Bayonetta 2

Bayonetta 2

Il y a des jeux qui vous font dire « Tiens, je dois avoir cette console  » , et c’est toute la magie de ces jeux : vous faire acheter une machine pour eux. Parmi les trois titres qui m’ont fait prendre une Wii U, il y a deux ogres chronophages qui justifient à eux seuls l’acquisition de la console, grâce à leur durée de vie absolument monumentale. Mais il y en a un troisième et dernier qui fait partie selon moi des must have de la Wii U, et désormais de la Switch qui, mis à part ses quelques jeux pensés pour elle, ses portages au rabais de la Wii U, et ses portages catastrophiques de la PS4 et de la Xbox One, a enfin pour elle Bayonetta 2. Je n’ai pas forcément besoin de rappeler à quel point j’aime Bayonetta, et à quel point je porte en très, très haut respect Platinum Games. C’est pour ça que nous allons vite passer au concret, ce qui consistera à vous expliquer pourquoi Bayonetta 2 est de très loin le meilleur beat’em up de la génération, sans concurrence envisageable d’ailleurs.

 

Bayonetta premier du nom, c’est l’avant dernier jeu du génie Kamiya, qui avait pour le coup tenté de réécrire l’ADN de sa méthode de conception du beat’em up, avec un tel succès que tous les jeux du genre sortis à sa suite ont tous un peu de Bayonetta en eux. La formule était relativement simple, car s’appuyant plus sur la richesse du gameplay et le spectacle que le level design ou l’ouverture des environnements. Bayonetta était dynamique, rythmé, et décidément barré pour le plaisir des fans du game designer chauve. Peu de défauts dans le premier opus, à part des QTE intrusifs et mortels, ainsi qu’un recyclage agaçant de pas mal de monstres. Le jeu était presque parfaitement calibré pour s’imposer comme le nouveau mètre étalon du beat’em up en 3D.

Malheureusement pour Sega et Platinum Games, les ventes ne purent justifier une suite. Il aura fallu attendre que Nintendo lâche des deniers pour financer un nouvel opus, supervisé par Kamiya et réalisé par Yusuke Hashimoto. Si l’on pouvait craindre un changement de vision drastique pour la suite, que l’on se rassure : Bayonetta 2 est une suite qui vise le 1.5 survitaminé histoire de conquérir son cœur de cible.

C’est à dire ceux qui adhéraient déjà au premier opus, tout en espérant s’adresser au public Nintendo qui avait été jusque-là privé de la belle – et physiquement beaucoup trop généreuse pour que ce soit crédible une seconde – Cereza. Le jeu n’a pas fait de ventes mirobolantes sur Wii U, mais a convenablement fonctionné sur Switch ; le monde est donc sauf, vu qu’un troisième opus est prévu.

Alors, ce Bayonetta 2 ? C’est simple, vous reprenez ce que j’ai dit sur le premier opus, vous améliorez le visuel, rendez les environnements et le boule de Cereza plus généreux en détails, vous ajoutez une nouvelle mécanique craquée en combat et des ajouts de gameplay un peu anecdotiques, et vous vous retrouvez devant une suite pleinement consciente qu’elle ne ré-inventera rien, tout en faisant pourtant tout un cran mieux que son prédécesseur.

Si je suis le premier à me plaindre des suites fainéantes, il faut bien avouer que Bayonetta 2 n’amène pas grand chose de plus sur la table qu’une aventure plus courte de quatre heures (… j’ai mis huit heures à le finir, outch), mais incroyablement intense, enchaînant les combats de boss spectaculaires, les phases d’exploration moins plombantes, et une frénésie guerrière rarement atteinte.

Dans cette suite, tout est question d’ordre de grandeur. Si vous pensiez Bayonetta over the top, le second c’est la même chose, mais en parfois encore plus abusé, jusque dans ses combats de boss où même l’arrière-plan semble se déchirer sous le dynamisme de l’affrontement. Les phases qui ralentissent la fluidité de l’aventure sont encore là (foutu phases de course / rail shooter), mais sont désormais moins longues et un poil plus intéressantes.

Les défis sont aussi nombreux qu’avant, mais mieux équilibrés. Bref, tout en mieux. Même la narration s’avère plus lisible qu’auparavant avec des objectifs (dont on se fout) mieux identifiés (dont on se fout), et avec quelques twists dignes des plus grands nanars et qui arracheront tout autant des sourires aux plus blasés, que des rires à ceux déjà convaincus par les sarcasmes de Cereza. D’ailleurs, j’ai rarement passé une cinématique dans cette suite, tellement ce qui est montré peut s’avérer… merveilleux.

Eh là, j’ai l’air un peu con, parce que, fondamentalement, ce Bayonetta 2 ne fait pas grand chose de plus que ce que j’ai déjà dit dans ma critique du premier, donc on va signaler qu’il y a un paquet d’à côtés quand on a fini l’aventure principale (dont un mode coop dans un espèce de simili mode horde), un mode tactile très accessible aux joueurs occasionnels, et une construction de l’aventure qui a tendance à rendre la rejouabilité plus agréable.

Les musiques sont toujours aussi barrées et variées, les bruitages toujours percutants, tandis que l’esthétique se veut plus colorée qu’auparavant, Cereza troquant le noir pour le bleu (et s’est coupée les cheveux <3 ). Les observateurs de goût remarqueront que la mise en scène insiste un poil moins sur les formes de notre héroïne, afin de ne plus paraître aussi graveleux que dans le premier épisode. Pas de là à dire que c’est pour rendre le jeu plus Nintendo compatible, mais bon, voilà, c’est dit.

Alors à qui s’adresse Bayonetta 2 ? Eh bien tout simplement à ceux qui pensent que le premier opus était déjà un chef d’œuvre, et que l’idée d’une suite qui fait au moins aussi bien, voire mieux partout, mérite certainement plus que notre attention et notre argent. Alors si vous avez une Wii U, pas la peine de claquer des thunes pour la Switch : faites vous plaisir avec la console de huitième génération de Nintendo, et prenez le jeu à pas cher.

Alors, certes, on pourra lui reprocher d’avoir un framerate toussotant qui atteint rarement son objectif du sacro-saint 60 fps, mais un moment entre la démesure qui te déchire la rétine et une fluidité impériale, il faut trancher ; Platinum a fait le choix du beau. C’est d’ailleurs triste de se dire que la Switch n’améliore que peu ce constat.

 

Quel jeu ! Bordel de merde, parmi les huit meilleures heures de jeux de ma vie, pour sûr ! Si vous recherchez une suite qui a les mêmes intentions que son prédécesseur (c’est à dire botter des culs avec style), alors Bayonetta 2 a vraiment tous les arguments pour vous ravir. Aussi fou qu’un jeu Kamiya, partageant le gameplay ciselé du premier opus, tout en ajoutant çà et là de nouvelles mécaniques et corrections, tout en veillant à avoir un rythme encore plus effréné, Bayonetta 2 s’est garanti une place au panthéon du beat’em up. Une place peut-être même plus haute que son prédécesseur. Un exploit remarquable lorsqu’on sait qu’il n’a même pas eu besoin de Kamiya à la réalisation pour l’atteindre. Si vous êtes possesseur d’une Wii U ou d’une Switch, et qu’il y a en vous un amateur de formes généreuses et de baston endiablée, Bayonetta 2 n’est pas qu’une recommandation, il devient un ordre !

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

3 Commentaires sur “Bayonetta 2”

  1. Cette direction artistique… J’espère que le responsable a été pendu.

  2. Avatar Marcheur dit :

    Cette direction artistique… J’espère que le responsable a été pendu.

    En jeu, une fois que t’es dedans ça passe bien mieux :lol:
    (J’avoue que la première fois sur le premier, ça fait un choc 8-) )

  3. Avatar Ninheve dit :

    Cette direction artistique… J’espère que le responsable a été pendu.

    si ce n’est pas le cas, je fourni la corde gratos..c »est laid!


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