Crackdown 2 : Error Sys… ir Coupable ?

Crackdown 2 : Error Sys… ir Coupable ?

J’apprends à compter avec mes articles sur la saga Crackdown. Après avoir commencé convenablement les choses en m’intéressant au numéro un de la série et son game design, j’ai fait une erreur de débutant en sautant un épisode. Ce n’est pas grave, d’autant que les fans de la série ont une position un peu particulière vis à vis de cet opus. Crackdown second du nom, développé par Ruffian Games prenant donc la suite du studio Realtime Worlds et son fondateur David Jones (GTA), ont développé le jeu en neuf mois. Ce n’est même pas une blague. Le deuxième volet de la saga, toujours édité par Microsoft, est en effet l’un de ces jeux que l’histoire oubliera très vite, et qui ne sont là que pour boucher une dent creuse, ce qui est plus ou moins ce que j’attendais de lui pour me fixer après Crackdown 3…

… Que j’ai – admettons-le – sincèrement adoré. Bon, alors le jeu de Ruffian Games vaut quoi ?

 

Après tout, on peut faire les choses vite, et bien. Si, c’est possible ; regardez Fallout 2. Temps de développement ridicule, et on était pourtant face à un chef d’œuvre. Presque la même histoire pour KOTOR II, mais aussi pour Fallout New Vegas. Aucune raison de s’inquiéter… Quoi ? Ah oui j’omets la finition odieuse de chacun de ces titres, mais je passe aussi sur tous les jeux rushés de l’histoire, comme Dragon Age II entre autres, mais ce n’est pas très grave. Après tout, Microsoft en 2010 investissait beaucoup dans le peu de jeux qu’il sortait, donc Crackdown 2 devrait bien se porter… Non ?

Bon, rassurons les joueurs : le jeu est bien fini… Vraiment bien fini. Maintenant, comment ont-ils fait pour bien finir un jeu alors qu’il n’a eu que neuf mois de développement ?

C’est une excellente question. Déjà, disons que Ruffian Games c’est environ 40 péquenots. Donc, en plus d’être limité en temps, ils sont limités en effectif, et doivent être limités également en budget, mais sont probablement eux-même un peu limités. Quoi, c’est gratuit ? Vous voulez vraiment qu’on fasse le listing des choses qui déconnent ?

OK, faisons la liste alors :

  • C’est la même foutue carte que sur le premier jeu, mais ils ont rajouté des grottes et ont cassé des bâtiments.
  • Toutes les animations sont reprises, le moteur aussi.
  • Y a des zombies la nuit… Bordel de merde !
  • Ils ont supprimé tout le système de lieutenants à abattre pour simplifier les affrontements contre les chefs de gangs.
  • Il n’y a plus de lieutenants… Plus de chefs de gang non plus.
  • Les voitures n’évoluent plus avec vos compétences de pilotage.
  • La quête principale consiste à l’accomplissement d’objectifs type « Ubiworld » : vide cette zone d’ennemis, active machin.
  • Il n’y a que quelques nouveautés de gameplay.
    .

Voilà, c’est Crackdown 2. C’est flemmard ; le seul vrai truc différenciant du premier, c’est la présence d’un mode de jeu en ligne joueur contre joueur à base de lance-roquette. Aussi, il y a un mode coopération à quatre pour foutre le bordel dans la ville. Faut pas se demander pourquoi le jeu était vendu cinquante euros plutôt que soixante dix. Problème, même à ce tarif le jeu est une scandaleuse douille. Mais j’y ai joué gratuitement, parce qu’il a été offert en rétrocompatibilité dans la cadre du suivi de Crackdown 3… Qui passe pour un chef d’œuvre à côté mais ça n’est pas grave. Donc. Reprenons la structure habituelle de mes critiques, afin de décortiquer ce qui semble être – écrivons-le distinctement – une sombre merde. Genre étron poussif.

On va commencer par le visuel et dire ce qui va et ne va pas : le style comics reprit du premier opus fonctionne à nouveau. On apprécie toujours le Cel Shading qui souligne bien les contours d’un monde qui n’a rien perdu de sa couleur. Les effets de lumière simples mais chauds illuminent d’autant plus une ville visuellement très épurée, bien qu’attractive. Mais bordel, qu’est-ce que c’est daté, et surtout : ce n’est pas fluide. Si sur une Xbox One X le jeu accuse des chutes de framerate durant les explosions, alors sur 360, qu’est-ce que ça pouvait être ? Le peu qui est créé pour l’occasion témoigne en réalité d’un manque de goût, un manque d’application certain, et surtout aucun une absence de cohérence esthétique. Tout est affreusement plat. Crackdown n’était pas connu pour son esthétique soignée ou quoi que ce soit en ce sens, mais tout de même : Crackdown 2 est bien en deçà du médiocre.

De même : un manque de soin évident se constate même dans le placement des orbes d’agilité et secrets. Pourtant à la base du game design de la série – notamment dans l’objectif de pousser à explorer le monde – le studio a pris l’odieuse décision de rassembler les orbes d’agilité dans des zones bien précises. Résultat ? Oh bah la carte qui est déjà pleinement recyclée n’est exploitée qu’à, on va dire, cinquante pour cent. Vous dites que ce n’est pas grave et que l’on peut tout de même visiter les zones non-couvertes par les orbes ? Regret de vous dire que ça n’est que peu utile : pas de modifications environnementales dans ces zones… Ni d’objectifs à vrai dire.

Pour conclure sur la partie des orbes : sachez que des orbes secrets se situent parfois bien en vue au sommet d’un building… Quoi, ça devrait être un orbe d’agilité ? Vous obéissez à la logique vous ? Bah visiblement ce n’est pas vraiment le cas de Crackdown 2. De toute manière, le peu de choses à faire dans le monde du jeu est souvent très mal branlé (les courses sont d’une simplicité enfantine… Sauf la dernière complètement craquée, reposant sur l’unique difficulté de : si tu te plantes, tu recommences une escalade de cinq minutes… Joie), ou purement et simplement pleinement inintéressant. Je prends pour exemple les vingt cinq failles à combler dans le monde du jeu, alarmant tant c’est facile, répétitif et peu inspiré.

De toute façon, ce n’est pas l’inspiration qui a motivé le développement de ce Crackdown. Ruffian Games a fait son travail comme il lui était possible en étant relativement étranger à la formule. Ils ont cru bon d’ajouter deux-trois trucs, recycler le gros du travail de Realtime Worlds et faire un jeu en neuf mois. Non, la seule nouveauté qui finalement fera son petit chemin pour améliorer Crackdown 3, c’est l’introduction du ground pound en guise de récompense pour faire augmenter son niveau de force. Mais mis à part cela, Crackdown 2 est juste un étron…

… Un étron très plaisant à jouer. C’est triste à admettre, mais je suis tellement friand de la formule Crackdown ; je trouve cela si grisant à expérimenter à répétition que cette évolution si rapide et si palpable des capacités de notre personnage, que j’ai pris mon pied sur Crackdown 2. Bien sûr, je ne conseillerai à personne de commencer par ce dernier, décidément loin d’être ne serait-ce qu’un jeu correct, mais si vous aimez vraiment beaucoup le premier Crackdown ou le troisième, et que vous cherchez un fixCrackdown 2, c’est le plaisir coupable de niveau 100. Le genre de jeu auquel on joue, on prend du bon temps, puis on y réfléchit à tête reposé et on se dit :

 

« … Comment, bordel, ai-je pu prendre du plaisir sur une merde pareille ? »

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

Un commentaire sur “Crackdown 2 : Error Sys… ir Coupable ?”

  1. Avatar Toupilitou dit :

    Tiens, ça m’intrigue, je vais check ton article sur le premier :lol:


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