Mortal Kombat 11 : Sodomity

Mortal Kombat 11 : Sodomity

J’adore Mortal Kombat. J’en ai déjà parlé, j’en parlerai probablement encore, mais là, faut qu’on cause. Je suis pas un joueur difficile. Tu me mets un Mortal Kombat, je me tape le mode histoire, un peu d’online de temps en temps, je vide la krypte, et je retourne aux trois premiers parce que je suis un gros nostalgique et que tu peux pas battre Mortal Kombat 2. Je suis pas le public-cible du jeu de baston, mais il faut rendre au César du VS ce qui lui appartient : Mortal Kombat, c’est la franchise qui trône tout en haut du game pour le casual comme moi. Gameplay bien gaulé, modes de jeu fun, accessibilité, gros délires, gore à foison, gros nibards et pectos huilés. Popcorn, gamepad et vogue la galère.

 

Sauf que là… Bah force est de constater que les choses vont de mal en pis chez Warner Entertainment et NetherRealm. D’abord, ils nous ont flingué Shadow Of War avec les microtransactions. Ensuite ils nous ont fait une boucherie d’Injustice 2 si j’en crois les retours globaux. Et pour Mortal Kombat 11… Ooooooh putain les enfants, je sais même pas par quel bout vous entamer la tartine de chiasse qu’ils nous ont pondue. Alors on va commencer par ordre chronologique.

Une fois le jeu – ENFIN – installé (oui, ENFIN, pas parce qu’on y a eu droit avec pas loin de 24 heures de retard sur PC, mais parce que t’installer tous les fichiers sauf l’exécutable, de toute évidence, c’est pas assez casse-couilles ; vaut mieux tout chiffrer histoire de te faire perdre encore une partie de la soirée que tu avais soigneusement réservée à cette fin, en remballant tout ce qui avait le malheur de vouloir venir se taper l’incruste à coup de kasse-noix et de montrage de dents façon Baraka, putain ça c’est de la parenthèse), je lance le tuto. Nah parce que bon, commencer par les différences d’avec le précédent, ça vaut toujours mieux hein ; me referont pas le coup du « tiens, tu vois ta spear que tu fais pareil depuis vingt ans ? on la change, lol« . Et là, putain, je me prends une claque.

Je veux dire, le tuto de Mortal Kombat 11, c’est un truc qui fout une misère au reste du genre, c’en est honteux. Quand je parlais d’accessibilité plus haut, quand je vous parlais pour Mortal Kombat X des principes de base que je connais mais que ça s’arrête là… Bah là, tout y est. Vous allez tout bouffer si vous daignez passer par là. Ouvrez votre cerveau et n’ayez pas peur d’y retourner ; c’est complet à en faire baver les commentateurs EVO qui essaieraient d’expliquer le package à un noob. Combos de base ? Check. Mouvements de base ? Check. Particularités du jeu ? Check. Frames de départ ? Check. Cancel ? Check. Linking ? Check. Avantages de frames ? Check. Tout, absolument TOUT. C’est le paradis du débutant en jeu de baston.

Et l’enfer aussi, pour celui qui n’a pas tout tout bien saisi. Il y a des leçons que vous devrez tenter cinq, dix, trente, cent fois peut-être avant d’y arriver. C’est beau à en pleurer. J’en ai vu chouiner dessus en prétendant que c’est impossible. Ne les écoutez pas. Encore une fois : je ne suis pas le public-cible. Mortal Kombat, c’est juste mon rendez-vous immanquable en baston. Je suis hyper casu mais pas button masher, et j’ai fini toutes les leçons, sinon les doigts dans le nez, en m’accrochant juste un peu et en apprenant le rythme, rythme qui vous est même expliqué par des démos avec input à l’écran ET au son. À moins d’être la dernière des merdes à DDR, vous y arriverez.

Temps de jeu : une heure et des poussières. Putain, c’est bien, je suis chaud là. J’ai lu, j’ai entendu des trucs, je les ai gardés en réserve ; de toute manière, tout le monde sait que je suis un joueur solo, de base, donc je commence par torcher la partie solo. De toute manière à ce niveau-là Mortal Kombat ne déçoit jamais.

Je passe aux tutos de personnages, parce que ça file des unlocks et que c’est cool de voir les bases de chacun. C’est pas mal, ils ont même tapé une brève description de la destination de chaque perso, indiqué lesquels sont des zoneurs, lesquels sont des powerhouses, lesquels sont noob-friendly, c’est bien. Sauf que c’est très incomplet, trop court, ça ne couvre que les mouvements de base et les combos de base. Et on parle pas des BNB là hein, aucun link n’est donné, vous avez juste les mini-combos de bases à trois ou quatre inputs type F423, 111 ou 21212… C’est déconner, m’enfin bon, y’a le reste de l’univers pour apprendre des trucs plus utiles, puis c’est vite expédié puisque pas très riche. C’est juste un petit pense-bête quoi, pas plus mal que ce soit mis là, même si vous reviendrez probablement plus aux leçons sur les blocages parfaits pour perfectionner votre technique.

C’est cool, j’ai débloqué Shao Kahn en annonceur, plein de petits trucs pour tout le monde, je suis content. Je passe à mon péché mignon : le mode histoire.

La chose me prend une histoire de six ou sept heures. Mode normal, tranquille. Je suis déçu. L’histoire de Mortal Kombat 9 était une tuerie, celle de Mortal Kombat X m’a laissé un excellent souvenir, celle de Mortal Kombat 11 me laisse un goût sérieusement amer dans la bouche ; trop court, mal branlé, fin à la ramasse qui invalide les dix jeux précédents (je voudrais rigoler en le disant), power creep chez certains persos parce que bah ouais ça aurait été dommage, disparition des seuls nouveaux venus intéressants, massacre de certains vieux briscards, putain lâchez-moi avec Liu Kang et Raiden, y’a un putain d’univers entier à côté, manque cruel d’imagination… C’est simple, pour la première fois depuis le reboot, je l’ai terminée par principe et pour les unlocks, sans ça je me serais arrêté avant la fin. C’est fade, décousu et à peu près aussi intéressant qu’un film de Uwe Boll, si on excepte Postal évidemment.

Faut dire que le redesign des persos n’aide pas, et que la perméation du politiquement correct dans un jeu qui devrait en être la Némésis fait mal. Très mal, même. Je veux dire… L’inclusion, c’est cool. Mais quand tu m’emmerdes à essayer de me faire croire que 100 % des femelles de la Terre et des Royaumes font un bonnet B (et encore), ça a beau être ma préférence personnelle, tu me fous des envies de te baffer, là. Quand tu me rhabilles tous les persos féminins à la limite de la burqa (et putain j’aurais aimé que les gens exagèrent, mais on en est VRAIMENT pas loin) parce que « on va pas au combat en bikini » et que tu fous des PUTAINS DE TALONS à la vaste majorité de tes persos féminins, j’ai comme une envie de te faire bouffer tes organes génitaux – si seulement t’en as, vu la putain de castration politique que t’as subie et que t’essaies de me refiler comme la chaude-pisse dans un lupanar de zone HLM. Ce n’est pas que Mortal Kombat soit un eroge, loin s’en faut, mais on atteint ici des sommets d’hypocrisie, où l’arrachage d’yeux à la cuillère rouillée et dans le moindre détail ne pose aucun problème mais où, malheureux, il va vous falloir cacher ce sein que les imbéciles ne sauraient voir. Et tout le monde y perd au change : le peu de personnalité dont faisaient montre Jacqui et Cassie s’est évaporé, laissant place à deux clones surfaits et sans âme de la génération précédente, simplement avec une armure de plates (et c’est comme avec la burqa : l’exagération est infime), D’Vorah est passé du stade de dérangeante dans son mélange de féminité, de laideur et de monstruosité à une carcasse tout juste comparable à celle d’un cocon répugnant, Skarlet est devenue, pour ne pas paraphraser Scylla, « une bombe avec des pieds » ; c’est à peine si Kitana relève le niveau. Si on peut comprendre la modification pour Sonya, qui ne perd par contre guère au change, le reste est simplement à vomir. Et qu’on ne me dise pas que c’est pour le réalisme ; qu’on ne me dise pas que c’est progressiste. Vous savez ce qui est progressiste ? Marvel, dans les sixties, quand leurs mutants avaient des gros nichons.

Quand en sus de ça on voit les ficelles, qu’on devine déjà le gros mot de la fin, que t’as des plot holes gros comme Hellas Planitia, tu m’emmerdes. Je le dis tout net, histoire de remettre un peu les pendules à l’heure. Quand tu oses me prétendre que c’est de la maturité et du réalisme alors que tes kombattants s’explosent LITTÉRALEMENT la colonne vertébrale et pire encore au milieu du combat en continuant à tenir debout, et que la violence et le gore ont toujours le pas sur tout, clairement, tu te fous de ma gueule, et j’apprécie très moyennement. Moralité : tes credits, d’habitude je les regarde, là je suis juste allé me choper une chicorée en attendant que ça passe – et c’est bien parce que je fume plus. En prime, la moitié des personnages sont juste là pour faire jolis, ton girl power est pitoyable et pas crédible pour un sou. Mon pauvre Mortal Kombat, t’es plus que l’ombre du jeu qui avait déclenché l’apparition de l’ESRB. Je veux dire, déjà que tu nous a castré les fatalities en mode histoire (sans doute pour prétendre que c’est réaliste ?), mais en prime la plupart manquent cruellement d’imagination, vagues variations sur ce qui s’est déjà fait ailleurs, dans… oh je ne sais pas moi, les deux jeux précédents ? Au hasard ?

Là, j’entends d’autres choses, entre mes sessions. Il y a déjà un hotfix pour l’équilibrage du jeu. Énormément de trucs ont été modifiés pour quasiment tous les personnages, au niveau des frames. C’est cool. Mais c’est arrivé sur PC qu’une semaine après la PS4. Et là, je me pose des questions, mais bon, c’est pas le plus important. Le plus important, c’est qu’il paraît que le grind a pris un sacré nerf. Paraît que c’est le minimum syndical, j’en sais rien, j’ai pas encore lancé la Krypte, on verra… mais c’est inquiétant parce que si le hotfix d’équilibrage – aussi appelé DAY 1 PATCH – ne suit pas, il y a de quoi se faire du souci pour cette partie-là. En parallèle, je constate qu’ils ont sorti Frost en DLC à 6 boules. Faut quelque chose comme une heure à tout péter pour la débloquer gratuitement dans le mode Histoire. Okay…

Je laisse derrière moi cette déception et passe enfin par la Krypte. Et là je comprends enfin de quoi il retourne. C’est bien gaulé hein… Enfin, si on passe outre la limitation à 30 fps – qui vaut aussi pour les cinématiques du mode Histoire, notez bien. D’un dungeon crawler, on passe à un donjon tout court ; on se promène, on ramasse des objets-clé ici et là, et on déverrouille des coffres. Des centaines de coffres. Environ 600 coffres, pour être exact. Et c’est là que le carnage commence. De mes pérégrinations dans les tutoriels et le mode Histoire, j’ai récolté un petit 300.000 Koins. Ah, et 250 Cœurs. Ah, et 700 Âmes. Trois monnaies différentes. Ça me rappelle les heures les plus sombres du jeu mobile. Soit. Je me promène, j’ouvre un coffre ou deux, avec parcimonie. Bien vite j’ai fait le tour complet ou presque de la Krypte. Il n’y a que deux portes qui me résistent, et c’est plus tard que je comprendrai que les objets pour les débloquer se trouvent… hors de la Krypte. Okay. Une fois la visite terminée, j’ai obtenu, entre autres, le bandeau de Kenshi, qui permet de trouver des passages secrets. De vous à moi les passages secrets sont en moyenne tellement évidents qu’il ne vous viendrait pas à l’esprit de vous en servir… Sauf que c’est obligatoire. Et que ça vous suce deux Âmes par seconde d’utilisation. Âmes qui sont nécessaires pour l’ouverture de certains des coffres de la Krypte. Vous le sentez, le coup de margoulin, là ? C’est pas fini.

Toujours dans la Krypte, vous avez l’occasion de péter divers objets à coups de marteau pour obtenir des Koins. C’est cool. Sauf qu’en moyenne, chaque objet pété vous donnera 5 ou 10 Koins. Que les coffres les moins chers coûtent une histoire de 2000 Koins et les plus chers tournent dans les cinq chiffres bien, bien pépère. Vous pouvez aussi obtenir des Cœurs grâce à la lance de Scorpion. 1 ou 2 par cadavre chopé à la Lance. Le coût d’un coffre Cœurs ? Soit 100… Soit 250 Cœurs. Pour les Âmes, c’est en débloquant des zones de la Krypte que vous en obtiendrez, par pelletées de dizaines et les coffres n’en coûtent que 100… Sauf qu’il y a tout compte fait bien peu de zones à débloquer, et qu’après avoir tout visité j’en avais moins de mille. Des coffres Âmes, par contre, j’avais l’impression qu’il y en avait plus de trouzemille. Et je ne vous parle pas de la Forge qui en coûte par dizaines de milliers suivant les recettes. Ni des deux unlocks Âmes à 3.000 et 10.000 respectivement (le point est là pour signaler qu’il n’y a pas d’erreur). Le tout évidemment obligatoire pour accéder aux dernières zones de la Krypte.

Puis, je constate que j’ai débloqué un déblocage de chemin (je voudrais déconner en le disant). Pour ouvrir ledit chemin ? 2000 Âmes. Qu’y a-t-il derrière ? Une porte à ouvrir avec un Konsommable propre à la Krypte. Et derrière cette porte ? Un unique coffre. Merci la puissance magique de l’internet, paix et respect à l’âme de ceux qui ont fait le sacrifice. Là, ça commence à puer plus encore que le cadavre des persos qu’on trouve dans la Krypte en question. Puis je croise un coffre à Âmes qui coûte 10.000 Âmes. Bref, je me rends à l’évidence, je n’y couperai pas ; j’ouvre des coffres histoire de me ruiner et d’avancer un peu dans le jeu, parce que euh…

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais les inputs de la moitié des fatalities du jeu sont dans les coffres de la Krypte. Bonne nouvelle : si vous connaissez l’input, vous n’avez pas besoin de les débloquer pour les effectuer en jeu. Vive le pouvoir magique d’internet pour déjà éviter ça. Les brutalities, par contre, vous pouvez aller vous faire ramoner le fondement à la cafetière brûlante, puisque vous DEVREZ en passer par la Krypte. Pas d’unlock ? Pas de brutality… Okay.

Inutile de vous dire que, sur toutes mes monnaies échangées, j’ai débloqué… deux brutalities et une maigre poignée de skins. Ouais, parce que fini le temps où tout était déblocable grâce à vos prouesses en jeu. Maintenant c’est vos talents au casino qu’il faudra prouver pour obtenir la skin que vous préférez ou la brutality qui vous intéresse. Le tout étant planqué sous un torrent de boue composé d’icônes pour votre profil, d’arrière-plans pour votre profil, de konsommables pour les Tours du Temps (on va y venir) et autres « artworks » (et je mets les guillemets, parce que je voudrais à nouveau déconner en vous disant que certains sont dignes des gribouillis d’un enfant de cinq ans). Claquer plus de 10.000 Koins pour deux dessins de gosse, croyez-moi, votre anus va le sentir passer. Pas grave, me direz-vous, suffit-il d’éviter les coffres contenant ces abominations pour se concentrer sur ceux qui ont du loot, du vrai, qui sent les tripes et le nichon comme un Mortal Kombat.

Sauf que non. Parce que le contenu des coffres est aléatoire. Tout comme la statue, qui est de retour, et que vous paierez grassement en priant pour obtenir un truc intéressant.

On en entend hurler au loup, là-dessus, parce que c’est des lootboxes et du paywall. Sauf que c’est pire que ça. Plus pernicieux. Vous avez l’assurance, si vous débloquez tout, d’obtenir absolument tous les unlocks et donc exactement le même contenu de tout, qui aurait lui aussi tout débloqué. Mais voilà où se trouve le piège : ces 600 coffres ne suffisent pas à tout débloquer. Ils ne constituent pas l’entièreté du contenu à débloquer de la krypte. Mais alors comment qu’on fait ? Bah c’est simple : à quelques endroits de la krypte, il y a des emplacements où vous pouvez réinitialiser des coffres, autant que vous voulez et jusqu’à la fin des temps probablement si le cœur vous en dit (puisqu’ils contiennent aussi des Konsommables). Le piège ? Ah vous demandez le piège ? Vous comprenez vite.

2000 Koins pour le reset.

Et je ne parle pas d’un reset de la krypte. 2000 Koins PAR COFFRE. Faites les comptes et commencez à hurler, maintenant. Bon, alors, ça pue la microtransaction puante pour débloquer du coffre hein ? HEIN ? Bah non, même pas. Ce n’est pas un paywall. C’est un grindwall. Et vous imaginez bien au vu de la progression de cette bafouille que le pire reste à venir. Cela dit, puisque le Kasino et la perte de temps sont les deux mamelles de Mortal Kombat 11 ; si vraiment vous voulez débloquer une skin trop chaudasse pour Kano poilu (à ne pas confondre avec son jeune moi étrangement glabre), là vous pouvez passer à la caisse. Sauf que les skins disponibles à la microtransaction le sont pour un temps limité… et sont aléatoires.

Bref, une fois ruiné, je me dis que je vais commencer à faire de la Tour du Temps. Après tout, j’ai obtenu quelques éléments de Kustomisation, quelques Konsommables, j’ai quelques bases et de toute évidence je ne fais pas partie de la lie de la société gameresque, puisque les tutoriels ne m’ont pas posé de problème particulier. Comme le dirait mon Garrettouninounet, « il est temps de s’y mettre » . J’empoigne mon pad que j’avais déposé pour me taper la gueule au mur avec plus de facilité, et je lance les fameuses Tours du Temahbennonenfait.

Je croise en passant le mode Kombat IA. C’est une diversion plutôt cool, complètement inutile et oubliable, où vous tapez un groupe de trois bots contre les trois bots de l’adversaire, et vous regardez ce qui se passe pour obtenir des petites récompenses. Il est possible de kustomiser l’IA pour qu’elle agisse un peu plus comme ceci ou cela, sauf que rien à foutre. Heureusement, il y a un fast forward x4 dispo, on chope les récompenses, et on fonce aux Tours du Temps.

Aaaah, nous y vputainpourquoiyauntutolà ? Le jeu nous apprend que les Tours du Temps c’est trop bien, y’a des Défis du Dragon, des Modificateurs comme dans Test Your Luck, et on peut utiliser des konsommables pour rendre les choses plus faciles, parfois y’a des boss. Okay, c’est kool, tu me lâches je peux jouer ? je suis pas encore complètement stupide et je sais lire.

Le jeu me lâche, je peux jouer. S’ensuit une première Tour du Temps où je ne passe même pas le premier round. Okay, pas grave, je devais pas être concentré ou quelque chose comme ça. S’ensuivent une dizaine d’autres essais tous plus infructueux les uns que les autres. C’est la première putain de Tour du Temps, et je n’y arrive pas. Je ne vois qu’une chose, ça doit être la difficulté. Je fonce dans les options, histoire de régler ça… Bah non. Je retourne aux Tours, au cas où ce serait planqué dedans… Bah non. La mention « Difficulté : Moyenne » me nargue du haut de l’écran. Je revérifie. Non, je me suis bien tapé le mode histoire en difficulté moyenne, en perdant peut-être un round sur 10 et sans connaître les particularités des variations utilisées à ce moment-là. J’essaie avec un konsommable ou l’autre, raisonnablement pour pas tout cramer comme un sagouin, je passe péniblement la première tour, avec assez de points pour débloquer… deux récompenses sur trois. Le patch a bien diminué la difficulté de certaines tours, mais il reste de sérieux soucis de difficulté à pas mal d’endroits.

Là, je décroche du jeu, je souffle et je plonge dans la communauté, toute entière aux affres du désespoir face à ces putains de Tour du Temps, l’alpha et l’omega du fun en barres façon Mortal Kombat 11, où le seul moyen d’espérer avancer même un peu, c’est de cramer du konsommable à la douzaine ou d’utiliser l’IA pour combattre à sa place. Fort heureusement, un patch est en route ! Sauf qu’on a toujours trois patches de retard sur les autres en moyenne, et mon excitation retombe comme ma gaule quand j’entends que les gens regardent TF1.

Au comble de l’incompréhension et de l’appréhension, je lance une tour avec l’espoir de laisser l’IA gérer un match puis de prendre la main. Je peux pas. C’est l’IA qui gère toute la tour, ou c’est moi – sauf en cas de défaite. OK. Je laisse l’IA faire son truc. Elle me passe la tour, me débloque les objets pour les persos, mais aucune des récompenses de score. Multiplicateur de score : x0.85 parce que c’est l’IA qui joue. Bon, c’est pas comme si les récompenses de score étaient intéressantes, hein, on parle de moins d’une centaine d’âmes et d’une vingtaine de cœurs dans le meilleur des cas, mais tout de même… Déjà que ça sacrifie par définition les défis du Dragon (les actions spécifiques à réaliser durant le combat, pour les néophytes), qui rapportent 1000 Koins chacun… Là, je sens la migraine grimper. Donc en gros, soit je me fais rétamer le cul parce que l’IA est un sac à PV, que l’IA n’est pas affectée par les modifikateurs du type « au fait, toutes les 5 secondes des missiles viennent t’infliger des dégâts ! Ah oui j’oubliais : tu peux pas les bloquer ! FUN FUN FUN FUN FUUUUUUUN ! » , que l’IA me fait un match 2 vs 1 mais en mode survie, que l’IA se fout de ma gueule, que l’IA spamme comme un porc, que l’IA fait de l’input reading comme à l’époque de Mortal Kombat 2 la version arcade, soit je joue pas aux Tours du Temps, ou bien peu et toujours avec cette épée de Damocles au-dessus de la gueule.

Je me résous donc à laisser l’IA faire une ou deux Tours du Temps à ma place, sans même pouvoir utiliser l’avance rapide puisque l’option n’est pas disponible en mode Tours du Temps, la mort dans l’âme, avant de me décider à délaisser complètement ce mode en sus des autres quand mon IA se fait botter le cul par l’IA d’une des Tours d’une manière pire encore que moi. Mortal Kombat, la franchise de jeu de combat réputée pour son contenu solo plus balaise qu’un RPG de chez Squenix, a tué tout ce qui faisait son attrait pour les joueurs solo et pour les casu. Joie et bonheur.

Bon, il me reste à tenter l’expérience en ligne. Deux possibilités s’offrent à moi : le mode compétitif ou le mode relax. En mode compétitif, on est limité à deux variations de base, les kustomisations sont interdites, bref c’est du mode compétitif et j’ai pas envie de ça. Après tout, quitte à me faire chier à être obligé de jouer en ligne, autant faire un peu le con. Je commence donc par kustomiser mon petit perso du moment, un Scorpion parce que c’est mon défi du jour. Ouais, y’a des défis du jour et des récompenses de login. Je ne m’attarderai même plus là-dessus parce qu’on est déjà tellement bas et tellement loin dans les rouages de jeu mobile free to play que ça m’en touche une sans faire bouger l’autre, à ce stade. C’est bien, chaque perso a, en plus de ses innombrables skins, trois slots kustomisables, arme, masque et deuxième arme par exemple pour Scorpion. En combattant, vous faites leveller ces trois slots.

Je vous laisse réfléchir un instant. Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ? Tic tac tic tac…

Chaque « skin » pour ces slots (et il y en a par dizaines) est à leveller à part. Si je choisis un masque X pour mon Scorpion parce que c’est le plus choupinou des masques disponibles à un instant T, le levelling n’est valable que pour ce masque X. Si plus tard je débloque un masque Y encore plus choupinou ou que j’ai juste envie de changer, je dois tout reprendre à zéro. Pour chaque objet. Pour chaque slot. Indépendamment. Peu importe, avec ce que j’ai déjà combattu, mon masque est déjà niveau 1 (sur 3). Ce qui veut dire que je peux lui appliquer une augmentation, autrement dit pour les fans de Diablo : insérer un objet dans le slot prévu à cet effet, si si.

Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ? Je vous laisse réfléchir un instant. Tic tac tic tac…

Chaque slot dispose d’un élément. Cet élément est aléatoire et ne peut contenir qu’une augmentation (qu’il vous faudra choper dans le loot à la Krypte et ailleurs) dudit élément. Si les éléments ne vous conviennent pas, il faut alors reforger l’objet pour changer les éléments. Est-il besoin de préciser que les éléments obtenus sont aléatoires ? Est-il besoin de préciser qu’il faut payer pour reforger l’objet ? Est-il, tant qu’à y être, besoin de préciser qu’il faut payer pour retirer une augmentation placée ? Le tout en milliers de Koins, bien évidemment. Bref, je laisse tomber, ce sera pour dans quelques centaines d’heures, quand j’aurai obtenu tout ce qu’il est possible d’obtenir, si ma patience déjà devenue plus minuscule que le QI de Cyril Hanouna ne s’est pas intégralement évaporée d’ici-là (pssst, un indice : on a pas encore fini).

Je me lance donc dans l’online. Le matchmaking met une plombe, à se demander si quiconque joue. Premier combat : un button masher Shao Khan. Soit, je prends ma défaite de mauvaise grâce ; guère le choix puisque je suis encore en train de m’acclimater. Second combat : un button masher Shao Khan. Okay, ouais, t’as une version premium. Moi aussi. Pas pour autant que tu dois te la péter avec ton Khan, a fortiori quand t’es incapable de faire autre chose que profiter du fait qu’il tape comme un boeuf et que le rééquilibrage est pas encore là. Je commence à prendre mes marques, je prends quand même une dérouillée, peu importe. Troisième combat : D’Vorah avec un mec qui a un ou deux combos en poche, un coup spécial et en mode hyper agressif. Déjà nettement plus raisonnable, je me laisse tenter, je perds une fois, revanche, deux fois, revanche, j’ai mon perso en main, je lui mets une dérouillée et il ragequit. Okay, j’avais presque oublié pourquoi je joue pas en ligne en général… Merci de me laisser le choix de la manière dont j’occupe mon temps, NetherRealm.

Bon, je me dis c’est OK, j’ai fait une demi-douzaine de combats là, je dois avoir gagné un peu, ça va être bon. Alors… 15 Âmes pour une victoire, 3 Coeur pour une Fatality, 1000 pièces pour une victoire, et une misère pour les défaites. Fort heureusement, j’étais P2. Ah oui, parce que je vous ai pas dit. Si vous avez le malheur de gagner quand vous êtes P1, la session en ligne plante, votre victoire ne compte pas, vous n’obtenez rien.

C’est à ce stade que je quitte le jeu, que je constate avec tristesse qu’un jeu Mortal Kombat se tape des reviews Mixed sur Steam, et que je sors Notepad++, au bout d’une vingtaine d’heures de jeu et du rouleau. Malgré le hotfix dans la gueule, rien n’est arrangé. Mortal Kombat 11 est une sombre merde digne des 90% de shovelware qui peuplent Steam.

Y’a un bon jeu, planqué tout au fond de Mortal Kombat 11. Un jeu de baston absolument excellent, qui est capable d’apprendre à ses joueurs comment jouer, capable de grandes choses, avec une profondeur assez grande pour mettre minable un Street Fighter. Malheureusement, ce jeu est planqué sous du grind planqué derrière du grind planqué derrière du grind. Le mode solo est mort. Les classements puent et sont – comme toujours – déjà dominés par les hackers au score impossible à atteindre. Pour l’expérience, j’ai vérifié les scores de ma tour du temps où je n’ai pas même pu atteindre les objectifs. J’étais 240ème mondial. En retirant les hackers, chose facile au vu du ravin qui les sépare des joueurs legit, j’étais dans le top 100. Un mec dans le top 100 qui n’a pas toutes les récompenses de score, tout est dit.

 

Mortal Kombat 11 est une purge sans fond. Et je ne vous parle même pas de la version Switch, où les tutos de personnages devront attendre un patch. Je ne vous parle pas non plus des variations compétitives tellement à part du reste que pour vous y entraîner hors compétitif il vous faudra les recréer artificiellement à la paluche. Je ne vous parle pas du grind pour débloquer les tours de personnages et les tours à clé. Et cerise sur le gâteau : pendant ce temps, NetherRealm Studios bannit le terme « PC » de son chat Twitch. Juste au cas où vous douteriez de la qualité du support pour la plate-forme. Je vais juste poser ça là : on ne parle pas de PC. C’est simple, j’utilise juste encore le bonus de login de MK11 pour Mortal Kombat Mobile qui, lui, est amusant en comparaison.

Ma note finale ?

J’ai acheté Dragon Ball FighterZ/10.

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A propos de l'auteur : Hyeron

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Pourrait retourner jouer à Call of Duty comme on le lui suggère, s'il avait seulement déjà approché cette franchise

3 Commentaires sur “Mortal Kombat 11 : Sodomity”

  1. Avatar Toupilitou dit :

    Quand t’en arrives au point de laisser le jeu farmer tout seul contre lui-même, j’ai envie de dire que ça vaut peut-être mieux de mater Youtube :smile:

  2. Avatar AbounI dit :

    Ben, j’avoue que j’ai rien compris, ni à l’article, ni au jeu. Pour ma défense, j’ai jamais touché non plus à un Mortal Kombat, ça doit jouer..un peu ?

  3. Avatar Ziltoledodo dit :

    les tours du temps sont infâmes de difficulté.
    Un ennemi en feu ayant 50 % de PV en plus et faisant perdre quasi la moitié de notre vie alors qu’on essaye de l’attaquer au corps à corps…comme dan tout jeu de combat
    J’ai été trop positif sur steam, c’est vraiment de la merde.


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