vraiment différencier votre protagoniste d’un autre. Le héros jouit ici d’un passé un peu moins flou que celui de Roy dans Mars : War Logs, mais laisse tout de même beaucoup de liberté d’interprétation aux joueurs. De plus, le héros a une voix plus neutre que celle de Roy, et permet une identification avec davantage de facilité. Par ailleurs, il ne prend que rarement la parole sans notre accord.

En plus de cela, nous sommes en face d’un jeu qui, au contraire de ses prédécesseurs, offre enfin de vraies options de dialogue social. Nous devons désormais composer avec des options de dialogue basées sur la caractéristique Charisme du personnage, mais aussi sur ses connaissances en science ou encore en artisanat. Si vous craignez le côté gadget de ces ajouts, je vous rassure de suite, tout ou presque a été fait pour vous épargner un maximum d’affrontements, afin de vous donner le sentiment que vos compétences ont une utilité. Ces options s’ajoutent évidemment à un ensemble de possibilités basiques vous permettant de résoudre les différentes situations si vous n’avez pas les compétences, ou que vous n’avez pas le moyen de compenser vos faiblesses. Tout ceci est soutenu par un système de dialogue désormais plus riche et plus pratique, car étant capable de catégoriser certains sujets pour offrir de nouvelles arborescences d’options.

Compenser ? Oui, vos compagnons, en fonction de leur amitié ou leur rivalité envers vous, pourront vous apporter un soutien. Soutien qui peut s’avérer précieux si vous gardez sur vous une tenue boostant vos capacités dans un certain domaine. Il est donc tout à fait possible de ne rien connaître au crochetage, mais de s’en sortir face aux serrures les moins complexes si vous êtes malin et / ou prévoyant. Car oui, il y a aussi du crochetage, de la furtivité, ainsi qu’une compétence d’exploration qui régira votre facilité à trouver votre bonheur dans l’environnement du jeu… ce qui ne sera pas du luxe vu la relative grandeur de celui-ci.

Au final, si l’on ajoute à tout ceci des options de dialogue et des choix ayant des influences sur un tout nouveau système de faction, ou un système de karma connu des joueurs de Mars : War Logs, The Technomancer est bel et bien un jeu de rôle et l’assume dans son intégralité. Il y a des options liées à vos compétences tout le long du jeu, et cela fait du bien de sentir que nos points investis dans des domaines divers servent à quelque chose… surtout dans la mesure où il est impossible de remplir complètement les différents domaines d’expertise de notre héros prénommé Zachariah. Voulez-vous d’ailleurs connaître son histoire ?

 

La grande amélioration de The Technomancer : l’écriture

Si vous avez souvenir de l’histoire ou de la mise en scène des précédents jeux Spiders, vous devrez forcément vous remémorer des scènes un peu bancales et clichées. Ici, Jehanne Rousseau, seule à l’écriture – si j’en crois le générique – sur les dialogues, l’univers et le scénario, met un point d’honneur à ce que le jeu soit le mieux écrit possible. Pari tenu, et belle réussite de la plume de Jehanne qui montre qu’elle maîtrise son univers et a réellement réussi à ne plus reproduire les erreurs du passé.

On a donc droit à un scénario plus intéressant que tout ce qu’a fait Spiders jusque-là, des dialogues plus intéressants, plus drôles, et plus pertinents qu’avant. On en fini avec les grossièretés un peu gratuites de Bound by Flame et avec les sous-titres approximatifs. Ici, l’ensemble est largement plus compréhensible qu’avant, bénéficiant d’une narration également plus cohérente. Les quêtes sont assez variées et tombent beaucoup moins dans les objectifs fedex, tout en trouvant toujours une raison d’être dans le monde de Mars. Mention spéciale à la quête principale qui est beaucoup plus étendue et mieux rythmée que dans leurs précédentes productions, grâce à de multiples révélations et retournements de situations qui arrivent tous au bon moment afin de renouveler l’histoire.

Si vous vous posez la question, les fins sont toutes satisfaisantes et apportent une réponse à vos questions, ainsi qu’un compte rendu assez complet de vos choix et de leurs conséquences dans le jeu. Quant aux compagnons, ils sont eux aussi bien mieux écrits que par le passé ; ils apportent un grand capital sympathie au jeu grâce à des caractères différents et bien trempés, ainsi que des histoires personnelles les mettant bien en valeur. Et pour ceux que cela intéresse : les romances sont enfin correctement développées et intéressantes. Petit bémol cela dit : préférant surement développer cela dans des dialogues au lieu de le compenser, l’absence d’un codex d’informations sur l’univers se fait parfois sentir. On aurait apprécié qu’il ne passe pas à la trappe.

On appréciera par contre la richesse des thèmes abordés par le jeu, et notamment un propos politique assez fort. La question des inégalités sociales est elle aussi davantage explorée que dans d’autres jeux. La propagande et l’instrumentalisation des médias est au cœur de l’intrigue. Bien évidemment, le racisme est aussi très présent dans le titre de Spiders, et l’intolérance de manière générale. En parlant d’intolérance, il y a désormais quelque chose que l’on n’attendait pas forcément venant d’un petit studio, mais l’homosexualité fait aussi partie des thèmes du jeu avec une romance à la clé. C’est quelque chose qui fait plaisir à voir lorsqu’on sait que seul Bioware a osé le faire, et que Bethesda a mollement suivi le mouvement. Spiders le fait d’ailleurs avec plus de justesse que la plupart. Bien joué !

Petite mention sur la mise en scène qui est cette fois-ci beaucoup plus discrète que dans Bound by Flame, et permet de moins se rendre compte des limitations budgétaires. Au lieu d’essayer de faire une mise en scène à base de cinématiques léchées, tel que le reste de l’industrie le fait, l’histoire de The Technomancer évolue par l’intermédiaire de dialogues, d’objectifs, de combats, d’interactions… Il y a peu de coupures dans l’action, et le résultat est plutôt probant. On s’intéresse aux événements par intérêt réel, et non parce qu’on nous le met en scène de manière spectaculaire – ce qui aurait pu donner lieu aux mêmes étourderies que Bound by Flame. Spiders ne s’est donc pas fait avoir cette fois-ci. Tant mieux. Dommage cela dit que le rythme du jeu souffre d’une abondance d’allers-retours dans les environnements ; un défaut dont Spiders ne semble pas pouvoir se détacher.

 

Un système de jeu encore affiné

Parlons bien, parlons jouabilité. La formule Spiders est désormais mieux rôdée que les débuts de Mars : War Logs qui était lui même loin d’être mauvais à ce niveau. The Technomancer tire les enseignements de Bound by Flame et profite des améliorations de ce dernier. S’inspirant directement de la jouabilité d’un beat’em all, il est possible de jouer dans trois postures de combat, avec chacune leurs spécificités, leurs compétences, leurs défauts et avantages, tout en agrémentant cela des pouvoirs de technomant. Bien évidemment, ceux qui auront joué à leur précédent jeu de dark fantasy sauront de quoi je parle et on reste en terrain connu ; il y a désormais quatre arbres de compétences avec chacun dix huit compétences.

Dans ces compétences, on y trouve des passives et des actives. Celles-ci sont d’ailleurs largement plus nombreuses qu’avant, et enrichissent largement le système de jeu. Elles sont de plus améliorables en choisissant entre deux bonus supplémentaires, complétant une personnalisation des capacités de personnage toujours plus poussée. En parlant de personnalisation, votre protagoniste a désormais des attributs modifiant sa force de frappe, son agilité, sa constitution, et sa « magie » ; une manière de prononcer un peu plus le développement du personnage.

Si vous pensiez que cela faisait déjà beaucoup de choses, détrompez-vous, car vous aurez aussi à votre disposition un système de craft enrichi. Davantage d’options d’améliorations, d’équipements, et désormais pour les améliorer, il faudra préalablement augmenter votre talent en fabrication, mais aussi acheter des schémas pour débloquer les divers bonus. Si vous vous posiez encore la question : oui, les équipements et modifications de celui-ci ont un effet direct sur l’apparence du personnage, et il est désormais possible de changer les équipements portés par vos compagnons.

Belle transition, Marcheur ! Car oui, rassurez-vous, les compagnons sont désormais un peu moins abrutis qu’avant et sauront vous aider en combat, mais également en dialogue et dans vos diverses activités. Par exemple, vous êtes mauvais en crochetage ? Un expert en crochetage vous donnera des conseils utiles face à une serrure trop difficile. Vous avez des difficultés à convaincre un gros bras de vous laisser passer sans vous battre ? Un allié charismatique renforcera votre aura et vos arguments. Vous ne savez comment guérir la blessure d’un mutant ? Votre ami médecin saura vous conseiller, ou au pire, le fera pour vous.

Ce système de jeu affiné n’aurait pas été aussi efficace si le level design n’avait pas vu sa qualité revue à la hausse. Fini les couloirs interminables. Les zones sont ouvertes, le monde vous est désormais accessible via une carte, avec une grande liberté d’action dès le premier chapitre bouclé. Cette liberté permettra de constater que vos choix ont des conséquences, et que l’avancée dans l’histoire influe sur les environnements que vous avez déjà visité. Parlant de choix, vous pourrez vous allier avec diverses factions si vous avez agi dans leur sens. Vous pourrez même rencontrer une gestion du karma qui déterminera comment le monde vous perçoit. Survivant sans scrupules, ou chevalier errant prêt à tout pour faire de Mars un nouvel Eden ? Le choix est vôtre, mais ne venez pas vous plaindre lorsque vous regretterez vos choix !

Petit bémol : les environnements, s’ils sont assez vastes, nombreux et variés, proposent beaucoup de quêtes secondaires que l’on ne débloque pas toutes en même temps ; il vous sera demandé de nombreux allers-retours, surtout dans le chapitre trois du jeu. Les deux premiers chapitres sont d’ailleurs les plus réussis et témoignent d’un soin plus marqué. Le troisième n’est pas mauvais, mais souffre un peu plus de ce défaut que les autres. Défaut compensé par le retournement de situation que représente cette partie du jeu.

Ne comptez guère sur le quatrième segment pour allonger drastiquement la durée de vie ; il est plutôt court et sert à conclure une histoire bien menée, bien écrite et intéressante, mais plombée par son rythme un peu trop haché. The Technomancer aura un grand impact sur l’univers créé par Spiders, et marquera d’ailleurs un tournant. Pour tout accomplir en une partie et vraiment explorer l’ensemble du jeu, trente à quarante heures seront nécessaires suivant les profils de joueurs, connaisseurs ou non des jeux Spiders. Une durée de vie qui surprend et force l’admiration au regard de la bonne rejouabilité de l’ensemble.

Oh, et on fini plus ou moins sur une note négative : l’interface, si elle est toujours assez fonctionnelle (peut-être même plus qu’avant), est malheureusement assez inesthétique. Pour les amoureux des jeux oubliés de la Xbox 360, elle est similaire à celle du très sympathique Too Human. Voilà, c’était juste pour le caser. J’en parlerai peut-être un autre jour.

 

Spiders fait cette fois bien mieux que par le passé et montre une grande volonté de progresser. Cette volonté se traduit par un ensemble d’améliorations qui finissent par faire de ce dernier jeu leur meilleur titre. Tout ce qui pouvait être amélioré à leur échelle l’a été. Même si The Technomancer est mieux fini, plus réussi en termes d’écriture, d’histoire, et en mécaniques pures, il est toutefois difficile d’affirmer qu’il vaut le prix fort. Quoiqu’il en soit, il propose des choses que l’on n’a plus l’habitude de voir depuis pas mal de temps dans les jeux de rôle 3D, et qu’on a toujours envie d’en avoir plus. Et c’est déjà beaucoup pour une production d’un petit studio !

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A propos de l'auteur : Marcheur

Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

12 Commentaires sur “The Technomancer”

  1. Corbulo dit :

    Très bonne article qui donne envie, ou qui me donne envie tout du moins. J’avais décidé au départ d’attendre les retours avant de l’acheter (n’ayant pas été conquis par Bound by Flame), j’ai finalement craqué il y a quelques jours via les soldes steam, 36.- (c’est des francs suisse par chez moi smile c’est 50% du prix de n’importe quel AAA.
    Enfin je m’égare un peu là… Ta critique me rassure, un peu à court de RPG ces jours j’ai activer le mode  »instabuy ». Hâte de le découvrir, les défauts technique me font pas peur dans un jeu, en revanche les options apparente de dialogue, influence du build sur les actions possible, ça me parle tellement!!

    • Marcheur dit :

      Merci ;)
      Bah en fait, disons que Technomancer commence à être un peu le seul à exploiter le filon du « vrai » RPG 3D. A part lui et peut-être le futur jeu de Piranha Bytes, on commence à méchamment manquer de jeux de rôles 3D ambitieux dans leurs mécaniques roleplay.
      Donc ouais voir un « petit » (c’est tout à fait relatif ^^) jeu sortir et faire ce que les « RPG » modernes ne font plus, ça prête à sourire, et ça fait beaucoup de bien, surtout quand c’est fait avec talent et passion, ce qui manquait beaucoup à Bound by Flame (mais jeu de commande aussi, même si Technomancer n’aurait pas eu de si bons combats sans lui).

      Content de t’avoir fait craquer, tu vas passer un bon moment… passé la première heure de jeu un peu décevante, le jeu montre les crocs et ne les cache plus !

  2. flofrost dit :

    Je prends mon pied avec ce jeu, mais malheureusement je ne pense pas qu’il va apporter de nouveaux fans à Spiders, les évolutions, les progrès, ne sont pas assez important pour ça, dommage, j’aurais vraiment aimé qu’ils franchissent un palier et fassent fermer leurs gueules à certains critiques complètement à coté de la plaque.

    • Marcheur dit :

      C’est pas facile parce que les progrès sont présents mais encore limité par un manque de budget qui est surtout flagrant quand on constate les aller retours nécessaires à la complétion du titre.

      Globalement tout est largement meilleur que par le passé, gameplay, combat, évolution du personnage, level design, graphisme, mise en scène, écriture, possibilités roleplay… Y a un large éventail d’efforts qui forcent le respect. L’ennui c’est que les limitations budgétaires font que le jeu ne libère jamais le plein potentiel d’un univers qui est d’une grande qualité et d’une grande richesse. Finalement, on a un approfondissement véritable de la formule Spiders en termes de mécaniques et de possibilités, mais le gap technique et le manque de zones fini par peser sur la balance et alourdir une conclusion qui aurait pu être très heureuse.

      Enfin, ce qui compte, c’est que c’est le meilleur de Spiders, que les nouveautés présentes et installées dans ce jeu contribueront aux prochains et désormais, Spiders va sans doute avoir un peu plus de libertés dans le futur, en espérant des jeux aussi ambitieux que Technomancer mais avec cette fois une réalisation qui soutient les idées. On y est presque !

  3. flofrost dit :

    Là ou tu vois des progrès, moi je vois des corrections, on a remis aux propres ce qui pouvait parfois paraître un peu brouillon, on a rajouté quelques épices à une sauce qui pouvait sembler fade. Alors oui, c’est une bonne nouvelle pour l’avenir, mais moi l’avenir j’aurais bien aimé que ce soit maintenant sad

  4. Toupilitou dit :

    Y’a plus qu’à ce que Spiders demande une rallonge de 72 millions d’euros à Focus pour leur prochain RPG, histoire d’être au top niveau ^^

  5. flofrost dit :

    Dieu sait que kickstarter et tout les abus qu’on y voit me donne des envies de violence (en même temps les scientifiques cherchent encore quelque chose qui ne me donne pas d’envies de violence ^^), mais si Spiders passait par là pour une rallonge de budget (je dis bien une rallonge et pas la totalité) je serai l’un des premier à donner. Certes pas beaucoup parce qu’avec la crise les petites vieilles n’ont plus autant dans leurs sacs et mes revenus s’en ressentent, mais je lâcherais quand même un peu d’oseille, car même si j’espérais de plus grands progrès, à titre personnel je suis satisfait de ce jeu, et Spiders (et sa boss) a toujours toute ma confiance.

    • Marcheur dit :

      Un kickstarter ne serait pas une super idée, ils sont loin d’avoir les moyens de pouvoir assumer un jeu seul, même avec le peu qu’ils récolteraient avec un financement participatif. Faut que Focus prenne conscience qu’ils ont beaucoup à gagner en investissant plus dans le studio c’est tout, c’est pas sorcier, c’est juste évident quand tu vois une de leur production.

      L’ennui c’est que Focus a eu son Loki et ne veut pas parier trop gros sur un jeu je pense, c’est toujours compliqué. Après on est pas à l’abri d’un jeu financer à la hauteur d’un Vampyr qui pourrait en plus profiter d’une rallonge comme Divinity a pu la connaître et là peut-être qu’enfin Spiders pourrait délivrer enfin le potentiel complet de leur formule. J’aimerais bien mais ça paraît assez surréaliste.

  6. flofrost dit :

    C’est pour ça que j’ai dis que Kickstarter servirait pour une rallonge uniquement, pas pour la totalité (il faudra quand même un éditeur derrière ce ne serai pas une première, on a déjà vu ça même si j’avoue que c’est loin d’être idéal surtout niveau image), pour mettre ce petit plus qui manque cruellement à leurs budgets, car j’espère me tromper, mais je vois pas Focus mettre la main à la poche (même si dernièrement (enfin premier trimestre quoi) ils ont annoncés une augmentation des budgets, et que vu que Technomancer était déjà bien avancé à ce moment je suis pas sûr que Spiders en ai profité malheureusement, en tout cas pas complètement c’est certain) et leur permettre de franchir un cap.
    Ou alors faut trouver un autre éditeur, mais là, soit c’est bien plus pingre que Focus, soit c’est bien plus encadré avec un cahier des charges à suivre à la lettre comme ce qu’on peut voir dans une grosse partie de l’industrie, et ça je pense qu’on est d’accord pour dire que ce ne serai pas une bonne nouvelle.

    • Marcheur dit :

      Je pense pas que Spiders ait envie de quitter Focus de toute manière, c’est assez historique leur collaboration, c’était déjà le cas à l’époque de Monte Cristo. Pour ce qui est du budget, peut-être qu’avec le temps et la confiance, Focus acceptera de donner plus à Spiders, je pense que ça s’est déjà réfléchi et ils commencent à avoir une réputation et un public solide même s’ils n’ont pas fait leur jeu culte. L’univers de Mars est tout de même fortement apprécié par les joueurs et s’ils venaient à y revenir une nouvelle fois, peut-être y aurait il moyen de voir quelque chose de beaucoup plus grand. En attendant, ils vont surement encore créer de nouvelles licences et approfondir les changements opérés dans Technomancer.

  7. Prypiat dit :

    Merci pour cette critique Marcheur ! The Technomancer est d’ors et déjà dans mon (interminable) liste de jeux à acheter.
    Petite question toutefois, côté scénar, est-il nécessaire d’avoir terminé Mars War Logs pour suivre pleinement ? J’avoue l’avoir lâché peut-être à la moitié et pas être plus motivé que ça pour me le retaper.

    • Marcheur dit :

      Non, il n’est pas nécessaire d’avoir fait Mars War Logs. Même s’il y a des clins d’œil et une proximité assez forte entre les deux histoires, il n’y a jamais d’éléments qui posent problèmes pour la compréhension de l’histoire.

      C’est d’ailleurs bien fichu la relation entretenu entre le scénario de Technomancer et celui de Mars War Logs, pour le coup, le fait que les deux histoires se passent en même temps ou un peu avant et un peu après apporte quelque chose de plus sans pour autant empêcher ceux qui n’ont pas fait Mars de comprendre les enjeux.

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