Dead Cells

Dead Cells

Review copy fournie par Evolve PR

Parfois les choses se passent bien. Perdre vingt kilos en un mois et demi, check. Trouver le temps de continuer à écrire, check. Avoir enfin droit à un vrai bon jeu qui m’a passionné en copie presse ? Check. Dead Cells est un jeu français du studio Motion Twin basé sur Bordeaux, et est un énième Roguelite. Pas de critiques ici ; c’est juste qu’en ce moment, des Roguelite et des Metroïdvania, on en dévore en montagne, et dans la mêlée il faut bien pouvoir se faire remarquer. Fort heureusement pour Motion Twin et Dead Cells, sans jamais réinventer quoi que ce soit, le titre s’illustre par la maîtrise de son genre, et surtout, le punch qu’il manque bien souvent à un titre du genre.

 

Mon meilleur souvenir de Roguelite date désormais pas mal. 2016 pour être exact, avec l’ami Rogue Legacy qui était un excellent titre auquel on pouvait reprocher une certaine rigidité dans l’animation. C’est la seule vraie chose que j’ai à lui reprocher, mais désormais, j’ai Dead Cells. C’est simple, vous prenez Rogue Legacy, vous le rendez beaucoup plus vertical, et vous multipliez la vitesse des animations par deux ou trois avec quelques combos en prime. Voilà, Dead Cells c’est cool, allez l’acheter si vous êtes en manque de Roguelite.

Non je vais pas vous faire la blague du générique de fin ; elle est naze. Bon. Pourquoi est-ce que je vous conseille le titre de Motion Twin ? Pour une première raison : il ne pèse que 554 Mo, donc vous n’aurez aucune raison de le virer de votre disque dur. De plus, les temps de chargement sont pratiquement inexistants, ce qui rend l’expérience immédiate. Mieux encore : taillé comme il l’est, une partie durera très peu de temps et sera vite expédiée. C’est notamment pour cela qu’il est très aisé d’y revenir et d’enchaîner plusieurs runs sans frustration (… une partie perdue n’est jamais qu’un petit investissement de temps).

Pour ces raisons, mon expérience avec le titre a été des plus agréable. Le jeu est véritablement optimisé et pensé pour cette nervosité et cette immédiateté. On appuie, et ça répond au quart de tour avec fluidité. Autre qualité : si le jeu est en pixel art, il arrive à s’en tirer avec un visuel détaillé et riche, avec un joli travail sur les animations pour rendre l’image vivante. Si on ajoute à cela une palette de couleurs riche, il ne faudra pas longtemps pour accepter avec plaisir le travail des graphistes. Mention spéciale au design du héro, très réussi, et au bestiaire qui fonctionne diablement bien.

J’ai déjà évoqué le dynamisme du système de jeu et son efficacité (… rendu possible grâce à un vrai beau travail sur les animations), je n’ai par contre pas évoqué l’équilibrage, que j’ai trouvé assez excellent. Les ennemis font du dégât, et du gros dégât. Le personnage en fait aussi ; on peut même l’optimiser pour claquer un coup et mettre à terre son adversaire. Dead Cells évite habilement le sac à PV et force un gameplay nerveux qui fait plaisir à voir, surtout quand on sort de jeux proposant plus des éponges que des adversaires.

Chaque ennemi à son attaque qui pose problème, en combinaison, il n’est vraiment pas évident de s’en sortir. Mais pas d’inquiétude : le jeu propose un grand nombre de pièges / sorts / équipements qui vous tireront du mauvais pas. Chaque nouveau run vous fait en effet admirer un nombre assez impressionnant d’équipements à débloquer. Avec Dead Cells, on en a pour son argent, et pour tout débloquer, il va falloir mourir souvent et recommencer fréquemment, car tel est le destin du joueur de Roguelikelite. Dead Cells n’est donc pas un jeu à mettre entre toutes les mains, et c’est très bien ainsi finalement, car il fait quelque chose et le fait très bien.

Parce qu’en termes d’équilibrage, le titre fait un boulot absolument fantastique. Le fameux « cruel mais juste » , cette exigence spartiate, qui te permet de sortir le meilleur de toi-même (… et qui jette les bébés malformés du haut d’une falaise), en provoquant des épisodes de rage / joie intense qui font revenir souvent sur le jeu. Sans être le meilleur dans ce domaine, Dead Cells arrive à concilier un équilibre intéressant entre la récompense constante et la punition de l’imprudence ; on progresse à petits pas, mais on sent que l’on domine petit-à-petit le sujet.

Et cela passe évidemment par un système d’évolution classique qui permettra à tous les joueurs de se sentir meilleurs à chaque essai, mais aussi des combats moins brouillons qu’à l’accoutumée, plus agressif, plus jouissif, avec désormais de vrais approches tactiques et un feeling qui répond présent. C’est bien simple : Dead Cells est le seul jeu avec Risk Of Rain à m’avoir procuré de belles sensations en combat. Autre que le plaisir de s’être tiré d’affaire, le personnage virevolte, aplati, découpe, décoche, avec une belle palette d’animations.

Riche et énervé, il est cela dit extrêmement dommageable d’avoir des musiques aussi peu inspirées. D’autant plus triste qu’un titre comme celui cité précédemment proposé de sublimes compositions. Le jeu de Motion Twin n’a certes pas besoin de cela pour donner à son œuvre l’impact nécessaire à son envol, mais il est toujours bon de signaler ce genre de déception. D’autant qu’à côté de cela, un formidable boulot a été fait côté bruitages afin que tout sonne au bon endroit et avec la bonne puissance.

La plus grosse surprise vient de la narration, tout en scénettes parfois cocasses, et en épisode de vie racontés via des messages écrits (… avec quelques réflexions teintées d’un cynisme parfois succulente), Dead Cells déroule un univers qui n’a rien de très original, mais qui a le don de proposer des anecdotes aléatoires vraiment attachantes. Le peu de réactions de notre personnage à ces découvertes et / ou interactions avec l’histoire sont vraiment hilarantes, notamment son « pouce en l’air » délicieusement con qui m’a fait sourire un nombre de fois assez colossal. Tout cela respire le peu de moyens, mais aussi et surtout, une réflexion simple et humble : « comment rendre ça impactant, sans voix, ni moyens de mise en scène ? » . Bah en faisant en sorte que tout signifie quelque chose. Et bordel, ça fonctionne super bien.

Le mieux est probablement encore que Dead Cells n’est jamais vraiment répétitif. Évidemment, vous allez tuer des trucs par dizaines à chaque partie, explorer des lieux similaires, mais la très efficace génération procédurale garantira un flot continu de petites surprises et subtilités dans le level design. Pas de quoi non plus révolutionner quoi que ce soit, mais tout de même assez pour que l’on admette ne jamais être passé deux fois dans l’exacte même zone.

 

Alors oui, Dead Cells est un très bon Roguelite, avec peu de défauts, si bien qu’on serait tenté de dire qu’il s’agit d’un des maîtres du genre. J’irais même jusqu’à dire qu’il y aura une date à marquer dans le calendrier ; cette date, c’est celle de la sortie du jeu de Motion Twin. Non pas en tant que légende du jeu indépendant ou quoi que ce soit d’aussi clinquant, mais une date pour rappeler qu’une fois encore, un jeu qui ne brillait ni par sa réalisation, ni par son originalité à toute épreuve, a su donner des leçons aux plus grands en s’avérant être un titre qui fait parfaitement ce pour quoi il est venu au monde. Marcheur approuve, et vu son niveau d’enthousiasme à l’égard du vidéoludique en ce moment, c’est déjà un miracle qu’un jeu lui ait arraché du plaisir. Il en sera probablement de même pour vous.

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

6 Commentaires sur “Dead Cells”

  1. Avatar Clovinoux dit :

    Et pourtant, les musiques sont pas mal du tout ! Perso, je suis tombé amoureux de Prisoner’s Awakening, à écouter en boucle !

  2. Avatar Ziltoledodo dit :

    On dit dead cells, clovinoux rapplique

  3. Avatar Clovinoux dit :

    Mince ! Grillé ! :lol:

  4. Avatar Marcheur dit :

    Et pourtant, les musiques sont pas mal du tout ! Perso, je suis tombé amoureux de Prisoner’s Awakening, à écouter en boucle !

    En jeu j’ai pas été tant marqué, même par celle-ci qui en effet, et l’une des plus cools.
    Tiens si tu veux un exemple de morceau d’un rogue-lite cité dans le texte qui m’a bien marqué comme il faut : https://www.youtube.com/watch?v=ysPtBjY8o_A

  5. Avatar Clovinoux dit :

    Très sympa en effet ! :o
    (du coup le jeu est parti directement en wishlist)

  6. Avatar Marcheur dit :

    Très sympa en effet ! :o
    (du coup le jeu est parti directement en wishlist)

    BA faites alors :lol:

    PS : Risk of Rain est plus difficile à aborder que Dead Cells, mais tu verras que le feeling est génial.


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